Octobre 2001.
Mercredi 24 octobre. Départ vers 9 en direction de Rennes par l'autoroute, pique-nique en cours de route, arrivée à St Malo vers 14h. Il fait gris mais nous commençons tout de même à nous promener au bord des bassins. Sur la plage la plus proche des remparts, le sable est doré, la mer demi- basse, et je vais par les rochers, sur l'îlot appelé le Bé, jusqu'à la porte du Fort National. C'est une construction de Vauban, comme les murs fortifiés de la ville. Au loin, d'autres îlots rocheux. Le plus proche est accessible à pied à marée complètement basse, une chaussée pavée y a été aménagée à cet effet dans le sable et entre les rochers. Une construction ruinée semble subsister en son sommet. Je ramasse quelques moules roulées par les flots, bien qu'il soit affiché, qu'on ne doit pas pêcher de coquillages pour raisons sanitaires. Il se met à pleuvoir franchement. Je déploie mon parapluie couleur framboise, tout neuf… Nous revenons vers l'entrée de la vieille ville nous mettre à l'abri dans le petit train touristique qui fait un tour de ville commenté intra muros et longe ensuite les bassins. Nous sommes les seuls français avec 15 espagnols, et avons donc droit, en prime, à un cours de langue ibérique pour le même prix !!!! A l'arrêt du train, il ne pleut plus et le soleil se montre, enfin. Nous faisons une longue promenade sur les remparts en contemplant avec ravissement le paysage magnifique. L'eau baissant commence à faire apparaître le passage pavé entre la côte et l'île déjà citée, que nous voyons sous un autre angle de ce côté de la ville. En partie extra-muros nous portons nos pas autour des bassins où se trouvent, quelques beaux gréements : des voiliers école anciens, tout en bois. Sur chacun d'eux est un écriteau mentionnant l'association qui en est armateur et ses buts. Plus loin, quelques chalutiers sont en cours de remise en peinture. Je me pose la question : Combien de dizaines de kilos faut-ils pour repeindre un chalutier… Je n'aurai pas la réponse… On connaît la formule de la marine militaire donnant une idée de l'importance de la peinture en architecture maritime: Tout ce qui bouge, on salut, tout ce qui ne bouge pas on peint! Nous redescendons sur la grande plage du Sillon que nous longeons en partie. Puis nous prenons une chambre à l'hôtel des Ambassadeurs avec vue sur cette plage. Le coup d'oeil est magnifique: la mer à perte de regard avec ses îlots, à droite la continuité des plages, à gauche la ville fortifiée et les deux plus grosses îles dont le Bé et son fort. Je resterais bien là durant des heures! Je ne me lasse pas de la vision de la mer!
Dans un restaurant sur le front de mer, nous dînons d'un joli plateau de fruits de mer. Cela a beau être hors saison et en semaine, le restaurant est quasi plein! Il faut dire qu'on y entend parler anglais, pour eux c'est déjà "le sud"… Puis nous rentrons tranquillement à pied en longeant l'allée entre la plage et les hôtels. Il fait nuit, la mer s'entend mais on n'en voit plus qu'une frange d'écume blanche qui brille dans la faible luminosité restante. Au loin un phare et des bouées sont allumés. Nous remontons à la chambre. A suivre.
