Le blog de Thea
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Le 16 février à 01:58
Rubriques :
Voix de toujours
L’année dernière à Marienbad ( 1960) . Un film étrange où s’entremêlent amour fou et sinuosités de la mémoire. Avec la mystérieuse Delphine Seyrig. Et la voix "envoûtante" de BARBARA qui reprend le thème.
Errance d'un homme et d'une femme dans un luxueux décor baroque. Sur un scénario d'Alain Robbe-Grillet, Alain Resnais signe un film envoûtant, ouvrant une brèche durable dans la narration cinématographique.
© http://www.arte.tv/fr/l-annee-derniere-a-marienbad/
* illustration : compo perso avec photos wikipédia et allocine.fr
A MARIENBAD
Sur le grand bassin du château de l'idole,
Un grand cygne noir portant rubis au col,
Dessinait sur l'eau de folles arabesques,
Les gargouilles pleuraient de leurs rires
grotesques,
Un Apollon solaire de porphyre et d'ébène,
Attendait Pygmalion, assis au pied d'un chêne,
Je me souviens de vous,
Et de vos yeux de jade,
Là-bas, à Marienbad,
Là-bas, à Marienbad,
Mais où donc êtes-vous?
Où sont vos yeux de jade,
Si loin de Marienbad,
Si loin de Marienbad,
Je portais, en ces temps, l'étole d'engoulevent,
Qui chantait au soleil et dansaient dans les
temps,
Vous aviez les allures d'un dieu de lune inca,
En ces fièvres, en ces lieux, en ces époques-là,
Et moi, pauvre vestale, au vent de vos envies,
Au cœur de vos dédales, je n'étais qu'Ophélie,
Je me souviens de vous,
Du temps de ces aubades,
Là-bas, à Marienbad,
Là-bas, à Marienbad,
Mais où donc êtes-vous?
Vous chantez vos aubades,
Si loin de Marienbad,
Bien loin de Marienbad,
C'était un grand château, au parc lourd et
sombre,
Tout propice aux esprits qui habitent les
ombres,
Et les sorciers, je crois, y battaient leur
sabbat,
Quels curieux sacrifices, en ces temps-là,
J'étais un peu sauvage, tu me voulais câline,
J'étais un peu sorcière, tu voulais Mélusine,
Je me souviens de toi
De tes soupirs malades,
Là-bas, à Marienbad,
A Marienbad,
Mais où donc êtes-vous?
Où sont vos yeux de jade,
Si loin de Marienbad,
Bien loin de Marienbad,
Mais si vous m'appeliez, un de ces temps
prochains,
Pour parler un instant aux croix de nos chemins,
J'ai changé, sachez-le, mais je suis comme
avant,
Comme me font, me laissent, et me défont les
temps,
J'ai gardé près de moi l'étole d'engoulevent,
Les grands gants de soie noire et l'anneau de
diamant,
Je serai à votre heure,
Au grand château de jade,
Au cœur de vos dédales,
Là-bas à Marienbad,
Nous danserons encore
Dans ces folles parades,
L'œil dans tes yeux de jade,
Là-bas, à Marienbad,
Avec tes yeux de jade,
Nous danserons encore,
Là-bas, à Marienbad,
Là-bas, à Marienbad,
Mais me reviendras-tu?
Au grand château de jade,
A Marienbad...
Thea dit :
Un film d'Alain Resnais, un univers baroque. Une actrice mystérieuse : Delphine Seyrig. Une chanteuse qui traduit le mystère : Barbara. Belle harmonie pour dire l'amour et ses méandres passionnés
posté il y a 2 semaine
Kabry_64 dit :
Merci Théa pour ce magnifique texte de Barbara qui fut composé par William Sheller
tout jeune compositeur . La station thermale de Marienbad que j'ai eu l'occasion de découvrir avait réveillé le
posté il y a 2 semaine
Kabry_64 dit :
les images de ce film que la programmation semble avoir oublié Merci encore pour la magie de ce texte
posté il y a 2 semaine
Phatrist dit :
merci théa pour ce magnifique partage...une tres belle chanson avec un texte superbe....
posté il y a 2 semaine
Thea dit :
merci de l"info, kabry, à propos de Shelller, je n'ai pas eu le temps de creuser davantage pour cet article. Mais on reconnaît sa "patte", elle est en symbiose avec Barbarara, son univers, sa voix
posté il y a 2 semaine
Thea dit :
Je ne connais pas Marienbad mais le climat du film baroque est bien rendu dans ce décor-ou le décor inspire le climat. Une aura singulière se dégage des images, des personnages, du paysage.Sortilège.
posté il y a 2 semaine
Thea dit :
Phatrist, Barbara ne nous déçoit et ne nous décevra jamais, elle est intemporelle Merci à vous deux.
posté il y a 2 semaine