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Famille : Soit dit en passant...
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Auteur
Sujet : Lire, c'est vivre
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-mouette- |
Date du message : avril 21, 2009 09:25 |
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Un gros bouquin au titre catastrophiste : "Effrondrement - Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie", écrit par Jared Diamond, biologiste de l'évolution et directeur du W.W.F., publié dans la collection Essais chez Gallimard en 2006. Les sociétés s'effondrent, dit Jared Diamond, en fonction de huit postulats : la déforestation et la restructuration de l'habitat ; les problèmes liés au sol (érosion, salinisation, perte de fertilité) ; la gestion de l'eau ; la chasse excessive ; la pêche excessive ; les conséquences de l'introduction d'espèces allogènes parmi les espèces autochtones ; la croissance démographique et l'augmentation de l'impact humain par habitant. Puis il examine, dans le détail, pourquoi des sociétés hier florissantes (île de Pâques, îles de Pitcairn et Henderson, les Anasazis de l'Amérique centrale, les Mayas, les Vikings du Groenland) ont complètement disparues. Ou bien comment des sociétés actuelles (Rwanda, République dominicaine et Haïti, la Chine, l'Australie) mettent gravement en danger leur propre survie en prenant des décisions catastrophiques sur un ou plusieurs des points cités plus haut. Sa question peut ainsi se résumer : "Au rythme actuel de la croissance démographique, et particulièrement de l'augmentation des besoins économiques, de santé et en énergie, les société contemporaines pourront-elles survivre demain ?" Bien entendu, cette question nous concerne tous, et la réponse de l'auteur est nuancée : d'après lui, la complexité des facteurs permet de croire qu'il n'y a rien d'inéluctable aujourd'hui dans la course accélérée à la dégradation globalisée de l'environnement. Et il indique des exemples de mobilisation réussie et les voies par lesquelles le citoyen- consommateur peut d'ores et déjà peser afin que leurs sociétés soient durables et moins inéquitables aux pauvres et démunis.
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Alisiers2 |
Date du message : avril 21, 2009 10:45 |
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je ne peux m'empêcher de faire confiance à l' homme, malgré toutes les catastrophes qui nous sont annoncées depuis un bon moment . l'homme saura trouver les ressources dans son intelligence , les bons gestes, il s'adapte à tout . il n' en sort pas toujours glorieux ni grandi, mais il s'accroche .
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-mouette- |
Date du message : avril 22, 2009 03:29 |
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Globalement, oui, Alisiers ; mais les différentes sociétés que l'homme a bâties n'ont pas les mêmes chances de survie, selon les options que prennent leurs membres lors de crises climatiques, écologiques, etc. Ainsi, concernant la société viking du Groenland (et cela s'applique fort bien à notre propre société) : "La structure sociale de la société viking créa donc un conflit entre les intérêts à court terme des détenteurs du pouvoir et les intérêts à long terme de l'ensemble de la société. La plupart des intérêts qui étaient défendus par les chefs et le clergé se révélèrent dommageables à la société dans son ensemble ; les valeurs socialement partagées qui étaient à l'origine même de sa force le furent finalement de ses faiblesses." L'empire romain a péri sous les coups des barbares uniquement parce qu'il était rongé de l'intérieur et n'attendait plus que leur poussée pour tomber.
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Pasradis |
Date du message : avril 22, 2009 05:24 |
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un ptt bonjour en passant...........
