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Epsilon 
Admin famille
France 
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Date du message :
février 1, 2010 04:34
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Curieux texte assez littéraire plus qu'érotique à mon humble avis que ces deux auteurs ont concocté ensemble et que je vous transmets mais je vous préviens il n'y a pas de quoi prendre son pied ni autre chose d'ailleurs! Jeu verbal et sur les mots? Plutôt une curiosité littéraire!
Paul Eluard et André Breton © Seghers
L'amour
L'amour réciproque, le seul qui saurait nous occuper ici, est celui qui met en jeu l'inhabitude dans la pratique, l'imagination dans le poncif, la foi dans le doute, la perception de l'objet intérieur dans l'objet extérieur. Il implique le baiser, l'étreinte, le problème et l'issue indéfiniment problématique du problème.
L'amour a toujours le temps. Il a devant lui le front d'où semble venir la pensée, les yeux qu'il s'agira tout à l'heure de distraire de leur regard, la gorge dans laquelle se cailleront les sons, il a les seins et le fond de la bouche. Il a devant lui les plis inguinaux, les jambes qui couraient, la vapeur qui descend de leurs voiles, il a le plaisir de la neige qui tombe devant la fenêtre. La langue dessine les lèvres, joint les yeux, dresse les seins, creuse les aisselles, ouvre la fenêtre; la bouche attire la chair de toutes ses forces, elle sombre dans un baiser errant, elle remplace la bouche qu'elle a prise, c'est le mélange du jour et de la nuit. Les bras et les cuisses de l'homme sont liés aux bras et aux cuisses de la femme, le vent se mêle à la fumée, les mains prennent l'empreinte des désirs.
On distingue les problèmes en problèmes du premier,du second et du troisième degré. Dans le problème du premier degré, la femme s'inspirant des sculptures Tlin-kit de Nord-Amérique, recherchera l'étreinte la plus parfaite avec l'homme ; il s'agira de ne faire à deux qu'un seul bloc. Dans celui du second degré, la femme, prenant modèle sur les sculptures Haïda d'origine à peine différente, fuira le plus possible cette étreinte; il s'agira de ne se toucher qu'à peine, de ne se plaire à rien tant qu'au délié.
Dans celui du troisième degré, la femme adoptera tour à tour toutes les positions naturelles. La fenêtre sera ouverte, entr'ouverte, fermée, elle donnera sur l'étoile, l'étoile montera vers elle, l'étoile devra l'atteindre ou passer de l'autre côté de la maison.
1. Lorsque la femme est sur le dos et que l'homme est couché sur elle, c'est la cédille.
2. Lorsque l'homme est sur le dos et que sa maîtresse est couchée sur lui, c'est le c.
3. Lorsque l'homme et sa maîtresse sont couchés sur le flanc et s'observent, c'est le pare-brise.
4. Lorsque l'homme et la femme sont couchés sur le flanc, seul le dos de la femme se laissant observer, c'est la Mare-au-Diable.
5. Lorsque l'homme et sa maîtresse sont couchés sur le flanc, s'observant, et qu'elle enlace de ses jambes les jambes de l'homme, la fenêtre grande ouverte, c'est l'oasis.
6. Lorsque l'homme et la femme sont couchés sur le dos et qu'une jambe de la femme est en travers du ventre de l'homme, c'est le miroir brisé.
7. Lorsque l'homme est couché sur sa maîtresse qui l'enlace de ses jambes, c'est la vigne-vierge.
8. Lorsque l'homme et la femme sont sur le dos, la femme sur l'homme et tête-bêche, les jambes de la femme glissées sous les bras de l'homme, c'est le sifflet du train.
9. Lorsque la femme est assise, les jambes étendues sur l'homme couché lui faisant face, et qu'elle prend appui sur les mains, c'est la lecture.
10. Lorsque la femme est assise, les genoux pliés, sur l'homme couché, lui faisant face, le buste renversé ou non, c'est l'éventail.
