|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
février 24, 2010 23:30
|
"Visages"
Je marche au centre d’un pays où toute liturgie prend source au seuil de vos visages. Un pays de misère et d’effroi un pays d’aller, un pays d’attendre un pays d’aimer où, après tant de nuits difficiles, jour après jour je désapprends l’oubli.
Je crois ne vous avoir jamais perdus des yeux je sais vous avoir attendus, parfois, sans rien espérer d’autre que de poursuivre cette attente je garde la mémoire d’être aussi monté jusqu’à vous quand il se faisait tard aux vitres de ma solitude.
Qu’ai-je à vous offrir aujourd’hui ? rien, peut-être, si ce n’est l’interminable litanie de mon sang où ma mémoire s’éclaire au temps qui va au temps qu’il fait au temps qui s’ouvre et se dénoue dans l’incessant renouvellement de l’arc de lumière qui repose un instant au bord de vos paupières pour y transfigurer l’instant
Jean-Pierre Spilmont
*****
DES SONGES HEUREUX POUR ENSEMENCER LA TERRE
Sachez que la Création ne nous appartient pas, mais que nous sommes ses enfants. Gardez-vous de toute arrogance car les arbres et toutes les créatures sont également enfants de la Création. Vivez avec légèreté sans jamais outrager l’eau, le souffle ou la lumière. Et si vous prélevez de la vie pour votre vie, ayez de la gratitude. Lorsque vous immolez un animal, sachez que c’est la vie qui se donne à la vie et que rien ne soit dilapidé de ce don. Sachez établir la mesure de toute chose. Ne faites point de bruit inutile, ne tuez pas sans nécessité ou par divertissement. Sachez que les arbres et le vent se délectent de la mélodie qu’ensemble ils enfantent, et l’oiseau, porté par le souffle, est un messager du ciel autant que la terre. Soyez très éveillés lorsque le soleil illumine vos sentiers et lorsque la nuit vous rassemble, ayez confiance en elle, car si vous n’avez ni haine ni ennemi, elle vous conduira sans dommage, sur ses pirogues de silence, jusqu’aux rives de l’aurore. Que le temps et l’âge ne vous accablent pas, car ils vous préparent à d’autres naissances, et dans vos jours amoindris, si votre vie fut juste, il naîtra de nouveaux songes heureux, pour ensemencer les siècles.
Pierre Rabhi, Extrait du Recours à la Terre
|
|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
février 27, 2010 00:07
|
Vermoeidheid / Lassitude
Quand nous, les grandes personnes, sommes las De causer les uns avec les autres, Quand nous sommes las de dormir Les uns avec les autres, de nous promener Et de commercer les uns avec les autres, De dîner et de guerroyer
Les uns avec les autres, quand nous sommes si las Les uns des autres, de toute cette réciproquerie Des uns et des autres, alors nous posons le chat Sur notre épaule, entrons dans le jardin Et cherchons les voix enfantines derrière Les hautes haies et dans la cabane de l’arbre.
Et silencieux, nous couchons notre lassitude Dans l’herbe, et les années qui, lourdes Et sombres, dormaient dans l’ourlet De notre manteau se dé*****nt là-haut Dans un gosier de gamin et dansent en Sautillant dans une bouche humide de fillette.
Quand nous, les grandes personnes, sommes las De causer, De causer, De causer les uns avec les autres, Nous entrons dans le jardin et nous nous passons sous silence Dans le chat, dans l’herbe, dans l’enfant.
Leonard Nolens (un Anversois né en 1947), traduit par Marnix Vincent. (Laat alle deuren op een kier / Laissez toutes les portes entrouvertes, 2004)
****** Inspiration
Non, monsieur, point n’ai besoin de vision ni de voyance, Ni d’être visité par des forces supérieures, non, madame. Un matin d’été, du café noir, des cigarettes, Le paradigme chantant d’une mouche, un moustique Harcelant mes absences par ses figures soûles, Pareilles choses suffisent pour soulever ici la jupe D’une âme humide ; pour de sa fente muette Aveugler votre regard critique, eh oui, monsieur.
