Le blog de Thea
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Le 12 janvier 2012 à 05:33
Rubriques :
Peintres
Un artiste Algérien, totalement inconnu en France, maître incontesté de la technique du sablage sur toile dont il est le précurseur.
« En ce jour de l'année 1971, et plus précisément dans la région sahraouie de Hassi R'mel, alors qu'un artiste était en train de peindre une toile en plein air, une forte tempête de sable s'était levée, et comme la peinture était encore fraîche, plusieurs grains de sable sont venus s'y coller.
L'artiste s'est donc énervé, pensant que celle-ci était définitivement perdue, mais en voyant les grains de sable qui brillaient sur la toile au reflet du soleil, il réalise qu'un nouvel art était né. Et c'est à partir de cet incident que commence sa grande aventure avec le sablage sur toile.
«J'ai donné le nom de sablage sur toile à cet art, parce qu'il repose essentiellement, pour sa réalisation, sur le sable et certains artistes locaux, ceux d'Aflou, lui ont donné le surnom de ‘Jdidyezem' du nom du sable utilisé», raconte le précurseur de cet art.
Djedid Tahar ajoute: «Tout le monde sait que l'Algérie possède plusieurs types de sable, avec différentes couleurs et volumes. J'aime ainsi beaucoup me promener à la recherche de l'inconnu, à la découverte de nouveaux types de sable. Chaque région a son propre sable et pour mes toiles j'utilise celui des dunes que je rapporte de Laghouat. Celui-ci a trois couleurs: jaune, blanc et rouge.» «Cela dit, précise l'artiste, j'utilise aussi le sable de Menaâ, Boussaâda et Ouargla, ainsi que celui des plages de Gouraya, de Tipaza, de Mostaganem et d'Oran.»
Cet art devrait avoir bien des avantages… "C'est le cas rétorque Tahar. Ce qui est bien, c'est qu'il n'est pas coûteux et ne demande pas beaucoup d'instruments, le sable étant disponible. La colle blanche du menuisier aussi pour le mélange.»
Volet inspiration, il la puise dans son environnement, dans la rue, des les souks… «Quand je vois le sourire d'un enfant, il s'enregistre automatiquement dans ma mémoire, ensuite je le fais ressortir dans mes œuvres», raconte l'artiste. «Je m'appuie aussi, dit-il, sur des sujets philosophiques, en utilisant la symbolique. C'est l'exemple dans cette toile intitulée "La femme chandelle". J'ai voulu montrer à travers cette peinture une femme qui inspire les gens, mais qui, au fond d'elle-même, cache une grande souffrance. C'est pour cela qu'elle se trouve mise en parallèle de la bougie et qui se laisse brûler pour éclairer la place.»
Mais comment faisait-il, quand il était à SONATRACH, pour surfer entre son métier et sa passion? «(…) personnellement, j'ai travaillé durant 37 ans comme cadre technique. Je bossais 16 heures par jour, huit heures consacrées à la SONATRACH et huit autres à l'art.»
Retour à l'art du sablage. «Faire du sable une matière artistique, constituait l'un de mes objectifs», raconte Djedid qui précise: «Dans le passé, il était considéré comme le symbole du désespoir et de la sécheresse et faisait allusion à la pauvreté et aux tempêtes du désert. Je voulais donc changer cette image, lui donner une autre signification et traduire son langage riche de couleurs douces. Depuis le début de cette aventure, je rêve de bâtir une école de sablage sur toile. Et dois-je le faire remarquer beaucoup d'artistes le pratiquent aujourd'hui. Les toiles se vendent dans toutes les régions du globe. Malheureusement, je peine à réaliser ce rêve. J'espère que cet art sera introduit comme matière dans le cursus de tous les instituts nationaux des Beaux Arts.»
L'artiste a participé, individuellement, à plus de 150 expositions en Algérie. Il a obtenu des médailles en or et en argent et plusieurs prix. Au plan international, il compte 20 participations à des expositions, certaines aux Etats-Unis où il a eu plusieurs prix, en France et en Italie où il a décroché le prix du deuxième meilleur sculpteur à Sambdoria. Il a exposé aussi en Angleterre et en Egypte et ses œuvres sont exposées dans des musées d'Europe.
