Présentement sur Amicalien
Les membres en ligne : 178
Les nouveaux membres : 55
Anniversaires aujourd'hui : 41
Famille : Poèsie d'aujourd'hui
Ce sujet fait partie de la famille Poèsie d'aujourd'hui. Cette famille est publique. Vous pouvez donc échanger dans cette famille sans vous y inscrire.
![]()
Auteur
Sujet : Attention danger poèsies
|
Epsilon |
Date du message : septembre 22, 2009 00:58 |
||
|
Poème de la fin ce qui meurt nous reste sur les bras mais nous on n'a rien à voir avec la mort c'est elle qui vient nous serrer du dehors seulement un jour de plus au bout d'un jour au jour le jour ainsi des années durant l'apprivoiser simplement et sans bruit elle se tait et croît doucement même au soleil d'une journée de printemps dans le remuement des corps lui faire sa part la bna-liser autant que possible pour parvenir à croire un peu qu'elle fait partie des choses et que cela est bon ainsi au moins tout le monde sait ce que cela veut dire il est mort c'est simple elle recule encore plus au fond et nous ne verrons guère les visages que par accident remous un pas lourd un rire une poigne puis un peu d'eau ou de temps recouvrent le peu puis rien mais de façon presque claire on entend ce qu'on ne voit plus tomber profond loin dedans on rôde autour d'un manque une zone devenue d'ombre vite cela tient mal à la mémoire on reste autour du creux les bords s'éboulent dedans bientôt on ne verra plus qui pleure on dort avec elle au fond de soi comme un chien roulé en boule on sait que montera un jour ou l'autre un vent de terre et on attend les yeux ouverts un corps infusé d'encre une éponge gorgée et dans la bouche la terre au lieu des mots les mots pesant enfin leur poids exact terre et corps dehors et dedans et plus rien d'autre que de l'herbe ou des arbres d'ordinaire les choses vont et nous aussi nous allons avec les choses c'est clair mais parfois il y a ce qui s'arrête ou s'abat en bloquant et on est brutalement à nouveau où il faut rire fou tout seul on racle encore entre le mensonge ancien et ce qui vient on a du mal à rester debout à la fin qu'est-ce qu'on a donc à voir avec la vie la mort on bouge avec ce qui bouge on se tait avec ce qui reste il n'y a pas grand-chose d'autre Antoine Emaz C'est Deyrolle, 1992. *Ce message a été édité le 10-Mar-2009 2:46 PM par Epsilon*
|
|||
|
Epsilon |
Date du message : mars 10, 2009 15:00 |
||
|
De la nature d'un système chaotique La nature d'un système chaotique est d'amplifier les erreurs de départ La caractéristique de toute turbulence est d'être dominée par des comportements non linéaires Deux feuille de papier posées exactement l'une à côté de l'autre se séparent toujours au bout d'un instant Les chemins que l'on pose à l'envers dans le ciel ne deviennent pas de suite le double de nos ombres Ni la lumière qui pleure des nombres dans le noir Toute beauté commence quand deux feuilles de papier posées exactement l'une à côté de l'autre se séparent au bout d'un instant La poésie a aussi un comportement non linéaire Tout poète écrit en même temps sur deux feuilles de papier posées exactement l'une à côté de l'autre et qui le séparent au bout d'un instant Le poème double qui en surgit est l'origine de la séparation de tous les poèmes ou le possible d'une nouvelle unité impossible de la réconciliation Le rouge-gorge debout au-dessus du téléviseur éventré n'a pas de nom dans le dictionnaire des dictionnaires Son nom dans la nuit est devenu le jumeau de tous les noms Serge PEY
|
|||
|
Epsilon |
Date du message : mars 10, 2009 15:20 |
||
|
