
De la nutrition dans la prévention des cancers… Etat des lieux des connaissances
Dans le cadre du Programme National Nutrition Santé (PNNS) et à la demande de la DGS (Direction générale de la santé), l'Institut National du Cancer (INCa) a coordonné l'actualisation de la brochure « Nutrition et prévention des cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations »*. En voici les grandes lignes.
Depuis près de quarante ans, de très nombreux travaux ont cherché à identifier et à préciser le rôle de certains facteurs nutritionnels susceptibles d'intervenir comme facteurs de risque ou au contraire, de protection dans le développement des cancers.
Dans sa brochure, l’INCa a ainsi listé les facteurs augmentant ou réduisant le risque de cancers. En voici les grandes lignes. Sachant que les recommandations présentées dans ce fascicule (destiné aux professionnels) proposent des repères qu'il serait souhaitable d'atteindre tout en conciliant plaisir et santé. De fait, s'il est recommandé de limiter la prise de certains aliments, il n'est pas question d'en interdire la consommation.
Les facteurs augmentant le risque de cancers :
- Les boissons alcoolisées : leur consommation est associée à une augmentation du risque de plusieurs cancers : bouche, pharynx et larynx, œsophage, côlon-rectum, sein et foie (de 9 à 168 % par verre consommé par jour, selon les localisations). Le risque augmente avec la quantité globale d'alcool absorbée et est significatif dès une consommation moyenne d'un verre par jour. Toute consommation d'alcool est donc déconseillée.
- Le surpoids et l'obésité : à l'heure actuelle en France, le surpoids touche 26 à 32 % de la population et l'obésité 8 à 17 % des adultes. Or, l'accroissement de la corpulence est associé à une augmentation du risque de plusieurs cancers (de 8 à 55 % selon les localisations) : œsophage, endomètre (utérus), rein, côlon-rectum, pancréas, sein (après la ménopause) et vésicule biliaire.
- Viandes rouges et charcuteries : il a été estimé que le risque de cancer colorectal augmentait de 29 % par portion de 100 g de viandes rouges consommée par jour et de 21 % par portion de 50 g de charcuteries consommée par jour. En France, un quart de la population consomme au moins 500 g de viandes rouges par semaine, et plus d'un quart de la population au moins 50 g de charcuteries par jour.
- Sel et aliments salés : leur consommation augmente le risque de cancer de l'estomac. En France, deux tiers des hommes et un quart des femmes ont des apports en sel supérieurs à 8 g par jour.
- Compléments alimentaires à base de bêta-carotène : les études d'intervention montrent que chez les sujets exposés à des agents cancérogènes, tels que chez les fumeurs, la consommation au long cours de compléments à base de bêta-carotène à doses non-nutritionnelles (20 à 30 mg/jour, alors que les apports journaliers recommandés sont de 2,1 mg) augmente significativement le risque de cancer du poumon. Sauf cas particuliers de déficiences, et sous contrôle médical, la consommation de compléments alimentaires n'est donc pas recommandée. Il est conseillé de satisfaire les besoins nutritionnels par une alimentation équilibrée et diversifiée.
Les facteurs réduisant le risque de cancers :
- Activité physique : elle s'associe à une diminution du risque des cancers du côlon, du sein (après la ménopause) et de l'endomètre (utérus). Le risque de cancer du côlon diminue de 18 à 29 % selon le type d'activité ou son intensité. Il est donc recommandé de limiter les activités sédentaires et, pour les adultes, de pratiquer au moins 5 jours par semaine au minimum 30 minutes d'activité physique d'intensité modérée (ex. : marche rapide) ou de pratiquer 3 jours par semaine 20 minutes d'activité physique d'intensité élevée (ex. : jogging).
- Fruits et légumes : leur consommation est associée à une réduction du risque de plusieurs cancers : bouche, pharynx, larynx, œsophage, estomac et poumon (pour les fruits seulement). On estime qu'en France, seuls 43 % de la population adulte consomment au moins 5 fruits et légumes par jour.
- Allaitement : en France, le pourcentage de mères qui allaitent leur enfant à la sortie de la maternité est passé de 53 % en 1998 à 63 % en 2003. Il est encore inférieur à celui d'autres pays européens : plus de 90 % dans les pays nordiques, 75 % en Italie. L'allaitement s'associe à une baisse du risque de cancer du sein chez la mère, avant et après la ménopause.
*La première édition a été publiée en 2003, sous le titre « Alimentation, nutrition et cancer : vérités, hypothèses et idées fausses ».
