Amicalien - Pour créer des liens et des amitiés

Présentement sur Amicalien
Les membres en ligne : 112
Les nouveaux membres : 18
Anniversaires aujourd'hui : 35

Connexion des membres

  Se souvenir de moi sur cet ordinateur


Cjrs Radio, la radio des boomers


Le forum des familles Amicaliennes



  Famille : Poèsie d'aujourd'hui


Ce sujet fait partie de la famille Poèsie d'aujourd'hui. Cette famille est semi-privée. Vous pouvez lire le contenu de cette famille mais vous devez vous y inscrire pour échanger.



Auteur

Sujet : Présence des poètes

Epsilon
Admin famille
France

Date du message : février 24, 2010  23:30

"Visages"

Je marche au centre d’un pays
où toute liturgie prend source
au seuil de vos visages.
Un pays de misère et d’effroi
un pays d’aller, un pays d’attendre
un pays d’aimer
où, après tant de nuits difficiles,
jour après jour je désapprends l’oubli.

Je crois ne vous avoir jamais perdus des yeux
je sais vous avoir attendus, parfois,
sans rien espérer d’autre que de poursuivre cette attente
je garde la mémoire d’être aussi monté jusqu’à vous
quand il se faisait tard aux vitres de ma solitude.

Qu’ai-je à vous offrir aujourd’hui ?
rien, peut-être, si ce n’est
l’interminable litanie de mon sang
où ma mémoire s’éclaire
au temps qui va
au temps qu’il fait
au temps qui s’ouvre et se dénoue
dans l’incessant renouvellement
de l’arc de lumière
qui repose un instant
au bord de vos paupières
pour y transfigurer l’instant

Jean-Pierre Spilmont

    *****

DES SONGES HEUREUX POUR ENSEMENCER LA TERRE

Sachez que la Création ne nous appartient pas, mais que nous sommes ses enfants.
Gardez-vous de toute arrogance car les arbres et toutes les créatures sont également
enfants de la Création.
Vivez avec légèreté sans jamais outrager l’eau, le souffle ou la lumière.
Et si vous prélevez de la vie pour votre vie, ayez de la gratitude.
Lorsque vous immolez un animal, sachez que c’est la vie qui se donne à la vie et que rien
ne soit dilapidé de ce don.
Sachez établir la mesure de toute chose.
Ne faites point de bruit inutile, ne tuez pas sans nécessité ou par divertissement.
Sachez que les arbres et le vent se délectent de la mélodie qu’ensemble ils enfantent, et
l’oiseau, porté par le souffle, est un messager du ciel autant que la terre.
Soyez très éveillés lorsque le soleil illumine vos sentiers et lorsque la nuit vous
rassemble, ayez confiance en elle, car si vous n’avez ni haine ni ennemi, elle vous
conduira sans dommage, sur ses pirogues de silence, jusqu’aux rives de l’aurore.
Que le temps et l’âge ne vous accablent pas, car ils vous préparent à d’autres
naissances, et dans vos jours amoindris, si votre vie fut juste, il naîtra de nouveaux
songes heureux, pour ensemencer les siècles.

Pierre Rabhi, Extrait du Recours à la Terre

         

Epsilon
Admin famille
France

Date du message : février 27, 2010  00:07

Vermoeidheid / Lassitude

Quand nous, les grandes personnes, sommes las
De causer les uns avec les autres,
Quand nous sommes las de dormir
Les uns avec les autres, de nous promener
Et de commercer les uns avec les autres,
De dîner et de guerroyer

Les uns avec les autres, quand nous sommes si las
Les uns des autres, de toute cette réciproquerie
Des uns et des autres, alors nous posons le chat
Sur notre épaule, entrons dans le jardin
Et cherchons les voix enfantines derrière
Les hautes haies et dans la cabane de l’arbre.

Et silencieux, nous couchons notre lassitude
Dans l’herbe, et les années qui, lourdes
Et sombres, dormaient dans l’ourlet
De notre manteau se dé*****nt là-haut
Dans un gosier de gamin et dansent en
Sautillant dans une bouche humide de fillette.

Quand nous, les grandes personnes, sommes las
De causer,
De causer,
De causer les uns avec les autres,
Nous entrons dans le jardin et nous nous passons sous silence
Dans le chat, dans l’herbe, dans l’enfant.