Le poids d'une éponge croit Le poids d'une éponge croit en proportion avec le nombre de gouttes d'eau qu'elle absorbe Mais aucune éponge ne peut absorber toute l'eau du monde Quand une éponge est saturée personne ne peut prévoir le comportement de l'eau qu'elle n'absorbe plus ni le comportement du monde Il faut imaginer pourtant une éponge qui absorberait toute l'eau du monde Nous la mettrions à la place de notre mouchoir dans la poche du coeur Nous serions un bateau Nous serions le sel Nous serions tous les fleuves du monde qui se jettent dans le ciel Une éponge est comme une valise pure qui contiendrait tout nos chemins Chaque fois que nous achetons une valise nous croyons qu'elle va diminuer le poids des affaires que nous y rangeons dedans La valise idéale consiste à diminuer le poids de ce que nous y transportons jusqu’à ne peser que son poids de valise ou à devenir plus légère que ce qu'elle était au départ jusqu'à ne plus exister Dans une éponge idéale on peut ranger toute la mer si on la place dans la poche du coeur Dans une valise idéale on peut ranger tout l'univers la troupe engloutie des étoiles une seule fourmi un seul amour Dans un poème on peut ranger tout l'avenir qu'on voudrait faire exister Serge PEY Mars 2004
|
|||
|
Epsilon |
Date du message : mars 10, 2009 15:21 |
||
|
Les cris vains Personne à qui pouvoir dire que nous n'avons rien à dire et que le rien que nous disons continuellement nous nous le disons comme si nous ne disions rien comme si personne ne nous disait même pas nous que nous n'avons rien à dire personne à qui pouvoir le dire même pas à nous Personne à qui pouvoir dire que nous n'avons rien à faire et que nous ne faisons rien d'autre continuellement ce qui est une façon de dire que nous ne faisons rien une façon de ne rien faire et de dire ce que nous faisons Personne à qui pouvoir dire que nous ne faisons rien que nous ne faisons que ce que nous disons c'est-à-dire rien Ghérasim Luca .Héros-Limite (poésie/Gallimard)
|
|||
|
Epsilon |
Date du message : mars 10, 2009 15:37 |
||
|
La neige offrait ses caresses aux sapins saccagés, et toi qui voulais serrer les étoiles sur ta poitrine, tu aidais la nuit à tomber, tu lui confiais la neige qui faisait des maisons minuscules sur chaque aspérité des branches à terre, et les sapins se consolaient de mourir sous cette blancheur qui laissait comme un vide étrange dans ton envie de pleurer. Richard ROGNET
|
|||
|
Epsilon |
Date du message : mars 10, 2009 17:17 |
||
|
Je ne me demande pas Je ne me demande pas Si je suis vivant dans ce vent Je respire et le souffle Qui était le mien va au vent D'où il venait dans le nouveau souffle Qui est le mien et le sera Dans le même vent Jusqu'à ma mort Je ne me demande pas Si je pèse ou ne pèse pas Au chemin d'air Je ne questionne personne Surtout pas moi Je déteste penser et répondre Ce matin il n'y a ni demande ni réponse Inscris-le mon âme sur le Tout Et sur le rien Où tu vas et d'où tu viens Inscris-le en lettres d'air sur l'air et rien Jacques Chessex, Le désir de la neige . Grasset, 2002
|
|||
|
Epsilon |
Date du message : mars 11, 2009 03:33 |
||
|
LIANT DELIANT Doutant du regard doutant de la voix doutant du passage réel de l'amour dans les bois enroués par l'hiver Suivant le courant la voie des rivières relisant du coeur les points les accents la course légère de ses lignes bien espacées Doutant redoutant l'arrêt du soleil des songes du temps des dons du sommeil ne redoutant plus l'air en mouvement l'écriture claire liant reliant déliant l'émoi de sa mécanique légère LA DOGANA Est-ce que je crois en Dieu, je ne sais je ne sais plus il faut que j'oublie et je t'invente le matin lorsque je vais le long des quais vers la Douane de la mer payer le prix qu'il faut à l'instable fortune la forme verte et noire et couturée des femmes pour voir mon vrai lion, son cours et son discours sa crinière de force à tes reins savoureux et l'aigle rouge du désir adoucie par le temps, adorée par le bleu où l'amour a son rang de plumes et de pensées. Devant l'inépuisable beauté des eaux et la rose de la tour l'automne fait sonner la cloche des brouillards il est temps d'acquitter les droits de l'amour jeune tout le prix d'amour fier affrontant les années. Avec la grâce en son péril, il faut patience il faut le peuple de la main pour ouvrir cette ville ou cette vie profonde produire un vrai lion qui marche sur la mer et dans l'espace des amants mène la barque noire et rebroussée du temps. HENRY BAUCHAU: Poésie 1950-1984
|
|||
|
Epsilon |
Date du message : mars 11, 2009 09:00 |
||
|
