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Famille : Carnets de voyages.
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Auteur
Sujet : La réunion.
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moa |
Date du message : juillet 22, 2009 07:05 |
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Avant propos. La Réunion est une île de constitution volcanique de 70 kilomètres de long sur 50 kilomètres de large, entre la grande île de Madagascar et la petite île Maurice. Elle est découverte tardivement et par hasard au XVIème siècle, par un navigateur portugais; Pedro Mascarenhas, en même temps que ses voisines. Ces îles prendront alors le nom de ce navigateur: "Les Mascareignes" en français. Inhabitée mais riche en végétation, elle sert tout d'abord de halte pour les bateaux occidentaux sur les lieux proches et autour de ce qui sera plus tard St Paul et St Denis, pour refaire de l'eau douce et des provisions de bouche. Des navigateurs français en prennent finalement possession et 1642 et lui donnent le nom d'île Bourbon, mais d'abord sans l'habiter. En 1646 12 mutins de Madagascar y sont exilés avec des chèvres et semences et organisent leur vie sur cette île encore déserte. Le lieu dit "Grotte des premiers français" existe toujours près de St Paul. Trois ans plus tard, ces premiers occupants ayant survécu et même prospérés, l'île se révèle ainsi très hospitalière, malgré ses cyclones et son volcan en activité. De ce fait d'abord vingt autres personnes, dont cinq femmes malgaches, viennent s'y installer pour peupler officiellement les lieux. D'autres suivront, et cinquante ans plus tard, ils seront un millier d'humains sur l'île. En 1735 Mahé de la Bourbonnais est nommé Gouverneur de l'île et contribuera à son développement. Il faut une main d'œuvre à bon marché pour cultiver, entre autres espèces, le café très en vogue en France. Des esclaves noirs y seront amenés par bateaux entiers pour travailler aux cultures locales contribuant à la richesse des occidentaux. Certains esclaves seront relativement bien traités par les planteurs, d'autres franchement maltraités. La fuite, appelée marronnage, s'organise donc dans la population esclave. Le terme vient de Cimarron qui veut dire à peu près "montagnard". En effet les esclaves maltraités s'enfuient et tentent de survivre en se cachant dans les montagnes, régions encore vierges et incultes, au climat rude en hiver. Malgré une chasse à l'homme intensive de la part des Blancs, les Marrons s'y organisent en peuple à part avec ses chefs et même son roi. Bien plus tard, ce sont les "petits blancs" appauvris par l'abolition de l'esclavage et les Noirs affranchis qui viendront s'installer sur ces terres difficiles des cirques de Mafate et de Cilaos, dites "les hauts". Ces premiers habitants vivant de façon très différente des autres sont appelés: le monde des hauts "Lemoun léo" en créole. Après l'affranchissement des Noirs, d'autres populations de pays divers dont les Indes, sont importées plus de force que de gré pour travailler avec des contrats à bas salaires. Des Tamouls entre autres, et ensuite des Musulmans. S'est ajoutée ensuite à une forte immigration chinoise volontaire, de gens venus faire de la petite restauration et du commerce d'épicerie sur place. De nos jours, ce métissage se retrouve dans la population. Les fruits y sont variés et en grand nombre, mais les plus cultivés sont l'ananas, la mangue et la banane. Les cocotiers, la liane de la cristophine dit "chouchou" et la canne à sucre sont aussi présents partout. Plusieurs sortes de haricots, consommés verts ou en grains, des lentilles des oignons et des tomates font partie de la consommation courante ainsi que le riz, lequel est à présent importé de Madagascar. Par contre les variétés de café d'origine donnant le "café pointu" ne se cultivent plus. Une variété endémique de vigne ne se cultive plus non plus, le vin produit était assez toxique et appelé pour cela "vin des fous" ! Les viandes les plus consommées sont le poulet et le porc; le poisson est aussi très cuisiné.
