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Famille : Poèsie d'aujourd'hui
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Auteur
Sujet : Présence des poètes
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-grimalkin- |
Date du message : juillet 25, 2009 04:46 |
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Mon amour, mon amour le grand bonheur que me donnent tes mains c'est le bonheur d'une chose qui saurait qu'elle est belle Tuiles romaines qui aiment leur rondeur Collines que charme la mélodie de leur profil Mes seins jaillis du lait horizontal convoitent leurs étoiles soeurs prisonnières dans tes doigts Le grand bonheur que me donne ta bouche est celui d'une chose bu qui se réjouit de son goût Liqueur Saveur Faveur Salive Le grand bonheur que me donne ton sexe est le bonheur des choses gouvernées le bonheur des choses qu'on ouvre le grand bonheur des choses éclatées le grand repos des choses immobiles. MIREILLE SORGUE.
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-grimalkin- |
Date du message : juillet 26, 2009 04:24 |
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La porte nocturne Fou, flou, un feu glacial s'agite sous les larmes, sous les pétales du souffle dernier, qui se d ilue. Je suis comme arrachée. Ce souffle, ton souffle! Combien de fois l'ai-je cherché, angoissée, à travers le silence, de peur qu'il ne cessât, cette odeur humide et claire, qui s'élevait avec la légerté de la sève et retombait avec la certitude du bonheur. Oscillation immuable et magique de ta respiration! La conscience, comme un éclair, s'attache aux rayons de lune, pour éviter la fêlure impatiente qui siffle dans ma poitrine. Les mains s'effleurent et se rassemblent. Dans la chaleur tremblante de leur impuissance, elles se résignent et dessinent les fleurs du voyage. L'âme pourpre encore estampillée de rosée se pose et se repose dans ce brasier d'effusions. Puis, peu à peu,elle s'abandonne, tachée d'illuminations mystiques. Je veille la mort dans une couverture de neige blanche! En palpant l'inévitable passage, une peur hagarde, prête à déverser une coulée de larmes noires, brûle en mes artères les derniers rayons de notre union. La révolte sanglante est proche. Mais devant la paix de ton regard s'éveille en moi le silence et la douceur troublante de l'attente. A l'aube de ton absence, je ne veux que la transparence des poussières de blé et non la furie du despéré. Je ne veux que ton rire, testament de ta joie, ton sourire, immobile à jamais sur ma blessure. Et si je ne soutiens le silence proche des ténèbres, le chant des lilas nous enveloppera. Mais la brume nocturne grandit sur ton visage et me dévoile pour la première fois le reflet de ta finitude. Tout cesse alors d'exister! Tout se mélange, dans le balancement gris de la nuit, la vie, tes yeux, mon sang, la mort! Qui dira les peurs des prunelles, les sursauts de soleil? Son regard fleuri des étoiles et de mes baisers se dresse encore une fois sur la plaine. Elle joue la danse verte et jaune du talus. Entre mes mains, immobile, elle n'a jamais été si vivante, traversée par la lumière d'or de cet unique automne. Mes doigts en ont gardé la couleur du miel! Elle a la forme des hivers comme celle des étés. Un baiser monte... L'amour a flambé! Sa tête s'endort dans mes mains. Mon âme roule en ses songes. Julie Delaloye
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-grimalkin- |
Date du message : juillet 27, 2009 04:05 |
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Lettre d'amour (1960) Pas facile de formuler le changement que tu as fait en moi. Si je suis en vie maintenant, j'étais alors morte, Bien que, comme une pierre, indifférente totalement, je restais là immobile suivant mon habitude. Tu ne m'as pas seulement bougée d’un pouce, non - Ni même laissé ajuster mon petit Œil nu A nouveau vers le ciel, sans espoir, bien sûr, De pouvoir saisir le bleu, ou les étoiles. Ce n'était pas ça. Je dormais, disons : un serpent Masqué parmi les roches noires comme une roche noire dans le hiatus blanc de l'hiver - Comme mes voisines, ne