Sur le chemin des étoiles de mer A Federico Garcia Lorca quel vent soufle sur la solitude du monde pour que je me rappelle les êtres chers frêles désolations aspirées par la mort au-delà des lourdes chasses du temps l'orage se délectait à sa fin plus proche que le sable n'arrondissait déja sa hanche dure mais sur les montagnes des poches de feu vidaient a coups sûrs leur lumière de proie blême et courte tel un ami qui s'éteint dont personne ne peut plus dire le contour en paroles et nul appel à l'horizon n'a le temps de secourir sa forme mesurable uniquement à sa disparition et ainsi d'un éclair a l'autre l'animal tend toujours sa croupe amère le long des siècles ennemis à travers des champs certains de parade d'autres d'avarice et dans sa rupture se profile le souvenir comme le bois qui craque en signe de présence et de disparate nécessité il y a aussi les fruits et je n'oublie pas les blés et la sueur qui les a fait pousser monte a la gorge nous savons pourtant le prix de la douleur les ailes de l'oubli et les forages infinis à fleur de vie les paroles qui n'arrivent à se saisir des fait a peine pour s'en servir pour rire Le cheval de la nuit a galopé des arbres à la mer et réuni les rênes de mille obsurités charitables il a traîné le long des haies où des poitrines d'hommes retenaient l'assaut avec tous les murmures accrochés à ses flancs avec tous les immenses rugissements qui se rattrapaient tout en fuyant la puissance de l'eau incommensurables ils se succédaient tandis que de tout petits murmures ne pouvaient être engloutis et surnageaient dans l'invincible solitude ou passaient les tunnels les forêts les troupeaux de villes les mers harnachées un seul homme au souffle de plusieurs pays réunis en cascade et glissant sur une lame lisse du feu inconnu qui s'introduit parfois la nuit pour la perte de ceux que le sommeil assemble dans leur profond souvenir mais ne parlons plus de ceux qui se sont liés aux branche fragiles aux mauvaises humeurs de la nature ceux-là même qui subissent les coups rudes tendent la nuque et sur le tapis de leurs corps quand les oiseaux ne picorent pas les graines de soleil sonnent les bottes rigides des conquérants ils sont sortis de ma mémoire les oiseaux cherchent d'autres printaniers emplois a leurs claculs de sinécures par troupeaux charmants d'affolements le vent à leurs trousses que le désert leur soit compté au diable les fins avertissements les divertissements coquelicots et compagnie le froid gratte la peur monte l'arbre sèche l'homme se lézarde les volets battent la peur monte aucun mot n'est assez tendre pour ramener l'enfant des routes qui se perd dans la tête d'un homme au bord de la saison il regarde la voûte il regarde l'abîme cloisons étanches la fumée dans la gorge le tolt s'effrite mais l'animal fameux arc bouté dans l'attention des muscles et tordu sous le spasme de la fuite vertigineuse de l'éclair de roche en roche se déchaîne refait son monde à la mesure de son joug pilleur de mers tu te penches sous l'attente et te lèves et chaque fois que tu salues la mer ivre à tes pieds sur le chemin des étoiles de mer déposées par colonnes d'incertitude tu te penches tu te lèves saluts brassés par bandes et sur le tas il faut pourtant que tu marches même en évitant les plus belles il faut pourtant que tu marches tu te penches sur le chemin des étoiles de mer mes frères hurlent de douleur à l'autre bout il faut les prendre intactes ce sont les mains de la mer que l'on offre aux hommes de rien glorieux chemin sur le chemin des étoiles de mer " alcachofas alcachofas " c'est mon beau Madrid aux yeux d'étain à la voix fruitée qui est ouvert a tous les vents vagues de fer vagues de feu il s'agit des splendeurs de la mer il faut les prendre intactes celles aux branches cassées renversées sur le chemin des étoiles de mer où mème ce chemin il mène à la douleur les hommes tombent quand ils veulent se redresser les hommes chantent parce qu'ils ont goûté à la mort il faut pourtant marcher marche dessus le chemin des étoiles de mer par colonnes d'incertitude mais on s'empêtre dans la voix des lianes " alcachofas alcachofas " c'est mon beau