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moa |
Date du message : juillet 24, 2009 12:20 |
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La Réunion. 1/ Lundi 21 avril. Arrivée à St Denis à l'aéroport Roland Garros, nous prenons livraison de nos voitures de location. A St Denis, l'hôtel Juliette Dodu se trouve dans la rue du même nom. Cette réunionnaise vivait en France à Pithiviers durant la guerre de 1870. Ayant la connaissance du "morse" elle a pu communiquer par ce moyen et aider à sauver la patrie. Dans la rue et autour, il y a de belles "cases créoles", les habitations typiques de l'île. Elles sont en bois, posées sur une base de pierre, souvent volcaniques. Le blanc ou une teinte pastel domine pour les façades, les volets sont souvent de couleurs plus vives. Une frise de dentelle blanche de bois ou de tôle, décore le bord des toits. Une varangue, sorte de galerie couverte mais ouverte où on vit beaucoup, entoure les plus riches. Nous parcourons la ville à la découverte des maisons, églises, mosquées et temple Tamoul colorés! Mon petit déjeuner est loin, j'achète des samoussas qu'on vend un peu partout sur les petits stands dans les rues. Le "grand marché" n'a pas lieu le dimanche après-midi, mais nous allons jusqu'au "petit marché". Comme toujours sous de telles latitudes, je me régale à voir les stands de fruits et légumes si colorés et odorants! A midi nous déjeunons dans un restau de type cantine tenu par une femme énergique, proposant des plats autant chinois que créoles à cinq euros l'assiette repas, chargée à ras bord. Notre hôtel est charmant, constitué du rassemblement de deux grandes cases créoles, une sur la rue avec l'accueil les salons et salle de restaurant; et une autre plus au fond, après le jardin et une jolie courette carrelée de bleu, comprenant les chambres. Après installation nous repartons en promenade dans la ville. Il fait une chaleur difficile à supporter en début d'après-midi. Le jardin public botanique est fermé en partie pour travaux de restauration après un cyclone. Il serait intéressant tout de même si les noms des arbres et des plantes étaient indiqués; seuls deux baobabs jumeaux portent une pancarte! Emilie fait une jolie photo de gros nénuphar, ou peut être un lotus. Dans le jardin de l'hôtel, une petite piscine propre attend les baigneurs. Nous y nageons agréablement à trois au retour de balade. Après le dîner, lorsque nous rentrons je vois un mini margouillat peureux dans la petite entrée menant aux chambres. A suivre.
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moa |
Date du message : juillet 28, 2009 12:29 |
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2/ Mardi. Côte est. Nous allons voir la cascade dite Niagara, à Ste Suzanne. La route pour y accéder est bordée de champs de cannes à sucre. Il y a aussi des cocotiers et je ramasse une noix verte tombée. Elle n'est pas assez mûre, cassée et hélas vide de son eau. De curieux piquets où sont ficelés des morceaux d'étoffe blanche sont plantés dans l'eau. Nous imaginons qu'il s'agit de restes d'un culte à la cascade. Le niveau du bassin dans lequel tombe la chute étant bas, des poules d'eau sont nichées à même les graviers, où elles semblent couver. Un mâle, posé comme un guetteur, sur un pieu sortant de l'eau, se dresse de temps à autre laissant apparaître le bas de son plumage mouillé. Route vers le cirque de Salazie en regardant au passage les chutes d'eau dans le flanc de la montagne, dont l'ensemble est appelé: "Voile de la mariée." Sur la route; un panneau annonce "Pisse-en-l'air." Nous comprenons très vite! Un jet d'eau en cascade arrive du dessus en