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-mouette- |
Date du message : avril 24, 2009 03:51 |
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En 1784, Kant répond dans la Berlinische Monatschrift à une question - « Qu'est-ce que les lumières ? » - soulevée par le pasteur J. F. Zöllner dans la même gazette. Ce théologien faisait partie de la fameuse « Société berlinoise pour l'avancement et la diffusion des lumières », qui avait mis cette question à son programme d'étude. "Les lumières se définissent comme la sortie de l'homme hors de l'état de minorité, où il se maintient par sa propre faute. La minorité est l'incapacité de se servir de son entendement sans être dirigé par un autre. Elle est due à notre propre faute quand elle résulte non pas d'un manque d'entendement, mais d'un manque de résolution et de courage pour s'en servir sans être dirigé par un autre. "Sapere aude !" Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Voilà la devise des lumières. La paresse et la lâcheté sont les causes qui expliquent qu'un si grand nombre d'hommes, alors que la nature les a affranchis depuis longtemps de toute direction étrangère, restent cependant volontiers, leur vie durant, mineurs ; et qu'il soit si facile à d'autres de se poser comme leurs tuteurs. Il est si commode d'être mineur. Si j'ai un livre qui me tient lieu d'entendement, un directeur qui me tient lieu de conscience, un médecin qui juge de mon régime à ma place, etc., je n'ai pas besoin de me fatiguer moi-même. Je ne suis pas obligé de penser, pourvu que je puisse payer ; d'autres se chargeront pour moi de cette besogne fastidieuse. Que la plupart des hommes (et parmi eux le sexe faible tout entier) finissent par considérer le pas qui conduit à la majorité, et qui est en soi pénible, également comme très dangereux, c'est ce à quoi ne manquent pas de s'employer ces tuteurs qui, par bonté, ont assumé la tâche de veiller sur eux. Après avoir rendu tout d'abord stupide leur bétail domestique, et soigneusement pris garde que ces paisibles créatures ne puissent oser faire le moindre pas hors du parc où ils les ont enfermées, ils leur montrent ensuite le danger qu'il y aurait à essayer de marcher tout seul. Or le danger n'est sans doute pas si grand que cela, étant donné que quelques chutes finiraient bien par leur apprendre à marcher ; mais l'exemple d'un tel accident rend malgré tout timide et fait généralement reculer devant toute autre tentative. Il est donc difficile pour l'individu de s'arracher tout seul à la minorité, devenue pour lui presque un état naturel. Il s'y est même attaché, et il est pour le moment réellement incapable de se servir de son propre entendement, parce qu'on ne l'a jamais laissé s'y essayer. Préceptes et formules, ces instruments mécaniques d'un usage ou, plutôt, d'un mauvais usage raisonnable de ses dons naturels, sont les entraves qui perpétuent la minorité. Celui-là même qui s'en débarrasserait ne franchirait pour autant le fossé le plus étroit que d'un saut mal assuré, puisqu'il n'a pas l'habitude de pareille liberté de mouvement. Aussi peu d'hommes ont-ils réussi, en exerçant eux-mêmes leur esprit, à se dégager de leur minorité et à avancer quand même d'un pas assuré. En revanche, la possibilité qu'un public s'éclaire lui-même est plus réelle ; cela est même à peu près inévitable, pourvu qu'on lui en laisse la liberté. Car il se trouvera toujours, même parmi les tuteurs attitrés de la masse, quelques hommes qui pensent par eux-mêmes et qui, après avoir personnellement secoué le joug de leur minorité, répandront autour d'eux un état d'esprit où la valeur de chaque homme et sa vocation à penser par soi-même seront estimées raisonnablement. Une restriction cependant : le public, qui avait été placé auparavant par eux sous ce joug, les force à y rester eux- mêmes, dès lors qu'il s'y trouve incité par certains de ses tuteurs incapables, quant à eux, de parvenir aux lumières ; tant il est dommageable d'inculquer des préjugés, puisqu'ils finissent par se retourner contre ceux qui, en personne ou dans les personnes de leurs devanciers, en furent les auteurs. C'est pourquoi un public ne peut accéder que lentement aux lumières. Une révolution entraînera peut-être le rejet du despotisme personnel et de l'oppression cupide et autoritaire, mais jamais une vraie réforme de la manière de penser ; bien au contraire, de nouveaux préjugés tiendront en lisière, aussi bien que les anciens, la grande masse irréfléchie." E. KANT (1724-1804), Réponse à la question : « Qu'est-ce que les lumières ? » (AK. VIII, 35-36), trad. de Wismann, in œuvres philosophiques. ----------------------- En dehors de la remarque sur le "sexe faible" qui sent son époque, on ne voit pas que le texte ait pris une ride.