Il y va, voyez-vous, non pas de mots mais de phrases Qui ce matin montent du néant dans la rue Comme des enfants qui bâillent, encore ivres de sommeil. Elles y jouent prudemment avec les désirs de chacun, Elles attrappent des ballons que nul ne jette par-dessus la haie. Par terre sur le trottoir elles s’enlacent en se chamaillant, Embrassant au petit bonheur la chance leur lointain avenir. Ce sont ces phrases-là que je trouve sans intention.
Traduction: Frans De Haes
|
|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
février 28, 2010 23:10
|
NOSTALGIE DE L'HIVER
C'est facile d'aimer les printemps, les automnes, Et de se souvenir des lumineux étés. Mais les hivers par rimes et raison monotones, Plus d'une fois aussi je les ai regrettés.
Les jours, les ans auront tourné comme un manège De plus en plus rapide (il est devenu fou), Et j'aimerais revoir, rime, tomber la neige Sur l'heure qu'elle endort, l'espace qui se fout.
Alors d'être une rue ou les plaines d'Asie, Car il est devenu pleinement ce qu'il est, Tandis que l'âme sous la blanche anesthésie Rit de ne plus sentir la pointe du stylet.
Hiver, reviens avec tes beaux arbres d'épure, Tes draps, si bien tendus sur les fleuves glacés, Qu'on ne voit plus s'y dédoubler une figure Ni celles des oiseaux frivoles. Garde ces
Respectables corbeaux et peut-être la pie Qui porte ton blason noir et blanc. Sauve-nous Du grouillement des fleurs, des nids où l' on pépie, Elève ta candeur plus haut que nos genoux.
Roule sur l'horizon la couronne des pôles Et contre le soleil un opaque chapeau, Et nous enfouissant enfin jusqu'aux épaules, Rends céleste à jamais le bleu de notre peau.
Jacques Reda .L'adoption du système métrique /Gallimard
******
Dans ce lieu caverneux qu'est l'âme du grand âge On revoit sans arrêt sur la paroi du fond Les mêmes souvenirs danser - ainsi font font Marionnettes et pantins, pauvre héritage
D'une vie où l'on hoche, à la fin, du siphon. Néanmoins ce malheur offre quelque avantage : Ce qui revient paraît nouveau dans le potage Insipide des jours. Et s'il nous étouffe, on
Reprend au même endroit la bande dévidée : Même bonheur, même remords ou même idée Représentés à neuf comme sur un plateau.
Mais comment ressaisir la chose transformée Et reflet du reflet d'un image, fumée Où s'égara peut-être aussi le vieux Platon.
Jacques Réda, La Course, Gallimard 1999.
|
|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
mars 2, 2010 23:07
|
Quand je pèse la vie je trouve dans mes mains l'ovale dur ombreux De la petite olive Et son air d'enfant triste et qui n'a pas grandi A qui toujours est refusée La maturité chaude des prunes
Quand je pèse la vie Je trouve dans mes mains la forme de tant de visages Eternellement offerts et qui ont soif Et mes doigts les referment doucement comme on referme les volets d'une maison qu'on aime Et que la nuit va prendre
Anne Perrier, "Oeuvres poétiques"
******
Amour Les étoiles t'ont pris pour leurs lampes Buveuses de soleil Ou l'ont-elles mis sous quelle rampe Du ciel Ont-elles caché l'Amour Si doux que je cueillais Dans un éternel jour Que je cueillais En paix Cerises mûres au creux du temps Coqs de lumière Etés printemps dorés ô ma terre Brûlante sous la mort ô grand Soleil des mers Qui m'emportait tous vents éteints Et puis sans fin De rivage en désert Me répondait au coeur Comme de frère à soeur Et maintenant qui me dira Des mots semblables des mots Si beaux Qu'ils firent perdre éclat Et rompirent les veines A la douce langue humaine
Pour un chemin Que je connus sans le connaître Pour un vin Que je goûtai peut-être Pour un matin Qui mit le feu à ma fenêtre J'irai si loin Que les morts me verront apparaître.