effet, et arrose la voiture! Parfait pour nettoyer le pare-brise! Le village de Hell-Bourg, est classé parmi les "plus beaux villages de France" en 1998. Nous le parcourons, les Cases créoles y sont nombreuses. Nous visitons la Maison Folio. Une belle demeure créole de la fin du 19ème siècle, bien entretenue, et son magnifique jardin regroupant des variétés nombreuses d'arbres et de plantes locales. La propriétaire se fait un visible plaisir de prendre le relais de la guide finissant son service, et nous raconte l'histoire et plus encore les petites histoires de ce lieu. Les variétés de fleurs arbres et plantes sont intéressantes, dont des orchidées, des plantes carnivores, un "arbre à tomates", du gingembre, un arbre des "quatre épices", un pied d'Ylang Ylang, un caféïé... La dame nous montre que la fleur du Camélia contient de la saponine; en la frottant énergiquement dans ses mains la mousse apparaît! Sous un appenti elle a regroupé des objets usuels anciens et des curiosités locales. Nous trouvons un petit restau tout simple où nous mangeons délicieusement des "achards" et un assortiment de spécialités frites: accras, "bonbons piment", samoussas divers, nems... Nous reprenons la route en direction de Grand Ilet. Un îlet, prononcer "îlett'", est un petit plateau surélevé, où se trouve le plus souvent un village. C'est pourquoi dans cette région, la notion d'îlet et de village se confond souvent. En route nous faisons des arrêts pour mieux regarder le paysage, et je photographie des ananas dans un champ. Au lieu dit de "Mare à poule d'eau", l'étang entouré de verdure où se reflètent les arbres est remarquable et on aimerait y rester pour déjeuner, mais ce n'est pas l'heure. Il y a en effet une table à pique-nique et comme souvent un barbecue public, incitant les gens à cuire leurs grillades à cet endroit. Des panneaux incitent en effet les gens à "ne faire du feu que dans ces endroits autorisés". Les arrêts du "Bus Jaune" (c'est son nom) local ont des noms très drôles, évoquant précisément le lieu de cet arrêt. Daniel et moi nous amusons à les lire à voix haute au passage. L'église en bois de Grand Ilet est faite à peu de choses près, comme une case d'habitation mais plus grande. Dans les haies partout il y a de grosses et belles araignées à pattes tigrées. Elles tendent leurs immenses toiles entre les clôtures et gros fils électriques qui traversent un peu n'importe où. Les Cristophines dite ici "Chouchou", poussent partout dans les jardins mais aussi de plus petites dans la nature. J'en ramasse quelques unes que je rapporterai chez nous pour les cuisiner. Au dessus de la Mare à Martin, nous découvrons un joli point de vue sur le Cirque de Salazie. En cours de retour sur St Denis, nous faisons un arrêt en bord de route où des paysans vendent quelques fruits et légumes sur une table. J'achète un ananas, deux fruits de l'arbre à tomates, dix petites bananes et deux oranges vertes. A suivre.
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moa |
Date du message : juillet 31, 2009 13:52 |
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3/ Mercredi. Journée volcan! Nous partons tôt car la route est longue. Plaine des Palmistes, plaine des Cafres et la route forestière qui monte. Panorama sur les sommets les plus réputés: Le plus ancien géologiquement et le plus haut, le Piton des Neiges, lequel n'est jamais enneigé; le Grand Bénare, la Roche écrite, le Cimendef. Passage par Nez de bœuf, et son point de vue sur la caldeira de la rivière des remparts et le village de Roche plate en contrebas. Le paysage change radicalement lorsqu'on atteint la "Plaine des sables", dont