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-mouette- |
Date du message : avril 30, 2009 05:00 |
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Un petit livre intéressant en ces temps de crise du capitalisme où revisiter l'esprit de Marx ne serait peut-être pas inutile : Carlo Cafiero, « Abrégé du Capital de Karl Marx », Editions du Chien Rouge, 160 pages, décembre 2008, 10 euros. Présentation de l'éditeur : Cet Abrégé, rédigé en 1878 nous livre l’essentiel de l’*****yse contenue dans le Livre I du Capital de Karl Marx. Ce Compendium de la critique du système capitaliste – « où ce ne sont pas les moyens de production qui sont au service du travailleur, mais bien le travailleur qui se trouve au service des moyens de production » – a été rédigée à destination d’un public populaire. Écrit dans un style simple et sans l’appareil scientifique qui rend parfois ardue l’approche de l’œuvre originale, ce résumé a d’ailleurs été approuvé par Marx en personne. L’auteur, Carlo Cafiero (1846-1892), communiste libertaire italien, n’était pourtant pas un disciple du théoricien allemand auquel il s’était opposé lors de la scission de la Première Internationale en 1872. L’avant-propos de James Guillaume nous rappelle le parcours de Cafiero et les enjeux qui s’affrontèrent à l’époque au sein du mouvement ouvrier. Voici un extrait du CHAPITRE VI : Division du travail et manufacture (...) « Originairement l’ouvrier vend au capitaliste sa force de travail, parce que les moyens matériels de la production lui manquent. Maintenant sa force individuelle de travail n’existe plus qu’à la condition d’être vendue. Elle ne peut plus fonctionner que dans un ensemble qu’elle trouve seulement dans l’atelier du capitaliste, après s’être vendue. De même que le peuple portait écrit sur son front qu’il était la propriété de Jéhova, de même la division du travail imprime à l’ouvrier de manufacture un sceau qui le marque comme la propriété du capital. Storch dit : “L’ouvrier qui porte dans ses mains tout un métier peut aller partout exercer son industrie et trouver des moyens de subsister ; l’autre (celui des manufactures) n’est qu’un accessoire qui, séparé de ses confrères, n’a plus ni capacité ni indépendance, et qui se trouve forcé d’accepter la loi qu’on juge à propos de lui imposer.” « Les puissances intellectuelles de la production se développent d’un seul côté, parce qu’elles disparaissent sur tous les autres. Ce que les ouvriers parcellaires perdent se concentre en opposition à eux dans le capital. La division manufacturière du travail pose en face d’eux les puissances intellectuelles de la production comme une propriété d’autrui et une puissance qui les domine. Cette scission commence déjà dans la simple coopération, où le capitalisme représente, vis-à-vis du travailleur isolé, l’unité et la volonté du travailleur collectif ; elle se développe ensuite dans la manufacture, qui mutile le travailleur en faisant de lui un ouvrier parcellaire ; elle s’achève enfin dans la grande industrie, qui sépare la science du travail en faisant d’elle une puissance de production indépendante de lui et enrôle celle-ci au service du capital. « Dans la manufacture, l’enrichissement du travail collectif, et par conséquent du capital, en force productive sociale a pour condition l’appauvrissement du travailleur en forces productives individuelles. “L’ignorance – dit Ferguson – est la mère de l’industrie comme de la superstition. La réflexion et l’imagination sont sujettes à s’égarer ; mais l’habitude de mouvoir le pied ou la main ne dépend ni de l’une ni de l’autre. Aussi pourrait-on dire que la perfection, en ce qui concerne les manufactures, consiste à pouvoir se passer de l’esprit, de manière que l’atelier puisse être considéré comme une machine dont les parties sont les hommes.” Et quelques manufactures, en effet, au milieu du xviii e siècle, pour certaines opérations simples, qui constituaient un secret de fabrique, employaient de préférence des ouvriers à moitié idiots. « Adam Smith dit : “L’esprit de la plupart des hommes se développe nécessairement en conformité de leurs occupations de chaque jour. Un homme dont toute la vie se passe à exécuter un petit nombre d’opérations simples n’a aucune occasion d’exercer son intelligence. Il devient en général aussi stupide et ignorant qu’il est possible à une créature humaine de l’être.” Après avoir dépeint l’abêtissement de l’ouvrier parcellaire, Smith continue ainsi : “L’uniformité de sa vie stationnaire porte aussi atteinte, naturellement, à sa hardiesse d’esprit ; elle détruit même l’énergie de son corps et le rend incapable d’appliquer sa force avec vigueur et persévérance à autre chose qu’à l’opération accessoire qu’il a appris à exécuter. Sa