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Famille : Poèsie d'aujourd'hui
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Auteur
Sujet : Présence des poètes
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Epsilon |
Date du message : juin 26, 2009 23:55 |
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Qui de moi s'évade Différente dès la venue au monde, différente dissemblable marginale aussi, qui suis-je multipliée par trois : femme - immigrante - handicapée, de tous mes yeux bleus verts bruns, de toutes mes langues et couleurs de toutes mes peaux moi qui ne suis ni noire ni blanche mais entre deux. toujours entre deux jamais unie dans toutes mes différences mais jamais déchirée non plus entière dans un corps fracturé blessé mais dans la moelle avant tout seule entourée JE suis là me réclame de tout ce qui m'est advenu. se dire ceci. rien n'est en moi possible sans mes trois vies mes trois paires d'yeux sans mes trois couleurs mes trois langues et mes trois peaux. sans mes trois je ne suis pas. si mes yeux verts tombent je ne vois plus même si restent mes yeux bleus et mes yeux bruns et si ma langue arabe tombe alors ma langue française ne répond plus et si ma couleur noire ne vit pas sur une de mes trois peaux je deviens invisible. je vis multiple parle d'abondance regarde tous pays qui à voir se donnent - il y a aussi cela - les voyages! vivre de voyages je deviens intérieure je cherche creuse trouve aussi ce qui - de moi - s'évade fuit s'en va sans m'emporter. Anne-Marie Alonzo .Poète canadien morte en 2005, née en Egypte à Alexandrie *** Lumière de loin Je voudrais t’insuffler la fraîcheur Capillaire par capillaire Que t’enfante le glissement de l’air Et le resserrement des papilles Te faire des mots verts Au matin des mots Que tu ais envie de toucher De broyer T’écrire avec les ongles Dans l’age paresseux des roches Dans les yeux Te convaincre de la terre Lorand Gaspar .Sol absolu
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Epsilon |
Date du message : juillet 6, 2009 12:14 |
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Les galets de ma rue Les galets de la Mer se roulent dans ma Rue Sur la pente s'ébrouent ma jeunesse et mon âge Corridor de la nuit qu'éclairent tes mains nues Dans une multitude où la vie se partage Sur la pente s'ébrouent ma jeunesse et mon âge On m'a dit les baigneurs recherchant ta venue Dans une multitude où la vie se partage J'en recouvre le temps du voile des seins nus On m'a dit les baigneurs recherchant ta venue Où le sable s'endort et veillant sur la plage S'apostrophent les corps dans la toile tendue Comme la déraison dont résonne mon âge Où le sable s'endort et veillant sur la plage Se combinent les doigts et l'Amour à la vue Comme la déraison dont résonne mon âge Les galets de la Mer se roulent dans ma Rue Bernard Flucha
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Epsilon |
Date du message : juillet 7, 2009 14:12 |
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Il y avait l’éclat l’écluse et le nuage cette vérité tout en parfum à mi-chemin des derniers jours telle l’étoile de nulle part celle qui tient comme l’absolu le soleil de novembre L’oiseau persiste et perfore la transparence Il s’est peut-être ensanglanté au givre il partage des arcs-en-ciel et de lourdes légendes Il est entré comme par hasard dans ce poème où il s’écorche. 26 L’envol de poussière sur les faïences du diamant bleu de Samarkand effleure l’ombre d’une aile et le frôlement d’un pèlerin La prière devient plume si légère simple signe du néant Un récif dans l’absolu du vent lieu du sublime houle du savoir et l’on s’en va ainsi en cahotant à la recherche des correspondances. 27 Il fait bleu juste sur la peau à la limite des grandes plaines Je m’approche et je tiens entre mes doigts celle qui est aussi volage que le vent Je lui dis des mots insensés des certitudes de flammes des légèretés de duvet Elle prolonge d’une voix tremblée les souvenirs elle dit ma part de ténèbre et mes destinations improbables et ce sont des mots chantés à la fête des sources des mots mûris aux lianes de l’été Et je tiens entre mes doigts celle qui m’accompagne au cœur du monde. Ces poèmes de Michel Cosem sont extraits de son dernier recueil : Gorgées de braises. La Chevallerais : Sac à mots éditions, 2006.
