|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
octobre 5, 2009 23:13
|
Detachées
On a marché bras à bras sans rien prononcer pour ne pas déflorer n'importe quand cette morale des choses et des mots orchestrée par le vent et le langage le plus simple, le plus noble.
ta poésie je l'ai lue dans les lignes de ta main ta main cherche dans la poche d'un pantalon toujours trop grand un trèfle à quatre feuilles qui étonnerait la chance une poésie prophétique, capable de construire l'avenir même si tu n'arrives pas à planter un clou dans un mur on l'apprendra ensemble avec les poètes des choses ceux qui nervurent dans le bois le lit, et la table
donner aux ailes des oiseaux la couleur rendre l'imprécision de leur regard la vraie science est poésie l'énergie pulvérisée en dedans du social magma gigantesque de sentiments en fusion la terre.
Yvon Le Men
|
|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
octobre 7, 2009 22:01
|
Bonjour à toi qui viens de nuit. Bonjour à toi démarche souveraine qui fends la pulpe du soleil. Bonjour à toi dans la poussière. Tout ce jour à t’user, à l’user. Aux os de ta fatigue. Lorsque la lumière se voûte sur un puits – Paix les bruits se posent. Ah, comme l’oreille se lisse ! Bonne nuit à toi qui viens de lumière,qui viens silence Comme une ultime paupière de couleur ou de son Tu migres en profondeur, laissant le jour blafard sur la table de l’embaumeur. Je viens du fond déclos de cette marche inavouée Judée de mes ténèbres, comme tu danses sous le haut jour ! Le soleil brisé tes pierres m’avouèrent Leurs profondeurs d’arbres jamais nés Les verts sans feuillage dans l’épaisseur des vents Sans route et sans rose – Et la source vide sous la pierre funéraire, Si vive qu’en est poreux le marbre, Que les pigments de lumière émigrent Dans les seins lourds de la nuit. Chaque matin d’un bond Le soleil prend pied dans mon visage. Je m’empare de cette brûlure comme d’un gouvernail.
Lorand Gaspar(Sol absolu)
|
|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
octobre 9, 2009 01:47
|
ÉTERNITÉ DES SIGNES ESSENTIELS
Si l’arbre se tord les mains Si le sentier s’enfuit à l’horizon Si l’ombre habille le buisson Et se déchire à des lueurs
Si l’heure est lente à s’épanouir Et si le vent s’émeut d’un rien Si rien ne vient dans le silence Inutile d’invoquer les fées
Inutile de croire aux miracles Il suffit d’attendre le jour Il suffit d’être là Au premier chant du coq.
Robert Momeux
**** ANCIENNETÉ DES MONDES
Le vent griffe Le pelage des collines Les arbres s’agrippent À l’intensité du ciel Ruent s’ébouriffent S’indignent Ils sont plus à la terre Qu’à l’air malgré ce qu’on croirait C’est une longue histoire Entre le sol et eux Bien avant que le jour le sache Ils étaient déjà présents Vivant d’obscurité Dans le silence des respirations secrètes
Robert Momeux
|
|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
octobre 10, 2009 22:45
|
La ripe
Toi qui m’endormis au plus vif Mon étoile effleurée à lisser La poudre remuante où tes sœurs Rompues d’univers en lumière Se couvrent au levant des songes Je repasse au sillon ouvert
Matin d’année au mur des sons Tranché d’un soc éblouissant J’ordonne au glacier du langage L’ardeur du feu qui me calcine Jusqu’au tison grisant des fusées Germant sous la brume de cendres
Tu répètes l’arbre énoncé Tu crèves l’oubli sous l’écharde Tu broies les maillons des mots Tu réfléchis au miroir les dons Multipliés par l’éclat des parois Tu fronces l’ample mur crissant
La ripe que je suis devenu Gratte le faible friable carreau Planissant la poussière emportée Au comble des reflets qui fulminent D’avoir assez râpé de frissons Si ne m’écorche plus la vie
Rien n’est donné sans égards.
