Sur le quai, les enfants accompagnent mamie. Elle part en croisière visiter l’Italie, Mais saura-t-elle, seule, se passer d’eux longtemps Elle les rassure mal... elle est si vieille maman !
Doucement, le bateau se détache du port On se fait de grands signes et des bisous très forts ! Les visages s’estompent, les au-revoir se taisent... Mamie est enfin seule pour une parenthèse D’une nouvelle vie sans enfants ni témoins Sans règle sans interdit de manger à sa faim De déguster enfin tous les fruits défendus De retrouver le goût de ses trente ans perdus De ne plus se cacher, de se sentir une femme De brûler ses désirs à de nouvelles flammes Dix jours de liberté, dix jours sans horizon Oubliés le passé, les amis, la maison Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse Et s’offrir à l’automne un parfum de jeunesse Elle sent battre son cœur pour un homme distingué A peine plus jeune qu’elle, mais un peu plus fripé Elle attend sur le pont en robe de soirée Qu’il lui offre le bras et l’invite à danser Elle s'enivre de champagne de danse et de musique Elle écoute sans y croire des aveux romantiques Et termine la nuit jusqu’aux heures de matines Dans le lit d’un galant dans une autre cabine ! Le temps d’une croisière, elle jette ses oripeaux Les clichés respectables d’une mamie gâteau Elle s’évade de la geôle où les enfants la parquent Et choisit sa tempête et le nom de sa barque Elle se réveiller enfin en se découvrant reine Du royaume éphémère d’une folle semaine…
Sur les quais les enfants viennent chercher mamie Elle revient de voyage sur les côtes d’Italie « Ah mes enfants, dit-elle, quelle jolie croisière ! » Elle essuie une larme entrant dans la volière … ."...J’ai aimé ce voyage, je l’ai aimé beaucoup !" Sa peau brûlante encore d’un baiser dans le cou
|