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Guillaumet 
Admin famille
France 
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Date du message :
juin 6, 2011 16:01
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La politique doit être fondée sur la morale
La doctrine de Machiavel, purement pratique, conduit à une apologie du mal. Elle justifie les gouvernements autoritaires et répressifs.
Le machiavélisme est une apologie de l'immoralité. L'adjectif "machiavélique" est devenu synonyme de "cynique" ou "dénué de scrupules", voire de "diaboliques". Peut-on affirmer, sans être profondément immoral, que le parjure, la traîtrise, la cruauté sont, dans certaines circonstances, des vertus politiques ? Voilà des préceptes que ne désavoueraient pas un Hitler ou un Staline.
La finalité de l'Etat est le bonheur des citoyens. Comme l'a souligné le roi Frederic II de Prusse dans son "Anti-Machiavel" (1739), -ouvrage revu et corrigé par Voltaire-, Machiavel considère la politique d'un point de vue purement pratique (l'efficacité), sans se poser la question du fondement de l'Etat. Or, comme l'ont expliqué les philosophes des Lumières après Locke, l'Etat n'est pas une fin en soi, mais résulte d'un "contrat social" dont la seule finalité est de veiller au bien-être de tous ses membres. Il ne peut donc être institué ni par la force ni par un seul prince.
La politique doit être fondée sur la morale. Un Etat "efficace" se transforme en machine totalitaire, dans laquelle les hommes ne comptent pour rien. Or tout Etat, tout pouvoir doit être au service des hommes. Et non au service d'un seul homme ou d'une conception abstraite de l'Etat, d'un "monstre froid" (Hegel) qui mettrait la "raison d'Etat" au-dessus des droits de l'individu. La politique, pour être légitime, doit nécessairement être fondée sur la morale.
L'Etat ayant pour finalité le bonheur de tous les citoyens, il serait contradictoire qu'un gouvernement ait recours à des moyens immoraux pour conquérir le pouvoir ou s'y maintenir.
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Soyeuse 
Canada
Messages : 5945 
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Date du message :
juin 6, 2011 16:39
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«I like Locke» mais ce philosophe, doux rêveur, parlait sans doute dans l'absolu. Deux éléments ont toujours habité l'humain : l'utopie et le besoin, l'extase et l'agonie, le rêve et la réalité. Compte tenu qu'il n'est donné à personne de faire le bonheur d'autrui, comment s'y prendraient plusieurs humains pour en contenter plusieurs autres? Et puis il faudrait définir le bonheur, le standardiser. Les promesses non tenues, les «affaires» qui secouent parfois l'état, font la joie de nos humoristes mais dilapident la confiance des citoyens devenus septiques, indifférents à la chose politique. «Blanc bonnet» ou «bonnet blanc» : alors pourquoi se rendre aux urnes et perdre un temps si précieux lorsqu'on n'a plus la foi en ceux qui nous représentent? Dans certains pays des humains meurent afin de pouvoir s'exprimer. Il m'est d'avis que c'est la seule raison pour laquelle on se dérange encore pour mettre notre bulletin dans l'urne. Nous avons dépassé le stade où «des jeux et du pain» pouvaient satisfaire. Oui, un peu de moral et de fraicheur soulèveraient l'enthousiasme.
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Register2 
France
Messages : 306 
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Date du message :
juin 9, 2011 04:32
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Je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi Guillaumet. Pour moi, un homme politique doit être réaliste. J'ai tendance à beaucoup me méfier de ceux qui professent de grands sentiments humanitaires ( Ex les poiples ). Un politique a constamment des choix à faire.
Moui, c'est un vaste sujet en fait.
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Soyeuse 
Canada
Messages : 5945 
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Date du message :
juin 9, 2011 15:45
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Sans professer les grands sentiments nous pouvons souhaiter un peu plus de clarté et de rigueur dans la gestion de l'état. Je préfère un homme comme Churchill qui annonçait du sang et des larmes plutôt que d'entendre ceux qui aimerez nous faire croire au paradis sur terre jusqu'à la fin de nos jours. Il tartinent épais avec les promesses lol
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