Madrid aux feux bas ouvert à tous les vents qui m'appelle - longues années - des orties c'est une tête de roi fils de pu-tain c'est une tête c'est la vague qui déferle c'est pourtant sur le chemin des étoiles de mer que les mains sont ouvertes elles ne parlent pas de la beauté de la splendeur rien que des reflets de minuscules cieux et les imperceptibles clignements des yeux autour les vagues brisées pilleurs de mers mais c'est Madrid ouvert à tous les vents qui piétine la parole dans ma tête " alcachofas alcachofas " chapiteaux des cris raidis ouvre-toi coeur infini pour pénètre le chemin des étoiles dans la vie innombrable comme le sable et la joie des mers qu'elle contienne le soleil dans la poitrine où brille l'homme du lendemain l'homme d'aujourd'hui sur le chemin des étoiles de mer a planté le signe avancé de la vie telle qu'elle se doit de vivre le vol librement choisi de l'oiseau jusqu'à la mort et jusqu'à la fin des pierres et des âges les yeux fixés sur la seule certitude de monde dont ruisselle la lumière rabotant au ras du sol TRISTAN TZARA *Ce message a été édité le 11-Mar-2009 9:07 AM par Epsilon*
|
|||
|
Epsilon |
Date du message : mars 13, 2009 14:25 |
||
|
TU M'AS JAMAIS VU TOI Tu ne m'as jamais vu toi dépasser le sel des morts avec des gestes de vertige les paumes alertes aux grenades du soleil le visage inquiet dans les coulisses des fables la chevelure noire comme un toit qui s'écroule le cœur par terre à réparer ses désastres à ce point défait pour finir dans la cendre avec des os qui fendent la pierre tu ne m'as jamais vu toi les yeux plus paisibles qu'une planète je m'éclipse comète vers l'aube dans une fournée d'étoiles pour dépasser l'horaire que tu me donnes à suivre tu ne m'as jamais vu toi quand je m'éveille aussi vaste que la terre - Robbert Fortin, 24/01/05
|
|||
|
Celyes |
Date du message : mars 13, 2009 20:25 |
||
|
L'île de la cité Assis sous le grand saule de l'île de la Cité je peux rester des heures à regarder les bateaux défiler des images s'accumulent dans mes yeux la Seine c'est plus petit qu'un front dans les mains d'une femme elle tend ses quais ses ponts ses brumes avec les mêmes soupirs qu'elle pousse envers les hommes la nuit la lenteur fausse le sommeil de l'eau quelquefois des noyés remontent avec eux un carnet de regrets les morts voyagent avec leurs larmes la lune à leur chevet se glisse un passant se permet d'y laisser ses sanglots comme on pleure en son lit un amant disparu nul coeur n'a l'amour qu'il désire Robbert FORTIN *Ce message a été édité le 13-Mar-2009 8:41 PM par Celyes*
|
|||
|
Epsilon |
Date du message : mars 14, 2009 03:11 |
||
|
Paysage de ta tombe Et désormais tu dors en moi avec tes mains de gisant, avec tes yeux couleur de menthe Tu dors avec tes mains feutrées, la croix posée sur tes matins et maintenant tu restes couvert des larmes du silence Et désormais demeure en moi avec ton corps de pierre, ta respiration de dormeur dans l’eau originelle des matins de lumière La mousse a recueilli la pierre de tes mains, les rires de ta voix Tu dors en moi avec ta présence de vie sur le granit de la tombe, tes yeux fermés sur la lumière, ton coeur battant au creux du mien Et désormais, tu dors au centre du coeur avec tes mains de silence et de nuit, ton visage de pierre au centre de la pierre du corps et je porte la pierre de ta vie, la pierre de lumière Au centre de mon coeur avec l’oiseau de tes ailes qui se heurte contre la paroi de mes côtes et l’angoisse veloutée de ton absence à être Tu dors en moi dans la tranquillité insoumise de ta bataille, dans l’étroitesse meurtrie de tes poumons de pierre Tu respires avec la respiration calmée d’un nageur de hauts fonds dans l’eau originelle d’une transformation de méthode Et chaque élément de ton corps est une porosité de toi qui court le monde Tu dors en moi comme un placenta de pierre et de vie où coulent les liquides d’une métamorphose de souffle, où l’on soutient ta tête pour une nouvelle bataille de limon et de nuit Et désormais tu transformes ton corps en couleur et l’oeuvre reste dans le regard si