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Epsilon |
Date du message : juillet 9, 2009 00:33 |
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Parler Oh les mots qu’on dit dans la déception et la colère, mots amers, déclarations de dégoût et de guerre, mots et blessures, on ferait mieux de se taire, dit-elle. Et je songeais à ce qu’on dit parfois dans la passion, aux mots jolis de l’amour, à la poésie sonore des promesses, et je lui ai répondu oui, on ferait mieux de se taire. Et nous avons continué – la nuit avançait, blanche d’hiver – à parler, à parler encore. Francis Dannemark ***** La nuit commence. Berçant la vie et berçant la mort Entre les draps. Mais un doigt s'enfonce Pour rejoindre l'étoile vraiment solitaire. Elle se contracte, c'était donc l'anémone — mouillée par moi, pas par la mer — Qu'il faut lécher Lorsque la langue comme l'enfance A tout le temps. Courbant ma pensée, je viens sourire dans les poils, Une vraie joie sans raconter d'histoire. Tu appuies tes fesses, un peu froid. Embrasse-moi pour que la nuit ne me défigure pas. Ariane Dreyfus, « La nuit commence », section Le périlleux retour, in L'Inhabitable, Éditions Flammarion, Collection Poésie, 2006.
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Epsilon |
Date du message : juillet 10, 2009 00:57 |
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La voie nomade I (extraits) O rompre les amarres Partir partir Je ne suis pas de ceux qui restent La maison le jardin tant aimés Ne sont jamais derrière mais devant Dans la splendide brume Inconnue Pour aller jusqu'au bout du temps Quelles chaussures quelles sandales d'air Non rien O tendre jour qu'un mince fil d'été Autour de la cheville Si je m'égare O que ce soit à l'heure de midi Et au milieu d'étincelantes Dunes leurs dômes de cannelle Et leur fuite dorée De gazelles Endormez-vous mes terres Mes atlantides endormez-vous Je garde en moi l'appel Ébloui des rivières J'emporte la flûte Ardente de tous les chants Je sais que la nuit sera longue Et que le froid me brûlera Les yeux que le scorpion me guette En silence et que des chiens avides Gardent la porte du jour Peut-être qu'à la fin du jour Se lèvera d'entre les harpes La brise du désert Plus ineffable que le rossignol Et que seul peut entendre Le cœur intemporel Si le temps me touche Si la mort m'arrête Alors que ce soit D'un doigt éblouissant Ce n'est pas l'ombre que je cherche Ni l'humble signe De la halte sous les palmiers Tranquilles ni l'eau ni l'ange Gardien d'oasis Je cherche le chemin qui dure Toujours toujours toujours L'âme bleuie de froid Quelle surprise pour la mort Qui l'ouvrira D'y trouver la fraîcheur sucrée De la figue mûre Si les ombres sur le chemin Si les tristesses n'étaient rien Que mirages mirages sur le sel De nos larmes Le bleu des lointains me transperce Et tout le bleu du vent Et jusqu'à l'âme Le bleu cavalier de la mort Je m'arrête parfois sous un mot Précaire abri à ma voix qui tremble Et qui lutte contre le sable Mais où est ma demeure O villages de vent Ainsi de mot en mot je passe A l'éternel silence A la fin de la traversée M'attend la souveraine saison Sous ma tête Le sable chaud du long sommeil Une pelisse d'étoiles Sur mon ombre humaine Plus avant plus avant Vers les terres extrêmes Où il n'y a ni routes ni refuges Rien que les plis laissés par le dernier repos Du vent Ce là-bas Ce chant cette aube Cet envol de ramiers Cet horizon comme un jardin Qui repose dans la lumière Et les aromates ANNE PERRIER. Extrait de: Œuvre Poétique (1952-1994)
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Epsilon |
Date du message : juillet 12, 2009 00:01 |
