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Famille : Révèlations poètiques.
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Auteur
Sujet : Georges schéhadé le discret
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Epsilon |
Date du message : mars 1, 2012 04:07 |
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Georges Schehadé Poésies I(EXTRAITS) SANS TITRE La taille des jeunes filles flottait dans le vent L'oiseau à l'oeil de perle ne laissait pas de trace C'était l'époque des anges Oh je me souviens La Terre heureuse avait le jour et la nuit pour enfants L'absence gardait le sourire et la parole Tout brillait de rien : l'herbe et la lampe À l'exception d'un cheval cabré qui montait la garde Et criait vers moi : Une fois n'est pas coutume sauf pour la mort Oh je me souviens ( Poésies V, 1985) ...... Comme un enfant d'autrefois dont le cri se perd Dans un verger de pommes blanches Quand la lune couvre tout de son amour Je revois dans un miroir désert Mes souvenirs avec des cannes blanches Et je ne sais pas qui d'eux ou bien de moi Est le plus à plaindre Tellement les années sont cruelles Lune légère ô miroir d'absence ( Le nageur d'un seul amour, 1985) ..... Le corbeau qui dérange l’étudiant En buvant l’eau fraîche des arbres dans le pays de ma mère N’a pas la plume noire du souci Compagnon des puits dans la lumière Et du chevreau seulement endormi Ce n’est pas lui qu’on désigne comme la mort Ses ailes sont ouvertes à demi Juste le temps de noircir une brouette ( Si tu rencontres un ramier, 1951) ..... (1938) I D'abord derrière les roses il n'y a pas de singes Il y a un enfant qui a les yeux tourmentés II Les cheveux qui sont l'âge de l'amour Comme le vin qui coule dans les doigts Souviens-toi souviens-toi des fleurs de la terre La honte portait ta tête dans un sac Mille éboulements marquaient tes pas Tu es là-haut sur la colline Où la lune pose ses grandes orgues froides Les arbres frissonnent comme des méduses Mais tu ne crois pas à ces cris naturels Si les montagnes pouvaient toucher à l'air Et par lui rejondre les saisons Tu marcherais sur la route du ciel A ving ans c'est un tremblement De voir ses yeux dans l'eau des femmes La chambre a la parure de la mer Comme deux oiseaux qui volent ensemble s'ecrasent Du silence dangereux des nids La nuit a mêlé nos âges O mélodie de la pierre des îles IV . . . qui dira que j'ai dans mon armoire Un écu pour tourner la tête de la courtisane La tête est inutile Les pieds sont utiles en amour on fait un pas Poèsies II (1948) II Il y a des jardin qui n'ont plus de pays Et qui sont seuls avec l'eau Des colombes les traversent bleues et sans nids Mais la lune est un cristal de bonheur Et l'enfant se souvient d'un grand desordre clair . . . O mon amour Nous avons les yeux bleus des prisonniers Mais notre corps est adoré par les songes Allongés nous sommes deux ciels dans l'eau Et la parole est notre seule absence Georges Schehadé - Les Poésies - Éditions Gallimard (Oueidat) - 1988 .... Stèle pour Nadia M Elle a quitté la main de ses amis Pour un jardin tout bleu et fermé Où l'oiseau s'envole avec son nid Yeux noirs cheveux noirs Et maintenant toutes les beautés de l'ombre Sur ses épaules Georges Schehadé Nadia Tueni - Les Oeuvres Poétiques Complètes - Éditions Dar An-Nahar - 1993 Prix de la Francophonie en 1986 ........ Georges Schéhadé (1905-1989) «Il y a des jardins qui n'ont plus de pays Et qui sont seuls avec l'eau Des colombes les traversent bleues et sans nids Mais la lune est un cristal de bonheur Et l'enfant se souvient d'un grand desordre clair.» Georges Schéhadé Georges Schéhadé issu d’une vielle famille de la bourgeoisie libanaise naît le 2 novembre 1905 à Alexandrie. Mieux compris à Paris, il regrettait Beyrouth d’où il regrettait Paris. Mais c’est à Paris qu’il fait ses classes poètiques avec Etincelles puis ses premiers poèmes dans la revue Commerce dirigée par Valéry, Fargue et Larbaud ! Ses vers plaisent à Eluard qui le présente au groupe surréaliste. Il trouve un second mode d’expression pendant la seconde guerre mondiale : l’écriture dramatique. Premier lauréat du Prix de la Francophonie en 1986 par l’Académie française, Georges Schéhadé scellé l’alliance dde l’Orient et de l’Occident. Il décèdera à Paris le 17 janvier 1989. Georges Schehadé se laisse découvrir, depuis l'enfance jusqu'à la vieillesse, à travers sept chapitres. Le nombre de manuscrits inédits (pièces de théâtre, poèmes