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Famille : Révèlations poètiques.
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Auteur
Sujet : Raymond queneau ou zazie à l'école.
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Epsilon |
Date du message : novembre 27, 2009 23:37 |
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Raymond Queneau (1903-1976), surréaliste, poète, romancier, mathématicien, fondateur de l'Oulipo etcc, enfin tellement de casquettes à cet écrivain qu'il vaut mieux le lire tout simplement et ses poèmes nous font toujours sourire et réfléchir! GRAND STANDIGNE Un jour on démolira ces beaux immeubles si modernes on en cassera les carreaux de plexiglas ou d'ultravitre on démontera les fourneaux construits à polytechnique on sectionnera les antennes collectives de tévision on dévissera les ascenseurs on anéantira les vide-ordures on broiera les chauffoses on pulvérisera les frigidons quand ces immeubles vieilliront du poids infini de la tristesse des choses Raymond Queneau ... LA NUIT Elle replie soigneusement la couverture qu'elle étendait aux quatre pôles de l’horizon elle la roule avec lenteur et précision pour qu'apparaissent le drap et les bleuissures des grains qui vont mouiller routes et buissons cette vieille femme qui porte un ballot de loques c'est elle elle attend l'autocar des nyctalopes elle reviendra elle reviendra c'est sûr étendre sur le sol sa ferme couverture Raymond Queneau ... Un enfant a dit Un enfant a dit je sais des poèmes un enfant a dit chsais des poésies un enfant a dit mon coeur est plein d'elles un enfant a dit par coeur ça suffit un enfant a dit ils en savent des choses un enfant a dit et tout par écrit si lpoète pouvait s'enfuir à tir-d'aile les enfants voudraient partir avec lui Raymond Queneau ... MARINE Les poissons ont de si jolies têtes qu'on est obligé de les déplacer fréquemment à cause des ravages qu'ils font dans le cœur des méduses Les cœurs de méduse ravagés vont s'échouer dans les ports sous forme de pétroliers ou de charbonniers Les méduses elles-mêmes ne sont jamais repêchées un nouveau cœur leur pousse bien plus grand que le premier bien plus beau et bien plus vert et bien plus dur car les méduses ne veulent plus aimer les poissons aux nageoires coupantes et aux ouïes blanches elles ne veulent plus aimer que le centre de gravité de chaque chose dans le ciel et sur la terre Les requins eux ne s'ennuient pas avec de la toile à matelas ils fabriquent de jolis draps pour les noyés astucieux qui sont accourus vers eux en mâchant de la verveine pour se parfumer les veines non les requins ne s'ennuient pas ils ont aussi de jolies têtes pour ravager le cœur des méduses inquiètes Raymond Queneau
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Epsilon |
Date du message : décembre 29, 2007 12:40 |
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Rassurez-vous les fautes de français sont faites exprès, vous zavez déjà vu des gamins qui écriraient très bien pas moi ,ni des adultes non plus , d'ailleurs les gamins et les adultes , y sont pas du tout contents du lendemain de Noêl, mais contre mauvaise fortune, bon coeur, c'est comme ça les pauvres parfois , du moins dans le temps,et pas partout n'est-ce pas Jacques Prévert? NOEL DES RAMASSEURS DE NEIGE Nos cheminées sont vides nos poches retournées ohé ohé ohé nos cheminées sont vides nos souliers sont percés ohé ohé ohé et nos enfants livides dansent devant nos buffets ohé ohé ohé Et pourtant c'est Noël Noël qu'il faut fêter Fêtons fêtons Noël ça se fait chaque année Ohé la vie est belle Ohé joyeux Noël Mais v'là la neige qui tombe qui tombe de tout en haut Elle va se faire mal en tombant de si haut ohé ohé ého Pauvre neige nouvelle courons courons vers elle courons avec nos pelles courons la ramasser puisque c'est notre métier . ohé ohé ohé jolie neige nouvelle toi qu'arrives du ciel dis-nous dis-nous la belle ohé ohé ohé Quand est-ce qu'à Noël tomberont de là-haut des dindes de Noël avec leurs dindonneaux ohé ohé ého ! Jacques Prévert
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Epsilon |
Date du message : décembre 30, 2007 03:54 |