. Edmond Humeau (Saint-Florent-le-Vieil 1907 – Vanves 1998). Poème daté de décembre 1949 et publié La Tour de Feu n° 32-33, printemps-été 1950.
|
|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
octobre 12, 2009 12:26
|
Les ratures du feu
Durant ces mois obscurs, ma vie n'a scintillé que lorsque je faisais l'amour avec toi. Comme la luciole qui s'allume et s'éteint, s'allume et s'éteint_ nous pouvons par instants suivre son chemin dans la nuit parmi les oliviers
Durant ces mois obscurs, ma vie est restée affalée et inerte alors que mon corps s'en allait droit vers toi. La nuit, le ciel hurlait. En cachette, nous tirions le lait du cosmos, pour survivre.
Tomas Tranströmer - Baltiques
****
DE LA MONTAGNE
Je suis sur la montagne et contemple la baie. Les bateaux reposent à la surface de l'été. « Nous sommes des somnambules. Des lunes à la dérive. » Voilà ce que les voiles blanches me disent.
« Nous errons dans une maison assoupie. Nous poussons doucement les portes. Nous nous appuyons à la liberté. » Voilà ce que les voiles blanches me disent.
J'ai vu un jour les volontés du monde s'en aller. Elles suivaient le même cours ? une seule flotte. « Nous sommes dispersées maintenant. Compagnes de personne. » Voilà ce que les voiles blanches me disent.
Tomas Tranströmer .Traduit du suédois et préfacé par Jacques Outin.
|
|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
octobre 14, 2009 10:46
|
A Vous,
Allongé dans le lit des étoiles mes bras épouseront les confins du Cosmos, mon esprit rencontrera le monde des immensités par des mouvements d’ailes légers sur d’harmoniques magnitudes.
Sonnera un minuit futur suspendu, une lumière sur mon épaule se posera… et me retrouvera en direction de la terre, mon ancienne et nouvelle patrie.
Jean Paul Ferchaud.Le 15 juin 2009
****
Graines d’étoiles
Grain de blé tombé dans l’oubli, retrouvé au séjour des ombres, par l’ardeur de ta flamme sombre, les siècles ont ménagé ta vie.
Gouttes d’eau, enfants des nuages, précipités du ciel qui se fend, au fil de vos flux incessants, la terre anime son visage.
Fleurs des champs, invisibles hier, nourries des éthers en silence, vos gestes émouvants qui s’élancent, balisent nos pas de lumières.
A travers les arches du temps, nous marchons sous le ciel mutant, où l’étoile vient nous guider, un peu plus que l’éternité.
Je la reconnaîtrai, inoubliable, en un minuscule grain de sable, ou déviant le trajet des mots, grain de folie sous mon chapeau, et surtout éclairant les heures, un grain de beauté sur ton cœur.
Jean Paul Ferchaud , le 09 avril 2000.
|
|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
octobre 15, 2009 23:12
|
VOICI DES MAINS
Voici des mains Pose-les dans une brève secousse de ton corps avec un pot de basilic et l’espace fouillé des oiseaux, quand l’aube sur nos corps mouillés les doigts sentent encore l’origan.
Dans ma bouche les mots crèvent de froid Dans les grandes chambres inhabitées de ma voix Le blond friable des collines Personne ne sait Le destin des couleurs en l’absence des yeux.
Tout s’arrête décembre désert les bras lourds. La lumière se cherche sur nos mains Et soudain tout est plume On s’envole comme une neige à l’envers.
Je tiens ma vie comme Un morceau de pain Très fort Les cent grammes du prisonnier de guerre Et souvent j’ai si faim Qu’à peine il en reste Et les choses se colorent De peurs merveilleuses.
