Les libertés qu’on prend avec les règles de la langue française manifestent, semble-t-il, une dépréciation, voire un mépris, pour tout enseignement qui ne débouche pas sur un usage nécessaire et concret dans la vie d’un homme. Les mathématiques, les sciences exactes, les langues vivantes connaissent un succès grandissant alors que le français, l’histoire et la géographie, la philosophie, la littérature, et je ne parle pas du latin ou du grec …, constituent des disciplines suspectes de ne pas servir à grand-chose. Personne ne s’interroge sur l’utilité d’un bac scientifique et beaucoup se résignent au bac littéraire en espérant d’hypothétiques portes de sortie. Or, il est parfois affligeant de constater le degré d’inculture d’un certain nombre de personnes, médecins, ingénieurs, juristes au point qu’on peut se demander si une partie de l’élite d’aujourd’hui n’est pas constituée de monstres à l’expertise étonnante dans un savoir spécialisé mais infirmes de ces connaissances apparemment inutiles mais essentielles à tout « honnête homme ». Dire à un enfant que l’orthographe et la grammaire apprennent à penser par l’éducation de l’esprit d’*****yse et de synthèse ou que a philosophie permet de former le jugement et par conséquent de conduire sa réflexion sans se laisser dominer par des a priori ou des idées à la mode, ne l’empêchera pas d’estimer que l’étude de ces disciplines ne l’aideront pas à trouver du travail… et il n’aurait peut-être pas tout à fait tort. Alors, je me demande si le chômage qui pousse les jeunes à rechercher les voies les plus efficaces pour trouver un emploi, n’a pas pour conséquence de former des générations au savoir de plus en plus spécialisé mais bien loin de la culture générale si nécessaire à l’équilibre humain et finalement à un certain bonheur ?