Leonard Nolens (un Anversois né en 1947), traduit par Marnix Vincent.
(Laat alle deuren op een kier / Laissez toutes les portes entrouvertes, 2004)

******
Inspiration

Non, monsieur, point n’ai besoin de vision ni de voyance,
Ni d’être visité par des forces supérieures, non, madame.
Un matin d’été, du café noir, des cigarettes,
Le paradigme chantant d’une mouche, un moustique
Harcelant mes absences par ses figures soûles,
Pareilles choses suffisent pour soulever ici la jupe
D’une âme humide ; pour de sa fente muette
Aveugler votre regard critique, eh oui, monsieur.

Il y va, voyez-vous, non pas de mots mais de phrases
Qui ce matin montent du néant dans la rue
Comme des enfants qui bâillent, encore ivres de sommeil.
Elles y jouent prudemment avec les désirs de chacun,
Elles attrappent des ballons que nul ne jette par-dessus la haie.
Par terre sur le trottoir elles s’enlacent en se chamaillant,
Embrassant au petit bonheur la chance leur lointain avenir.
Ce sont ces phrases-là que je trouve sans intention.

Traduction: Frans De Haes

Epsilon
Admin famille
France

Date du message : février 28, 2010  23:10


NOSTALGIE DE L'HIVER

C'est facile d'aimer les printemps, les automnes,
Et de se souvenir des lumineux étés.
Mais les hivers par rimes et raison monotones,
Plus d'une fois aussi je les ai regrettés.

Les jours, les ans auront tourné comme un manège
De plus en plus rapide (il est devenu fou),
Et j'aimerais revoir, rime, tomber la neige
Sur l'heure qu'elle endort, l'espace qui se fout.

Alors d'être une rue ou les plaines d'Asie,
Car il est devenu pleinement ce qu'il est,
Tandis que l'âme sous la blanche anesthésie
Rit de ne plus sentir la pointe du stylet.

Hiver, reviens avec tes beaux arbres d'épure,
Tes draps, si bien tendus sur les fleuves glacés,
Qu'on ne voit plus s'y dédoubler une figure
Ni celles des oiseaux frivoles. Garde ces

Respectables corbeaux et peut-être la pie
Qui porte ton blason noir et blanc. Sauve-nous
Du grouillement des fleurs, des nids où l' on pépie,
Elève ta candeur plus haut que nos genoux.

Roule sur l'horizon la couronne des pôles
Et contre le soleil un opaque chapeau,
Et nous enfouissant enfin jusqu'aux épaules,
Rends céleste à jamais le bleu de notre peau.

Jacques Reda .L'adoption du système métrique /Gallimard

******      

Dans ce lieu caverneux qu'est l'âme du grand âge
On revoit sans arrêt sur la paroi du fond
Les mêmes souvenirs danser - ainsi font font
Marionnettes et pantins, pauvre héritage

D'une vie où l'on hoche, à la fin, du siphon.
Néanmoins ce malheur offre quelque avantage :
Ce qui revient paraît nouveau dans le potage
Insipide des jours. Et s'il nous étouffe, on

Reprend au même endroit la bande dévidée :
Même bonheur, même remords ou même idée
Représentés à neuf comme sur un plateau.

Mais comment ressaisir la chose transformée
Et reflet du reflet d'un image, fumée
Où s'égara peut-être aussi le vieux Platon.

Jacques Réda, La Course, Gallimard 1999.

         

Epsilon
Admin famille
France

Date du message : mars 2, 2010  23:07


Quand je pèse la vie
je trouve dans mes mains l'ovale dur ombreux
De la petite olive
Et son air d'enfant triste et qui n'a pas grandi
A qui toujours est refusée
La maturité chaude des prunes

Quand je pèse la vie
Je trouve dans mes mains la forme de tant de visages
Eternellement offerts et qui ont soif
Et mes doigts les referment doucement
comme on referme les volets d'une maison qu'on aime
Et que la nuit va prendre

Anne Perrier, "Oeuvres poétiques"

******      

Amour
Les étoiles t'ont pris pour leurs lampes
Buveuses de soleil
Ou l'ont-elles mis sous quelle rampe
Du ciel
Ont-elles caché l'Amour
Si doux que je cueillais
Dans un éternel jour
Que je cueillais
En paix
Cerises mûres au creux du temps
Coqs de lumière
Etés printemps dorés ô ma terre
Brûlante sous la mort ô grand
Soleil des mers
Qui m'emportait tous vents éteints
Et puis sans fin
De rivage en désert
Me répondait au coeur
Comme de frère à soeur
Et maintenant qui me dira
Des mots semblables des mots
Si beaux
Qu'ils firent perdre éclat
Et rompirent les veines
A la douce langue humaine

Pour un chemin
Que je connus sans le connaître
Pour un vin
Que je goûtai peut-être
Pour un matin
Qui mit le feu à ma fenêtre
J'irai si loin
Que les morts me verront apparaître.