Lorand Gaspar
***
Un soir devant la cheminée à Saint Rémy du Val
Craquement épars Décousus hérissés du bois De loin en loin le tracé Rouge d’un tir les éclats
D’une langue oubliée ou qui sait A l’état de tessons, bris de Bonds, de rumeurs et de vents Stellaires ou le simple Froissement de nos silences
Prennent-ils le feu aussi à un moment Ces flammes sont-elles comme une danse Qui cherche ses racines dans la nuit Vécues, senties au long d’un vie
Dehors la nuit est blanche, Dans l’âtre, ardent et fragiles Battements de braise de nos vies-
Des flocons de neige bougent Dans les blancs de nos livres Peut-être dans les mots De temps à l’autre que l’on dit –
Lorand Gaspar
****
Soleil essoufflé
Toi soleil coureur essoufflé couché bouche à bouche sur les eaux
sur la mer ouverte à tous vents la barque de nos mains dérive
or fumé, brûlé des visages dans la pénombre des années gardant au-dedans ses lueurs -
musique nos doigts raclent des cordes invisibles dans la lumière dissoute chaude étoffe arrachée à l'hiver -
Lorand Gaspar .Patmos et autres poèmes (Gallimard, 2001)
|
|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
octobre 17, 2009 23:05
|
La maison de mes ancêtres
Dans la maison de mes ancêtres Tout semble reposer en paix Jusqu'à leur souvenir que les murs enclosent
Le soleil avare de novembre aux aguets Blanchit faiblement la façade rose Du vieux bâtiment Puis glisse imperceptiblement Pour mourir vers cinq heures Derrière les collines Qui détiennent les clefs de l'Occident
Les arbres plantés devant la fontaine Pourraient témoigner de la vie en ces lieux Des soucis Des bonheurs Des liaisons coupables De mes aïeux
Mais le vent qui souffle A longueur d'année Balaie à neuf à chaque heure du jour Il ne peut rien subsister De la vie d'autrefois Ni traces d'amours Ni marques de douleurs Ni bribes de joie
Aujourd'hui je me promène Dans le bas du jardin J'y découvre un objet rouillé Que j'observe avec attention Dans le creux de ma main
Jacques Herman
****
Quand lasse de tout Tu ne vois de l'espoir Qu'un frêle profil Qui s'éloigne à jamais Il ne te reste comme Abri que les branches Des plus hauts arbres De la forêt
Mais l'ombre du Bûcheron déjà S'approche de toi Tu frissonnes Tu trembles Et tu te souviens Des jours heureux Qui te semblent Si lointains Mais résonnent encore Et palpitent En ton âme Pleins de fraîcheur Comme un matin D'ancien printemps
Jacques Herman
*****
Nos gestes nous trahissent
Un coup d'oeil devient appel Témoigne de l'être intérieur Comme les signes Les mouvements La pose de la voix Et d'autres miroirs De nos profondeurs
Ainsi la dégaine L'allure élégante Le pas de sénateur Le regard en coin Traduisant la méfiance ou la peur La moue d'indifférence Le sourire affecté des faux bonheurs Et les croisements Des jambes et des pieds Repères d'assurance ou de timidité
Les gestes nous trahissent Et notre âme par eux Perd son opacité
Jacques Herman
|
|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
octobre 19, 2009 23:19
|
Retouche au bilan
heures sans nombre et perdues vos couronnes coiffent mon armée d'ilotes tanguant dans les soirs de défaite avant l'oubli qui se refuse et mêle sa main froide à celle de la nuit
l'ombre a le mufle des fièvres le roi n'est plus je reste son cheval et son fou
Retouche au chagrin
le mufle navré du ciel pousse le paysage et laisse au détour des ruines la mémoire et ses nids dans le mur de l'amour
Retouche au courrier
ô lettres sous les portes rappels de draps, de rires et de sang
à vos rendez-vous la mort à belles dents dans l'ombre joue la morte
Retouche à la démission
entre le mauve qui s'agenouille et le noir assis dans le filet sans couleur du ciel le poisson d elumière vit un dernier soubresaut
Retouche au désemparé
le monde à la fenêtre d'herbe tombe et s'ouvre
d'où vient ce fruit de quel voyage et ces marques de dents ?