ANNE PERRIER ;extrait "Le petit pré"
|
|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
mars 4, 2010 22:58
|
BASSE MER
Aux ciseaux je me coupai de l’alphabet Je me châtrai de ma patrie* d’encre et de sève Sans où et sans rien dans ce Sud Exilée de l’écho de mon alpha Je suis un suicide de métap*****s Une lettre aveugle un verbe sans racine
La pleine lune maternelle se trompa de route Et me donna le jour en cette terre australe Je suis un faux-pas de la Nature
Après chaque voyage Dévêtue de ma peau temple sans Dieu Dans la vapeur oxydée d’une ombre J’écris sur des esquilles de l’enfer Du sang bénit gicle de mes mains Mais elles brûlent. Pas de cendres, que du feu Je suis le gémissement de la Terre en rut Implorant la pluie virile de ma patrie*
* en français dans le texte
Buenos Aires, le 2 février 2008 Cristina Castello . Traduit de l’espagnol (Argentine)
|
|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
mars 7, 2010 00:24
|
Poésie est son nom (fragments)
J’aurais peine à l’attendre, à l’espérer encore, à la voir autrement que profuse — et sa chevelure est partout où je suis.
Sous la montagne, elle avance, un mot plus haut que l’autre ; et qui ne l’entend pas confond la rumeur et le chant.
*
Si tu es l’hôte de la terre, elle est la table mise, elle est le miel, elle est le fruit. Tu t’avances et tu t’aperçois que la nappe est sans plis.
Elle a saisi la main qui se confie ; elle accompagne qui la croit dans le tombeau bleu du présent.
*
Le pré m’a parlé d’elle (et la feuille en transe où j’ai vu sa lèvre exsangue s’exercer). Le vent propage sa semence aussi vite qu’un feu de mai, qu’il m’arrive d’espérer debout — et face au monde blanc.
Un coq annoncera son retour imminent sur les collines de l’été.
Pierre-Alain Tâche(Poésie est son nom, L’Alphée, Paris, 1985)
|
|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
mars 10, 2010 23:37
|
les coquilles sont brisées l'encre noire des nuits coule d'un sein brillant contre la mort meurtrissure de soie sur la peau des mers un miroir rond se tend nacré sauvagement contre la mort vergéture de soie sur la peau du ventre où j'étais lovée où l'hippocampe mit ses oeufs mon nom rêvé m'engendre je retourne à la mer
Martine Broda (Eblouissements)
avec toutes les pensées je suis sorti hors du monde : tu étais là, toi, ma silencieuse, mon ouverte, et – tu nous reçus.
Qui dit que tout est mort pour nous quand notre œil s'éteignit ? Tout s'éveilla, tout commença.
Grand, un soleil est venu à la nage, claires, âme et âme lui ont fait face, nettes, impératives, elles lui ont tu son orbe.
Sans peine, ton sein s'est ouvert, paisible, un souffle est monté dans l'éther, et ce qui s'est nué, n'était-ce pas, n'était-ce pas forme, et sortie de nous, n'était-ce pas pour ainsi dire un nom ?