ANNE PERRIER ;extrait "Le petit pré"

Epsilon
Admin famille
France

Date du message : mars 4, 2010  22:58

BASSE MER

Aux ciseaux je me coupai de l’alphabet
Je me châtrai de ma patrie* d’encre et de sève
Sans où et sans rien dans ce Sud
Exilée de l’écho de mon alpha
Je suis un suicide de métap*****s
Une lettre aveugle un verbe sans racine

La pleine lune maternelle se trompa de route
Et me donna le jour en cette terre australe
Je suis un faux-pas de la Nature

Après chaque voyage
Dévêtue de ma peau temple sans Dieu
Dans la vapeur oxydée d’une ombre
J’écris sur des esquilles de l’enfer
Du sang bénit gicle de mes mains
Mais elles brûlent. Pas de cendres, que du feu
Je suis le gémissement de la Terre en rut
Implorant la pluie virile de ma patrie*

* en français dans le texte

Buenos Aires, le 2 février 2008
Cristina Castello . Traduit de l’espagnol (Argentine)




Epsilon
Admin famille
France

Date du message : mars 7, 2010  00:24



Poésie est son nom (fragments)

J’aurais peine à l’attendre,
à l’espérer encore, à la voir
autrement que profuse
— et sa chevelure est partout
où je suis.

Sous la montagne, elle avance,
un mot plus haut que l’autre ;
et qui ne l’entend pas confond
la rumeur et le chant.

*

Si tu es l’hôte de la terre,
elle est la table mise,
elle est le miel, elle est le fruit.
Tu t’avances et tu t’aperçois
que la nappe est sans plis.

Elle a saisi la main qui se confie ;
elle accompagne qui la croit
dans le tombeau bleu du présent.

*

Le pré m’a parlé d’elle
(et la feuille en transe où j’ai vu
sa lèvre exsangue s’exercer).
Le vent propage sa semence
aussi vite qu’un feu de mai,
qu’il m’arrive d’espérer debout
— et face au monde blanc.

Un coq annoncera son retour imminent
sur les collines de l’été.

Pierre-Alain Tâche(Poésie est son nom, L’Alphée, Paris, 1985)

Epsilon
Admin famille
France

Date du message : mars 10, 2010  23:37


les coquilles sont brisées
l'encre noire des nuits
coule d'un sein brillant contre la mort
meurtrissure de soie sur la peau des mers
un miroir rond se tend
nacré sauvagement contre la mort
vergéture de soie sur la peau
du ventre où j'étais
lovée où l'hippocampe
mit ses oeufs
mon nom rêvé m'engendre
je retourne à la mer

Martine Broda (Eblouissements)



avec toutes les pensées je suis sorti
hors du monde : tu étais là,
toi, ma silencieuse, mon ouverte, et –
tu nous reçus.

Qui
dit que tout est mort pour nous
quand notre œil s'éteignit ?
Tout s'éveilla, tout commença.

Grand, un soleil est venu à la nage, claires,
âme et âme lui ont fait face, nettes,
impératives, elles lui ont tu
son orbe.

Sans peine,
ton sein s'est ouvert, paisible,
un souffle est monté dans l'éther,
et ce qui s'est nué, n'était-ce pas,
n'était-ce pas forme, et sortie de nous,
n'était-ce pas
pour ainsi dire un nom ?