l'aspect totalement minéral est quasi lunaire! La montée en voiture se termine au lieu dit: Le pas de Bellecombe. Du temps où il n'y avait pas de route, un militaire nommé Bellecombe, se trouvant sur ce lieu avec son régiment, aurait refusé de reprendre la descente à la tombée de la nuit en raison des risques. Ayant refusé de "franchir le pas", le nom est ensuite resté attaché à ce lieu. Le paysage est époustouflant depuis le belvédère. Le piton de la Fournaise est juste en face, entouré d'anciennes coulées de laves limitées par des falaises basaltiques dites "remparts", formant ce qui est appelé l'enclos. Cet enclos naturel, permet de limiter les risques de ce côté du volcan, les coulées les plus importantes ayant lieu en majeure partie en direction de la mer et jusque dans celle- ci, augmentant d'autant et peu à peu la surface de l'île. Nous empruntons le sentier menant au premier cratère accessible, dit Formica Léo de part son aspect en fourmilière de l'espèce Léo. Il est de formation relativement récente; à peu près 250 ans. Un chasseur d'esclaves "marrons" aurait rapporté à l'époque être présent au moment de sa formation. Pour l'atteindre, depuis le bout du sentier il faut descendre de 300 mètres dans le rempart de Bellecombe, et progresser ensuite sur la lave refroidie mais cahoteuse et plissée de la caldeira. On atteint alors les flancs de ce petit cratère double dont on s'étonne qu'il soit constitué d'un joli lapilli rose vif! On y monte dans cette espèce de gravier pour en faire le tour! Le paysage est saisissant d'étrangeté! Ce cratère ne mesure qu'une vingtaine de mètres de haut, car seule sa partie émergeante apparaît ; le reste est enfoui dans les diverses couches des coulées du cratère principal, qui ont "noyé" sa base sur une hauteur estimée de 5 à 15 mètres de haut! Il faut ensuite remonter tout le rempart dans l'autre sens! L'eau et les sandwichs sont appréciés une fois de retour au Pas de Bellecombe! En redescendant à Borg Murat, nous faisons un court arrêt à la maison du Volcan. Une vidéo montre la dernière coulée incandescente de 2007. Nous reprenons la route en direction de Cilaos en passant par St Louis et le village de La Rivière St Louis. La route sinueuse et souvent étroite qui grimpe dans la montagne durant une heure, est à prendre obligatoirement assez tôt de façon à en en être sorti avant la nuit, laquelle tombe dès six heures! Cilaos est une ancienne ville thermale, devenue station d'altitude pour les gens recherchant un peu de fraîcheur lors des mois les plus caniculaires de novembre à février. Le nom de Cilaos veut dire "le pays dont on ne part plus" tant il a été agréable dès le départ aux gens qui recherchaient un endroit plus frais au cœur de la saison trop chaude. L'hôtel où nous arrivons est de type grande case créole à étages, mais donnant sur deux rues passantes. Une épicerie, tenue par un chinois, nous permet de trouver ce qui nous manque. Nous achetons aussi une bouteille de "Rhum arrangé". C'est une boisson sucrée typique faite à base de rhum blanc où sont mis à macérer de la vanille et des fruits, des écorces ou des plantes; le tout sucré à la canne. Nous visitons la ville, toujours à la recherche des belles habitations typiques, lesquelles ne manquent pas. Nous trouvons un restaurant sympathique servant les principales spécialités: les Rougails, cuisine à base principale de tomates, d'oignons, d'ail et d'épices variés. Viande ou poissons peuvent être ainsi préparés. Ils sont servis avec les différents "grains"; lentilles de culture réunionnaise et haricots en gros grains appelés ici "Pois créoles", et toujours un plat de riz. A suivre.