dextérité dans l’occupation spéciale à laquelle il est voué paraît ainsi avoir été acquise aux dépens de ses vertus intellectuelles, sociales et guerrières. Et dans toute société industrielle et civilisée, c’est là l’état où doit tomber nécessairement le pauvre, c’est-à-dire la grande masse du peuple.” Pour empêcher la complète déchéance des masses populaires, résultat de la division du travail, Adam Smith recommande l’organisation par l’État de l’instruction pour le peuple, mais seulement à des doses prudemment homéopathiques. Son traducteur et commentateur français, Germain Garnier, plus conséquent, le contredit sur ce point : aussi bien ce traducteur devait-il devenir sénateur du premier Empire. L’instruction du peuple, dit Garnier, heurte les lois primordiales de la division du travail, et en la donnant on proscrirait tout notre système social. “Comme toutes les autres divisions du travail, – dit-il – celle qui existe entre le travail mécanique et le travail intellectuel se prononce d’une manière plus forte et plus tranchante à mesure que la société” (il emploie cette expression pour désigner le capital, la propriété foncière, et l’État qui les protège) “avance vers un état plus opulent. Cette division, comme toutes les autres, est un effet des progrès passés et une cause des progrès à venir… Le gouvernement doit-il donc travailler à contrarier cette division du travail, et à la retarder dans sa marche naturelle ? Doit-il employer une portion du revenu public pour tâcher de confondre et de mêler deux classes de travail qui tendent d’elles-mêmes à se diviser ?” « Ferguson dit : “L’art de penser, dans une période où tout est séparé, peut lui-même former un métier à part.” « Un certain rabougrissement du corps et de l’esprit est inséparable de la division du travail en elle-même, dans la société en général. Mais comme la période manufacturière pousse cette séparation sociale des branches du travail beaucoup plus loin, en même temps que par la division qui lui est propre elle attaque l’individu à la racine même de sa vie, c’est elle qui a fourni pour la première fois les matériaux et l’occasion d’une pathologie industrielle. Ramazzini, professeur de médecine pratique à Padoue, a publié en 1713 son ouvrage De morbis artificum (Des maladies des artisans). Son catalogue des maladies des ouvriers a été naturellement très augmenté par la période de la grande industrie, comme le montrent les écrivains venus après lui : le Dr A.-L. Fontenel, Paris, 1858 ; Edouard Reich, Erlangen, 1868, et autres, ainsi que l’enquête entreprise en 1854 par la Society of Arts en Angleterre, et les Rapports officiels sur la santé publique. « D. Urquhart dit : “Subdiviser un homme, c’est l’exécuter, s’il a mérité la sentence, et l’assassiner s’il ne l’a pas méritée. La subdivision du travail est l’assassinat d’un peuple.” « Hegel professait des opinions très hérétiques sur la division du travail. “Par hommes cultivés, on doit d’abord entendre ceux qui peuvent faire tout ce que font les autres”, dit-il dans sa Philosophie du droit. « La division du travail, dans sa forme capitaliste, n’est qu’une méthode particulière de produire de la plus-value relative, c’est-à-dire d’accroître aux dépens du travailleur le rendement du capital, ce qu’on appelle richesse nationale. Aux dépens du travailleur, elle développe la force productive sociale du travail au profit exclusif du capitaliste. Elle crée des conditions nouvelles pour la domination du capital sur le travail. Si, d’une part, elle apparaît comme un progrès historique et comme une phase de développement économique de la société, elle est en même temps, d’autre part, un moyen civilisé et raffiné d’exploitation. » (http://contretemps.eu/)
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-mouette- |
Date du message : avril 30, 2009 05:58 |
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Et pour en revenir tout de même à des choses plus simples à lire, y en a-t'il parmi vous qui ont lu "Millenium" ? Cela fait un moment que je me tâte : vais-je l'acheter ou pas ? (à la bibliothèque municipale, il n'est jamais disponible). Le dernier numéro des "Inrockuptibles" en fait l'éloge... Alors, phénomène de mode ou roman bien ficelé pour passer un bon moment ? Merci de nous dire ce que vous en pensez.
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Haliette |
Date du message : avril 30, 2009 09:00 |
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J'ai lu les trois et j'ai vraiment bien aimé cette trilogie avec une préférence pour le 1 et le 3;c'est très prenant et on n'a pas envie de s'arrêter de lire pour connaître la suite de l'intrigue; seul bémol,les noms des personnages et des lieux un peu compliqués puisque étrangers.
