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Auteur

Sujet : La banalisation des idées de l'extrême droite

-mouette-
Admin famille
France

Date du message : décembre 28, 2009  06:21

Pour ouvrir cette nouvelle rubrique, il n'est pas inutile de lire l'article d'un homme intègre,
Serge Portelli, magistrat et vice-président du Tribunal de Paris :

"L'extrême-droite comme si vous y étiez
Que le combat pour la démocratie passe d’abord par les mots; qu’il faille,
inlassablement, mener cette lutte, dérisoire, dirait-on, pour conserver son sens au
langage que nous partageons et leur réalité à ces valeurs que nous défendons: les jours
sombres que nous traversons et qui nous attendent nous rappellent à ce devoir
essentiel. Avant de brûler les livres on commence toujours par brûler les mots. *

Le sarkozysme n’est pas la droite classique. L’idéologie qui l’anime n’est pas celle que
nous connaissions. Le discours qu’il développe n’est en rien celui que nous entendions,
avec tant de variantes pourtant, de De Gaulle à Chirac, en passant par Pompidou ou
Giscard d’Estaing. Le vocabulaire qu’il utilise - avec soin - n’est pas celui de la droite
républicaine. Son dictionnaire ordinaire emprunte de plus en plus au langage de
l’extrême droite et ce langage - qui s’impose insidieusement grâce à l’empire et
l’emprise médiatique du système - nous habitue progressivement au pire.

Même si les livres d’histoire et de sciences politiques ne le présente pas ainsi, l’un des
actes fondateurs de notre démocratie est, en 1981, la suppression de la peine de mort.
Nous avons abandonné pour de bon l’un des derniers oripeaux de la barbarie. Dans sa
course éperdue à l’électorat et aux idées lepénistes, Nicolas Sarkozy n’arrête pas de
tutoyer cette peine de mort et de jouer avec cette abolition fondatrice. Dans la stratégie
ordinaire du discours paradoxal, tout est dit pour nous rapprocher de l’idée que cette
peine est envisageable, quitte au dernier moment à se draper vertueusement dans un
discours abolitionniste auquel plus personne ne croit. L’utilisation permanente du
mot “monstre” pour désigner les auteurs des crimes les plus graves fait partie de cette
dérive perverse du vocabulaire. On exclut ainsi ces hommes de l’humanité ordinaire:
inutile de chercher à les ramener un jour parmi nous - ce qui, au-delà de la nécessaire
sanction, est la mission première de la justice -, nous sommes dans la logique de
l’élimination. Dire d’un homme qu’il est un “monstre”, c’est tuer l’homme en lui.
(...)
Eric Besson, lui, avec le zèle touchant des ultimes convertis, tentant de faire oublier ses
anciennes et virulentes dénonciations du sarkozysme, avoue sans pudeur qu’en
exécution des consignes du président de la République, il cherche à récupérer les voix
de l’extrême-droite. Il veut, dit-il, “la mort” du Front National. La paradoxe est que cet
homme qui se disait de gauche et se dit à présent de droite, patauge dorénavant non
seulement dans les idées mais les pratiques de l’extrême droite. Enfermer des enfants
dans des centres de rétention, expulser des jeunes scolarisés, détruire des familles,
faire vivre dans l’angoisse des dizaines de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants,
simplement “coupables” de n’avoir pas de papiers, mobiliser en permanence et pervertir
l’appareil d’Etat dans des tâches purement électoralistes, renvoyer des étrangers par
charters dans des pays en guerre.... voici la réalité de cette politique nauséabonde.
Utiliser la souffrance d’êtres humains pour asseoir son pouvoir aujourd’hui et le
conserver demain. Dévoyer les valeurs de la République pour fortifier un clan. Mais il faut,
là encore, tordre le cou aux mots pour légitimer ce combat déloyal. L’appellation de ce
ministère d’ identité nationale est une honte permanente, une opération de grossière
propagande qu’il nous faut dénoncer chaque jour. Sans que jamais ne s’installe le
renoncement. La dernière trouvaille est d’engager un vaste débat sur ce qu’est l’identité
nationale. Les préfets, qui ont pourtant d’autres chats à fouetter, vont être requis pour
cette opération de campagne électorale. Il n’est d’autre réponse que de refuser
catégoriquement cette dérisoire opération de marketing politique, refuser le piège de ces
mots détournés.

Le plus triste est qu’Eric Besson lui-même avait, il y a si peu de temps, en janvier 2007,
parfaitement analysé cette imposture qu’il met aujourd’hui en oeuvre. Son livre, “Les
inquiétantes ruptures de M. Sarkozy”, était, et reste, une des meilleures descriptions de
ce qu’est le sarkozysme. Disséquant le nouveau nationalisme prôné par son adversaire
de l’époque, il écrivait: “En fait, sous la fausse bonne idée (reprendre les voix du Front
National), les propos de Nicolas Sarkozy renvoient à une période que l’on croyait révolue,
celle où la droite républicaine n’était pas au clair avec l’extrême droite”.