de jeunesse, correspondance et critiques d'art) est impressionnant, pour la plus grande joie de ceux qui pratiquent Schehadé. À commencer par les écrits de jeunesse dans Essor, la revue du Collège du Sacré-Cur où il a étudié, et Le père Eusèbe, une comédie en un acte, rédigée alors qu'il avait 15 ou 16 ans. Après D'Alexandrie à Beyrouth, 1905-1923, suit J'entrai à mon insu dans l'art, 1923-1930 où, entre les éditions originales d' Étincelles, de Rodogune Sinne et de L'Écolier Sultan, se détache le manuscrit, jamais publié, de La Chevelure de Bérénice, recueil de poèmes écrit entre 1924 et 1926 et dédiéaupoèteMichelChiha. Derrière les grands paradis, 1930-1944 annonce le début d'une carrière qui ne cessera d'être glorieuse. Cette période est, entre autres, celle de la rédaction de Chagrin d'amour, première pièce jouée de Schehadé, commandée par l'épouse du commandant des Troupes du Levant, en 1938. Poète Schehadé, 1944-54 assure sa notoriété en tant que poète, salué par les surréalistes, et la cinquième étape, La poursuite des fables, 1954-1960, le consacre dramaturge et même cinéaste. Une anecdote amusante relevée dans un entrefilet de L'Orient : le 15 décembre 1956, Georges Schehadé, qui n'avait pas ses papiers sur lui, est conduit au poste de police où il passe la nuit La critique artistique. En 1966, il est décoré par le président-poète du Sénégal, Léopold SedarSenghor. Quand tu quitteras le pays des lampes, 1975-1989 : la dernière partie de la vie du poète est marquée par la guerre et l'exil à Paris. Sont présentés, auprès d'autres documents et manuscrits de la fin de sa vie, des entretiens accordés au Nouvel Observateur où Schehadé parle avec un immense amour du Liban, mais aussi, détail émouvant, un des livres de sa bibliothèque beyrouthine traversé d'une balle. Schehadé par lui-même Georges Schehadé le discret se raconte, selon le vu des auteurs, qui ont pris cette décision en découvrant l'impressionnante correspondance du poète avec Laurice Schehadé-Benzoni, sa sur aînée. A cette destinataire privilégiée, il confie ses tourments de poète, ses déboires avec les éditeurs, ses attentes et ses espoirs. Mais il y a aussi la correspondance fournie avec ses amis de jeunesse : Antoine Tabet, Henri El Kayem, Marthe Cazal, les articles, haineux ou élogieux, qui paraissent à Paris après la première de Monsieur Bo'ble, pièce qui fait scandale. Puis plus tard, la correspondance avec Jean-Louis Barrault, l'homme de théâtre qui montera régulièrement ses oeuvres.( Histoire de Vasco, les violettes, Le voyage, L’émigré de Brisbane ) Outre les écrits contemporains à l'auteur et à ses proches, cet ouvrage est systématiquement jalonné de précisions historiques et biographiques. Le lecteur entre donc de plain-pied dans la réalité quasi quotidienne de l'écrivain, et le suit pas à pas dans son évolution tant littéraire que personnelle : ainsi, on découvre un Schehadé amoureux, désespéré, orgueilleux, mais toujours et invariablement drôle. La poésie de Schehadé a littéralement enchanté les écrivains de l'époque. Tous, ou presque, y ont succombé : leurs petits mots, leurs lettres ou leurs articles qu'ils lui destinent sont remplis d'admiration et de respect. Le plus touchant est que la majorité d'entre eux le «remercient» d'avoir écrit De la part d'un auteur aussi discret, répugnant à échafauder des théories, on attend tout de même des révélations fracassantes. Les quelques entretiens qui traversent le catalogue ne révèlent qu'une chose : Schehadé ne savait pas, et voulait encore moins, parler de poésie. Alors les plus grands critiques littéraires, comme Gabriel Bounoure ou Gaëtan Picon, ont tenté de l'expliquer. D'autres poètes, comme Adonis ou Saint-John Perse, lui ont rendu hommage, en prose ou en vers. Peut-être que le lecteur trouvera quelques pistes dans Interview avec soi-même, par Georges Schehadé, un texte inédit en français, rédigé pour le programme de la création d' Histoire de Vasco à Berlin en 1957. Schehadé, dans ce dialogue en miroir, répond à son double qui lui demande comment il occupe son temps, en tant que secrétaire général de la faculté des lettres : «Je caresse les rayons de la bibliothèque de la faculté d'où j'ai banni les livres par prudence». Ses derniers écrits paraissent dans un volume rétrospectif : ce sont Les Poèsies Le portrait de Jules et le récit de l’An Zéro augmenté plus tard du Nageur d’un seul amour avec poèsies V Certains thèmes reviennent dans