Amicalien - Pour créer des liens et des amitiés

Présentement sur Amicalien
Les membres en ligne : 147
Les nouveaux membres : 26
Anniversaires aujourd'hui : 29

Connexion des membres

  Se souvenir de moi sur cet ordinateur


Cjrs Radio, la radio des boomers


Le forum des familles Amicaliennes



  Famille : Les messagers de la nature


Ce sujet fait partie de la famille Les messagers de la nature. Cette famille est publique. Vous pouvez donc échanger dans cette famille sans vous y inscrire.



Auteur

Sujet : Poèmes décembre

Angeline58
Modérateur
Belgique

Date du message : janvier 1, 2010  04:16

Décembre

Le givre étincelant, sur les carreaux gelés,
Dessine des milliers d'arabesques informes;
Le fleuve roule au loin des banquises énormes;
De fauves tourbillons passent échevelés.

Sur la crête des monts par l'ouragan pelés,
De gros nuages lourds heurtent leurs flancs difformes;
Les sapins sont tout blancs de neige, et les vieux ormes
Dressent dans le ciel gris leurs grands bras désolés.

Des hivers boréaux tous les sombres ministres
Montrent à l'horizon leurs figures sinistres;
Le froid darde sur nous son aiguillon cruel.

Evitons à tout prix ses farouches colères;
Et, dans l'intimité, narguant les vents polaires,
Réchauffons-nous autour de l'arbre de Noël.

Louis Honoré Fréchette

Marie-elisabeth
France
Messages : 9441

Date du message : décembre 2, 2009  08:17

Neige sur Amsterdam.

Regardez, la neige tombe ! Oh, il faut que
je sorte! Amterdam endormie dans la nuit
blanche, les canaux de jade sombre sous les petits
ponts neigeux, les rues désertes, mes pas étouffés,
ce sera la pureté fugitive, avant la boue demain.
Voyez les énormes flocons qui s'ébouriffent contre
les vitres. ce sont les colombes, sûrement. Elles se
décident enfin à descendre, ces chéries, elles
couvrent les eaux et les toits d'une épaisse couche
de plumes, elles palpitent à toutes les fenêtres.
Quelle invasion ! Espérons qu'elles apportent
la bonne nouvelle.

Albert Camus "La Chute".

Angeline58
Modérateur
Belgique

Date du message : décembre 3, 2009  02:08

Hiver


Des petits bruits feutrés à la fenêtre
Ce sont les flocons du rêve blanc
Qui valsent gaiement,
De-ci, de-là au gré du vent.
Une jolie dentelle de givre
A ourlé les vitres
De dessins exquis.
Dans l'âtre le feu crépite
Et nous offre ses ors en mille pépites,
Sa longue flamme bleue
Eclairant les yeux
Et lèchant la braise incandescente.
Dehors, le grand sapin majestueux
Où j' ai vu des geais se réfugier,
Agite ses branches poudrées.
Un rayon de soleil est apparu,
D'aussi jolis diamants je n'ai vu
Scintiller sur la terre.
La colline, là-bas , me donne envie
D'aller soulever son doux tapis,
Mais le blizard s'en charge.
Au jardin, sur le rosier
Un dernier bouton de rose a gardé
D'infimes gouttelettes gelées,
Perles délicates en cristal.
Autour de la maison,
Les oiseaux dans les buissons
Chantent joyeusement.
Hiver, malgré tes bises piquantes,
Tes pluies verglaçantes,
Tes matins de peine,
Tes brumes grises sur la plaine,
Ho hiver, je t'aime
Car je sais que reviendra le printemps!


Christiane L'Hermite-Coffrand

Marie-elisabeth
France
Messages : 9441

Date du message : décembre 3, 2009  08:04

   Décembre.

Voici qu'un deuil nouveau couvre le voisinage,
Déjà l'eau des étangs gèle dans les roseaux,
Et déjà les chemins sont pleins de ton carnage,
Hiver! cruel chasseur de feuilles et d'oiseaux.

Vincent Muselli "Points et contrepoints".

Marie-elisabeth
France
Messages : 9441

Date du message : décembre 4, 2009  09:19

Les après-midi d'automne.