Eric Besson veut un débat où l’on ne se paye pas de mots? Qu’il commence par s’y
inviter lui-même, qu’il nous explique et nous commente ces pages lumineuses où il
dénonçait un populisme inquiétant qui flatte le peuple et attise ses peurs en dérivant
chaque jour un peu plus vers la droite extrême. Ou si cette image lui fait trop honte, qu’il
parle réellement de ce qu’est et sera l’immigration. Qu’il parte par exemple du rapport
2009 du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) qui vient d’être
publié: "Lever les barrières : mobilité et développement humains". Qu’il explique à
l’opinion publique que l’immigration profite non seulement au migrant, mais aussi aux
pays de départ et d'accueil. Ou qu’il évoque les migrations climatiques qui vont
radicalement changer la donne de tous ces problèmes. Ou qu’il parle honnêtement de
sa politique en matière d’asile en expliquant que les chiffres qu’il avance pour vanter la
générosité de la France ne sont pas de son fait: ils résultent de la jurisprudence des
juges de cour nationale du droit d’asile. Chaque année, infirmant les décisions de
l’OFPRA, ces juges courageux et consciencieux accordent, à eux seuls, plus d’asiles que
l’administration!

Cessons de mêler le mot “France”, les couleurs du drapeau ou le chant d’un hymne de
liberté, à ce qui fait chaque jour notre honte et notre souffrance. Si débat il doit y avoir, qu’il
soit sur les valeurs de notre démocratie, sur le glissement progressif vers un Etat-limite
dans lequel l’appareil d’Etat est mis au service d’une idéologie mortelle pour nos
libertés."

http://chroniquedelhumaniteordinaire.blogs.nouvelobs.com/




Alisiers2
France
Messages : 17831

Date du message : décembre 28, 2009  13:03

juste un petit mot à ajouter concernant ce très juste discours ..

en fait de "monstres" que Sarkosy sert sur un plateau, ils n'existent pas .. un autre juge a
dit :" ce sont des situations monstrueuses qui imposent à l'homme de se conduire en
monstre "..

-mouette-
Admin famille
France

Date du message : décembre 31, 2009  04:00

« 2009, annus xenophobis
    Ah, elle s’achève en beauté, l’année 2009 ! Merci encore à toute la clique qui nous
gouverne. Entre burqa, mosquées et minarets, l’air n’a jamais été aussi frais. Comme
tout cela sent bon. Comme c’est vivifiant. Et comme les débats volent haut. A vous
réveiller un lepéniste mort !
    Sûr que l’image de la France en sort grandie, passée l’air de rien, en moins de trois
ans, d’un fier secrétariat d’Etat aux Droits de l’homme, porté disparu, à un ministère des
charters, de l’Immigration et de l’Identité nationale omniprésent, qui rafle en douce et
expulse vers l’Afghanistan en guerre. La réussite à la française si chère à notre petit père
de la discrimination positive n’est plus incarnée par le sourire de rama yade, mais par le
sourire en coin d’éric besson, qui va finir par être à sarko ce que bruno mégret fut jadis à
jean-marie le pen.
    Que retiendra-t-on de cette belle année ? La crise ? Non. Les musulmans. Au
secours, ils arrivent ! Ou plutôt ils reviennent. Juste avant les élections régionales. Et la
droite décomplexée s’éclate. Notre dupont lajoie des monts d’Auvergne et premier flic de
France, hortefeux, commence par dire tout haut ce qu’il pense tout bas : ces gens-là,
quand y en a beaucoup… Sa copine blonde de la Famille et de la So-li-da-ri-té, morano,
donne ensuite la réplique aux jeunesses du f-haine et les rassure sur « le jeune
musulman » qui ne doit « pas porter de casquette à l’envers ». Enfin, l’ex-ministre des
miradors, pascal clément, panique et voit des minarets partout. Sans oublier le
motoculteur de l’Industrie, estrosi, enthousiasmé par un arrêté loufoque interdisant les
drapeaux étrangers et pondu… par le maire facho d’Orange, jacques bompard. Sacré
bilan 2009 ! La lepénisation des esprits est de retour, hourra !
    Bien sûr, tout cela ne serait rien sans la contribution du fameux « grand » débat sur
l’identité nationale. Une pure merveille, grand défouloir de la beaufitude et de la pire
franchouillardise contre tout ce qui est un peu bronzé. Sur quelle mesure peut déboucher
pareille guignolade ? Aucune. Quel Français a des problèmes avec son identité, sinon
justement certains enfants d’immigrés ? Aucun. Et qui ce débat passionne-t-il ?
Personne, sinon les gaulois racistes.
    Dans la Meuse, le dénommé andré valentin, édile ump de Gussainville, a parlé pour
eux : « On va se faire bouffer. Il y en a déjà dix millions que l’on paie à rien foutre ! » Et qui
violent nos femmes, aussi ? Dans le Pas-de-Calais, une certaine marine le pen, gonflée
à bloc, s’est réapproprié le sujet et a repris le chemin des marchés du dimanche. A
l’université de Bordeaux, besson a même fait naître un nouveau syndicat facho, « forum
étudiant », comme on n’en avait plus vu depuis le « gud » et qui tague « La fac aux
Français » à tout-va sur les murs. Encore bravo.
    Un débat « particulièrement noble », a résumé sarko. On voit que « chouchou » passe
plus de temps à mettre en avant sur Facebook son rôle dans la chute du mur de Berlin
qu’à lire les commentaires orduriers sur le site « débatidentiténationale.fr », pourtant
déjà filtrés. Quelle bonne idée, décidément, ce site ouvert aux messages anonymes. Il
aurait fait le bonheur de la petite France de pétain.
    La France de 2009, elle, est plus présentable. Elle nous laisse même en souvenir une
nouvelle et fort jolie expression de l’infatigable besson : le « mariage gris ». Il sait à quoi
renvoie le mot « gris », chez certains installés du « bon » côté de la Méditerranée ?
En 2010, lâchons-nous davantage ! Allons-y gaiement ! Pourquoi pas le « mariage
melon », ou le « mariage bougnoule » ?       (Le Canard enchaîné, 30/12/2025)


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