PAUL CELAN ;La rose de personne /traduction de Martine Broda
Nuits blanches, semées d’étoiles, l’absence comme un pont jeté, et ma nuit qui palpite, pleine de toi, et je voudrais pouvoir le dire avec mes lèvres mes doigts courant sur ta peau traçant dessins de fièvre je suis allée vers toi en somnambule notre histoire est-elle une page blanche ou plutôt une respiration du destin puisque les plus beaux instants tremblent nous hésitons avant l’accomplissement au-delà de tes mains je n’ose même imaginer
Martine Broda
|
|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
mars 12, 2010 23:12
|
Devant un mur-miroir. Je n’y ai pas vu mon image. Je l’ai traversé. Je n’ai pas peur de la vérité. La haute mer a des rails. La vérité a l’habitude de s’y déplacer Elle aime les rails du fini Seul le vent les a rencontrés Par hasard Et quelques vagues du large Qui courent sans savoir où Ni vers quoi Ni vers qui. La haute mer a des gares Très fréquentées Les vérités s’y bousculent Les phares en ont entendu parler Par les vagues qui racontent tant d’histoires. Même le soleil s’y est perdu. Les grands fleuves s’y sont donné rendez-vous. Ils parlent de l’infini Des sommets Du non vu Des chemins sans chemin Ils se disent amis du vent J’y ai reconnu le Pô le Nil Le Mékong l’Irrawaddy Je les entends parler Leur concile n’est pas fini.
Mars 2002 Angelo VENTURI
****
J’irai pêcher les brumes du matin Hautes herbes mêlées d’avoines sauvages Marcher seul tout droit sur le sentier Faims Regards Sous l’arbre au départ Chevaucher les huppes du songe Mains de l’invisible Rythmes d’oiseaux et de soleils sous les tamariniers Ouvrir une fenêtre sur le jour Doutes Champs de roseaux L’appel de la plaine Falaise d’illusions Sentiments en migration Apercevoir le bonheur Aux quais de l’être Être attendu Le cerisier de la cour intérieure Somnolence de navires aux voilles baissées Passés au présent Couchant d’ailes Estuaires Le cri d’un rapace Sur le fleuve Congo Agaves et aloès sous les frangipaniers
Angelo Venturini
|
|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
mars 16, 2010 00:19
|
RIEN QU'UNE APPARITION
J'examine cet aveu la fin de la journée renonce à s'enrouler autour de son arbre les visages luisent les chemins viennent à se perdre dans leur vitrail de mots de traits d'interlignes de plomb soulignent l'entrée de la lumière et le cerclage d'une obscure mémoire je ne saurais m'abriter sous l'auvent je confesse dans cette archive l'ombre portée de la scène qui m'écarte sans bruit
Novembre 2008 . Hughes Labrusse
***** hématome
sans cesse brouillons se succèdent de nos doigts de nos rumeurs sans fin
le livre ne sera jamais écrit un fond d’image inachevée
la terre pousse en vain ses hêtres dans la lumière trahie ça recommence à mort
là-bas la colline avec ses enfants qui brûlent
dans la tombe une fois de plus s’efface la chair indéfiniment répétée sans lendemain
et si nous apprenions à bâtir nos ruines
Hugues Labrusse
|
|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
mars 18, 2010 00:02
|
La nuit commence.
Berçant la vie et berçant la mort Entre les draps.
Mais un doigt s'enfonce Pour rejoindre l'étoile vraiment solitaire.
Elle se contracte, c'était donc l'anémone — mouillée par moi, pas par la mer — Qu'il faut lécher Lorsque la langue comme l'enfance
A tout le temps.
Courbant ma pensée, je viens sourire dans les poils, Une vraie joie sans raconter d'histoire.
Tu appuies tes fesses, un peu froid. Embrasse-moi pour que la nuit ne me défigure pas.
Ariane Dreyfus, « La nuit commence »,
*****
IRIS
Mais Dieu, surtout pas. Ne mettez pas de mots vides dans votre bouche, Hommes, regardez
Iris, malgré le mur, Debout C’est votre bleu.
Votre ligne, imaginons Une plaie vivement recousue.
Votre broderie, sa joie se gonflant, Quelques secondes d’amour par miracle successives.
Ici, Du balancement le velours dressé, Iris.
Je m’endors les mains sur toi.
Tu m’aimes si profondément qu’en dormant Il y a ton visage pour le dire.
