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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 1, 2010 05:15
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J'emporte en voyage..
J'emporte en voyage deux montres l'une marque l'heure de mon départ l'autre semble indiquer celle de mon retour Vous le savez mieux que moi: les belles étrangères si accueillantes aux étrangers sont rarement ponctuelles en amour C'est pourquoi j'ignore toujours laquelle de mes montres retarde et pour qui mes fuseaux horaires se déhanchent ainsi que sur des airs de danse.
Karel Logist. "Force d'inertie"
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G-mate 
Admin famille
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Date du message :
janvier 1, 2010 12:18
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Ce 1er Janvier...
En ce jour de 1er janvier, Je ne ne peux m'empêcher de penser, A tous ceux qui n'ont rien, Alors que moi je me plains.
A ce regard qu'un jour j'ai croisé Et qui m'a boulversé, Pour lequel j'ai voulu écrire, Mais je n'ai su que dire, Tellement il était profond, Sans aucune ambition, Désespéré, surpris, Même encore aujourd'hui Je ne m'en suis pas remis.
A cet homme et ses chiens, Qui ne demande rien, Au moral d'acier, Avec qui j'aime parler.
A tous ceux et celles que j'ai croisé Dans mes moments d'infortune, passé, Qui sans le savoir m'ont aidé, A reprendre pied.
Je pense aussi à ceux que j'aime, Qui sont loin de moi et qui sèment, Des mots d'amour, de tendresse, Des gazouillis, des caresses. A mes filles enfin retrouvées.
A ceux et celles qui cette année passée, Ont emprunté mon chemin, encore torturé Et ont tout fait pour égayer mes journées.
A vous tous et toutes je me permets De vous envoyer en toute sincérité, Mes tendres pensées.
Si j'avais le pouvoir de réaliser Pour chacun de vous un souhait, Ce serait: Un toit, une dignité, Du travail et surtout beaucoup d'amour De la part de ceux qui vous entourent. Anonyme
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 2, 2010 06:25
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Nevermore
Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L’automne Faisait voler la grive à travers l’air atone, Et le soleil dardait un rayon monotone Sur le bois jaunissant où la bise détone.
Nous étions seul à seule et marchions en rêvant, Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent. Soudain, tournant vers moi son regard émouvant : « Quel fut ton plus beau jour ? » fit sa voix d’or vivant,
Sa voix douce et sonore, au frais timbre angélique. Un sourire discret lui donna la réplique, Et je baisai sa main blanche, dévotement.
- Ah ! les premières fleurs, qu’elles sont parfumées ! Et qu’il bruit avec un murmure charmant Le premier « oui » qui sort de lèvres bien-aimées !
Paul Verlaine, Poèmes saturniens
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 3, 2010 08:15
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Ce poème en association aux quelques mots sur le post "Renouer une liaison".. et que je trouve si vrai..
Le vase brisé.
Le vase où meurt cette vervaine D'un coup d'éventail fut fêlé ; Le coup dut l'effleurer à peine, Aucun bruit ne l'a révélé.
Mais la légère meurtrissure, Mordant le cristal chaque jour, D'une marche invisible et sûre En a fait lentement le tour.
Son eau fraîche a fui goutte à goutte, Le suc des fleurs s'est épuisé ; Personne encore ne s'en doute, N'y touchez pas, il est brisé.
Souvent aussi la main qu'on aime Effleurant le coeur, le meurtrit ; Puis le coeur se fend de lui-même, La fleur de son amour périt ;
Toujours intact aux yeux du monde, Il sent croître et pleurer tout bas Sa blessure fine et profonde : Il est brisé, n'y touchez pas.
Sully Prudhomme.
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G-mate 
Admin famille
Canada 
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Date du message :
janvier 3, 2010 15:11
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DESIDERATA
Va paisiblement ton chemin à travers le bruit et la hâte, et souviens toi que le silence est paix. Autant que faire se peut et sans courber la tête, sois ami avec tes semblables. Exprime ta vérité calmement et clairement. Écoute les autres, même les plus ennuyeux ou les plus ignorants; eux aussi ont quelque chose à dire. Fuis l'homme à la voix haute et autoritaire; il pèche contre l'esprit. Ne te compare pas aux autres par crainte de devenir vain ou amer, car toujours, tu trouveras meilleur ou pire que toi. Jouis de tes succès mais aussi de tes plans. Aime ton travail aussi humble soit-il, car c'est un bien réel dans un monde incertain. Sois sage en affaires, car le monde est trompeur. Mais n'ignore pas non plus que vertu il y a, que beaucoup d'hommes poursuivent un idéal et que l'héroïsme n'est pas chose si rare. Sois toi-même et, surtout, ne feins pas l'amitié. N'aborde pas non plus l'amour avec cynisme, car, malgré les vicissitudes et les désenchantements, il est aussi vivace que l'herbe que tu foules. Inclines-toi devant l'inévitable passage des ans, laissant sans regret la jeunesse et ses plaisirs. Sache que, pour être fort, tu dois te préparer, mais ne succombe pas aux craintes chimériques qu'engendrent souvent fatigue et solitude. Par-delà une sage discipline, sois bon avec toi-même. Tu est bien fils de l'univers, tout comme les arbres et les étoiles. Tu y as ta place. Quoique tu en penses, il est clair que l'univers continue sa marche comme il se doit. Sois donc en paix avec Dieu, quel qu'IL puisse être pour toi. Et, quelles que soient ta tâche et tes aspirations, dans le bruit et la confusion de la vie, garde ton âme en paix. Malgré les vilenies, les labeurs, les rêves déçus, la vie a encore sa beauté. Sois prudent. Essaie d'être heureux(se).
