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  Famille : Poèsie d'aujourd'hui


Ce sujet fait partie de la famille Poèsie d'aujourd'hui. Cette famille est publique. Vous pouvez donc échanger dans cette famille sans vous y inscrire.



Auteur

Sujet : Pour nos visiteurs aimant la poésie

-grimalkin-
France
Messages : 17567

Date du message : juillet 28, 2009  13:42

C'est pour vous. N'hésitez plus à nous faire connaître aussi, les poètes d'aujourd'hui que
vous aimez. Quant à nos membres...si le coeur vous en dit....

Marcello9
France
Messages : 31

Date du message : juillet 20, 2009  04:26


Merci d'avoir ouvert votre famille que je trouve exceptionnelle par la diversité.
N'étant peu poète moi même , j'aime lire et découvrir.
Marcello

-grimalkin-
France
Messages : 17567

Date du message : juillet 20, 2009  04:54

merci à toi, Marcello, de participer par ta présence à la vie de cette famille. Et ton Nicolas
de Staël est superbe ! je ne sais pas si comme simple visiteur tu peux le mettre dans
notre album , mais si tu m'y autorises, je l'éditerai. Tes Picasso aussi, sont très beaux.
Poésie , peinture et musique ont toujours fait bon ménage.




Marcello9
France
Messages : 31

Date du message : juillet 20, 2009  05:03


Ma chère Grimalkin, je t'autorise à mettre tout ce que tu veux venant de mon profil
pas de problème .
Merci de tes aprèciations , je suis honoré.
Marcello

-grimalkin-
France
Messages : 17567

Date du message : juillet 23, 2009  03:55

merci Marcello de "passer" ainsi dans la famille ...

Marcello9
France
Messages : 31

Date du message : juillet 24, 2009  02:49


Connaissez vous Sylvia Plath ?

La lune et le cyprès

Cette lumière est celle de l’esprit, froide et planétaire,
Et bleue. Les arbres de l’esprit sont noirs.
L’herbe murmure son humilité, dépose son fardeau de peine
Sur mes pieds comme si j’étais Dieu.
Une brume capiteuse s’est installée en ce lieu
Qu’une rangée de pierres tombales sépare de ma maison.
Je ne vois pas du tout où cela peut mener.

La lune n’offre aucune issue, c’est un visage morne
D’une blancheur d’os effroyable.
Elle traîne derrière elle l’océan comme un crime obscur ; elle est calme,
Trou béant de désespoir total. J’habite ici.
Deux fois tous les dimanches les cloches ébranlent le ciel ?
Huit langues puissantes annoncent la Résurrection.
À la fin, seul vibre le son grave de leur renommée.

Le cyprès se dresse alors, gothique.
Aux yeux levés sur lui, il désigne la lune.
La lune est ma mère. Elle n’a pas la patience de Marie.
Son vêtement bleu laisse échapper chauves-souris et hiboux.
Je voudrais tellement pouvoir croire à la tendresse ?
Au visage de cette effigie, adouci par la lueur des cierges,
Qui poserait sur moi son regard bienveillant.

Je suis tombée de trop haut. Des nuages fleurissent,
Mystiques et bleus, à la face des étoiles.
Dans l’église les saints doivent être tout bleus,
A frôler les blancs glacés de leurs pieds délicats,
Et leurs mains et leur visage tout engourdis de sainteté.
La lune ne voit rien de tout cela. Elle est chauve, elle est cruelle.
Et le message du cyprès n’est que ténèbres – ténèbres et silence.

(dans Poezibao)

Sylvia Plath, Ariel, traduction Valérie Rouzeau, Gallimard, 2009, p. 59 et 60



Lettre d'amour (1960)

Pas facile de formuler le changement que tu as fait en moi.

Si je suis en vie maintenant, j'étais alors morte,

Bien que, comme une pierre, indifférente totalement,

je restais là immobile suivant mon habitude.

Tu ne m'as pas seulement bougée d’un pouce, non -

Ni même laissé ajuster mon petit Œil nu

A nouveau vers le ciel, sans espoir, bien sûr,

De pouvoir saisir le bleu, ou les étoiles.

Ce n'était pas ça. Je dormais, disons : un serpent

Masqué parmi les roches noires comme une roche noire

dans le hiatus blanc de l'hiver -

Comme mes voisines, ne prenant aucun plaisir

A ce million de joues parfaitement polies

Qui se posaient à tout moment afin de faire fondre

Ma joue de basalte. Et elles devenaient larmes,

Anges pleurant sur des natures monotones,

Mais je n'étais pas convaincue. Ces larmes gelaient.

Chaque tête morte avait une visière de glace.

Et je continuais de dormir, comme un doigt tordu

La première chose que j'ai vue n'était que de l'air pur

Et ces gouttes enfermées qui montaient en rosée,

Limpides comme des esprits. Tout alentour

Beaucoup de pierres compactes et inexpressives

Je ne savais pas quoi faire de cela.

Je brillais, écaillée de mica,

et déroulée pour me déverser tel un fluide

Parmi les pattes d'oiseaux et les tiges des plantes.

Je ne m’étais pas laissé berner. Je t'ai reconnu aussitôt.

L'arbre et la pierre scintillaient, sans ombres.

La longueur de mes doigts a grandi, lucide comme du verre.

J'ai commencé à bourgeonner comme rameau de mars :

Un bras et une jambe, un bras, une jambe.

De pierre au nuage, ainsi je me suis élevée.

Maintenant je ressemble à une sorte de dieu

Je flotte à travers l'air, âme tournoyante,

Aussi pure qu'un pain de glace. C'est un don.

(traduction de Sylvie Doizelet, Gallimard, 2002)


Sylvia Plath, née le 27 octobre 1932 et morte le 11 février 1963, est un écrivain américain
ayant produit essentiellement des poèmes, mais aussi un roman, des nouvelles, des
livres pour enfants et des essais. Si elle est surtout connue en tant que poète, elle tire
également sa notoriété de son roman The Bell Jar (en français, La Cloche de détresse),
une œuvre quasi-autobiographique qui décrit en détail les circonstances de sa première
dépression, au tout début de sa vie d'adulte.

Depuis son suicide en 1963, Sylvia Plath est devenue une figure emblématique dans les
pays anglo-saxons, les féministes voyant dans son œuvre l'archétype du génie féminin
écrasé par une société dominée par les hommes, et les autres voyant en elle une icône
dont la poésie, en grande partie publiée après sa mort, fascine comme la bouleversante
chronique d'un suicide annoncé.



-grimalkin-
France
Messages : 17567

Date du message : juillet 25, 2009  05:07

Oui, Marcello, nous connaissons et aimons Sylvie Plath et sa destinée tragique.
j'essaierai de retrouver pour toi ce que nous avons publié d'elle. Peut-être dans l'autre
famille "révélations poétiques" Si Epsilon était là...il trouverait tout de suite...il connait tous
ses dossiers par coeur...ce qui n'est pas mon cas.Les poètes, on en parle jamais trop, il
faut dire et redire afin de mieux faire connaître à ceux qui ignorent encore.

-grimalkin-
France
Messages : 17567

Date du message : juillet 27, 2009  04:15

pour marcello, j'ai retrouvé dans "Révélations poétiques" le post qui parle de Sylvia Plath :
il s'intitule :" Trois femmes trois destins"


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