prenant aucun plaisir A ce million de joues parfaitement polies Qui se posaient à tout moment afin de faire fondre Ma joue de basalte. Et elles devenaient larmes, Anges pleurant sur des natures monotones, Mais je n'étais pas convaincue. Ces larmes gelaient. Chaque tête morte avait une visière de glace. Et je continuais de dormir, comme un doigt tordu La première chose que j'ai vue n'était que de l'air pur Et ces gouttes enfermées qui montaient en rosée, Limpides comme des esprits. Tout alentour Beaucoup de pierres compactes et inexpressives Je ne savais pas quoi faire de cela. Je brillais, écaillée de mica, et déroulée pour me déverser tel un fluide Parmi les pattes d'oiseaux et les tiges des plantes. Je ne m’étais pas laissé berner. Je t'ai reconnu aussitôt. L'arbre et la pierre scintillaient, sans ombres. La longueur de mes doigts a grandi, lucide comme du verre. J'ai commencé à bourgeonner comme rameau de mars : Un bras et une jambe, un bras, une jambe. De pierre au nuage, ainsi je me suis élevée. Maintenant je ressemble à une sorte de dieu Je flotte à travers l'air, âme tournoyante, Aussi pure qu'un pain de glace. C'est un don. Sylvia Plath, (envoi d'un visiteur : Marcello)
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-grimalkin- |
Date du message : juillet 28, 2009 03:43 |
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regarde ma main qui telle une aile vaque, balance de gauche à droite, active, adroite, vive, nerveuse, heureuse, hésitante quoique sûre d’elle : dans ses élans sur la feuille, comment sait-elle qu’elle écrit ou dessine, recueille la forme des mots qui gîtent en moi, disant un quelque chose d’inconnu, de l’ordre du savoir ou de la foi, qui ne saurait demeurer perdu et qu’elle cherche et sent et trouve, tel un fouineur de truffes d’autrefois, plus profond en sa tanière, que ne se tient le lièvre ? Des mots qui lancent loin l’esprit soulèvent l’âme éprise d’infini, la portent au rire aussi bien qu’aux larmes, la dévorent et la créent dans leur flamme, la jettent dans le trouble d’un corps avide dont hardiment elle éprouve les sens à n’importe quel prix pour aussitôt les fuir. Je les regarde, ces deux folles, accompagner l’indécise qui vient, une parole, comme devinant ce qu’elle dérobe quoique encore à enrober de notes, et traçant à l’avance - selon sa fougue ou sa paresse, sa danse - le désarroi qui l’épouvante, le désordre qui l’accable la douleur qui l’obsède, ou l’obscure joie dont elle vit. Quel lien les relie à la pensée pour une seconde encore informulée ? Quel éclair les traverse quand l’orage me cherche ? Si je les attachais derrière moi ne serais-je pas soudain muet, incapable d’exprimer comme de faire et réduit dès lors à me taire ? Car leur mouvement, tout intuitif, me porte à une juste délivrance, lui dont s’accompagne mon hésitante naissance. ------------------------------------ Oublier, s’il le faut, tout ce qui est d’ici : rien d’autre en somme que le visage de la mort ! Quoique résonne en moi la musique du vent, m’épousent le grondement allègre des vagues et l’odeur de lait sûr des enfances d’autrefois… Quoique encore s’entendent, pourtant oubliés, des rires vifs qui furent de toutes mes joies… Quoique hélas s’invitent, plus violents que la peur, des cris qui toujours me furent tels des pleurs comme venus d’ailleurs ou de noires prisons jamais connues, jamais visitées, jamais pourtant jamais perdues de vue par les temps les plus sombres : ils me parlent de l’effroi d’amis inconnus jetés aux poubelles de l’Histoire, sacrifiés aux mythes du progrès, éliminés au profit d’un Moloch plus absurde que l’absurde néant. (D’un recueil inédit qui se nomme « Face à l’effroi ». DOMINIQUE DAGUET merci Marcello
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Epsilon |
Date du message : juillet 29, 2009 00:26 |