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Toujours de Raymond Queneau , un poète qui n'a jamais attiré les foules, peut être trop d'humour ubuesque ou bien un peu perdu dans tout ce qu'il nous raconte,est-ce du lard ou du cochon? est-ce qu'il nous prendrait pour des gogos par hasard? Hum on peut pourtant être très sérieux derrière une couche d'humour et ça s'appelle parfois poèsie! A vos cassettes! La lune Sur la lune de lait caillé On voit un bonhomme. Il porte sur son dos Un fagot de gros bois. Ça doit être bien lourd Car il n'avance pas. Il est là chaque mois, Bûcheron d'autrefois. Sur la lune de néon On voit un astronaute Il porte sur son dos La fusée du retour. Il est déjà parti Il n'y a plus personne Entre la mer des Crises Et la Sérénité. Sur la lune de néon, On a peint les yeux, la bouche, Le nez et un gros bouton Sur lequel dort une mouche. Toujours on a eu l'impression Que cet objet astronomique Etait à portée de la main Familier, mélancolique. Raymond Queneau .... L'arbre qui pense L'arbre qui pense les pieds dans sa grille à quoi pense-t-il oh ça oh mais ça oh mais à quoi pense-t-il Le chien qui pense la patte en l'air que pense-t-il oh ça oh mais ça oh mais à quoi pense-t-il Le pavé qui pense le ventre poli de pas que pense-t-il oh ça oh mais ça oh mais à quoi pense-t-il Ciel toits et nuages voyez-moi là tout en bas qui marche et qui pense à l'arbre qui pense au chien au pavé oh ça oh mais à quoi pensent-ils donc à quoi pensent-ils donc Raymond Queneau .... Les mouches Les mouches d'aujourd'hui ne sont plus les mêmes que les mouches d'autrefois elles sont moins gaies plus lourdes, plus majestueuses, plus graves plus conscientes de leur rareté elles se savent menacées de génocide Dans mon enfance elles allaient se coller joyeusement par centaines, par milliers peut-être sur du papier fait pour les tuer elles allaient s'enfermer par centaines, par milliers peut-être dans des bouteilles de forme spéciale elles patinaient, piétinaient, trépassaient par centaines, par milliers peut-être elles foisonnaient elles vivaient Maintenant elles surveillent leur démarche les mouches d'aujourd'hui ne sont plus les mêmes que les mouches d'autrefois. Raymond QUENEAU .... Enfin pour finir ce très sérieux "instant fatal" qui nous ferait plutôt grincer des dents qu'autre chose, on est plus très loin du grand Villon et de son testament !hum, pourvu que Dieu existe et qu'il nous sauve tous! lol L'instant fatal Quand nous pénétrerons la gueule ed' de travers dans l'empire des morts avecque nos verrues nos poux et nos cancers comme en ont tous les morts lorsque narine close on ira dans la terre rejoindre tous les morts après dégustation de pompe funéraire qui asperge les morts quand la canine molle on mordra la poussière que font les os des morts des bouchons dans l'oreille et le bec dans la bière abreuvoir pour les morts et le cerveau mité un peu genre gruyère apanage des morts quand le chou flétri les machines précaires guère baisent les morts et le dos tout voûté la charpente angulaire peu souples sont les morts nous irons retrouver le cafard mortuaire qui grignote les morts charriant notre cercueil vers notre cimetière où bougonnent les morts lorsque le monde aura marmonné ses prières qui rassurent les morts et remis notre cause ès dossiers de notaires ce qui forclôt les morts distribuant nos argents comme nos inventaires nos défroques de morts aux vifs qui comme nous enrhumés éternuèrent se mouchent plus les morts alors il nous faudra lugubres lampadaires s'éteindre comme morts et brusquement boucler le cercle élémentaire qui nous agrège aux morts Raymond QUENEAU *** L'instant fatal *** . *Ce message a été édité le Dec 30, 2025 4:24 AM par Epsilon*
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Epsilon |
Date du message : janvier 2, 2008 06:30 |
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Ce soir, Si j'écrivais un poème pour la postérité? fichtre la belle idée je me sens sûr de moi j'y vas et à la postérité j'y dis merde et remerde et reremerde drôlement feintée la postérité qui attendait son poème ah mais Extrait de "L'Art Poétique" Poésie/Gallimard
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Epsilon |
Date du message : janvier 2, 2008 09:58 |