11. Lorque la femme est assise de dos, les genoux pliés, sur l'homme couché, c'est le tremplin.
12. Lorsque la femme, reposant sur le dos, lève les cuisses verticalement, c'est l'oiseau-lyre.
13. Lorsque la femme, vue de face, place ses jambes sur les épaules de l'homme, c'est le lynx.
14. Lorsque les jambes de la femme sont contractées et maintenues ainsi par l'homme contre sa poitrine, c'est le bouclier.
15. Lorsque les jambes de la femme sont contractées, les genoux pliés à hauteur des seins, c'est l'orchidée.
16. Lorsqu'une des jambes seulement est étendue, c'est minuit passé.
17. Lorsque la femme place une de ses Jambes sur l'épaule de l'homme et étend l'autre jambe, puis met celle-ci à son tour sur l'épaule et étend la première, et ainsi de suite alternativement, c'est la machine à coudre.
18. Lorsqu'une des jambes de la femme est placée sur la tête de l'homme, l'autre jambe étant étendue, c'est le premier pas.
19. Lorsque les cuisses de la femme sont élevées et placées l'une sur l'autre, c'est la spirale.
20. Lorsque l'homme, pendant le problème, tourne en rond et jouit de sa maîtresse sans la quitter, celle-ci ne cessant de lui tenir les reins embrassés, c'est le calendrier perpétuel.
21. Lorsque l'homme et sa maîtresse prennent appui sur le corps l'un de l'autre, ou sur un mur et, se tenant ainsi debout engagent le problème, c'est à la santé du bûcheron.
22. Lorsque l'homme prend appui sur un mur et que la femme, assise sur les mains de l'homme réunies sous elle, passe ses bras autour de son cou et, collant ses cuisses le long de sa ceinture, se remue au moyen de ses pieds dont elle touche le mur contre lequel l'homme s'appuie, c'est l'enlèvement en barque.
23. Lorsque la femme se tient à la fois sur ses mains et sur ses pieds, comme un quadrupède, et que l'homme reste debout, c'est la boucle d'oreille.
24. Lorsque la femme se tient sur ses mains et ses genoux et que l'homme est agenouillé, c'est la Sainte-table.
25. Lorsque la femme se tient sur ses mains et l'homme debout la tient soulevée par les cuisses, celles-ci lui enserrant les flancs, c'est la bouée de sauvetage.
26. lorsque l'homme est assis sur une chaise et que sa maîtresse, lui faisant face, est assise à califourchon sur lui, c'est le jardin public.
27. Lorsque l'homme est assis sur une chaise et que sa maîtresse, lui tournant le dos est assise à califourchn sur lui, c'est le piège.
28. Lorsque l'homme est debout et que la femme repose le haut de son corps sur le lit, ses cuisses enserrant la taille de l'homme, c'est la tête de Vercingétorix.
29. Lorsque la femme est accroupie sur le lit devant l'homme debout contre le lit, c'est le jeu de la puce.
30. Lorsque la femme est à genoux sur le lit, face à l'homme debout contre le lit, c'est le vétiver.
31. Lorsque la femme est à genoux sur le lit, tournant le dos à l'homme debout contre le lit, c'est le baptême des cloches.
32. Lorsque-la vierge est renversée en arrière, le corps puissamment arqué et reposant sur le sol par les pieds et les mains, ou mieux par les pieds et la tête, l'homme étant à genoux, c'est l'aurore boréale.
L'amour multiplie les problèmes. La liberté furieuse s'empare des amants plus dévoués l'un à l'autre que l'espace à la poitrine de l'air. La femme garde toujours dans sa fenêtre la lumière de l'étoile, dans sa main la ligne de vie de son amant. L'étoile, dans la fenêtre, tourne lentement, y entre et en sort sans arrêt, le problème s'accomplit, la silhouette pâle de l'étoile dans la fenêtre a brûlé le rideau du jour.
Hum !drôle de kamasoutra littéraire que toutes ces positions proposées par nos auteurs et l'on voit bien qu'il faut beaucoup d'imagination, mais estce bien sufisant?