d'un ciel de lit d'une lutte bouffonne
Retouche à l'ennui
théâtre vide une forme sans nom passe entre les portants et mêle aux voix d'un texte où des couleurs s'en vont sous prétexte de sang sa main livide
Retouche au mélancolique
l'âme en jeu d'oie errant de case en case il désire prison dont nul dé ne délivre
Retouche à la mémoire
falaise d'où tombe un quartier de roc la route d el'aventure est coupée
2ème retouche à la mémoire
souvenir ô phénix ton ange frais s'élève du silence en feu les yeux voilé"s d'un vent baroque
Retouche à la mort
dans la volière de ma tête elle se croit libre et puissante avec ses longues spirales d'aigle mais pour son unique fête elle ne fondra que sur mon double de sable
DANIEL BOULANGER
|
|
-grimalkin- 
Modérateur
France 
|
Date du message :
octobre 22, 2009 03:43
|
Colette Deblé
L'ENCRE ET L'EAU
La lumière fait pousser des formes un corps dans le papier et pourtant rien cette énigme va et vient au bout des yeux
le temps n’est pas égal partout ni sur toutes les peaux celles que lave l’encre retiennent une vie sans vie l’attente close sur elle-même
une illusion lestée de réalité ainsi sont faites les images leur avenir est en nous leur passé porte pourtant le présent de leur apparition
le sens et l’instant mêlés puis emballés dans une peau voilà le secret des visages l’âme y vient plus tard comme une sueur de la mémoire
chaque nom est la prothèse d’un espoir contre la déception quelqu’un est là sans être là il faut s’émouvoir du mystère l’ombre s’y fait blanche
d’ailleurs les gestes les postures plombent la ligne du temps leur perpétuelle répétition dédouble le passé au présent l’un sur l’autre devenus transparents
Bernard Noël, Les Yeux dans la couleur, P.O.L, 2004
|
|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
octobre 22, 2009 22:52
|
Vie sage du temps
Quand les visages s’agrippent au temps
le temps se crispe
haletant
me souffle des hiers
au bout d’un cri d’oiseau
m’accouche sur une surface bleu
libéré enfin
de quelques mots gris
À la croisée des larmes
et des rires
un visage éperdu
s’étonne
se moque du temps
il se repose
Huguette Bertrand 03.08.99
|
|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
octobre 23, 2009 23:40
|
Fragments d’un corps incertain
3
Les lieux aussi sont corps mêlés Misère et grandeur s’y accouplent On reconnaît chacun à son ciel comme il embrasse comme il courbe et lisse ses teintes
Le temps alors met sa tête sous son aile vous confie au hasard On a la bride sur le coup On file ses rêves
On croirait voyant autour de soi des champs si propres que ces courbes vous aiment qu’elles prennent soin aussi de l’âme la font chanter
On abandonne les bois noirs de la métaphysique dès que s’éclairent ces contrées On oublie la nuit griffue la nuit des petits monstres
Secouez vos défroques dit la raison raisonnable dessillez-vous les yeux Risquez-vous au corps des villes plus vif que la bête incertaine qui fait la roue prend ses taches pour un monde
Recevez de l’ordre des pierres des rues des places des jardins où passent des formes de chair et non des ombres Recevez d’eux réparation
Et donc voici la métropole et moi grossi des mots des livres aspiré par les boulevards périphériques et perdu comme un puceau dans cette machinerie dont autrefois la poésie aima la faconde et l’ivresse
Plus tard du pont sur l’eau qu’ouvre le mufle des péniches à nouveau la voix de la raison qui aime et dénoue l’embarras des paroles
En bas contre les pierres où brise le courant lourd que plombent les moires du fuel à où s’est une fois abîmée la chance du poème humblement après tant d’autres j’apprends la patience
Comme la lumière persiste enveloppant les volées d’immeubles et de tours aux vitres aveugles on dirait que ses jeux ont pouvoir de tourner en élégance la violence et la force
Ici dit la raison c’est peut-être encore la mer la vie puissante sa tendre indifférence
Passer est le lot le plus simple Passer et cependant rendre les armes à la splendeur
JEAN-MARIE BARNAUD
|
|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
octobre 25, 2009 09:39
|
Le bon rêve
Joyeux de nous être retrouvés nous nous sommes roulés en riant encore et encore sur le grand lit.