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« C’est moi. Réveille-toi. Debout. Viens ! J’ai besoin des craquements de tes vingt ans. J’ai besoin de ta main dans la mienne. Sois-moi complice. Lève-toi. J’ai besoin de marche avec toi dans la nuit. Ardemment. Marcher en silence en bousculant des formes, des vents, des ruades de parfums, des clartés qui passent. Marcher longtemps, le cœur en marche. Les dents serrées. Les routes et les pierres et les arbresEt le cœur en marche dans la nuit. Le cœur dans la gorge et les dents serrées. Tu le sais bien où nous allons… Tu t’imaginais que nous allions cueillir les boutons de roses et d’aurore ? Tu crois que j’avais besoin de toi pour trouver l’autre ? Alors, pourquoi me demander où nous allons. Et moi, tu crois que je le sais ? Pourquoi donc veux-tu le savoir ? Allez, marche, sinon jamais nous n’arriverons. » Benard Manciet Accidents .Poèmes traduits de l’occitan par l’auteur
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Epsilon |
Date du message : juillet 30, 2009 02:15 |
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L'ARBRE Quand ma porte est fermée , que ma lampe est éteinte et que je reste enveloppée dans l'haleine du crépuscule je sens bouger tout autour de moi des branches , les branches d'un arbre Dans ma chambre que nulle autre habite l'arbre étend une ombre douce comme un voile Il vit silencieux , il croit sans doute il devient ce que veut un inconnu Une puissance spirituelle , une puissance secrete a mis sa volonté dans les racines cachées de cet arbre Parfois , j'ai peur, je demande anxieusement : Sommes-nous si sûrement amis ? Mais il vit calmement , il pousse tranquille je ne sais vers ou il tend , vers ou il veut aller . Il est doux et magique d'habiter si près de quelqu'un que l'on ne connait pas KARIN BOYE
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Epsilon |
Date du message : juillet 31, 2009 02:40 |
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Le peuple du soleil I Il coule entre mes doigts le murmure du monde Je ne sais pas s'il vit cet oiseau que je tiens Ou s'il veut s'endormir au secret de ma paume J'ai besoin de son chant, de son vol j'ai besoin Il est blanc cet oiseau, je le nomme Colombe C'est le clair messager des armes du printemps Et moi je suis blessé de tant de terre et d'onde En laissant mon oiseau s'envoler dans le temps. II Je dis l'arbre, l'enfant, je dis soleil, planètes Et tout devient plus clair ----- écoutez immortels Les mots de mon amour, je dis oiseau prunelles Et vous battez déjà le grand vol de vos cils Ils ne mourront jamais les mots que je répète Ces dieux ne s'usent pas ------- voici les fruits, les fleurs Voici la biche au lac que sa clarté reflète Voici la femme et l'homme et voici l'univers. III Lorsque je combattrai les fauves et les guerres N'ayant pour tout soleil que l'amure du cœur Vous me suivrez mes yeux, plus haut que la prière Et vous ma main de flamme au royaume des fleurs Vous cueillerez le lys, le thym, la marjolaine Pour apaiser les dieux, vous cueillerez la mort Lorsque je combattrai les fauves et les guerres Vous me suivrez mes yeux, vous me suivrez mon corps. IV Mais quel est cet oiseau que nul ne peut atteindre Et qui vit dans les cœurs et s'envole en chantant On le nomme la joie, il dissipe les limbes Et traverse d'un vol le plus clair de nos ans. Mais quel est cet oiseau qui dépasse nos têtes Tantôt d'air et de feu, tantôt de terre et d'eau Ce simple chant dans l'arbre apaise les planètes On l'écoute pour vivre au pays des oiseaux. V Les mains peuvent parler quand les bouches se taisent Et quand les yeux sont clos peuvent danser les doigts Mais privé de la voix, du regard, de l'oreille N'étant plus rien qu'un corps écrasé sur le bois Blessé de solitude à l'autre bout du monde Dans un fleuve de sang roulant au fond des mois J'aurai toujours assez de forces et de foi Pour jeter cet oiseau qu'on appelle Colombe. VI Peuple de ce temps dur, il te faut réapprendre La langue du soleil ------- il te faut décimer Les démons de la nuit. En soufflant sur la cendre Tu peux faire jaillir un grand arbre de mai Peuple voici venir à toi les mille orphées Ne les repousse pas, peuple qui t'émerveilles D'un simple oiseau de jour, d'une bûche enflammée Orphée t'offre la joie, Ô peuple du soleil ! ROBERT SABATIER (Merci BABY POUR CE POEME!)