(Auteur inconnu)
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 4, 2010 09:15
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La tuliperaie...
Longtemps j'ai regardé les ateliers de potiers Je n'y voyais pas de tuliperaie; Un soir j'y vis un pot de vin modelé comme une jolie Et depuis, dans les ateliers de potiers, je ne vois que la tuliperaie.
On ne compare pas assez les jolies aux tulipes! Une belle qui se fait jolie, c'est une tulipe! Quand j'ai bu un peu de vin, j'aime la rose; Quand j'ai bu tout le vin que j'ai pu, j'aime la tulipe.
Quand je n'ai pas bu de vin, la jolie est une herbe; Une herbe, c'est joli! surtout, c'est très joli en herbe. Quand j'ai bu un peu de vin, la jolie est une rose; Quand j'ai bu beaucoup de vin, la jolie est une tulipe.
Omar Khayyam
Il a une façon bien à lui..de faire des vers, surtout lorsque sa chopine de vin est près de lui.., c'est quand même un poète génial ...
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 5, 2010 08:39
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C'est aujourd'hui que je vous aime.
La vie est simple et gai iLe soleil clair tinte avec un bruit doux Le son des cloches s'est calmé Ce matin la lumière traverse tout Ma tête est une lampe rallumée Et la chambre où j 'habite est enfin éclairée.
Un seul rayon suffit Un seul éclat de rire Ma joie qui secoue la maison Retient ceux qui voudraient mourir Par les notes de sa chanson
Je chante faux Ah que c'est drôle Ma bouche ouverte à tous les vents Lance partout des notes folles Qui sortent je ne sais comment Pour voler vers d'autres oreilles
Entendez ,je ne suis pas fou Je ris au bas de l'escalier Devant la porte grande ouverte Dans le soleil éparpillé Au mur parmi la vigne verte Et mes bras sont tendus vers vous.
C'est aujourd'hui que je vous aime.
Pierre Reverdy . "Plupart du temps"
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 6, 2010 10:20
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Laurence endormie
Cette odeur sur les pieds de narcisse et de menthe, Parce qu'ils ont foulé dans leur course légère Fraîches écloses, les fleurs des nuits printanières, Remplira tout mon cœur de ses vagues dormantes ;
Et peut-être très loin sur ses jambes polies, Tremblant de la caresse encor de l'herbe haute, Ce parfum végétal qui monte, lorsque j'ôte Tes bas éclaboussés de rosée et de pluie ;
Jusqu'à cette rancœur du ventre pâle et lisse Où l'ambre et la sueur divinement se mêlent Aux pétales séchées au milieu des dentelles Quand sur les pentes d'ombre inerte mes mains glissent,
Laurence... Jusqu'aux flux brûlants de ta poitrine, Gonflée et toute crépitante de lumière Hors de la fauve floraison des primevères Où s'épuisent en vain ma bouche et mes narines,
Jusqu'à la senteur lourde de ta chevelure, Éparse sur le sol comme une étoile blonde, Où tu as répandu tous les parfums du monde Pour assouvir enfin la soif qui me torture !
Patrice de LA TOUR DU PIN (1942)La Quête de joie.
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G-mate 
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Date du message :
janvier 6, 2010 10:37
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LE POÈTE
Je prendrai dans ma main gauche Une poignée de mer Et dans ma main droite Une poignée de mer Puis je joindrai mes deux mains Comme pour une prière Et de cette poignée de boue Je lancerai dans le ciel Une planète nouvelle Vêtue de quatre saisons Et pourvue de gravité Pour retenir la maison Que j'y rêve d'habiter. Une ville. Un réverbère. Un lac. Un poisson rouge. Un arbre et à peine Un oiseau. Car une telle planète Ne tournera que le temps De donner à l'Univers La pesanteur d'un instant.