Invité à dire son avis sur le goût artistique des Algériens, Djedid dira: «J'ai visité plusieurs pays, mais je n'ai jamais vu un peuple aussi sensible que celui d'Algérie. Il donne beaucoup de valeur à l'art et aux artistes et j'en suis très fier. Je suis bien accueilli, partout où je vais, que je sois connu ou non.» »
www.djazairess.com/fr/voixoranie/54060
Thea dit :
éblouissement, douceur. Voici un artiste qui oeuvre depuis 1971 je crois et qui est totalement méconnu en France !! Je n'ai trouvé aucune bio mais l'article joint rend compte de la genèse de son
posté il y a 62 semaine
Thea dit :
oeuvre originale, imitée depuis. C'est une oeuvre pétrie d'humanité, de sensibiltié, de tendresse, de poésie qui dit le lien très fort entre l'Homme et la Nature, ici le sable, synonyme de sécheresse
posté il y a 62 semaine
Thea dit :
mais qui, sous ses doigts, acquiert de la noblesse. C'est superbe ! Je suis heureuse de l'avoir découvert et de partager avec vous.
posté il y a 62 semaine
Nusch dit :
Cet artiste s'inscrit dans la grande lignée des peintres matiéristes mais sa technique de sablage sur toile est profondément originale. Certaines oeuvres rappellent l'art pariétal.
posté il y a 62 semaine
Nusch dit :
D'autres par leur mise en relief, évoquent la sculpture. Le sable confère aux visages une grande force d'expression (comme dans la mosaïque romaine).
posté il y a 62 semaine
Nusch dit :
La sensibilité de Tahar Djedid, le symbolisme de ses oeuvres me touchent particulièrement. Merci Thea pour cette grande découverte !
posté il y a 62 semaine
Phatrist dit :
je ne connaissais pas vraiment superbe....seuls l'art et l'écriture témoignent de notre bref passage sur terre merci du partage théa
posté il y a 62 semaine
Kabry64 dit :
C'est un coup de coeur,aussi pour moi , que cet art né de l'inspiration de l'artiste qui utilise le matériau le plus élémentaire pourlui donner une vie riche , complexe et harmonieuse!Merci
posté il y a 62 semaine
Thea dit :
Nush, je trouve innovante sa démarche artistique, née d'un "grain de sable"-
mais ts les grains n'enrayent pas la machine!!- Oui, il y a de la sculpture dans le travail de la matière, son relief,
posté il y a 62 semaine
Thea dit :
cette mise en valeur de la texture et des couleurs. Je crois qu'il a reproduit ainsi qq fresques du Tassili. En tous les cas, c'est magnifique et cet artiste très discret mérité d'être connu
posté il y a 62 semaine
Thea dit :
Oui Phatrist, seuls l'art et l'écriture traversent le temps, les millénaires(cf les grottes rupestres qui témoignent de la vie de nos ancêtres dont on sait, maint enant que, contrairement aux idées
posté il y a 62 semaine
Thea dit :
reçues, ils ne se vêtaient pas de peaux de bêtes mais de tissus tissés et ne vivaient pas forcément au fond des grottes ! Ns n'avons pas fini d'en découvrir, d'en apprendre...
posté il y a 62 semaine
Thea dit :
coups de coeur que j'aime partager, Kabry, tout comme ceux de nos amis blogueurs. Cet artiste-là me fait regarder d'un oeil encore plus tendre mes qq flacons de sable venus du monde entier. Noblesse.
posté il y a 62 semaine
Thea dit :
j'aime son oiseau-lyre et cette f"emme chandelle " du début, ce symbolisme qu'il explique très bien : femme en souffrance intérieure, debout, qui éclaire là où elle se trouve. Spiritualité véritable.
posté il y a 62 semaine
Thea dit :
Quelques poignées de sable semées et fixées sur la toile, pour notre plus grand plaisir, GG...
posté il y a 62 semaine
Danydijon dit :
merci théa pour cette découverte, je ne connaissais pas cette technique et peu coûteuse en plus...............
posté il y a 62 semaine
Thea dit :
idem pour moi, Dany, je ne connaissais pas cette technique qu'un incident a permis à l'artiste de créer ensuite. C'est son "Euréka !" à lui. Pour notre plus grand plaisir.
posté il y a 62 semaine