la poésie de Georges Schehadé : Les enfants, le pays natal, la mère, les Mages et les symboles chrétiens... Ils semblent tous tourner autour de sa propre enfance, ou revenir à quelque chose ou quelqu'un qui l'a marqué dans sa jeunesse. Il semble que Schehadé n'eût jamais vraiment quitté son enfance, et qu'il continut à trouver son vocabulaire et ses thèmes dans ses rêves d'enfant, dans les jardins dont il se souvient ou qu'il construit, ou même dans le nom de sa mère. Chaque nouvelle rencontre avec une femme semble être la première rencontre, celle d'un adolescent avec la fille qu'il ne connaît pas et avec qui il explorera le monde dans l'espace d'une seconde. Il y a des jardins qui n'ont plus de pays Et qui sont seuls avec l'eau Des colombes les traversent bleues et sans nids Mais la lune est un cristal de bonheur Et l'enfant se souvient d'un grand désordre clair Joel Kerdraon Georges Schéhadé est l'auteur de : Le Nageur d’un seul amour, 1985 (recueil poétique) . Une anthologie du vers unique, 1977 (recueil poétique) . L’habit fait le prince, 1973 (théâtre) . Les Poésies, Paris, 1969 (recueil poétique) . L’Emigré de Brisbane, 1965 (théâtre) . Le voyage, 1961 (théâtre) . Les Violettes, 1961 (théâtre) . Histoire de Vasco, 1956 (théâtre) . La Soirée des proverbes, 1954 (théâtre) . Les Poésies, 1952 (recueil poétique) . Monsieur Bob’le, 1951 (théâtre) . Si tu rencontres un ramier, 1951 (recueil poétique) . L’Ecolier Sultan, 1950 (recueil poétique) . Poésies III, 1949 (recueil poétique) . Poésies II, 1948 (recueil poétique) . Rodogune Sinne, 1947 (recueil poétique) . Poésies I, 1938 (recueil poétique) . Oeuvres complètes, Ed. Dar An-Nahar . Georges Schéhadé sur le site de l'Imec Georges Schéhadé sur le site de Nuit Blanche .... ARTICLE TROUVE SUE "ALALETTRE.COM" QUE JE REMERCIE AINSI QUE JOEL KERDRAON,MERCI DE S'Y REPORTER POUR EN SAVOIR PLUS! *Ce message a été édité le Jun 8, 2025 1:59 AM par Epsilon*
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Epsilon |
Date du message : juin 8, 2008 12:17 |
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Il y a des églises dont les Saints sont dehors... Il y a des églises dont les Saints sont dehors Par amour de la solitude - Mon amour ne disons pas ça Ils sont loins par obéissance Ils ont l'oeil bleu des voyages Comme ces bergers qui dorment en souriant Dans un ciel monotone comme une chambre La lune triste avec sa famille Georges Schehadé ..... Si tu rencontres un ramier... Si tu rencontres un ramier dans un bois si jeune par la vie de sa neige Quand les yeux veulent dire nœuds du soir Fais un repos de tout ce qui est à lui L'âge de la forêt mon amour est un songe Georges Schehadé ..... Si tu es belle comme les Mages de mon pays... Si tu es belle comme les Mages de mon pays O mon amour tu n'iras pas pleurer Les soldats tués et leur ombre qui fuit la mort - Pour nous la mort est une fleur de la pensée Il faut rêver aux oiseaux qui voyagent Entre le jour et la nuit comme une trace Lorsque le soleil s'éloigne dans les arbres Et fait de leurs feuillages une autre prairie O mon amour Nous avons les yeux bleus des prisonniers Mais notre corps est adoré par les songes Allongés nous sommes deux ciels dans l'eau Et la parole est notre seule absence Georges Schehadé ..... Les cheveux qui sont l'âge de l'amour... Les cheveux qui sont l'âge de l'amour Comme le vin qui coule dans les doigts Souviens-toi souviens-toi des fleurs de la terre La honte portait ta tête dans un sac Mille éboulements marquaient tes pas Tu es là-haut sur la colline Où la lune pose ses grandes orgues froides Les arbres frissonnent comme des méduses Mais tu ne crois pas à ces cris naturels Si les montagnes pouvaient toucher à l'air Et par lui rejondre les saisons Tu marcherais sur la route du ciel Georges Schehadé ..... Petit bye-bye du Liban Vous qui partez pour un pays lointain Que les évêques du Songe en habits dorés vous présentent à la lumière Qu'ils disent que vous êtes la goutte d'eau Qui tremble à leurs doigts de toute sa richesse L'ambre et le maïs de leurs colliers Qu'ils vous appellent cercueil de violon ou gazelle Chauve-souris malheureuse qui boite dans l'air en voltigeant Afin que vous soient épargnées les épines du froid La distance et ses blessures Et que l'eau soit douce pour vous, même sur la mer Georges Schehadé *Ce message a été édité le Jun 8, 2025 12:20 PM par Epsilon*
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Epsilon |