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-grimalkin- 
Modérateur
France 
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Date du message :
décembre 17, 2007 11:19
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Positions ?!!!!transpositions poétiques...
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-grimalkin- 
Modérateur
France 
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Date du message :
décembre 17, 2007 11:20
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je vais finir par préférer la bonne vieille paillardise....
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Ensemble 
Belgique
Messages : 62
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Date du message :
décembre 17, 2007 11:50
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pas de plus belle position que celle qui vient sans que l'on sache ni le comment,ni le pourquoi....juste le parce que l'on s'aime,que tu es toi,que je suis moi,que nous sommes un....
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-grimalkin- 
Modérateur
France 
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Date du message :
juillet 30, 2008 04:30
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c'est l'été ...bonne époque pour expérimenter nos imaginations amoureuses...
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Marie-elisabeth 
France
Messages : 12069 
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Date du message :
juillet 30, 2008 11:56
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On sent que les jeux de Pékin ne sont pas loins... Les gymnastes vont s'en donner à coeur-joie.. Pour ma part, j'ai déjà choisi, ma position coup-de -coeur, c'est la 30 avec la petite note, boisée, du Vetiver.,et vous... Le vetiver est originaire d'inde et d'Indonésie; C'est un parfum profond et sensuel qui doit s'allier avec la posture envisagée. et procurer tout le bien-être, voulu.
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-grimalkin- 
Modérateur
France 
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Date du message :
juillet 31, 2008 05:52
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tu as raison Marie Elisabeth...L'acrobatie et l'amour...La 30 est des plus simples. A la paresseuse ! voilà qui est encore mieux !
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Marie-elisabeth 
France
Messages : 12069 
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Date du message :
aout 2, 2008 05:30
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"Là où les femmes sont honorées les dieux sont satisfaient"
Manou
"Les dieux mêmes envient celui dont les sens sont en repos"
Dhammapada
Textes sacrés ,extraits des Véda (Maximes- proverbes- pensées ).Les Véda sont des textes sacrès de l'hindouisme. Ils se transmettent de bouche à oreille, par les Brahmanes, depuis des millenaires.
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Epsilon 
Admin famille
France 
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Date du message :
aout 2, 2008 11:08
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La chambre était haute et profonde l 'horloge respirait entre les chandeliers minuit par le miroir glissa comme une loutre et du jardin venus les génies de la brise réveillèrent dans la chaise la conscience du merisier
rappelle-toi tu dansais pour moi dans l 'agrément du gazouillis des rondes une soeur à chaque main le cornemuseux historiait nos enfances
tu marchais en sabots sur un ciel constellé de marguerites naines un chiffon de soie comme un fin nuage à ton cou
quelquefois levant le bras tenant une rose de France altesse toute droite au milieu de tes demoiselles qui faisaient révérence tu souriais à un arbre choisi sur l' horizon
souviens-toi quand la porte s' ouvrit au plus jour de mai une épée de lumière fendit ta robe ô splendide pudeur l' instant d' une statue poussée par le désir tu avanças légère sous les ombres losangées de la treille tu éclairas ton épaule au lilas blanc de la tonnelle et tu passas dans les méandres de mon sang tel un frisson reptile
souviens-toi
HENRI PICHETTE (La chambre)
*****
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-grimalkin- 
Modérateur
France 
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Date du message :
aout 2, 2008 12:02
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belle danse d'amour ! Comment résister !
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Epsilon 
Admin famille
France 
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Date du message :
aout 3, 2008 04:09
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ELLE ETAIT VENUE
Elle était venus sur les marches tièdes Et s'était assise.
Sa tête gentille était inclinée Un peu de coté;
Ses mains réunies étaient endormies Au creux de sa jupe;
Et elle croisait ses jambes devant elle, Un des pieds menus pointant vers le ciel
Il dut le frôler, ce pied, pour passer Et il dut la voir.