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Un poème Bien placés bien choisis quelques mots font une poésie les mots il suffit qu’on les aime pour écrire un poème on ne sait pas toujours ce qu’on dit lorsque naît la poésie faut ensuite rechercher le thème pour intituler le poème mais d’autres fois on pleure on rit en écrivant la poésie ça a toujours kékchose d’extrème un poème ... La leçon de choses Venez, poussins, Asseyez-vous Je vais vous instruire sur l'œuf Dont tous vous venez, poussins. L'œuf est rond Mais pas tout à fait Il serait plutôt ovoïde Avec une carapace Et vous en venez tous, poussins Il est blanc Pour votre race Crème ou même orangé Avec parfois collé Un brin de paille Mais ça, C'est un supplément A l'intérieur, il y a... Mais pour y voir Faut le casser Et alors d'où - vous poussins - sortirez ? ... L’écolier J’écrirai le jeudi j'écrirai le dimanche quand je n'irai pas à l'école j'écrirai des nouvelles j'écrirai des romans et même des paraboles je parlerai de mon village je parlerai de mes parents de mes aïeux de mes aïeules je décrirai les prés je décrirai les champs les broutilles et les bestioles puis je voyagerai j'irai jusqu'en Iran au Tibet ou bien au Népal et ce qui est beaucoup plus intéressant du côté de Sirius ou d'Algol où tout me paraîtra tellement étonnant que revenu dans mon école je mettrai l'orthographe mélancoliquement .... Pour un art poétique Prenez un mot prenez en deux faites les cuir' comme des oeufs prenez un petit bout de sens puis un grand morceau d'innocence faites chauffer à petit feu au petit feu de la technique versez la sauce énigmatique saupoudrez de quelques étoiles poivrez et mettez les voiles Où voulez vous donc en venir ? A écrire Vraiment ? A écrire ? ..... L’instant fatal Un poème c’est bien peu de chose à peine plus qu’un cyclone aux Antilles qu’un typhon dans la mer de Chine un tremblement de terre à Formose Une inondation du Yang Tse Kiang ça vous noie cent mille Chinois d’un seul coup vlan ça ne fait même pas le sujet d’un poème Bien peu de chose On s’amuse bien dans notre petit village on va bâtir une nouvelle école on va élire un nouveau maire et changer les jours de marché on était au centre du monde on se trouve maintenant près du fleuve océan qui ronge l’horizon Un poème c’est bien peu de chose. ....... La fourmi et la cigale Une fourmi fait l'ascension d'une herbe flexible elle ne se rend pas compte de la difficulté de son entreprise elle s'obstine la pauvrette dans son dessein délirant pour elle c'est un Everest pour elle c'est un Mont Blanc ce qui devait arriver arrive elle choit patatratement une cigale la reçoit dans ses bras bien gentiment eh dit-elle point n'est la saison des sports alpinistes (vous ne vous êtes pas fait mal j'espère ?) et maintenant dansons dansons une bourrée ou la matchiche. .... L’inspiration De son juchoir la poule laisse choir un oeuf c’est une imprudence un moment d’absence mais il tombe pouf dans la paille : la fermière était prévoyante combien de poèmes brisés que ne recueille aucun recueil. .... BIXATNU SIOFNNUT I AVAY Y avait une fois un taxi Taxi taxi taximètre Qui circulait dans Paris Taxi taxi taxi cuit Il aimait tant les voyages Taxi taxi taximètre Qu’il allait jusqu’en Hongrie Taxi taxi taxi cuit Et qu’il traversait la Manche Taxi taxi taximètre En empruntant le ferry Taxi taxi taxi cuit Un beau jour il arriva Taxi taxi taximètre Dans les déserts d’Arabie Taxi taxi taxi cuit Il y faisait tellment chaud Taxi taxi taximètre Que sa carrosserie fondit Taxi taxi taxi cuit Et de même le châssis Taxi taxi taximètre Et tous les pneus y compris Taxi taxi taxi cuit Chauffeurs chauffeurs de taxi Taxi taxi taximètre Ecoutez cette morale Taxi taxi taxi cuit Lorsque vous quittez Paris Taxi taxi taximètre Emportez un parapluie Taxi taxi taxi cuit Parapluie ou bien ombrelle Taxi taxi taximètre Un mot est bien vite dit Taxi taxi taxi cuit. Raymond Queneau
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-grimalkin- |
Date du message : janvier 4, 2008 12:12 |
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cela ressemble parfois à ce que chantaient les petites filles quand elle sautaient à la corde ou jouaient à la marelle. A certaines chansons pour marcher aussi.Même la mort pour R.Queneau, ce n'est pas sérieux...c'est ça qui est bien...