Date du message : juin 9, 2008 11:13 |
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Georges SCHEHADE XVII Un corbeau parle sur la montagne Ma mère en son pays se souvenait Quelle pourriture ou quelle nacre Si jamais je reviens ô fontaine Si l'ombre d'un arbre me conserve son jour Poésies III ... Georges SCHEHADE IX Si jamais tu reviens en terre natale À pas lents comme un cheval dont le soir accroît la fatigue Oh va dans ce jardin Retrouver la rose méconnaissable Le chrysanthème à la crinière de lion - D'immenses araignées volent avec des papillons Comme dans les fièvres de l'enfance Souris ou pleure mais ne crains rien C'est l'ombre qui remue avant d'être nuit claire. Le nageur d'un seul amour, 1985 .... Georges SCHEHADE Elle se levait la nuit pour regarder le Christ Elle touchait le bronze de sa plaie pour guérir Et son corps tremblait comme du jasmin - J'aime dans l'obscurité la profondeur de votre ombre Vous pleurez si doucement qu'en vous touchant on meurt Et nul n'a les Vierges de vos lèvres Que votre image Le nageur d'un seul amour, 1985
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-grimalkin- |
Date du message : décembre 10, 2009 05:39 |
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Enluminures Poèmes de Georges Shehadé. Extraits de Poésies I (1938), Poésies II (1948) et Poésies III (1949) © Gallimard 1. (I, I) D'abord derrière les roses il n'y a pas de singes Il y a un enfant qui a les yeux tourmentés 2. (II, II) ll y a des jardins qui n'ont plus de pays Et qui sont seuls avec l'eau Des colombes les traversent bleues et sans nids Mais la lune est un cristal de bonheur Et l'enfant se souvient d'un grand désordre clair. 3. (II, XIII) Je me dériderai dans un jardin de pomme Dans cette eau de la campagne Aux pas immaculés Et pour toi amie des saules de la mort Les colombes qui volent sans air L’absence plus longue que les années 4. (III, VI) Celui qui pense et ne parle pas Un cheval l’entraîne vers la Bible Un bâton ne lui fait pas peur Car l’esprit ne l’a point quitté Celui qui rêve se mélange à l’air 5. (III, XIV) Nous irons un jour enfants de la terre Avec nos mouchoirs vermeils Envoler l’oiseau des mains de la pierre Aux pays de l’ombre cette brouette triste Dans une vallée de roses réduite mais violente A travers les adieux du soleil Nous verrons la nuit et le jour se défendre Puis la lune comme une plaine sur la mer Ainsi nous allons à la découverte du ciel Avec l’ombre cette brouette triste Multipliant nos fagots dans la vie froide des nuages Comme ceux qui dorment dans la terre éternelle 6. (II, XII) Un violon aveugle pleurait pour nous Une fontaine de pierre L’hiver la saison sans figure Quand les raisins sont noirs 7. (II, VIII) ô mon amour il n’est rien que nous aimons Qui ne fuie comme l’ombre Comme ces terres lointaines où l’on perd son nom Il n’est rien qui nous retienne Comme cette pente de cyprès où sommeillent des enfants de fer bleus et morts 8 (II, IV) Comme ces lacs qui font très mal Quand l’automne les couvre et les bleuit Comme l’eau 9. (II, XVIII) Nous reviendrons corps de cendre ou rosiers Avec l’oeil cet animal charmant Ô colombe Près des puits de bronze où de lointains Soleils sont couchés Puis nous reprendrons notre courbe et nos pas Sous les fontaines sans eau de la lune Ô colombe Là où les grandes solitudes mangent la pierre Les nuits et les jours perdent leurs ombres par milliers Le Temps est innocent des choses Ô colombe Tout passe comme si j’étais l’oiseau immobile. Georges Schéhadé
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-grimalkin- |
Date du message : septembre 6, 2010 05:09 |
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nageur d'un seul amour IV Comme un enfant d'autrefois dont le cri se perd Dans un verger de pommes blanches Quand la lune couvre tout de son amour Je revois dans un miroir désert Mes souvenirs avec des cannes blanches Et je ne sais pas qui d'eux ou bien de moi Est le plus à plaindre Tellement les années sont cruelles Lune légère ô miroir d'absence ------------------------------------------------------------------------------- XVIII C'est encore une fois l'automne Le jardin court derrière ses feuilles Personne n'est plus là : Les fenêtres les gens Mais le vent Il y a une lune oubliée Dans le ciel comme une figure En souvenir du bel été À boire disait une fontaine Georges Schéhadé ("à boire disait une fontaine" buvons à la source inépuisable de cette fontaine de poésie..)