PAUL CELAN ;La rose de personne /traduction de Martine Broda



Nuits blanches, semées d’étoiles, l’absence
comme un pont jeté, et ma nuit qui palpite,
pleine de toi, et je voudrais pouvoir le dire
avec mes lèvres mes doigts courant sur
ta peau traçant dessins de fièvre
je suis allée vers toi en somnambule
notre histoire est-elle une page blanche
ou plutôt une respiration du destin
puisque les plus beaux instants tremblent
nous hésitons avant l’accomplissement
au-delà de tes mains je n’ose même imaginer

Martine Broda

Epsilon
Admin famille
France

Date du message : mars 12, 2010  23:12


Devant un mur-miroir.
Je n’y ai pas vu mon image.
Je l’ai traversé.
Je n’ai pas peur de la vérité.
La haute mer a des rails.
La vérité a l’habitude de s’y déplacer
Elle aime les rails du fini
Seul le vent les a rencontrés
Par hasard
Et quelques vagues du large
Qui courent sans savoir où
Ni vers quoi
Ni vers qui.
La haute mer a des gares
Très fréquentées
Les vérités s’y bousculent
Les phares en ont entendu parler
Par les vagues qui racontent tant d’histoires.
Même le soleil s’y est perdu.
Les grands fleuves s’y sont donné rendez-vous.
Ils parlent de l’infini
Des sommets
Du non vu
Des chemins sans chemin
Ils se disent amis du vent
J’y ai reconnu le Pô le Nil
Le Mékong l’Irrawaddy
Je les entends parler
Leur concile n’est pas fini.

Mars 2002
Angelo VENTURI

****   

J’irai pêcher les brumes du matin
Hautes herbes mêlées d’avoines sauvages
Marcher seul tout droit sur le sentier
Faims
Regards
Sous l’arbre au départ
Chevaucher les huppes du songe
Mains de l’invisible
Rythmes d’oiseaux et de soleils sous les tamariniers
Ouvrir une fenêtre sur le jour
Doutes
Champs de roseaux
L’appel de la plaine
Falaise d’illusions
Sentiments en migration
Apercevoir le bonheur
Aux quais de l’être
Être attendu
Le cerisier de la cour intérieure
Somnolence de navires aux voilles baissées
Passés au présent
Couchant d’ailes
Estuaires
Le cri d’un rapace
Sur le fleuve Congo
Agaves et aloès sous les frangipaniers

Angelo Venturini

Epsilon
Admin famille
France

Date du message : mars 16, 2010  00:19


RIEN QU'UNE APPARITION

J'examine cet aveu
la fin de la journée
renonce à s'enrouler autour de son arbre
les visages luisent
les chemins viennent à se perdre
dans leur vitrail de mots de traits
d'interlignes de plomb soulignent
l'entrée de la lumière
et le cerclage d'une obscure mémoire
je ne saurais m'abriter sous l'auvent
je confesse dans cette archive
l'ombre portée de la scène
qui m'écarte sans bruit

Novembre 2008 . Hughes Labrusse

*****         
hématome

sans cesse brouillons
se succèdent
de nos doigts
de nos rumeurs sans fin

le livre ne sera jamais écrit
un fond d’image inachevée

la terre pousse en vain
ses hêtres
dans la lumière trahie
ça recommence à mort

là-bas la colline
avec ses enfants qui brûlent

dans la tombe une fois de plus
s’efface la chair
indéfiniment répétée
sans lendemain

et si nous apprenions à bâtir nos ruines

Hugues Labrusse


Epsilon
Admin famille
France

Date du message : mars 18, 2010  00:02

La nuit commence.

Berçant la vie et berçant la mort
Entre les draps.

Mais un doigt s'enfonce
Pour rejoindre l'étoile vraiment solitaire.

Elle se contracte, c'était donc l'anémone
— mouillée par moi, pas par la mer —
Qu'il faut lécher
Lorsque la langue comme l'enfance

A tout le temps.

Courbant ma pensée, je viens sourire dans les poils,
Une vraie joie sans raconter d'histoire.

Tu appuies tes fesses, un peu froid.
Embrasse-moi pour que la nuit ne me défigure pas.


Ariane Dreyfus, « La nuit commence »,

*****   

IRIS

Mais Dieu, surtout pas.
Ne mettez pas de mots vides dans votre bouche,
Hommes, regardez

Iris, malgré le mur,
Debout
C’est votre bleu.

Votre ligne, imaginons
Une plaie vivement recousue.

Votre broderie, sa joie se gonflant,
Quelques secondes d’amour par miracle successives.

Ici,
Du balancement le velours dressé,
Iris.

Je m’endors les mains sur toi.

Tu m’aimes si profondément qu’en dormant
Il y a ton visage pour le dire.

La nuit n’est pas noire.
Reconnaître ton sexe
A mon bonheur touché,
Fleur de l’infinie sculpture, fleur.

Plus rien de multiple.
La simplicité qui serait violente de te perdre,
qui serait d’un coup.