(Gilles Vigneault)
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Lady_orchidee 
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Date du message :
janvier 7, 2010 19:15
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Les couleurs de la vie
Ma vie était une feuille blanche sans valeur. Le vert m'a donné la croissance, le rouge l'ardeur, le jaune m'a appris la loyauté et la droiture, le bleu la pureté, le rose m'a offert l'espoir, le gris léger la tristesse. Pour terminer cette Aquarelle, le noir m'imposera la mort. Depuis, j'adore la vie parce que j'adore ses couleurs.
Wen Yi-to
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Marie-elisabeth 
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France 
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Date du message :
janvier 8, 2010 09:42
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Douce plage où naquit mon âme.
Douce plage où naquit mon âme ; Et toi, savane en fleurs Que l'Océan trempe de pleurs Et le soleil de flamme ;
Douce aux ramiers, douce aux amants, Toi de qui la ramure Nous charmait d'ombre, et de murmure, Et de roucoulements ;
Où j'écoute frémir encore Un aveu tendre et fier - Tandis qu'au loin riait la mer Sur le corail sonore.
Paul Jean Toulet . "Rimes et contrerimes"
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 9, 2010 07:55
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Après trois ans.
Ayant poussé la porte étroite qui chancelle, Je me suis promené dans le petit jardin Qu'éclairait doucement le soleil du matin, Pailletant chaque fleur d'une humide étincelle.
Rien n'a changé. J'ai tout revu : l'humble tonnelle De vigne folle avec les chaises de rotin... Le jet d'eau fait toujours son murmure argentin Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.
Les roses comme avant palpitent ; comme avant, Les grands lys orgueilleux se balancent au vent, Chaque alouette qui va et vient m'est connue.
Même j'ai retrouvé debout la Velléda, Dont le plâtre s'écaille au bout de l'avenue, - Grêle, parmi l'odeur fade du réséda.
Paul Verlaine "Poèmes saturniens"
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G-mate 
Admin famille
Canada 
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Date du message :
janvier 9, 2010 08:43
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JE CROIS EN TOI
Je tiens à te dire que je crois très fort en toi, en ta détermination, en ton imagination, en ton intelligence.
Je sais que tu peux tout, que tu peux tout entreprendre et tout réussir.
N'abandonne jamais, ne renonce à rien de ce que la vie t'offre, profite des forces qui sont en toi.
Ne renonce jamais à tes rêves.
Je sais que tu peux les réaliser, que tu peux accomplir tes désirs les plus fous.
Aie confiance en toi et tu verras que tu peux tout.
(Auteur inconnu)
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 9, 2010 09:35
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Marie. (sonnet )
Ainsi, quand la fleur printanière Dans les bois va s'épanouir, Au premier souffle du zéphyr Elle sourit avec mystère ;
Et sa tige fraîche et légère, Sentant son calice s'ouvrir, Jusque dans le sein de la terre Frémit de joie et de désir.
Ainsi, quand ma douce Marie Entr'ouvre sa lèvre chérie, Et lève, en chantant, ses yeux bleus,
Dans l'harmonie et la lumière Son âme semble tout entière Monter en tremblant vers les cieux.
Alfred de Musset "Poésies nouvelles"
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 10, 2010 08:34
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Nuit blanche
Il n'y a dans notre maison qu'un lit, trop large pour toi un peu étroit pour nous deux. Il est chaste tout blanc, tout nu; aucune draperie ne voile, en plein jour, son honnête candeur.
Ceux qui viennent nous voir le regardent tranquillement, et ne détournent pas les yeux d'un air complice, car il est marqué, au milieu, d'un seul vallon moelleux, comme le lit d'une jeune fille qui dort seule. Ils ne savent pas, ceux qui entrent ici, que chaque nuit le poids de nos deux corps joints creuse un peu plus sous son linceul voluptueux, ce vallon pas plus large qu'une tombe.
Ô notre lit tout nu ! Une lampe éclatante, penchée sur lui, le dévêt encore. Nous n'y cherchons pas, au crépuscule l'ombre savante, d'un gris d'araignée, que filtre un dais de dentelle, ni la rose lumière d'une veilleuse couleur de coquillage... Astre sans aube et sans déclin, notre lit ne cesse de flamboyer que pour s'enfoncer dans une nuit profonde et veloutée. Un halo de parfum le nimbe; - il embaume, rigide et blanc, comme le corps d'une bienheureuse défunte. C'est un parfum compliqué qui surprend, qu'on respire attentivement, avec le souci d'y démêler l'âme blonde de ton tabac favori, l'arôme plus blond de ta peau si claire et ce santal brûlé qui s'exhale de moi; - mais cette agreste odeur d'herbes écrasées, qui peut dire si elle est mienne ou tienne ?
Reçois-nous ce soir, ô notre lit, et que ton frais vallon se creuse un peu plus sous la torpeur fiévreuse dont nous enivra une journée de printemps, dans les jardins et dans les bois !...
Colette "Les vrilles de la vigne"
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