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HYPOTHESE.... Tant que ça n'aura pas été fait ça reste une hypothèse Frileuse tenace Enrobée de désir Comme une noix sa bogue Un devenir une passion Quelque chose sans âme - N'ont une âme que les choses qu'on connaît - A l'existence farouche Immense de création Un fantôme Moins réel qu'une ombre Plus vivant que le coeur qui bat Et rigide comme un vol de perdrix On attend C'et un engoulevent qui lève Ou l'un de ces cailloux à pois qui fossilisent Les bourrasques et les déchaînements Pas de mémoire quand on attend Devant Ce serait plutôt digne d'un seul mot Que je ne connais pas Où le temps ne se manifeste pas encore C'est un avant Prémices tremblements Avant que rien n'ait été fait Tout est vivant Et le fruit et le vent à l'état d'ivresse Et la courbe avant cercle Et l'amour avant geste On attend Et déjà vient la transparence Où se précisent et se bousculent Ces instants qui Avant s'efface La mémoire fixe ce gitan qui vient là-bas De si loin qu'on dirait un aimant A la voix de miroir Prise par une efilochure de sang Tout est brisure possible Un plaisir déchirant Et l'astreinte à demain C'est un rêve et une providence On attend Ce n'est plus tout-à-fait l'attente ça va se faire On le sait on le sent On le veut du ventre et des mains La raison s'en empare On le fera C'est un début de quête Dont on ne voit pas la seconde Et pourtant Et pourtant Il arrive que rien ne se passe Et plus rien n'existe du tout Comme on peut gommer un silence ! On attend L'hypothèse produit son divertissement Et résout le rythme à apprendre En avant le ciel s'est obscurci Basculé déchiré dilapidé peut-être L'arc-en-ciel est bougie Et le nombre ineffable Avant que ne retombe la réalité sourde A grands traits sur le choix Destruction Avant c'est dominante La folie et la déraison la victoire Après c'est dominée Puisque tout recommence Tant que ça n'aura pas été fait Tiré du recueil "Qu'ils explosent" (1983) Je lis et relis ces "sentimots" superbes à haute voix... (Merci Summertime!)
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Epsilon |
Date du message : juillet 13, 2009 00:37 |
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AQUARELLES I I Les jours en tête, il fallait marcher sans cesse dans les dunes. Nous avions des jumelles pour regarder la mer et nous rapprocher des temps anciens des monstres marins. Cela dépendait souvent de la longueur de la courbe observée : pouvoir nous redécouvrir, inconnus, et pourtant venant à la rencontre de nous-mêmes. II Désensablés, statues de sel. Il n'était pas rare que nous soyons aussi en butte à des racines noueuses sorties du sol tels des rapaces suppliciés. Au milieu des travaux de soutènement, le dimanche, attenant à la gloire. III Les équivalences s'étendaient à perte de vue et les normes d'éternité. Peut-être avons-nous oublié ce qui nous appartient. Car voici la courbe répandant son écume, sa faune qui s'étiole sans jamais atteindre des heures semblables. IV Tout s'amasse, lumière sur lumière, ombres séculaires sur le flanc de ces nudités. Du silence qui s'abrite dérivent les cris. La noyée attachée à l'avant du bateau possède la science de la marche des étoiles. V Irions-nous jusqu'au dépliement dernier du ciel? Alors que de chaos azurés, de troupeaux prestigieux, de hardes ! Tout se module selon nos prévisions, quand nous repérons à marée basse celui qui s'invalide ; en s'éloignant, il épuise l'infini. Pour le rattraper il faudra enjamber le présent. Michel Fardoulis-Lagrange ( Un grand écrivain sur lequel je reviendrais)
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Dauphin42 |
Date du message : juillet 13, 2009 16:22 |
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Merci Epsilon pour nous faire connaître tous ses beaux poèmes. Mais comment fais-tu pour avoir le temps pour te documenter? Quelle persévérance, je t'admire.