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moa |
Date du message : aout 2, 2009 09:58 |
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4/ Jeudi. Le petit déjeuner est pris dans une sympathique salle à manger où trône une superbe cuisinière jaune! Le buffet est à discrétion, copieux et excellent, le personnel charmant. Les "Ti Caz" sont partout dans Cilaos, dont une particulièrement bien fleurie en arrière de l'hôtel. Nous Partons en direction d'Ilet à Cordes, où se cultive depuis longtemps et principalement la vigne, les haricots de sortes diverses, et les lentilles. Sur la route nous voyons des gens se préparer pour faire du canyoning. Le nom d'Ilet à Cordes est dû à sa situation d'îlet; plateau entouré des falaises tombant à pic, et "à cordes" car les premiers arrivants venus défricher pour cultiver se sont trouvés en présence de nombreuses lianes à franchir et détruire pour s'installer; des lianes cordes! C'est la saison où les lentilles sont seulement en leur début de semis, il nous est donc difficile d'en trouver, d'autant qu'il n'est pas du tout possible de stopper la voiture tant la route est étroite et les emplacements pour se garer impossibles! Le village finit en cul de sac au bord de la falaise, il faut donc revenir en arrière sans avoir pu stationner plus de cinq minutes. Comme je tiens à voir au moins un champ de lentilles, nous retournons nous garer bien plus haut en amont et revenons à pied dans le village. Je suis récompensée car j'ai enfin "mon" champ de lentilles, lesquelles sont à peine sorties du sol! Dans le champ d'à côté, un homme trace des sillons très fins avec une petite machine montée sur une roue. Les graines y sont manifestement semées en poquets, comme pour des petits pois. Le Cirque de Cilaos est une ceinture de montagnes formant remparts, pics et arrêtes majestueuses. Sur la route, des hommes ajustent des tuyaux noirs en caoutchouc, dans de grands arbres. Ces tuyaux descendant de la montagne et traversent la route en l'air. Les hommes nous expliquent que l'eau est capturée plus haut et amenée de cette manière au village! Nous déjeunons dans un self de type local avec des sandwiches, samoussas et salades. Nous nous rendons à La Roche merveilleuse, un belvédère permettant de découvrir une belle vue d'en haut sur la petite ville et les sommets qui l'entourent. Au pied de celui-ci, une colonie de chats redevenus sauvages vit en partie des déchets en squattant les grandes poubelles mises à dispositions des pique-niqueurs. J'ai un œuf dur dans mon sac, je l'ouvre et l'émiette au sol. Un chat me regarde faire et attend que je sois assez reculée pour venir furtivement prendre un morceau avec lequel il s'enfuit! Balade sur un circuit d'une heure trente dans la "forêt primitive" sur un sentier découverte de la forêt, de la flore et de la faune, où les espèces végétales tropicales abondent et les oiseaux sont nombreux. Les arbres indiqués ont des noms parfois curieux comme "bois rouge" et on voit pourquoi, ou "change écorce" pour un dont manifestement le renouvellement de l'écorce est permanent! Au retour plus aucune trace de l'œuf dur laissé pour les chats! nous allons voir l'Ecomusée sur le peuplement de cette région dite "les hauts" En créole cela donne: "Farfar listoir domon léo." Ce furent d'abord les esclaves insoumis appelés "marrons" qui se cachèrent dans ces hauteurs inhospitalières, où il était plus difficile de les retrouver. Puis une fois l'esclavage aboli, les "petits blancs" les planteurs pauvres ne pouvant se payer de la main d'œuvre, vinrent défricher et se fixer sur ces terres délaissées par les plus riches. Les cultures de maïs, de haricots et des lentilles furent longtemps les seules, avant celle plus rentable de la canne à sucre. A suivre
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moa |
Date du message : aout 3, 2009 07:45 |
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5/ Vendredi. Il faut redescendre la totalité de la route étroite et sinueuse montée avant-hier pour quitter Cilaos en direction de St Louis... Nous y voyons des oiseaux que nous ne connaissons pas et nommons "oiseaux marcheurs" car c'est ainsi qu'ils se déplacent. Un vieil homme pieds nus transporte un gros chargement sur son dos ! Nous remontons un peu dans une autre direction pour visiter le village de l'Entre Deux, entre le Bras de la Plaine et le Bras de Cilaos. Ce village a longtemps été le jardin maraîcher de l'île avec ses cultures de fruits, de légumes et aussi de ce "café pointu", espèce de café particulier à l'île Bourbon, son nom de l'époque. De nos jours ce café n'est plus cultivé que pour la mémoire. A présent c'est principalement une espèce dite Moka, un Arabica importé jadis qui est exploitée de façon locale. Nous allons au syndicat d'initiative où nous est donné un plan pour suivre un itinéraire de "cases et jardins." Nous en voyons effectivement de très jolis. Il y a aussi un petit arboretum public. Un régime de bananes pend d'un bananier, mais sa fleur superbe est disparue à notre retour à la voiture !! Plus loin à l'Etang Salé, nous allons voir ce qui est appelé "Le gouffre." La mer s'engouffre en effet dans un chao de roches de lave noires, et éclabousse de façon grandiose tout le paysage. Les vagues projettent même des petits crabes sur les hauts rochers! Le trajet du jour rejoint le littoral, à St Leu, où l'hôtel mal indiqué est difficile à trouver! Cet hôtel est neuf, confortable et même luxueux, avec une belle piscine, mais sans vrai charme local particulier. Nous sommes à trois à prendre un bain dans cette piscine le soir même. Toutefois la vue sur la mer au loin et son petit lagon, pas très large à cet endroit, est superbe. Nous partons dîner sur le front de mer. C'est un métropolitain amoureux de La Réunion qui tient ce restaurant. Nous y mangeons bien avec toujours les spécialités de l'île. Sur un mur de ce restau en terrasse partiellement couverte, nous voyons notre premier petit margouillat! A notre retour à l'hôtel nous en avons un sur notre balcon. Il faisait trop froid pour eux dans les régions de montagnes où nous étions précédemment. A suivre.