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-mouette- |
Date du message : mai 2, 2009 03:41 |
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Merci de ton avis, Haliette. En tous cas, cela me parait une lecture idéale pour l'été, sur une plage de l'atlantique ou sur une chaise-longue, dans un petit jardin auvergnat...
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-mouette- |
Date du message : mai 3, 2009 04:12 |
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Après Google Book Search et Europeana, une nouvelle grande bibliothèque numérique baptisée World Digital Library (Bibliothèque Numérique Mondiale) a ouvert le 21 avril sur internet. Lancée par l'Organisation des Nations unies pour l'Éducation et la Culture (Unesco), la BNM offre au public un accès gratuit aux trésors des grandes bibliothèques internationales. Le projet a été initié et développé par la Bibliothèque du Congrès américain (Library of Congress) et son directeur, James H. Billington, avec une aide technique de la Bibliothèque d'Alexandrie. L'Unesco a pour sa part fait en sorte que ses membres fournissent des contenus (livres, manuscrits, cartes, films, enregistrements,...) tirés de leurs bibliothèques nationales. L'Arabie saoudite, le Brésil, la Chine, l'Egypte, les Etats-Unis, la France, le Japon, le Royaume-Uni et la Russie sont parmi les premiers pays à y exposer une partie de leur patrimoine culturel. Une soixantaine de pays au total devraient contribuer à enrichir le fonds au cours de l'année 2009. La Bibliothèque Numérique Mondiale a également pour objectif le développement de la diversité linguistique et la réduction de la "fracture numérique" entre les peuples. Il est ainsi possible de faire des recherches en sept langues: anglais, arabe, chinois, espagnol, français, portugais et russe. ----- Bibliothèque Numérique Mondiale : www.wdl.org.
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-mouette- |
Date du message : mai 3, 2009 04:15 |
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"On ne peut guère taxer l'écrivain libanais Amin Maalouf de catastrophiste, comparé aux nombreux annonciateurs de fin du monde et autre choc des civilisations. Néanmoins, celui qui dans ses premiers essais (Les croisades vues par les Arabes) et ses romans (Léon l'Africain, Le rocher de Tanios) se voulait un pèlerin éclairé du rapprochement entre les peuples semble, depuis Les identités meurtrières (1998), avoir été rattrapé par le pessimisme. Son nouveau livre, "Le dérèglement du monde", apparaît comme une dernière mise en garde, presque désabusée, contre les multiples dangers qui guettent toutes les civilisations dans un monde ayant atteint "son seuil d'incompétence morale". Jamais le décalage n'aurait été aussi grand entre les moyens (techniques, médicaux, etc...) à la disposition de l'homme et sa capacité à les utiliser à bon escient. Un constat d'échec pour la civilisation occidentale, porteuse de valeurs progressistes mais incapable de les diffuser sans conflits, et la civilisation orientale, au discours parfois revanchard ou inadapté aux réalités du monde contemporain. Face à un monde enfin débarrassé des luttes idéologiques mais tombé dans les conflits identitaires, Amin Maalouf n'y va pas par quatre chemins: "Soit nous saurons bâtir en ce siècle une civilisation commune (...) soit nous sombrerons ensemble dans une commune barbarie"." -------- Amin Maalouf, Le dérèglement du monde (Éditions Grasset). (www.republique-des-lettres.fr)
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-mouette- |
Date du message : mai 16, 2009 12:32 |
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Voici un livre qui pourrait intéresser particulièrement les Canadiens : "Noir Canada"... "A la suite de François-Xavier Verschave, qui avait étudié le pillage et la corruption dont s’est rendue responsable la « Françafrique », Alain Deneault, en collaboration avec William Sacher et Delphine Abadie, *****yse dans Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique (éd. Ecosociété, Montréal, 2008) le fonctionnement d’un réseau politico-économique canadien en Afrique qui, dans le contexte de la mondialisation et de l’instabilité politique des pays africains, produit le même type d’ « externalités négatives », par d’autres moyens. C’est d’abord par la création d’un espace de non-droit autour de la Bourse de Toronto, dans les interstices entre le droit canadien, le droit international et celui, mouvant au gré des pouvoirs en place des pays africains concernés, espace dans lequel se joue une certaine collaboration entre des compagnies minières canadiennes, des pouvoirs publics tant canadiens qu’africains, et des OIG (Banque Mondiale et FMI essentiellement). C’est ensuite grâce à un effet d’aubaine qui fait que l’Afrique est aujourd’hui le terrain de jeu d’un capitalisme dérégulé. C’est enfin un travail idéologique qui fait s’articuler, parfois au sein des mêmes institutions, les discours sur la « gouvernance », le « développement », l’aide (humanitaire ou non) et la légitimation des pratiques de pillage. Les auteurs et éditeurs de Noir Canada font aujourd’hui l’objet d’une SLAPP (Strategic lawsuit against public participation), une poursuite demandant des dommages et intérêts exorbitants, de la part de Barrik Gold et Banro, deux grandes sociétés minières canadiennes." (lire la suite de l'article sur : http://contretemps.eu/lectures/noir-canada )