Controverse…
Le professeur Henri Joyeux, spécialiste des liens entre nutrition et cancer et auteur de « Changer d’alimentation » aux éditions François Xavier de Guibert, revient sur ce rapport. Et plus précisément, sur la consommation d’alcool…
Selon ce professeur, « cette médiatisation confond les consommateurs réguliers d’alcool forts (whisky, vodka, anisés, gin) qui augmentent incontestablement leurs risques de cancer de la bouche et de l’oesophage, surtout s’ils sont accompagnés du tabagisme à un paquet par jour... Et les consommateurs réguliers de vin, à raison d’un ballon de vin entre la poire et le fromage qui au contraire ont des risques réduits, tant de cancer que de maladies cardio-vasculaires.
Confondre whisky, vin ou bière est une erreur scientifique grave ».
Et d’ajouter que la publication de l’Inca « se base sur une méta-analyse réunissant 7.000 enquêtes qualifiées de scientifiques. Quand on connaît la manière dont sont menées ces études auxquelles on fait dire ce que l’on veut on ne peut que douter de la valeur de cette dernière publication. En plus des effets protecteurs du cancer, un Ballon de bon vin au milieu du repas a trois effets positifs pour la santé : il facilite la digestion ; il prévient les infections urinaires ; et il prévient la constipation en permettant la contraction intestinale pour faciliter l’évacuation des déchets ».
Spécialiste des relations entre Nutrition et Cancer qu’il étudie depuis plus de 30 ans le Pr Henri Joyeux -chirurgien et cancérologue de la Faculté de Médecine de Montpellier- a publié récemment pour une 6ème édition un ouvrage apportant toutes les preuves scientifiques permettant de réfuter les résultats présentés par l’Inca concernant la consommation de vin.
Les affirmations scientifiques du Pr Henri Joyeux rejoignent celles de ses éminents collègues : Serge Renaud, Christian Cabrol, Luc Letenneur.. qui après bien d’autres ont démontré que le verre de bon vin intégré à l’alimentation méditerranéenne est un facteur de santé et de longue vie.
* "Changez d’Alimentation -Prévention des maladies de civilisation : diabète, obésité, cancers et maladies auto-immunes, des rhumatismes à l’Alzheimer"
Commentaires des Amicaliens (3)
Celestine4
Date : 20/02/2026 08:59
comment les spécialistes peuvent expliquer le nombre beaucoup plus important de cancers( de
toutes éspèces) qu'il y a 50 ans ? alors que la population comportait bon nombre d 'agriculteurs ou
autres personnes qui se nourrissaient exclusivement de "cochonailles" tout au long de l'année .... la
viande bovine étant réservée aux jours de fêtes !!! le poisson peu en avait dans l'assiette et pour
ce qui était de l'absobtion d'alcool ils étaient imbattables nos "anciens" ........ par contre ils
respiraient un air sain et mangeaient moins de pesticides et autres saletés ;les animaux étaient
alimentés de façon normale ils ne se mangeaient pas entre congénères et l'élevage scandaleux en
batterie n'existait pas ............malheureusement les moeurs ont changées pas en bien hélas !! il n'y
a que le profit qui compte et la santé nul ne s'en préocupe si ce n'est pour faire des statistiques et
faire culpabiliser les gens qui les lisent .........
Manelza
Date : 21/02/2025 01:09
il n'y a plus de nourriture saine,tous ces conservateurs, les additifs, les épaississants et bien d'autres
choses encore... et si l'on savait tout!!meme les produits bio ! on peut en douter car ce n'est peut-
etre qu'un bisness de plus!
romane
Date : 22/02/2025 03:16
Alcool tabac et maintenant l'alimentation. Un petit verre de temps en temps n'a jamais fait de
mal.Comme le dit Célestine4 nos anciens buvaient et mangeaient cochonaille et étaient en meilleure
santé que nous.La différence : nourriture vie saines.Moins stressés et pas ou peu de dépression.
Qu'on arrête de nous culpabiliser.Qu'on arrête les pesticides et tout ira bien. Si on suit leur
conseil,pour rester en bonne santé : plus d'alcool,plus de viande,plus de relation intime
(sida)-Reste : légumes,fruits,exercice physique, et abstinence sexuelle. Eh ben moi j'ai fait mon
choix : je préfère réduire ma durée de vie, mais vivre normalement si tant est que vivre pleinement
me réduise mon espérance de vie ! Amicaliens,amicaliennes je bois à votre santé!!!
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