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Epsilon |
Date du message : aout 1, 2009 12:23 |
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Poème de séparation 1 Comme aujourd'hui quand me quitte cette fille chaque fois j'ai saigné dur à n'en pas tarir par les sources et les noeuds qui s'enchevêtrent je ne suis plus qu'un homme descendu à sa boue chagrins et pluies couronnent ma tête hagarde et tandis que l'oiseau s'émiette dans la pierre les fleurs avancées du monde agonisent de froid et le fleuve remonte seul debout dans ses vents je me creusais un sillon aux larges épaules au bout son visage montait comme l'horizon maintenant je suis pioché d'un mal d'épieu christ pareil à tous les christs de par le monde couchés dans les rafales lucides de leur amour qui seul amour change la face de l'homme qui seul amour prend hauteur d'éternité sur la mort blanche des destins bien en cible je t'aime et je n'ai plus que les lèvres pour te le dire dans mon ramas de ténèbres le reste est mon corps igné ma douleur cymbale nuit basalte de mon sang et mon coeur derrick je cahote dans mes veines de carcasse et de boucane la souffrance a les yeux vides du fer-blanc elle rave en dessous feu de terre noire la souffrance la pas belle qui déforme est dans l'âme un essaim de la mort de l'âme Ma Rose Stellaire Rose Bouée Rose Ma Rose Éternité ma caille de tendresse mon allant d'espérance mon premier amour aux seins de pommiers en fleurs dans la chaleur de midi violente GASTON MIRON ******************
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Epsilon |
Date du message : aout 3, 2009 00:44 |
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Je me faufile Je me faufile entre les heures pour te saisir toi le temps maigre des encoignures et t’habiter en mage étreinte Je m’évertue à t’investir à te clouer contre les portes et mes années battent en mesure à tous les noms que l’on te donne sans le vouloir tailleur d’habits d’ici d’ailleurs qui du plus loin m’énamoures pour t’arrêter à fleur de nuit pour me tromper à peine Jacques Fusina *** LES MOTS APPRIVOISÉS Les mots apprivoisés s’assemblent au bout du compte au bout des terres Les mots cerceaux s’enroulent et roulent et dégringolent le long des pentes Les mots mensonges se mirent et se fondent en nous comme un lisse poison Les mots étranges se sont égaillés la bride sur le cou à perte de vue Les mots tissus alors se mettent en marche et progressivement grommelant ils remontent la pente Les mots vérité parlent à tous s’affrontent à nous en âcre miel Jacques Fusina, Retour sur images, Stamperia Sammarcelli, Biguglia, 2005.
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Epsilon |
Date du message : aout 6, 2009 01:06 |
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Puissance des yeux qui s’ouvrent sans retour les soupirs Puissance des yeux qui s’ouvrent sans retour les soupirs répétés par groupe de cent milles s’agglutinent autour. Le vent à n’en plus finir dans mes pieds en vérité mes souvenirs se couchent sur le sol ardent de l’air. Désirs oui désirs une source la peur de ne plus être il eût fallu à propos de l’eau ou simplement à peine la nommer. Et le signe de sa présence jusqu’à la frontière avez-vous déjà pleuré par haine de l’espace. Il semble que j’aie besoin de vous seul derrière ma voix je me retourne je n’ai plus rien et je suis riche. Les sortilèges se dégagent de nouveau par autosuggestion les bras croisés sans bouger je demeure avec 1,2,3,4,5,6, 7,8,9,10. François Charron *** Les statues pleurent sur la solidité] Les statues pleurent sur la solidité qui n'existe pas les âmes sont dangereuses. Je sens ce que je sens à quoi sert le hasard sinon à lire les étoiles. Même le feu s'imagine qu'un fantôme éclatant se présenta à ma vue alors je recule. L'obscurité pointe vers la coupure à tel point que mon cœur pense trou dans une feuille. On aurait voulu réchauffer les arbres on se dépouille on sort regarder sa souffrance dans la matière. Il est temps d'allumer sa lampe avec une douceur rassurante et aller vers la lumière même si la lumière est un mythe François Charron *** Mes paupières se referment doucement sous tes lèvres, renoncer à soi-même nous enfante. Ce qui compte ici n'a plus d'identité. Aimer est un mystère nourri par le feu. La certitude d'être vivant laisse la porte ouverte. Nous nous amusons aisément sous le soleil, nous buvons ensemble la fluidité du silence. Notre conscience fascinée s'en trouve comme agrandie. *** Je te prends par la taille, les plis de ta robe bougent. Notre âme d'enfance nous parle tout bas. Les secondes s'écoulent. Nous avons des yeux, nous avons des mains. Nos haleines se mêlent, tu te mets à gémir doucement. Notre corps d'avant le sens attire sur lui toute la clarté du monde, la loi qui nous invente a oublié notre place en face du miroir. Ce qu'il s'agit d'élucider brûle très lentement dans notre voix. François Charron