vert d’un matin de printemps Tu habites le monde et la pierre. Tu es là dans la pierre du monde et le squelette de ta vie est une merveille de construction fine, une pureté menue de chevilles quand se détachent les tendons et ne reste que la beauté magique de ton architecture de lumière, dans l’Iris de Suse des matins Tu habites par la dentelle d’un corps délivré du temps la tombe couverte de neige ou irisée d’un cristal de rythme l’architecture de ta construction, la blancheur nacrée d’une main devenue phalange Dans les transformations de ton corps opèrent les saisons comme des nidifications de feuilles Tu es posé sur l’étrangeté des mondes, dans le coeur dormant de la nuit, et les larmes coulent sur ton cercueil de neige, dans la dentelle de tes mains d’os et de pierre Tu restes cet élancement aussi beau dans la mort que dans la vie, cette architecture noble que jamais ne touche l’effroi d’une pourriture Tu t’en sors, tu passes par là, mais tu t’en sors avec ton visage devenu d’os et de nuit où creusent les orbites de tes yeux. Mais ton regard est toujours là, ton regard de peintre posé sur le mannequin drapé Tu habites le monde des couleurs et le paysage se retrace derrière tes orbites dans la pureté inoubliable de ton élan vers le monde. BEATRICE BONHOMME ********* Nidification de la lumière Tu es devenu ce dormeur de l’eau originelle. Tu dors dans ce placenta de pierre et de vie où coulent les liquides d’une transmutation de souffle, où l’on soutient ta tête pour une nouvelle bataille de limon et de nuit Désormais, tu demeures dans cette pulsation amniotique, et le placenta garde la forme d’une étoile de mer, d’une anémone lentement tremblée par le rythme de ton coeur Tu dors en moi dans l’éponge nourricière striée de vaisseaux où coule l’échange de nos vies et ton coeur bat dans mon coeur la pulsation-seconde d’une année lumière Les yeux fermés sur le vert, tu reposes dans l’élément liquide d’une transformation de larmes, et ton souvenir est un souvenir aquatique dans la matrice du monde Désormais, tu habites en moi dans le coeur matriciel de la lumière et ta mutation est invisible au plus secret d’un éclair de larmes Tu demeures dans l’étendue émotionnelle de cette eau qu’il te faut traverser dans le flux et le reflux des marées depuis le mouvement perpétuel de ton silence La neige sur la tombe a coulé, entraînant la fonte des blocs et des limons, ne laissant que les membranes, les fibrillations de ton nuage Tu dors avec la respiration calmée d’un dormeur dans l’eau latente d’une transformation de méthode et chaque élément de toi devient la porosité d’un pleur dans l’afflux d’un cristal de rythme Les yeux ouverts sur la lumière, je t’ai porté comme un passeur où coule la neige de notre échange dans la mutation non visible de nos transformations de coeurs Les larmes coulent sans fin comme une dentelle de lait sur ton cercueil de neige où s’accomplit la lutte d’une respiration à trouver Raz de marée dans le déchirement de la mer, je te porte au travers des longues dunes de sable où tu émerges ruisselant dans l’éternité du silence Le vent coule sur la mer et s’effiloche les traînées de ciel dans la brillance d’une crête de vague où baigne le lin de ton drap Et ton coeur enfin frappe au creux de mon coeur, dans le liquide amniotique de mon sang où l’échange de la vie et de la lumière a été transformé en amour Vifs et morts tous deux ensemble, nous traversons la neige originelle. BEATRICE BONHOMME
|
|||
|
Epsilon |
Date du message : mars 14, 2009 08:13 |
||
|