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Marie-elisabeth |
Date du message : juin 8, 2011 12:08 |
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Ils ne savent pas. ils ne savent pas qu'ils ne vont plus revoir Les vergers d'exil et les plages familières Les étoiles qui voyagent avec des jambes de sel Quand la nuit est triste de plusieurs beautés Ils oublient qu'ils ne vont plus entendre Le vent de la grille et le chien des images L'eau qui dort sur la couleur des pierres La nuit avec des violons de pluie Tant de magie pour rien Si ce n'était ce souvenir d'un autre monde Avec des oiseaux de chair dans la prairie Avec des montagnes comme des granges Ô mon enfance Ô ma folie. Georges Schéhadé "Poésies".
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-grimalkin- |
Date du message : juin 8, 2011 12:57 |
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ah la poésie libanaise ! je trouve ces quelques mots sur le net, qui caractérisent bien Georges Schehadé : "Georges Schehadé défie mes mots comme il posa les siens en défi de la logique. Sans être surréaliste, sa poésie est quelque part au dessus de notre réalité ordinaire. Lire ses poèmes, c'est manquer leur essence; il faut plutôt les subir, les laisser couler sur notre peau en sentant la douceur de leur chaleur, la fluidité de leur rhythme, mais surtout sans avoir peur de les prendre comme ils sont, simples ou complexes, longs ou courts, mais jamais les mêmes."
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-grimalkin- |
Date du message : juin 9, 2011 11:35 |
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«Il y a des jardins qui n'ont plus de pays Et qui sont seuls avec l'eau Des colombes les traversent bleues et sans nids Mais la lune est un cristal de bonheur Et l'enfant se souvient d'un grand desordre clair.» Georges Schéhadé
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-grimalkin- |
Date du message : février 28, 2012 04:40 |
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Poésies I (1938) X Visage et les doigts en forme de pleurs Il n'y a rien de commun entre moi et vos gerbes Ou cette mélodie qui a la couleur Des naissances - Alors je descends une rue de rosiers Et je sens monter en moi un grand chagrin Comme le sel de la mer Ô bien-aimée pleine de pleurs De plaine en plaine en perdant la vue Nous nous vivrons dans nos mémoires Vos mains sont sèches comme les rosiers Les abeilles sourient à votre calvaire Ah dans les églises vous revoir La poitrine rouge comme une pierre Plus douce que le miel en Jésus Dont le crachat est un grand brouillard Parce que nous sommes sans nouvelles de l'étoile Les anges nous frappent avec de grands fers Allumez-vous vivante sur les rivières Quand l'éclair pousse les fleurs à la mort Et laissez-moi votre rosée et votre cendre - Ô bénie comme les flammes XI Cette femme qui rêve dans ses habits Je ne la verrai plus dans les chants Que la mort la repose j'épouserai ses mains - Ce souvenir de Galilée est très petit Il y avait de l'eau et moi tout seul Comme l'oiseau qui vole dans l'église de marbre A cause de ta mémoire on t'appela Morte Je t'ai dit de ne faire nulle peine aux feuilles Le vent principal songe des amants Ni l'enfant de tes paupières Jeune fille aussi haute que les arbres A cause d'une peine sans figure Le vin la tristesse et le soir Georges Schéhadé
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