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Epsilon |
Date du message : juillet 14, 2009 00:17 |
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LABYRINTE Le labyrinte est une ruse du mage qui propose un sentier, et le détourne pour atteindre le seuil doré Le pas ne compte point:c'est en marchant Que l'on roule et dévide l'écheveau. Sur mon chemin,Ariane tient le fil Et je lis les signes de ma main RICARDO PASEYRO **** TEMOIN Est-ce coupable déraison D'aimer par la pensée Et non point avec le coeur? Puisque la foi se dissipe Puisque l'amour s'évanouit Je suis à Dieu sans le dire. Mais le savoir,la saveur De Dieu que je porte en moi Unissent mon être à l'Être. La Poèsie est mon témoin RICARDO PASEYRO
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Epsilon |
Date du message : juillet 15, 2009 10:13 |
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Magnétisme L’innommable S’illumine De l’énergie des cônes La symphonie des sphères Irradie l’impensable Dans le feu du dialogue Les astres fusionnent Avec notre moi On se substitue A la dynamique stellaire Pour s’abreuver De l’eau cosmique Les champs magnétiques Peuplent Le flux humain La houle des vagues S’évanouit Dans la vulve galactique Un grain de lumière surgit De la nuit des temps J’entends le coeur de l’espace Qui résonne Dans la demeure de l’être Son souffle Donne naissance A la germination des vents A la poussière de l’âge A l’amas des globules Le royaume de la nébuleuse Est en nous Le flot elliptique Enivre notre âme L’origine du monde Habite le temple de l’homme Salvatore Gucciardo *** Alchimie Je visualise les méta p h o res En scrutant les corps J’identifie le noyau Dans la communion des sphères Le champ de ma vision Trace une verticale Sur la ligne d’horizon Le laboratoire de la mémoire A n a lyse Le paramètre de l’existence Il paralyse la lumière Le tout est dans l’épreuve Le diamètre d’un frisson Le désir d’une expérience L’activité d’une structure Chaque instant Est codifié Par l’inconscient Les réacteurs de notre moi Se lient Aux forces invisibles Nous sommes L’énergie du monde Les instruments Du Grand Alchimiste Salvatore Gucciardo
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Epsilon |
Date du message : juillet 17, 2009 00:04 |
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(l'amoureuse) Je me perpétuerais et toi, tel un goéland, tu me couperais de ton aile... Comme je t'appartiens! Tu as le sens des mouvements qui me grisent, et la diction d'un fa-nal. Mes flots se teintent. Tu renverses l'azur en moi. Tu jalonnes mon ventre d'ifs tout allumés. C'est la fête. Je deviens poreuse. Tu m'échevelles. je t'accompagne. Nous descendons au ralenti un escalier de pourpre, je me voile dans l'écume, le vent se lève, tu t'effaces devant les portes, où suis-je? Mais tu ne réponds pas, tu m'inspires des flambeaux de passage, tu déplies soigneusement la volupté, tu détournes ma soif, tu me prolonges, tu me chrysalides et je suis de nouveau élue. Alors je danse, je danse, je danse! comme une flamme debout sur la mer ! les paupières fermées. Ta patience fait mon bonheur. Je suis nue, j'en ai conscience et je te remercie parce que la fin de la folie est imprévisible. Tu échafaudes des merveilles. Tu me crucifies à toi. Le plaisir est doucement douloureux. Je suis bien. Laisse-moi te dire : j'ai besoin de me sentir voyagée comme une femme. Depuis des jours et des nuits, tu me révèles. Depuis des nuits et des jours, je me préparais à la noce parfaite. Je suis libre avec ton corps. Je t'aime au fil de mes ongles, je te dessine. Le coeur te lave. Je t'endimanche. je te filtre dans mes lèvres. Tu te ramasses entre mes membres. je m'évase. Je te déchaîne. Henri Pichette « Les Epiphanies »
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Epsilon |