Il vit son poignet qui donnait envie D'être à coté d'elle dans les farandoles Où l'on est tiré, où il faut qu'on tire Plus qu'on n'oserait…
Et il vit la ligne de ses épaules Qui donnait envie de l'envelopper Dans un tendre châle
Mais le désir lui vint de regarder sa bouche Et ce fut le départ de tout. Mais le besoin lui vint de rencontrer ses yeux Et ce fut la cause de tout.
Charles Vildrac. "Livre d'amour"
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-grimalkin- 
Modérateur
France 
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Date du message :
aout 3, 2008 04:35
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toute belle poésie serait-elle érotique ? celle de CharlesVildrac, l'est, assurément.
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Epsilon 
Admin famille
France 
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Date du message :
aout 3, 2008 16:41
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Château de toutes les bouches commissures poplités château pour tous les goûts sont pas dans la nature château de bien des choses vin doux de l'édrederme château des choses tues vin chu de la voix haute château des bêtes nues vin chaud de la voix basse château du bord velu vin lapé chatte haut
Sylvie Nève, Erotismées, Atelier de l'Agneau, 2006. Sylvie Nève est née en 1958 à Lille, elle vit à Arras
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-grimalkin- 
Modérateur
France 
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Date du message :
mai 2, 2009 12:44
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Certes, elle n'était pas femme
Certes, elle n'était pas femme et charmante en vain, Mais le terrestre en elle avait un air divin. Des flammes frissonnaient sur ses lèvres hardies ; Elle acceptait l'amour et tous ses incendies, Rêvait au tutoiement se risquait pas à pas, Ne se refusait point et ne se livrait pas ; Sa tendre obéissance était haute et sereine; Elle savait se faire esclave et rester reine, Suprême grâce ! et quoi de plus inattendu Que d'avoir tout donné sans avoir rien perdu ! Elle était nue avec un abandon sublime Et, couchée sur un lit,semblait sur une cîme. A mesure qu'en elle entrait l'amour vainqueur On eût dit que le ciel lui jaillissait du coeur ; Elle vous caressait avec de la lumière ; La nudité des pieds fait la marche plus fière Chez ces êtres pétris d'idéale beauté ; Il lui venait dans l'ombre au front une clarté Pareille à la nocturne auréole des pôles ; A travers les baisers de ses blanches épaules On croyait voir sortir deux ailes lentement ; Son regard était bleu, d'un bleu de firmament ; Et c'était la grandeur de cette femme étrange Qu'en cessant d'être vierge elle devenait ange.
Victor Hugo La poésie érotique chez Seghers
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-grimalkin- 
Modérateur
France 
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Date du message :
février 1, 2010 04:06
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(déjà édité...mais si joli !)
Blason du beau tétin
Tétin refait, plus blanc qu'un œuf, Tétin de satin blanc tout neuf, Toi qui fait honte à la rose Tétin plus beau que nulle chose, Tétin dur, non pas tétin voire Mais petite boule d'ivoire Au milieu duquel est assise Une fraise ou une cerise Que nul ne voit, ne touche aussi, Mais je gage qu'il en est ainsi. Tétin donc au petit bout rouge, Tétin qui jamais ne se bouge, Soit pour venir, soit pour aller, Soit pour courir, soit pour baller Tétin gauche, tétin mignon, Toujours loin de son compagnon, Tétin qui portes témoignage Du demeurant du personnage, Quand on te voit, il vient à maints Une envie dedans les mains De te tâter, de te tenir : Mais il se faut bien contenir D'en approcher, bon gré ma vie, Car il viendrait une autre envie. Ô tétin, ni grand ni petit, Tétin mûr, tétin d'appétit, Tétin qui nuit et jour criez «Mariez moi tôt, mariez !» Tétin qui t'enfles, et repousses Ton gorgias de deux bons pouces : A bon droit heureux on dira Celui qui de lait t'emplira, Faisant d'un tétin de pucelle, Tétin de femme entière et belle.
Clément Marot
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