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moa |
Date du message : aout 8, 2009 11:39 |
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6/ Samedi. Le sud Sauvage! Les plages sont le plus souvent impossibles à la baignade, et cette particularité se voit aux rouleaux des vagues venant frapper des roches volcaniques ou des plages de galets noirs! De plus les courants y sont forts et les requins aux aguets! Ces deux derniers points sont clairement annoncés en gros sur des panneaux bien visibles à Grande Anse! :) Nous y ramassons des coraux morts, cassées et blanchis, rejetés par les flots. Cependant une partie réduite de la plage est aménagée, protégée et surveillée, mais nous poursuivons notre route. Il est saisissant de voir le jeu des vagues se brisant sur la côte formée d'anciennes coulées de lave aucunement colonisées par la végétation. A d'autres endroits, les "souffleurs", sont des grottes naturelles ouvertes dans la roche formant tunnel. Les vagues s'y engouffrent et ressortent à l'autre bout par une ouverture dans la partie supérieure ouverte du fond de ce tunnel. La violence de la vague lance un jet d'eau en aérosol formant parfois un arc en ciel si le soleil est du bon côté! Du jamais vu pour nous! Nous faisons un arrêt dans un café de bord de route à l'enseigne: "Chez Moustache" lequel fait aussi épicerie. En dégustant nos consommations nous regardons le patron arborant effectivement de belles bacantes, installé dans une cuisine en plein air, commencer les préparatifs pour le midi, car il fait aussi restaurant. Cela sent rudement bon! Je vais dans l'épicerie à usage local et trouve à acheter des épices, du café et de la poudre de manioc emballés artis*****ement. Nous poursuivons jusqu'à la côte du Grand Brûlé, là où le Piton de la Fournaise déverse régulièrement ses coulées jusqu'à la mer. La dernière coulée datant de juste un an, en avril 2007, se situe entre St Philippe et Ste Rose et n'est pas encore totalement refroidie! Elle fume en de nombreux endroits et les éboulements du magma encore mou sont nombreux, formant de futures grottes. Des panneaux préviennent des risques de brûlures, et pour cette raison l'interdiction de marcher en dehors de la route récemment refaite est totale. La route, d'ailleurs, est déjà un peu effondrée par endroits, le goudron se ramollissant à la chaleur intense de la lave! Un petit belvédère, manifestement tout neuf est aménagé, autorisant ainsi l'accès à un point de vue général sur toute la coulée. En poursuivant la route on peut ainsi voir les coulées des autres années, 2004, 2002, 2001, 1998 etc. Certaines sont déjà colonisées par un début de végétation dans cette région chaude, arrosée et fertile. :) La "Pointe de la Table" est l'endroit précis où l'île s'agrandit après chaque coulée de lave s'avançant dans la mer. Pour le déjeuner nous retournons chez Moustache lequel s'active en cuisine devant les mangeurs. Il prépare entre autres choses, une fameuse salade de Palmiste, une variété de palmier au cœur tendre. En attenant que notre commande se prépare, nous regardons une tonnelle faite de feuillage de cristophine où le cuisinier n'a qu'à se servir en feuilles et fruits. Au milieu de ce feuillage vert, tente de se cacher une mante religieuse, mais nous la voyons tout de même. Nous ne sommes pas déçus par le repas! Salade de palmiste, poulet rougail, feuilles de cristophines cuites comme des épinards, nouilles sautées aux légumes et petits morceaux de porc, gâteau de patates! Tout est excellent! Nous visitons le petit écomusée de St Philippe et ses "objets lontan" (d'autrefois en créole.) Cette maison est la première construite à St Philippe nous assure la propriétaire. Lors d'un cyclone, sa