Oh! les après-midi solitaires d'automne!
II neige à tout jamais. On tousse. On n'a personne.
Un piano voisin joue un air monotone;
Et, songeant au passé béni, triste, on tisonne.
Comme la vie est triste! Et triste aussi mon sort.
Seul, sans amour, sans gloire! et la peur de la mort!
Et la peur de la vie, aussi! Suis-je assez fort ?
Je voudrais être enfant, avoir ma mère encor.

Oui, celle dont on est le pauvre aimé, l'idole,
Celle qui, toujours prête, ici-bas nous console!...
Maman! Maman! oh! comme à présent, loin de tous,

Je mettrais follement mon front dans ses genoux,
Et je resterais là, sans dire une parole,
À pleurer jusqu'au soir, tant ce serait trop doux.

Jules Laforgue "Poésies complètes".



Marie-elisabeth
France
Messages : 9441

Date du message : décembre 5, 2009  08:33

Hiver, bel hiver...

Hiver, bel hiver, beau berceau,
Toute la journée est éteinte,
La neige amassée au carreau
Est du bleu même des jacinthes,
Le temps passé n'a plus d'écho.

Dans l'alcôve ce bleu neigeux
Tend une écharpe de silence,
Et c'est le voile de nos jeux,
C'est le bain de nos préférences,
Et la lueur de nos aveux.

Sur la terrasse vont les pas
Des promeneurs d'un autre monde.
Notre univers est loin de là,
Le temps nous porte vers une onde
Où l'amour nous reconnaîtra.

À coeurs donnés, à coeurs donnants
La parole est une étrangère.
Comme l'oiseau passant au vent
Nos soupirs ont l'âme légère
Mais nos voeux sont plus exigeants.

De ses mains blanches le repos
Défend l'instant de toute crainte.
La neige amassée au carreau
Est du bleu même des jacinthes
En cet hiver, en ce berceau.

Louise de Vilmorin.

A coeurs donnés, à coeurs donnants
La parole est une étrangère...

Prosperine
Modérateur
France

Date du message : décembre 5, 2009  12:20

   
                la neige tombe
                belle et blanche
                toute légère
                et recouvre la nature
                d'une blancheur
                d'une pureté
                c'est beau
                la campagne
                est un rêve enchanteur !
                et je l'admire !!!!

                            Prosperine
               

Marie-elisabeth
France
Messages : 9441

Date du message : décembre 6, 2009  10:14

   Sonnet.

Que j'aime le premier frisson de l'hiver ! le chaume,
Sous le pied du chasseur, refusant de ployer !
Quand vient la pie aux champs que le foin vert embaume,
Au fond du vieux château s'éveille le foyer;

C''est le temps de la ville,- Oh! lorsque l'an dernier,
J'y revins, que je vis ce bon Louvre et son dôme,
Paris et sa fumée, et tout ce beau royaume
J'entends encore au vent les postillons crier,

Que j'aimais ce temps gris, ces passants, et la Seine
Sous ses mille falots assise en souveraine!
J'allais revoir l'hiver.- Et toi, ma vie, et toi!

Oh! dans tes longs regards j'allais tremper mon âme ;
Je saluais tes murs.- car, qui m'eût dit, madame,
Que votre coeur sitôt avait changé pour moi?

Alfred de Musset. "Premières poésies"

Angeline58
Modérateur
Belgique

Date du message : décembre 8, 2009  02:24

Vive le vent


Sur le long chemin
Tout blanc de neige blanche
Un vieux monsieur s'avance
Avec sa canne dans la main
Et tout là-haut le vent
Qui siffle dans les branches
Lui souffle la romance
Qu'il chantait petit enfant :

Vive le vent, vive le vent
Vive le vent d'hiver
Qui s'en va sifflant, soufflant
Dans les grands sapins verts...
Oh ! Vive le temps, vive le temps
Vive le temps d'hiver
Boule de neige et jour de l'an
Et bonne année grand-mère...
Joyeux, joyeux Noël
Aux mille bougies
Quand chantent vers le ciel
Les cloches de la nuit,
Oh ! Vive le vent, vive le vent
Vive le vent d'hiver
Qui rapporte aux vieux enfants
Leurs souvenirs d'hier...