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-mouette- |
Date du message : mai 28, 2009 12:43 |
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Trop drôle, sarkozy jouant à l'homme cultivé... "Dans l'avion qui l'emporte vers les Emirats Arabes Unis, le président de la République s'essaie à son nouveau rôle de composition : défenseur des arts et des lettres. Il parle littérature. Il dit sa passion pour les «Rougon-Macquart» de Zola ; un sublime effort de communication. Hélas, c'est le crash, la débâcle, l'assommoir : car le chef de l'Etat prononce «Roujon-Macquart». Dans le cycle scolaire français, on apprend au cours élémentaire que devant les voyelles a, o et u, la consonne g doit être suivie de la voyelle e pour être prononcée [G], car autrement elle se prononce [g]. Je parle sous le contrôle du ministre Darcos. Prenons un exemple limpide pour un homme épris de sécurité : on dit «fourgon» et non «fourjon». On dit encore : «La cote de popularité du président fait un plongeon dans les sondages», et non un «plongon». Tous les bons esprits républicains en conviendront : ces fondamentaux devraient être maîtrisés après deux ans de magistrature suprême. Le président est fâché avec le son [g]. Les intellectuels dégénérés qui s'acharnent sur lui diront-ils que c'est parce que cette consonne sonne comme le mot «gueux» - qu'il faudrait prononcer «JE», si l'on suit sa méthode audacieusement réformiste? Une nouvelle prononciation qui sent son autocrate. Et on ne sache pas qu'il faille l'attribuer à quelque idiotisme de Neuilly-sur-Seine, où les gens, comme partout, disent Victor Hugo et non «Victor Hujo», que diable. Et voilà : on publie la liste de ses lectures sur Facebook, on joue le paranjon, pardon, le parangon du bel esprit, et on écorche le nom de la famille la plus populaire de l'histoire de la littérature française. Une famille de grévistes, il est vrai, en butte à Napoléon-le-Petit et au culte de l'argent. A quelques semaines du Bac de français, l'effet est non seulement déplorable mais dangereux pour les jeunes âmes. On commence par commettre ce genre de petite incivilité, et, bête humaine, on finit par siffler «La Marseillaise» et organiser une tournante avec Mme de Lafayette." Source : http://bibliobs.nouvelobs.com/
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-mouette- |
Date du message : juin 9, 2009 04:11 |
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Je relis (c'est vite fait mais cela se savoure pourtant) "La première gorgée de bière" de Philippe Delerm (L'Arpenteur, 1997) et j'en profite pour recopier l'un de ses petits bijoux ciselés : "Invité par surprise Vraiment, ce n'était pas prévu. On avait encore du travail à faire pour le lendemain. On était juste passé pour un renseignement, et puis voilà : - Tu dînes avec nous ? Mais alors simplement, à la fortune du pot ! Les quelques secondes où l'on sent que la proposition va venir sont délicieuses. C'est l'idée de prolonger un bon moment, bien sûr, mais celle aussi de bousculer le temps. La journée avait déjà été si prévisible ; la soirée s'annonçait si sûre et programmée. Et puis voilà, en deux secondes, c'est un grand coup de jeune : on peut changer le cours des choses au débotté. Bien sûr on va se laisser faire. Dans ces cas-là, rien de gourmé : on ne va vous cantonner dans un fauteuil côté salon pour un apéritif en règle. Non, la conversation va se mitonner dans la cuisine - tiens, si tu veux m'aider à éplucher les pommes de terre ! Un épluche-légumes à la main, on se dit des choses plus profondes et naturelles. On croque un radis en passant. Invité par surprise, on est presque de la famille, presque de la maison. Les déplacements ne sont plus limités. On accède aux recoins, aux placards. Tu la mets où, ta moutarde ? il y a des parfums d'échalote et de persil qui semblent venir d'autrefois, d'une convivialité lointaine - peut-être celle des soirs où l'on faisait ses devoirs sur la table de la cuisine ? Les paroles s'espacent. Plus besoin de tous ces mots qui coulent sans arrêt. Le meilleur, à présent, ce sont ces plages douces, entre les mots. Aucune gêne. On feuillette un bouquin au hasard de la bibliothèque. Une voix dit "Je crois que tout est prêt" et on refusera l'apéritif - bien vrai. Avant de dîner, on s'assoira pour bavarder autour de la table mise, les pieds sur le barreau un peu haut de la chaise paillée. Invité par surprise on se sent bien, tout libre, tout léger. Le chat noir de la maison lové sur les genoux, on se sent adopté. La vie ne bouge plus - elle s'est laissé inviter par surprise."