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Jeudi 25 octobre. Dans la nuit, des gens de retour du Casino ont fait du bruit sans vergogne, allant jusqu'à prendre une longue douche à deux heures du matin! Nous déjeunons dans le salon qui fait face à la mer, avec cette vue merveilleuse. Avant de partir, je ne peux m'empêcher de retourner faire un tour sur le sable mouillé, jusqu'à la limite des vagues. Je ramasse quelques coquillages roses... Nous partons en direction de la baie de Cancale en longeant la côte. Mais en chemin, je fais encore arrêter la voiture pour me promener sur une plage déserte qui m'attire. Un homme, avec une canne à pêche d'où pend une belle sardine, marche le long de l'eau. Je l'aborde en remarquant que la sardine est un leurre, et lui demande ce qu'il pêche par ici. "Du bar! me dit-il, normalement je lance la ligne dans la vague par ici, mais comme on est en morte eau (marées à faible coefficient) je vais sur le rocher là-bas pour avoir plus de profondeur." Il me désigne un monticule avec un reste de mur en même pierre. La marée monte et je m'amuse à marcher très près de l'eau en évitant au dernier moment la frange mousseuse qui arrive, et s'allonge un peu plus haut à chaque fois. A part le pêcheur qui s'est déjà éloigné, la plage est vide. Je hume avec délice le vent de mer, son parfum est des plus délicieux. Daniel, n'est pas descendu, attendant patiemment que j'aie fini mon petit tour. L'arrêt suivant est la pointe du Groin, qui domine la baie de Cancale. On serait en droit de s'attendre à ce qu'un lieu portant un tel nom domine plutôt la Baie des Cochons… L'endroit est annoncé comme point de vue remarquable. Il l'est, surtout en cette saison où il y a moins de touristes. En plus, la lumière est douce en cette matinée, plus belle qu'en plein été quand soleil trop franc écrase tout. Nous passons rapidement à Cancale et trouvons ensuite un restaurant tranquille dans un petit bled où nous dégustons un plat de moules, accompagnées de frites. L'étape suivante est le Mont St Michel. Sur la partie gauche en haut, il y a des échafaudages. J'aurais bien aimé, comme la dernière fois que nous étions venus, laisser la voiture sur le littoral et parcourir la longue jetée à pied jusqu'au mont, mais Daniel trouve qu'il a déjà bien marché hier… Nous garons donc l'auto sur un parking proche et forcément payant. Je contourne l'île par la droite sur le sable et les rochers bas au maximum de ce qui est possible. Mon envie serait de pouvoir en faire le tour complet, mais au-delà c'est vaseux et risqué. D'ailleurs, des panneaux indiquent qu'il faut être prudent, parce qu'il y a des sables mouvants, et plus curieusement des "marées fréquentes"!!!! Nous montons la ruelle qui part de la poterne, toujours aussi encombrée de boutiques d'horreurs et de touristes, bien que nous soyons hors grosse saison. Un petit tour sur les remparts, nettement moins long qu'à St Malo, puis descente sur le côté gauche du Mont. Là Daniel m'attend, car je continue par le sable jusqu'à la petite chapelle sur l'arrière et même au-delà avec toujours mon idée de tenter le tour du rocher. Un enclos est disposé sur une partie de la base des rochers. De toute évidence il y a eu un éboulement récent et cette zone est interdite d'accès par sécurité. Je me sers du grillage pour me tenir et progresser en contournant. Mais c'est vaseux et je ne vais pas au delà du bout de cette clôture, c'est de plus en plus glissant et mou et je n'ai plus de quoi me retenir… Mes vieux basquets sont gluants et gris… Au retour près de la chapelle, je les tape sur les rochers et les essuie au maximum avec des algues. Repartant du Mont, nous faisons un court arrêt à Avranches. Là nous décidons de ne pas prendre la route ce soir, d'aller sur Granville y passer la soirée en trouvant un hôtel un peu excentré. A Granville, je fais encore un long tour de plage et même je vais sur les rochers découverts faire la pêche aux bonnes moules et bigorneaux, ce qui finit de nettoyer mes chaussures. Au restaurant de l'hôtel calme, je change mes chaussures et chaussettes trempés. Nous dînons très bien de fruits de mer et de poisson pour un prix modique.
Vendredi 26 octobre. Après le petit déjeuner, nous faisons un tour sur le port et en ville où nous achetons de quoi pique-niquer. En effet, sur la route du retour il fait assez beau pour que nous mangions dehors sur une table fixe. De retour à la maison, je fais le tri entre les moules de St Malo dont le chatte profite avec un plaisir manifeste, les coquillages à mettre de côté pour ma petite Nelly, ainsi que les bonnes moules normandes et les bigorneaux que je lave et mets à cuire… FIN!
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