Et le vieux monsieur
Descend vers le village,
C'est l'heure où tout est sage
Et l'ombre danse au coin du feu
Mais dans chaque maison
Il flotte un air de fête
Partout la table est prête
Et l'on entend la même chanson :

Boule de neige et jour de l'an
Et bonne année grand-mère !
Vive le vent d'hiver !


Marie-elisabeth
France
Messages : 9441

Date du message : décembre 8, 2009  08:47

Soir.

C’est un soir tendre comme un visage de femme.
Un soir étrange, éclos sur l’hiver âpre et dur,
Dont la suavité, flottante au clair-obscur,
Tombe en charpie exquise aux blessures de l’âme.

Des verts angelisés... des roses d’anémie...
L’Arc-de-Triomphe au loin s’estompe velouté,
Et la nuit qui descend à l’Occident bleuté
Verse aux nerfs douloureux la très douce accalmie.

Dans le mois du vent noir et des brouillards plombés
Les pétales du vieil automne sont tombés.
Le beau ciel chromatique agonise sa gamme.

Au long des vieux hôtels parfumés d’autrefois
Je respire la fleur enchantée à mes doigts.
C’est un soir tendre comme un visage de femme.

Albert Samain " le Chariot d'or "

Marie-elisabeth
France
Messages : 9441

Date du message : décembre 10, 2009  05:38

Les pas.

L'hiver, quand on fermait,
A grand bruit lourd, les lourds volets
Et que la lampe s'allumait
Dans la cuisine basse,
Des pas se mettaient à sonner, des pas, des pas,
Au long du mur, sur le trottoir d'en face.

Tous les enfants étaient rentrés,
Rompant leurs jeux enchevêtrés;
Le village semblait un amas d'ombres
Autour de son clocher,
D'où les cloches déjà laissaient tomber,
Une à une, les heures sombres
Et les craintes sans nombre :
Paquets de peur, au fond du coeur

Et malgré moi, je m'asseyais tout contre
Les lourds volets et j'écoutais et redoutais
Ces pas, toujours ces pas,
Qui s'en allaient à la rencontre
De je ne sais quoi d'obscur et de triste , là-bas....

Emile Verhaeren "Toute la Flandre".

Angeline58
Modérateur
Belgique

Date du message : décembre 10, 2009  13:46

André Lemoyne — Chansons des nids et des berceaux


Matin d’hiver


La neige tombe en paix sur Paris qui sommeille,
De sa robe d'hiver à minuit s'affublant.
Quand la ville surprise au grand jour se réveille,
Fins clochers, dômes ronds, palais vieux, tout est blanc.

Moins rudes sont les froids, et la Seine charrie :
D'énormes blocs de glace aux longs reflets vitreux
Éclaboussent d'argent l'arche du pont Marie,
Poursuivent leur voyage et se choquent entre eux.

Les cloches qui tintaient à si grandes volées,
Pour fêter dignement les jours carillonnés,
N'ont plus qu'un timbre mat et des notes voilées,
Comme si leurs battants étaient capitonnés.

Les barques des chalands au long des quais rangées,
De leur unique voile ont fermé l'éventail,
Et toutes dans la glace, en bon ordre figées,
Sont prises dans leur coque et jusqu'au gouvernail.

Enrobant le Soleil sous deux ailes de flamme,
Un goéland du Havre ou de Pont-Audemer
Vient comme un Saint-Esprit planer sur Notre-Dame :
On reconnaît de loin le grand oiseau de mer.

Ce fut par de joyeux et clairs matins de neige,
Où l'aurore allumait ses premiers feux pourprés,
Qu'autrefois les Normands, blonds fils de la Norvège,
Dressaient la haute échelle à Saint-Germain-des-Prés.

Marie-elisabeth
France
Messages : 9441

Date du message : décembre 11, 2009  08:09

Décembre allume ses fenêtres.

