Le philosophe est mort le 1er juin à l'âge de 88 ans. Historien des sciences, membre de l’Académie française, il avait anticipé les bouleversements liés aux nouvelles technologies.
Dans un entretien accordé au philosophe Jean-Paul Dollé sur France Culture, pour la série A voix nue (diffusée en 2002), Michel Serres revient sur l'origine de ses études de philosophie. Né à Agen en 1930, il n'avait en effet pas prévu d'emprunter ce chemin. D'abord élève de l’Ecole navale, il pensait devenir militaire. Mais s'est finalement détourné, pour étudier en khâgne à Paris, puis à l'Ecole Normale Supérieure (ENS), et devenir agrégé de philosophie. Son premier livre, paru en 1968, Le Système de Leibniz et ses modèles mathématiques (PUF), est à mi-chemin entre sciences dures et sciences humaines - en bon élève de Gaston Bachelard, qui a été le directeur de son diplôme d’études supérieures. Dans A voix nue, Michel Serres déclare?: “Au fond, je suis devenu philosophe à cause d’Hiroshima”. L'expérience de la Seconde Guerre mondiale l'a durablement marqué. A ce moment-là il prend conscience que, selon ses mots?: “L'humanité devient une espèce en voie d'éradication en raison non pas de son environnement, mais de ses propres productions”.