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-mouette- |
Date du message : juin 19, 2009 05:13 |
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"Yves Riou / Philippe Pouchain : Du côté de chez Vian. "On dit de lui qu'il n'en faisait qu'à sa tête. On avait beau dire, il n'en faisait surtout qu'à son coeur", affirmait son ami Jacques Prévert. Ingénieur de formation mais surtout écrivain, musicien de jazz, traducteur, parolier, chanteur,.. il est impossible de classer le talent de Boris Vian (1920-1959) dans un seul domaine. Philippe Pouchain et Yves Riou se sont intéressés de près à l'homme et à l'artiste, à l'occasion des cinquante ans de sa disparition. Leur documentaire, Du côté de chez Vian, réalisé à la Maison Boris Vian de la Cité Véron (Paris 18e), tente de cerner toutes les facettes de ce touche-à-tout toujours en avance sur son temps. Entre images d'archives inédites et témoignages de personnalités qui l'ont cotoyé -- Juliette Gréco, Michel Piccoli, Jean-Christophe Averty, Georges Moustaki, Serge Rezvani, Magali Noël, Michel Legrand,... -- ils se sont notamment entretenu avec sa seconde épouse, Ursula Vian- Kübler, aujourd'hui âgée de 83 ans. Tous racontent leurs souvenirs personnels de cette figure charismatique du Saint-Germain-des-Prés des années '50, décédé à l'âge de 39 ans en pleine projection de l'adaptation de J'irai cracher sur vos tombes, son plus célèbre roman publié en 1946 sous le pseudonyme de Vernon Sullivan et interdit à l'époque par le ministère de l'Intérieur. Cet écrivain avant-gardiste souffrait d'une fragilité cardiaque et voulait se dépêcher de vivre. "C'était un être mystique, secret, douloureux" dit Juliette Gréco, pour qui Boris Vian a composé plusieurs chansons. Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur Boris Vian, l'anniversaire de sa disparition est aussi l'occasion de multiples hommages et rééditions de son oeuvre, qui fera son entrée dès l'année prochaine dans la prestigieuse collection de La Pléiade (Gallimard). Deux grands textes, L'écume des jours et Et on tuera tous les affreux, lus par Denis Podalydès et Arthur H sortent chez Audiolib. Une compilation de chansons interprétées par Philippe Katerine et Arielle Dombasle, intitulée On n'est pas là pourse faire engueuler, sort elle chez Universal. Parmi les rééditions discographiques, on retiendra notamment le Boris Vian: leswing et le verbe de Nicole Bertolt et François Roulmann chez Textuel. Côté Bande dessinée, signalons Piscine Molitor, signée Christian Cailleaux et Hervé Bourhis aux éditions Dupuis. Enfin Les vies parallèles de Boris Vian, de l'OuLiPien Noël Arnaud reste la biographie incontournable. Pour les amoureux de jazz, la ville natale de Boris Vian, Ville-d'Avray (Hauts-de-Seine), organise un Festival Jazz à Vian gratuit pendant tout le week-end prochain au domaine national de Saint-Cloud. Les Francofolies de la Rochelle, associées au festival lyonnais des Nuits de Fourvière, programment également pour le 11 juillet un spectacle en hommage à l'artiste avec entre autres Jean- Louis Trintignant, Agnès Jaoui, les Garçons Bouchers et Arthur H." (www.republique-des-lettres.fr)
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