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Epsilon |
Date du message : mai 30, 2008 16:47 |
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Raymond Queneau - La main à la plume J'écrirai des poèmes sur le lait le beurre la crème j'écrirai des odes en vers heptasyllabiques sur les vaches les brebis les biques j'écrirai des myriades de myriades de sonnets sur le vent qui couche les lourds épis de blé j'écrirai des chansons sur les mouches et les charançons j'écrirai des sextines sur les fonds de jardin où se mussent les latrines j'écrirai des phrases obscures sur l'agriculture j'utiliserai des métonymies et des métap*****s pour parler de la vie des porcs et de leur mort j'utiliserai l'assonance et la rime pour parler des prés, de la forêt, de la campagne j'écrirai des poèmes la main sur la charrue du vocabulaire Battre la campagne. ********
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Epsilon |
Date du message : mai 31, 2008 16:01 |
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Le chant du styrène. Commentaire pour un court métrage d’Alain Resnais, films de la Pléiade, 1957. O temps, suspends ton bol, ô matière plastique D’où viens-tu ? Qui es-tu ? et qu'est-ce qui explique Tes rares qualités ? De quoi donc es-tu fait ? D'où donc es-tu parti? Remontons de l'objet À ses aïeux lointains ! Qu'à l’envers se déroule Son histoire exemplaire. Eu premier lieu, le moule. Incluant la matrice, être mystérieux, Il engendre le bol ou bien tout ce qu'on veut. Mais le moule est lui-même inclus dans une presse Qui injecte la pâte et conforme la pièce, Ce qu présente donc le très grand avantage D'avoir l'objet fini sans autre façonnage. Le moule coûte cher; c’est un inconvénient. On le loue il est vrai, même à ses concurrents. Le formage sous vide est une autre façon D'obtenir des objets : par simple aspiration. À l'étape antérieure, soigneusement rangé, Le matériau tiédi est en plaque extrudé. Pour entrer dans la buse il fallait un piston Et le manchon chauffant - ou le chauffant manchon Auquel on fournissait — Quoi ? Le polystyrène Vivace et turbulent qui se hâte et s'égrène. Et l'essaim granulé sur le tamis vibrant Fourmillait tout heureux d'un si beau colorant. Avant d'être granule on avait été jonc, Joncs de toutes couleurs, teintes, nuances, tons. Ces joncs avaient été, suivant une filière, Un boudin que sans fin une vis agglomère. Et ce qui donnait lieu à l’agglutination ? Des perles colorées de toutes les façons. Et colorées comment ? Là, devint homogène Le pigment qu'on mélange à du polystyrène. Mais avant il fallut que le produit séchât Et, rotativement, le produit trébucha. À peine était-il né, notre polystyrène. Polymère produit du plus simple styrène. Polymérisation : ce mot, chacun le sait, Désigne l'obtention d'un complexe élevé De poids moléculaire. Et dans un réacteur, Machine élémentaire œuvre d'un ingénieur, Les molécules donc s'accrochant et se liant En perles se formaient. Oui, mais — auparavant ? Le styrène n'était qu'un liquide incolore Quelque peu explosif, et non pas inodore. Et regardez-le bien; c'est la seule occasion Pour vous d'apercevoir ce qui est en question. Le styrène est produit en grande quantité À partir de l'éthyl-benzène surchauffé, Le styrène autrefois s'extrayait du benjoin, Provenant du styrax, arbuste indonésien. De tuyau en tuyau ainsi nous remontons, À travers le désert des c*****isations, Vers les produits premiers, vers la matière abstraite Qui circulait sans fin, effective et secrète. On lave et on distille et puis on redistille Et ce ne sont pu là exercices de style : L'éthylbenzène peut — et doit même éclater Si la température atteint certain degré. Quant à l'éthylbenzène, il provient, c'est limpide, De la combinaison du benzène liquide Avecque l'éthylène, une simple vapeur. Ethylène et benzène ont pour générateurs Soit charbon, soit pétrole, ou pétrole ou charbon. Pour faire l'autre et l'un l'un et l'autre sont bons. On pourrait repartir sur ces nouvelles pistes Et rechercher pourquoi et l'autre et l'un existent. Le pétrole vient-il de masses de poissons ? On ne le sait pas trop ni d'où vient le charbon. Le pétrole vient-il du plancton en gésine ? Question controversée... obscures origines... Et pétrole et charbon s'en allaient en fumée Quand le chimiste vint qui eut l'heureuse idée De rendre ces nuées solides et d'en faire D'innombrables objets au but utilitaire. En matériaux nouveaux ces obscurs résidus Sont ainsi transformés. Il en est d'inconnus Qui attendent encor la mutation chimique Pour mériter enfin la vente à prix unique. RAYMOND QUENEAU.
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-grimalkin- |
Date du message : novembre 28, 2009 04:05 |
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Mésusage de la litote Je me suis fait un petit trou pour y cacher mes perles mes lapsus mes gourderies mes maladresses mes gaucheries je me suis fait un petit trou pour y cacher mes bévues mes erreurs mes fautes d’orthographe mes solécismes et mes gaffes mes hypostrophes et patatraphes tant et si bien et mieux que bien que le trou redevient un pas-trou bien plein je m’étais fait un petit trou bien creux bien affamé il est parti tout rassasié mais les perles sont restées et le reste Je n’attends plus rien de secrets aussi mal gardés maintenant c’est une pyramide que je construirai avec le reste Raymond Queneau, Le Chien à la mandoline, Gallimard, 1965, (nous ferions bien de tous faire comme Raymond Queneau ! Une belle leçon de modestie...)
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