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Epsilon |
Date du message : aout 7, 2009 01:06 |
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Chants du cygne avec tambourins et flutiaux par Henri Droguet l Premier venu défunt sursitaire il taillera la forcenée stupeur la fureur brouillonnante du confus fourré permo-carbonifère il passera le saut-de-loup laissera à main gauche un morceau de lumière fourchue (brève baignade) il forcera par en bas la porte petite tintante et légère et bleue (n'oublie pas: bleue) fera juste trois pas dans l'allée de galets roses ce sera un jardin sauvage le fredon monodique apaisant des mouches l'intempestif orage enfin suspendu le ventre du monde l'é-ja-cu-la-ti-on formidable de Dieu nous irons nous irons en habit la pie fait la queue clopine dégoise à sa ripaille au ciel plombé large débaroule un caillot très noir on passe l'eau on trotte à la lande déjà Merlin rit sous ses aubépines. 2 novembre 2001 2 La mer dans l'Est hostile et rechignée vague soleil inconsistant le ciel bleu gentiane est vide énormément quelques nuages se guindent aux lisières je regarde la terre crue Ah! Saint-Frusquin priez pour nous! 4 novembre 2001 3 Tout ce tintouin vagues grises verrous nuages jaunes le ciel barricadé le vent robuste les effarants bosquets tondus sous les houles des nuits et la terreur quelquefois l'opiniâtre et très las saumon se dresse et gagne l'eau première jette sa ponte dans l'évidence lumineuse de sa fin un marteau clair tamponne une enclume au fond d'une forge une porte grince l'oiseau bienvenu chante sec sa/notre vie brève embuscade coma furtif effraction dans rien presque l'éternité. 7 novembre 2001
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Epsilon |
Date du message : aout 7, 2009 23:26 |
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Liste des langues que je parle Je parle en cambré du kiki en qui en écrit en bestiau en ziau en fiou en artiau en mégère vit poivré en alectrop en harpi plu-humé en glas en pis en pire en père pipi en ni en nenni en ni en pot d'lati en tapin en salingue en cuisse en trique en sac loustic en déglingue en églin lacté en dératé en lutin gris en crise en cheese ! en cheese ! en anglois en moyen haut émoi en étrusque en osque en atrosque en truc â s'mosquer du loquedu en gallo en gaulois gan l'oumois ango ! ango ! en angoûmois en glottois en novarinois en mourmé en belligéré en digéré en joychien en petit chien en argon en gergon en dourbesque en germanon nen calao ren otwelsh en cant en *****ney en belche en coquillart en soudard pan populolacan en guyotard en gland en gluche en francillot en bamboché en boché en ritalon en pariglotte en pampluchion en jigollier en sabir en euple blanc en pli d'pélite en hoplite en peuhl en bêche-de-mer en pidgin en jean ! en jean ! en lingua franca en moi en moi en blin blesquin en loucherbem en largonji en nargondu en javanais en back-slang du Touquet en petit-nègre comme la pègre embourge en besque en bourbesque en arabesque en bran en coprocopte en linéaire en B en cul d'néiforme en égypton en japonié en litterletter en cerveaucrobate en mamerdloque en célinien en mécrit en neuf glotté en grappe en gland vieux slave en verlan en vers et contredanse en cadence en haut-landais en betterave en flemme ingambe en viande de geôle en gnole de jambe en os-vrai-chien en sue-des-doigts en fin d'langué en chair-de-main en merde-de-chien en han en han han nan en hi han en ahan en nanan en non en non ! en sou arable pendule de gare en tambouille en décline en import en déglaise en chlic de chloc en excitant en breton en breton en oualon zorrifique en glamoureux en ego défectueux en jacte de marque en txtien en chien en trou en trou en rien du trou en vers et contre trou en cours d'étrou en vis et en versa en rut et en bagoût en caca en caca encaca et cetera ! Christian Prigent
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-grimalkin- |
Date du message : aout 9, 2009 04:30 |