La nuit n’est pas noire. Reconnaître ton sexe A mon bonheur touché, Fleur de l’infinie sculpture, fleur.
Plus rien de multiple. La simplicité qui serait violente de te perdre, qui serait d’un coup.
La vie simple vite tranchée Serait mon visage dans la sciure.
Tu fermes les yeux pour que je les embrasse aussi, C’est en confiance le ciel.
La langue dans le baiser, je dis la vérité.
Si j’ai la voix grave ? Tantôt basse, tantôt soulevée dans le corps que tu cherches au milieu de tes mains. Mes enfants grandissent, l’air passe. Serre-moi, toi qui es l’amour amour.
La vie éternelle n’est que mort, la vie veut seulement que les épaules frémissent l’une et l’autre et s’il fait froid, c’est qu’il n’y a pas de lumière sans qu’elle change.
La nuit les mains dansent obscurément.
Parfois le jour tu pars, Je ramasse de l’invisible à plein courage.
Ariane Dreyfus , Iris c'est votre bleu
|
|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
mars 20, 2010 00:36
|
Il n’y a plus d’amour Que le mot même Que le mot même d’amour Le même mot d’aimer Une main qui tiraille l’écorce Insurge le voeu Caresse la mémoire Une femme engloutie Dans la pose toujours là D’un rêve épars Rempart irrépressible et le souffle d’un nom Ombre tressée émoi Le mot même Quand tu n’aimes plus que le mot Et ne sais que dire Il n’ya a plus d’amour Que le mot même d’amour Qui t’aime
Guy Allix
Douleur de mon amour
Et le poème travaille comme la terre Friable dans la circulation des sèves Dans la posture de la douleur
Tu partages incessant l'errance rageuse Tu tiens dans la main ce dernier souffle recueilli Qui fuit déjà entre tes doigts Incurve la buée sur la vitre
Dans la main l'aimante même qui se meurt Quand tu voudrais simplement épouser une terre Enfin terre à venir de ton nom Quand tu voudrais seulement Fondre ici les mots de ta nuit
La mise à nu Les vitrines agenouillaient les femmes en troupeaux La ville repassait son linge Tu venais d’un pays de froid dans le dos Ton enfance comme un trou de ver Ta tendresse recroquevillée dans ta chair à vif Il y avait à vrai dire peu de mots pour ton corps Peu de mots pour abriter la sueur
Tu descendais la rue béante comme une horloge Tu n’avais plus rien à croire qu’une peau de bête Ce ventre sourd où se tramait la peur Lorsque tu défaisais les vêtements humides
MÊME TES FLEURS ÉTAIENT CRISPÉES
GUY ALLIX
|
|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
mars 22, 2010 00:19
|
Pénélope
Bien plus qu'un rêve,tellement troublant! Je suis ému et attendri, pendant la nuit, lorsque mes mains sont ton unique couverture.
Tu recomposes, avec l'habit qu'à mon insu j'avais tissé, cette pudeur que tu défis comme une toile sans droit fil; toute ta pudeur défaite à ma requête.
Mais dans cette robe que tu effiles et qui ensuite te rhabille, je reconnais les meilleurs jours de notre amour
David Mourao-Ferreira
****
Candélabre
Comme tes épaules hier étaient lointaines, combien tes seins s'approchent aujourd'hui! Le désir est la loupe qui te cerne, la tendresse est un filtre qui te cache...
De mes yeux, en cette nuit ou je suis seul, surgit un candélabre tout allumé pourvu de quatre bras,quarante doigts et quatre jambes,sans être le soleil.
Ton visage va mourant à la bougie, maintenant que ta peau est si ardente! Je cueille un goût de cidre sur tes lèvres,
mais d'une cire qui coule encore chaude, au goût de sel,de cendre,de ton absence... Dans mon sommeil je suspends le candélabre.
David Mourao-Ferreira .Traduction Isabel Violante /L'escampette
|
|
Page 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17
|