partie en bois a été déportée de sa base en pierres et se trouve depuis un peu de travers! Le jardin est planté de variétés d'arbres et plantes indigènes: arbres aux quatre parfums d'épices, giroflier, une liane de vanille grimpant sur un tronc. Ce n'est pas la saison où elle est en fleur et elle n'a pas non plus de gousse. Un peu après nous retrouvons la mer au Cap Méchant, où les vagues se déchaînent sur les rochers. Le petit cap rocheux tout noir; une coulée de lave très ancienne, est percé d'une arche dans son milieu. Aux abords de ce lieu se trouve le "Puits des Français". Avec le "Puits des Anglais" et le tout premier le "Puits arabe", ce sont les trois puits collectifs creusés dans la région pour apporter de l'eau douce aux habitants du début du 20 ème siècle. Dans les siècles précédents ils avaient dus se contenter de citernes alimentées par l'eau des toits... lorsqu'elle tombait. blush Retour sur St Leu. Nous allons dîner dans une gargote créole, tenue par une vieille femme et sa fille. Le restau s'appelle: "Chez Stéphanie", du nom de la mère. Nous nous amusons de la simplicité de l'endroit où la vaisselle propre est simplement étalée sur des tables pour sécher, et le dos des assiettes retournées pas vraiment net! Plus souriante que sa fille, malgré les dents manquantes, Stéphanie a du être jolie dans son jeune âge et vaut le déplacement à elle seule! "Ti punch" maison. Nous demandons avec quoi il est fait: "y a tout d'dans" nous assure-t-elle, en tenant la bouteille fermée avec son pouce avant d'agiter et de servir! La cuisine y est véritablement créole, servie d'abondance sur une table couverte d'une toile cirée. Je me lance et goûte le "civet de zourite"... du poulpe! A suivre.
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moa |
Date du message : aout 10, 2009 11:49 |
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Il y a peu de lecteurs en cette période estivale. Je suspends donc pour le moment ce récit, et le reprendrai un peu plus tard.
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moa |
Date du message : aout 24, 2009 08:17 |
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Je reprends la suite de ce récit. 7/ Dimanche . Départ pour le point de vue de Maïdo, permettant par temps dégagé, une vue d'ensemble du Cirque de Mafate. Mais hélas, arrivés au belvédère, les nuages sont bas et le paysage est noyé dans la brume. En attendant un peu nous avons la chance de voir un peu le paysage en contrebas lors de courtes éclaircies. En redescendant nous faisons un arrêt chez Benoît BEGUE, distillateur de géranium pour en extraire l'huile essentielle qui surnage, et l'hydrolat qui en découle appelé la "petite eau". Nous faisons ensuite un arrêt à "Petite France" pour manger dans un minuscule troquet de bord de route qui sert dehors. Le salon de jardin, juste à côté du parking, est du genre récupération: un énorme bobineau à tuyau, en bois et vide, figure la table, une vieille banquette en faux cuir posée de guingois et une chaise pliante en plastique lui tiennent compagnie. La cristophine rendue sauvage court partout. A St Gilles, nous tentons tout d'abord en nous rendant au port, d'embarquer pour voir la mer en dessous de la surface dans un bateau à fond transparent. Mais la sortie est annulée, pour cause de houle et de manque de visibilité des fonds marins. La plage très fréquentée est large et protégée des requins par le lagon. Nous nous trempons délicieusement longuement dans une eau tiède à souhaits! Daniel garde mes affaires et filme de loin! Pour le dîner, nous retournons "Chez Stéphanie", en choisissant d'autres plats. Je prends du "boucané" de porc aux aubergines. A suivre
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moa |