Atefeh Rajabi, une jeune iranienne, exécutée pour avoir été violée à plusieurs reprises par un ex gardien de la révolution de 51. Se sachant con*****ée à mort et désespérée, elle retira son hijab et lança sa chaussure à la figure du juge qui la pendit lui-même : Atefeh Rajabi Sahhaleh, Etre Iranienne. Avoir seize ans. Pas eu le temps, sauf quelques pas, Une porte qu’elle voulait ouvrir. Pour vivre, quelques pas. Le regard échangé serait la première clef qui tourne, L’ouverture d’un baiser, Une chambre amoureusement. * Le juge a rugi. Sera pendue et très haut, d’une grue pour bien détacher de la terre. C’est parfait. C’est quelque chose qu’on voudrait montrer à Dieu. Dieu n’est jamais là. Pas besoin. Il ne dit rien à une fille qui se débat - si furieuse qu’elle crie, criant aussi. * Calmement bougent une corde, une grue, un ciel s’écartant toujours plus. Qu’ils le fassent, Un baiser est d’une lenteur plus haute. Plus la mort commence, plus c’est la vérité seulement Qui caresse le cœur. Une jeune fille qui se balance, La mort a lieu en dessous. Ariane Dreyfus .Iris, c’est votre bleu.Castor astral
|
|||
|
Epsilon |
Date du message : mars 15, 2009 03:39 |
||
|
Bienveillance Ce qui de tout homme paraît dans la hauteur, je dois Encore l'élever. Car sa misère est elle-même Un des modes de l'apparence. Et la réalité Veut qu'ici j'aie été jeté, sel de l'incertitude, Sur la neige intacte du temps, ne sachant rien, n'ayant Rien vu, et si vite oublieux qu'il faut tout réapprendre A chaque instant. Ainsi par la vitre de l'autobus Dont la fraîcheur suffit le soir à mes tempes, le ciel Depuis longtemps perdu s'éclaire a nouveau dans les yeux D'un enfant qui regarde. Il est bon de pouvoir aussi Faire don aux petits d'un simple bout de bois ou d'un Caillou recueillis sur le bord indistinct du désordre Où mes doigts gouvernés ne trouvent plus le libre fil Qui gouverne. Et, comme un soleil invisible touchant Le flanc d'un nuage, en retour m 'effleure la lumière De l'émerveillement ouvert entre leurs doigts qui prennent Sans jamais l'assombrir la Jure offrande, le Présent. Cependant n 'est-ce pas dans l'indistinct qu'ils vagabondent Eux aussi, pareils aux petits de la louve ou du tigre Qui savent tout de l'innocence? - À la fin nous voici Nous, durement parachevés par l'amour et le crime Comme deux miroirs opposés ou s'effacent nos bornes Dans l'espace illusoire d'un salut: rien ne répond A l'emphase de nos paroles; rien jamais ne suit Nos gestes éperdus dans un désir de conséquences Et rien, entre les dés hasardant l'un ou l'autre nombre, Ne décide. Mais il y a comme une bienveillance Dans les bras du sommeil qui ne sont les bras de personne, Dans le ruissellement figé de la pierre, dans l'eau Ancrée a sa lente, dans l'herbe infatigable, dans Les mots sur nos lèvres parfois nés d'une autre semence, Et la longueur du soir sous les arbres; comme un élan De l'obscur vers le seuil en nous brisé de la lumière. JACQUES REDA
|
|||
|
Epsilon |
Date du message : mars 15, 2009 04:13 |
||
|
Nuit noire, nuit blanche (extrait) Elle dort sans défense pendant que ça fouille dans son terreau à rêves jusqu'au plus lointain, jusqu'au-delà des racines de tout. Ses mains sont libres d'elle et bougent. Sa bouche bredouille . des bouts d'enfance entre deux souffles apaisés. Parfois, ce qui remue ou qui luit au fond d'elle dans les débris d'anthracite, c'est une ivresse délicate. Alors ses lèvres, ses yeux fermés . sont à merveille un sourire. Parfois, ça lutte dessous sa peau brutalement, un pugilat sans fin. Ce sont ses monstres privés. Ces nuits-là, on voit de l'effroi. Toutes les tendresses butent . sur ce violent désarroi. Plus tard, on entend le très lèger bruit du ressac. La mer tranquille à nouveau roule des brisures de coquilles sur le sable de ses paupières, lentement. Philippe Longchamp
|
|||
|
Epsilon |
Date du message : mars 15, 2009 18:42 |
||
|
Ecrire encore Qui sait où la mort a dressé son camp volant où elle tient son dernier concile si c'est du côté des ecchymoses que l'on voit sur la peau des villes aux cloisons aux coursives au long des grands panneaux aveugles près des trous des chantiers des terrains vagues dans le petit matin des banlieues Quand blafard vient aux lèvres et solitude ou dans l'effloraison de l'amandier en neige Tenez Voici pour la vie des mots à coudre jetés en pâture à l'urgence ficelés tout rouges et criants avec les parois des kiosques Prenez ces déchets des fossoyeurs d'images Dressez-leur une mémoire contre la mort dans la vie brève Et que se mettent en place les blocs mouvants du poème Jean-Marie Barnaud "Bleu et quoi d'autre"( Cheyne)
|
|||