Tout à coup, j'ai toute la vieillesse du monde dans les os.
Décembre allume ses fenêtres.
Et c'est la benne des saisons qui basculent en me fendant l'être.
Voici le vieil hiver fumant, éventré de soleils fourchus
On attend sur l'étang du gel l'écart éblouissant d'un prince
Mais le ciel de Seine a terni les feux mordorés des vitrines
Et la brume qui vient aux dents est trouble du brouillard des mots.
Je suis étranger à ces lieux où la publicité, la mort, sont sourdement complices
Je suis né contre des forêts où l'air vert était sec de houx.
Ma mère, à cette saison-ci, rentrait des lessives gelées:
La chemise aux deux bras levés, le drap raidi comme un chemin.
J'ai trop vécu pour refuser fidèlité à mon enfance
Fidèlité à mon amour et belles rives au temps pourri.
Tu peux venir au creux de moi comme une barque qui s'amarre
Escomptant qu'un arbre haleur lui délimite la contrée.

Luc Bérimont "Un feu vivant""

Marie-elisabeth
France
Messages : 9441

Date du message : décembre 13, 2009  05:00

Fuite d'automne..

Sors de ta chrysalide, ô mon âme, voici
L'Automne. Un long baiser du soleil a roussi
Les étangs ; les lointains sont vermeils de feuillage,
Le flexible arc-en-ciel a retenu l'orage
Sur sa voûte où se fond la clarté d'un vitrail ;

La brume des terrains rôde autour du bétail
Et parfois le soleil que le brouillard efface
Est rond comme la lune aux marges de l'espace.

Mon âme, sors de l'ombre épaisse de ta chair
C'est le temps dans les prés où le silence est clair,
Où le vent, suspendant son aile de froidure,
Berce dans les rameaux un rêve d'aventure
Et fait choir en jouant avec ses doigts bourrus
La feuille jaune autour des peupliers pointus...

Mon âme en robe d'or faite de feuilles mortes
Se donne au tourbillon que la rafale apporte
Et chavire au soleil sur la pointe du pied
Plus vive qu'en avril le sauvage églantier ;
Cependant que de loin elle voit sur la porte,
Écoutant jusqu'au seuil rouler des feuilles mortes,
Mon pauvre corps courbé dans son châle d'hiver.

Et mon âme se sent étrangère à ma chair.
Pourtant, docilement, lorsque les vitres closes
Refléteront au soir la fleur des lampes roses,
Elle regagnera le masque familier,
Et, servante modeste avec un tablier,
Elle trottinera dans les chambres amères
En retenant des mains le sanglot des chimères.

Cécile Sauvage "Tandis que la terre tourne".

Angeline58
Modérateur
Belgique

Date du message : décembre 15, 2009  01:57


Le sapin de noël (ou le petit sapin sous la neige)


Le petit sapin sous la neige
Rêvait aux beaux étés fleuris.
Bel été quand te reverrai-je ?
Soupirait-il sous le ciel gris.

Dis moi quand reviendra l’été !
Demandait-il au vent qui vente
Mais le vent sans jamais parler
S’enfuyait avec la tourmente.

Vint à passer sur le chemin
Un gaillard à grandes moustaches
Hop là ! en deux coups de sa hache,
A coupé le petit sapin.

Il ne reverra plus l’été ,
Le petit sapin des montagnes,
Il ne verra plus la gentiane,
L’anémone et le foin coupé.

Mais on l’a paré de bougies,
Saupoudré de neiges d’argent.
Des clochettes de féerie
Pendent à ses beaux rameaux blancs.

Le petit sapin de noël
Ne regrette plus sa clairière
Car il rêve qu’il est au ciel
Tout vêtu d’or et de lumière.

Pernette Chaponnière




Page 1 | 2 | 3

Messages suivants >  Dernier message


Ajouter cette page à :  Ajouter cette page à Facebook  Ajouter cette page sur MySpace  Ajouter cette page à del.ico.us  Ajouter cette page à Google  Ajouter cette page à Netscape.  Ajouter cette page à Windows Live  Ajouter cette page à Yahoo Ajouter cette page à Ask.com  Ajouter cette page à Stumble.  Ajouter cette page à Digg.  Ajouter cette page à reddit.com  Ajouter cette page à NewsVine  Ajouter cette page dans Simpy