Date du message : juillet 18, 2009 21:16 |
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un des plus beaux...enfin...pour moi... LE TEMPS ET MOI Dans le mur, à l'heure où le chat-huant se retourne dans ses clameurs, Eclaboussant dans le jardin les roses d'une nuit de ses couleurs Qui ressembleraient étrangement à des flammes veillant à côté de leurs lampes, Une couleuvre est sortie hors des broussailles et rampe Dans une fuite de sommeil dont les pierres sont déjétées. C'est un sablier qui se renverse, le temps disjoint rejoint l'éternité. Un frisson se retient, un nerf se rompt, une pincée de cendre Amorce une chute retenue, entraîne un remuement. Rien qu'à l'entendre La chaleur dans mon corps qui veut me rassurer, ma lâcheté serrant ses bras autour du cou, Murmure qui me désole et me console :"Tout durera bien plus que nous". J'ai peur, je suis vivant. La chasse est dans le temps qui piétine dans la pendule. Par la fenêtre ouverte, elle surveille la transhumance des collines noctambules Et, soudain, fait s'envoler une compagnie d'étoiles dans l'éblouissement d'une beauté plus cruelle que le remords. Car il fait plus beau sur terre que dans les rêves. Et le sang qui se refuse se retourne comme un serpent et mord. C'est la mort qui travaille et reste à mon écoute, Et me construit et me détruit mon coeur à mon écoute, Et me construit et me détruit mon coeur qui bat la campagne comme un nomade court les routes Dans le sourd tremblement d'une terre alertée Par le désordre des charrois des fourgons nocturnes en déroute de l'été. Jean Malrieu La poésie française contemporaine :le cherche midi (Merci grimalkin!)
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-grimalkin- |
Date du message : juillet 21, 2009 04:20 |
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A BAUDELAIRE La beauté était, pour toi, la surprise. Et tu m’as surpris très tôt, Hérisson nouveau, larve de Rimbaud, Chenille avant la mue ! Mais tu es mort de mutisme et Tu t’es tu, dès longtemps. Il a fallu d’autres Apollinaire pour tout relancer, de tes fusées, Réinventer, sans fleurs, le bonheur, D’être là – jambes lasses – Debout, assis, couché, dormant dans tous les cas. Mais je te reconnais, sans rêver, À tous les poteaux, Et même si je m’étais disputé, violemment parfois, avec toi, Je t’inviterais ce soir à table, Où tu ne viendrais peut-être pas. Je t’embarrasserais avec des femmes, nouvelles. Des livres non lus, Et plus que jamais, des utopies. Tu n’y as jamais cru ? Tant pis. ALAIN JOUFFROY.Être-avec.La différence .Paris, 1er-2 juin 2002 Quand les blés à forte crinière arrivent couverts de parfums en piétinant la terre des femmes murmurent d'étranges secrets et leur alliance est un mystère Est-ce leur ombre ou leur regard qui donne un sens à la rumeur naissant des arbres et des fontaines Car leurs yeux savent que nous mourrons et sous la flamme solitaire l'été qui grandit fait onduler fables et lumières MARIE-PAULE LAVEZZI
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-grimalkin- |
Date du message : juillet 23, 2009 03:41 |
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Ses racines Ses racines, on les porte en soi. Comme les souvenirs et les oiseaux, l’intensité d’un regard au moment d’une séparation. On porte ce qu’on est à travers tous ses rêves et les haltes. Nu de ces dépouillements successifs qui font surgir l’essentiel. ses racines, on les porte en soi souvenirs et oiseaux l’intensité d’un regard au moment d’une séparation et sa brûlure on porte ce qu’on est à travers tous ses rêves toutes les haltes nu de ces dépouillements successifs par lesquels on accède à sa concentration l’essentiel Un long chemin qui rit du temps et propulse sur les rochers arides. L’espérance respirée dans la couleur rouge et or des feuilles à l’automne, celle qu’on n’a pas