Date du message : aout 26, 2009 11:54 |
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8/ Lundi 28 avril. Nous allons voir le souffleur de St Leu. Il est superbe et jaillit en déployant à chaque vague un superbe arc en ciel! Daniel et moi voulons voir le jardin botanique, mais il n'est pas même neuf heures et celui-ci n'ouvre qu'à 10 heures. Nous nous contentons d'en faire le tour par une belle allée déjà plantées d'espèces endémiques, et regardons au travers de la clôture ce qui peut être vu. Un bouquet de ce qui est appelé "arbre du voyageur" (Strelizia Alba) se trouve juste en arrière du portail d'entrée. Les bougainvilliers sont partout. Des familles entières de gros escargots indigènes à coquille solide et pointue se promènent à l'ombre fraîche et humide des palmistes, plantés de part et d'autres de l'allée. Nous poursuivons jusqu'à Bras Panon. Nous mangeons dans un troquet pour un prix modeste: 12,50 à deux, Bière "Dodo" comprise. Une boulangerie pâtisserie affiche ses propositions de produits par une annonce rédigée de façon amusante pour nous: "Entremets et gâteaux d'occasion." Il s'agit, on le devine, d'occasions... festives mais ainsi libellé, cela nous fait sourire! Ensuite nous montons vers "Bassin La Paix" où une balade en forêt est indiquée pour voir une cascade. Mais la balade est très écourtée: le tablier du pont sur la rivière étant en partie effondré, je passe tout de même à petits pas sur une poutre en fer rouillé. Mais un peu plus loin ce sont les marches de l'escalier, annoncées au nombre total de 150, qui sont elles aussi effondrées sur la fin, avec une barrière interdisant l'accès. Je reviens donc sur mes pas sans avoir vu la cascade! Nous tentons une balade entre les champs de canne à sucre mais le soleil tape trop fort en terrain sec et découvert, nous rebroussons très vite! Nous nous rendons, comme c'était mon désir, à la coopérative de la vanille de Bras Panon. La visite est guidée. Les photos ne sont autorisées que dehors, sur les lianes portant les gousses vertes de vanille, dans la petite plantation protégée pour la démonstration aux visiteurs. Nous pouvons voir tout le matériel servant au travail dans cet atelier en fonctionnement, dont deux employées sont en activité au tri des gousses, mais les clichés y sont interdits. Une vidéo complémentaire montre le travail à toutes les étapes, dont la fécondation des fleurs à la main. Nous faisons une halte à Ste Anne pour voir la curieuse église. Belle non; mais une curiosité vraiment! Eglise en béton dont toute la façade est en ciment modelé en imitation de sculptures décoratives, et très chargée! L'intérieur, bien propre, est bourré de statues debout ou couchées, (comme Thérèse de Lisieux sur son lit de mort!) en ciment ou en plâtre, peintes de couleurs bonbons et guimauves! Saisissant! A suivre.
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moa |
Date du message : septembre 2, 2009 08:03 |
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Nous poussons encore un peu plus loin sur la côte. Mon mari fait la remarque que la côte du Grand Brûlé n'étant pas loin, nous aurons fait ainsi pratiquement le tour complet de l'île! Retour en douceur vers l'aéroport. Nous rendons la voiture sans problèmes et enregistrons nos valises. Dernier verre au snack dans le hall avec visionnement des dernières photos prises. Il y a une très longue attente pour passer au poste de contrôle de police avant l'embarquement pour le retour vers la Métropole. A notre retour, il reste à visionner en grand toutes les photos, les trier, les classer regarder les prises de vidéo, et refaire des recettes de rougail! :) FIN!
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