La vie simple vite tranchée
Serait mon visage dans la sciure.

Tu fermes les yeux pour que je les embrasse aussi,
C’est en confiance le ciel.

La langue dans le baiser, je dis la vérité.

Si j’ai la voix grave ?
Tantôt basse, tantôt soulevée dans le corps que tu cherches au milieu de tes mains.
Mes enfants grandissent, l’air passe. Serre-moi, toi qui es l’amour amour.

La vie éternelle n’est que mort, la vie veut seulement que les épaules frémissent l’une et
l’autre et s’il fait froid, c’est qu’il n’y a pas de lumière sans qu’elle change.

La nuit les mains dansent obscurément.

Parfois le jour tu pars,
Je ramasse de l’invisible à plein courage.

Ariane Dreyfus , Iris c'est votre bleu

Epsilon
Admin famille
France

Date du message : mars 20, 2010  00:36

Il n’y a plus d’amour
Que le mot même
Que le mot même d’amour
Le même mot d’aimer
Une main qui tiraille l’écorce
Insurge le voeu
Caresse la mémoire
Une femme engloutie
Dans la pose toujours là
D’un rêve épars
Rempart irrépressible et le souffle d’un nom
Ombre tressée émoi
Le mot même
Quand tu n’aimes plus que le mot
Et ne sais que dire
Il n’ya a plus d’amour
Que le mot même d’amour
Qui t’aime

Guy Allix



Douleur de mon amour

Et le poème travaille comme la terre
Friable dans la circulation des sèves
Dans la posture de la douleur

Tu partages incessant l'errance rageuse
Tu tiens dans la main ce dernier souffle recueilli
Qui fuit déjà entre tes doigts
Incurve la buée sur la vitre

Dans la main l'aimante même qui se meurt
Quand tu voudrais simplement épouser une terre
Enfin terre à venir de ton nom
Quand tu voudrais seulement
Fondre ici les mots de ta nuit


La mise à nu
Les vitrines agenouillaient les femmes en troupeaux
La ville repassait son linge
Tu venais d’un pays de froid dans le dos
Ton enfance comme un trou de ver
Ta tendresse recroquevillée dans ta chair à vif
Il y avait à vrai dire peu de mots pour ton corps
Peu de mots pour abriter la sueur

Tu descendais la rue béante comme une horloge
Tu n’avais plus rien à croire qu’une peau de bête
Ce ventre sourd où se tramait la peur
Lorsque tu défaisais les vêtements humides

MÊME TES FLEURS ÉTAIENT CRISPÉES

       GUY ALLIX

Epsilon
Admin famille
France

Date du message : mars 22, 2010  00:19



Pénélope

Bien plus qu'un rêve,tellement troublant!
Je suis ému et attendri,
pendant la nuit, lorsque mes mains
sont ton unique couverture.

Tu recomposes, avec l'habit
qu'à mon insu j'avais tissé,
cette pudeur que tu défis
comme une toile sans droit fil;
toute ta pudeur défaite
à ma requête.

Mais dans cette robe que tu effiles
et qui ensuite te rhabille,
je reconnais les meilleurs jours
de notre amour

David Mourao-Ferreira

       ****

Candélabre

Comme tes épaules hier étaient lointaines,
combien tes seins s'approchent aujourd'hui!
Le désir est la loupe qui te cerne,
la tendresse est un filtre qui te cache...

De mes yeux, en cette nuit ou je suis seul,
surgit un candélabre tout allumé
pourvu de quatre bras,quarante doigts
et quatre jambes,sans être le soleil.

Ton visage va mourant à la bougie,
maintenant que ta peau est si ardente!
Je cueille un goût de cidre sur tes lèvres,

mais d'une cire qui coule encore chaude,
au goût de sel,de cendre,de ton absence...
Dans mon sommeil je suspends le candélabre.

David Mourao-Ferreira .Traduction Isabel Violante /L'escampette

Page 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17

 


Ajouter cette page à :  Ajouter cette page à Facebook  Ajouter cette page sur MySpace  Ajouter cette page à del.ico.us  Ajouter cette page à Google  Ajouter cette page à Netscape.  Ajouter cette page à Windows Live  Ajouter cette page à Yahoo Ajouter cette page à Ask.com  Ajouter cette page à Stumble.  Ajouter cette page à Digg.  Ajouter cette page à reddit.com  Ajouter cette page à NewsVine  Ajouter cette page dans Simpy