pu voir pendant de si longues années de deuil, celle qui a brusquement ressurgi un grand jour de soleil. long chemin psalmodié au hasard des minutes de celles qui paraissent des heures ou des secondes où l’on ne sait si on existe si le temps avance ou recule long ressurgi à quelque chose d’essentiel là où on ne l’attendait plus là où La poésie qui s’impose. Chemin aride, chemin secret, où les blessures, on apprend à les esquiver, on les évite, on les refuse. Apprendre à se battre. Les guerriers l’apprennent en premier. Moi, j’ai d’abord appris l’amour. Et c’est lié. Comme l’essence de la vie, du mouvement. Le secret des nuages et des inflammations, incantation de l’âme. Qui existe. Qui cherche. Qui voyage pour se trouver. épée qui trace l’infini porté à l’extrême pointe du désir Désir. La chair auréolée de cette transparence. Vibration. Comment la relancer, comment la sortir des décombres sous lesquels elle croupissait. Il n’y a aucune différence, à ceci près qu’elle sourit soudain de l’intérieur. Détachement. Traversé par l’espoir. Qui pulse soudain à nouveau. la chair racine de soi en soi ingérée digérée vibrante Racines à l’intérieur de soi, retournées sur le silence du sang qui bat comme il le fait depuis toujours, ici, ailleurs, racines d’un arbre qui apparaît derrière la peau. Elles sont attente, souffrance, patience, attente. Elles sont odeurs, réminiscences, images, couleurs. Mémoire intime, celle qui dispense d’objets et de photographies. rester dans le désir comme seule présence à soi chair ressurgie du long silence qui l’engluait Racines intimes qui font la force et toute la différence. Celles qui poussent à s’accomplir. À avancer plus loin. À continuer. Racines de l’être. Elles apparaissent lentement. On est pétri sans le savoir, trituré par les souffles et les sons. Isabelle Normand
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-grimalkin- |
Date du message : juillet 24, 2009 05:06 |
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Aimer est un mystère Mes paupières se referment doucement sous tes lèvres, renoncer à soi-même nous enfante. Ce qui compte ici n'a plus d'identité. Aimer est un mystère nourri par le feu. La certitude d'être vivant laisse la porte ouverte. Nous nous amusons aisément sous le soleil, nous buvons ensemble la fluidité du silence. Notre conscience fascinée s'en trouve comme agrandie. Les amoureux protègent le monde Je te prends par la taille, les plis de ta robe bougent. Notre âme d'enfance nous parle tout bas. Les secondes s'écoulent. Nous avons des yeux, nous avons des mains. Nos haleines se mêlent, tu te mets à gémir doucement. Notre corps d'avant le sens attire sur lui toute la clarté du monde, la loi qui nous invente a oublié notre place en face du miroir. Ce qu'il s'agit d'élucider brûle très lentement dans notre voix. Seuls importent nos gestes Tout est si lent, si unique. Nous nous rapprochons l'un de l'autre, tu commences à te dévêtir, seuls importent nos gestes. Autour de nous la réalité est une respiration devenue éclairante. Une forêt sommeille au creux de nos pensées. Je te désire constamment, mon âme est débordante d'ailleurs. À travers le scintillement des caresses, nous étions faits pour nous rencontrer Un pays silencieux Je te tiens étroitement serrée contre moi, je hume la fine odeur de ta peau. Tes pupilles avides et sans pudeur sont plus noires que jamais. Sur mon cou, il y a une minuscule trace de rouge. La fable qui nous habite se consume depuis toujours. Nous sommes au coeur d'un pays silencieux. L'avènement pur de l'été est une méditation dans laquelle s'adoucit le sens. La tendresse ne diminue pas, nos deux regards se traversent. Le temps par-dessus les siècles recommence à zéro. François Charron (Merci Marcello)
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