Taillée à coups de hache dans un bois d’olivier,
Il avait une gueule de bucheron ridé,
Les allures d’un ours tout droit sorti des bois,
Un air de chemineau, vagabond, hors la loi,
Qui portait la misère du monde sur le dos
On croyait voir en lui le vieux Quasimodo...
Mais quand s’appliquait à écrire des vers,
Il devenait poète, baladin ou trouvère.
Il cueillait des étoiles dans le ciel de ses nuits
Pour réchauffer les draps des froidures de son lit.
Son âme s’envolait au dessus des forêts;
Il était amoureux des belles qui passaient
Et rêvait quelquefois de serrer dans ses bras
Une qui saurait aimer un visage trop ingrat.
Un ange ou une fée, il ne saurait le dire,
Lui donna un baiser qui valait un empire.
Il se frotta les yeux et regarda le ciel
Et vit à l’horizon l’étoile de Noël,
Et juste sous l’étoile, deux grands jolis yeux bleus
Et un sourire aimant qui lui disait bien mieux
Que ses vers maladroits, sa beauté et son charme
Et sur sa peau ridée, scintilla une larme…
Ulysse - 20 décembre 2012