La joie ne fut pas érotique au sens étroit-d'aucune façon étroite Elle fut
car tous les empêchements, l'obstacle,l'histoire, l'angoisse cultivée, le lieu et le temps de travers,
s'étaient évanouis, disparus. Ce fut la joie
de deux fleuves se rencontrant au fond de la mer
Denise Levertov
|
|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
octobre 27, 2009 00:36
|
Confidences au mur de mon jardin
Je l'ai récemment découvert dans une déchirure... certains murs nous cachent qu'ils ont un coeur!
Comme nombre d'entre nous, entre deux structures de pierres, ils retiennent une matière tenace mais friable qui refuse les clous.
C'est sans doute par la faiblesse de mon enceinte que le champ voisin dialogue avec ma pelouse,... Remboursant en liserons ce qu'elle emprunte, cette mal élevée se prend pour mon épouse parce que je m'endors parfois sur sa poitrine.
L'âme des trottoirs
Je suis meublé par tous les cris de mon enfance, par le chant des métiers simples et disparus qui venaient réparer le cours des apparences, la vitre et l'image qui les avaient reçues.
L'âme des trottoirs assourdis se paralyse. Les bras en croix, rivée sur un carrefour, torturée de bruits, voici qu'elle agonise et meurt dans l'échappement libre des amours.
La caresse ne connaît que les radotages de la peau dans le va et vient des abandons. Elle néglige le bonheur d'un subtil partage qui faisait vibrer l'au-delà de nos plafonds.
Ma ville aura besoin de ceux qui se regardent vivre, traduisant le langage des balcons pour comprendre ce qui bouge dans les mansardes ce qui circule à bord des murs et des frissons.
MAURICE COURQUIAUD
|
|
Epsilon 
Admin famille
France 
|
Date du message :
octobre 28, 2009 06:19
|
Service du chiffre
L'histoire ne bouge pas. L'histoire donne l'illusion de bouger. Comme la mer. Comme la Mer Méditerranée. Vous ramez vous croyez avancer. Vous ne bougez pas. Il y a les Musulmans il y a les Chrétiens. Entre les deux il y a la Méditerranée. Vous êtes entre les deux rives de l'Histoire. L'une musulmane. L'autre chrétienne. Cela dure depuis mille quatre cents ans environ. On ne compte plus le temps les années à partir d'une telle immobilité. Il y a des mobiles. Il y a des acteurs des mobiles des acteurs mobiles. Ils s'agitent ils s'exercent ils se poursuivent ils se rattrapent. Ils se tuent s'égorgent s'emprisonnent. Rien n'y fait. L'immobilité rattrape les mobiles Les mobiles sont immuables. Quels sont-ils ? Apparamment l'enjeu du jeu est le contrôle de la mer entre les deux. Apparemment les deux camps se rencontrent au milieu pour s'anéantir. Par galères interposées. l'Histoire est l'histoire des anéantissements. L'un anéantit l'autre l'autre anéantit l'un. Le néant n'est jamais achevé. Le néant est un commencement infini. le néant n'a pas de préférence qu'on se le dise bien. le néant n'a pas de préférence pour l'un ou pour l'autre camp. S'en remettre au néant c'est commencer la fin. Mais le mobile final de cette immobilité quel est-il ? Dieu. Le visage la vision que les Chriétiens les Musulmans donnent à Dieu. Il y a deux rives il y a deux Dieux. Il faut que l'un anéantisse l'autre. Dieu est l'image de la dictature du chiffre un sur les autres. Il ne peut y avoir qu'un Un. Pourrait-on changer l'arithmétique , pourrait-on avoir une arithmétique marine méditerranéenne de l'Entre-Dieux ? Commencer par deux et revenir à un par exemple ? Dieu est un Arabe qui voudrait écrire 1 en chiffres romains.
Jacques Darras. Extrait de Andrea Doria avec un chat à Gênes, ed. Lanore, 2003
|
|
Page 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17
Messages suivants >
Dernier message
|