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Point de vue Pour retraverser tant d’années, il suffit parfois d’une colline à redescendre : sitôt la rivière atteinte, votre pas d’homme a disparu ; un pied d’adolescent casse les roseaux secs, froisse les poésies, les feuilles mortes et dessine au sable de la rive la même empreinte jadis noyée par les grandes eaux. Quelques larmes de moins, le sentiment plus aigu d’une ignorance illimitée, les désordres du sang domptés ou mués en puissance continue – tout cela n’est que nuances et n’introduit pas de différence profonde entre la rêverie ancienne et la nouvelle, au bord de la même eau sans profondeur sous sa carapace de reflets miroitants. Qu’est ce que ce monde veut dire ? Et s’il n’a pas de réponse à nous donner, pourquoi feint-il sans trêve un discours ? Maintenant comme jadis, cette fuite et cette présence simultanées à mes pieds de l’eau perpétuelle murmurent indéfinissablement quelque chose et je sursaute quand le merle me scande (c’est bientôt la nuit) une question indubitable. Gustave ROUD . Air de la Solitude --- Poésie/Gallimard – 2002 La folle Elle a les cheveux blancs, très blancs. Elle est jolie Encore, dans sa robe aux chiffons de couleur. Elle emporte, en passant, des branches qu’elle oublie : Les jardins sont absents et morte est la douleur. Elle a des yeux d’enfant qui reflètent les jours, Eau transparente où passe et repasse une fuite. Sa sagesse est donnée avec des mots sans suite, Des mots divins qui vont mourir dans le vent lourd. Edmond-Henri Crisinel (1897-1948)(Le veilleur, éditions des Trois collines, 1939)
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Epsilon |
Date du message : aout 12, 2009 01:31 |
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ET LA LEGENDE J’ai été aveuglée par le vent Qui soufflait en tornade L’odeur d’herbe coupée flottait dans la maison Il y avait du rose au ciel sur les coteaux J’ai vu des milliers d’êtres Lever la toison d’or alors que s’enfle un chœur J’ai vu l’eau claire surgir en cascade Et baigner des fleurs blanches Et la tempête se calmer Il y avait du rose au ciel sur les coteaux Tu es venu et tu es là J’ai laissé faire ce qui germait en moi Levant peureusement puis de plus en plus vite Hors du cercle où j’étais enfermée Et je découvre qui je suis, qui je peux être Qui je serai sans l’être devenue Avec envie de tout connaître et le goût de me battre La certitude aussi de ne pouvoir grand-chose Sur ma vie quelquefois Au rythme des saisons qui se font malgré moi Je suis enchâssée lourdement dans la terre Dans le chant d’un oiseau et les rosiers en fleurs Je suis le fruit qui gonfle Et le blé à perte de vue Et le fléau qui bat et l’ombre du bois qui tombe Et la fraîcheur d’un mur de pierre en plein soleil Je suis le causse et la légende Il y a du rose au ciel sur les coteaux On dirait, on dirait la vie Et le soupir secret d’un enfant qui s’étonne… Isabelle Normand
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Epsilon |
Date du message : aout 13, 2009 09:33 |
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Solo Solo de mes pensées dolentes musiques enfuies motets anciens tout périt dans les marées violentes l’Océan tracasse des pianos à la gueule des chiens Seigneur me voici c’est moi je viens à vous issu d’un pays de mer les tempêtes ont réjoui mon amère jeunesse la liesse des alizés roulait dans les collèges les goélands croisaient dans mes classes latines des Maris Stella à matines éclataient dans les nefs les noroîts jouaient de l’harmonium délirium du graduel cantique des grèves ivres O les navires et les chapelles Etoile de la mer Qu’ai-je fait de ma chère jeunesse ? Seigneur me voici c’est moi dans les bonnes auberges j’ai traîné ma détresse les bouteilles entonnaient des pavanes dans les verres je buvais des rengaines les bars roulaient comme des rivières j’ai prié comme jamais dans les ivresses faisant des femmes des suzeraines qu’elles fussent allemandes bretonnes françaises leur beauté glorifiée par l’absinthe dissolvait la bassesse c’était ma tournée aux tables saintes Seigneur les bars chantent toujours dans les villes ma santé trop vile les déserte je ne vois plus les Belles qu’au fond de ma mémoire Brestoises Rhénanes ou Parisiennes elles ont quitté mon domaine fermons les persiennes sur mes cinquante et une années j’écrase les feuilles mortes dans les allées les temps ronge les vies et les grimoires adieu les Reines les bars et camarades je tiens comme un pourboire votre souvenir adieu mes fêtes et mes délires adieu mes désirades (…) Xavier Grall
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