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Epsilon 
Admin famille
France 
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Date du message :
juillet, 2008 14:46
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Un sujet qui nous attendait bien sagement, oui à force de fréquenter les poètes, on pouvait vraiment pas passer à côté de Jésus-Christ, entre ceux qui se sont convertis comme Claudel, ceux ou celles qui ont donné leur vie à Jésus comme Marie-Noêl, ou bien ceux qui comme Germain Nouveau par exemple après une vie de débauche, se sont refugiés dans le Christ,on trouvera des auteurs auxquels on s'attendra peut être pas comme Blaise Cendrars!
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Journal
Christ Voici plus d’un an que je n’ai plus pensé à Vous Depuis que j’ai écrit mon avant-dernier poème Pâques Ma vie a bien changé depuis Mais je suis toujours le même J’ai même voulu devenir peintre Voici les tableaux que j’ai faits et qui ce soir pendent aux murs Ils m’ouvrent d’étranges vues sur moi-même qui me font penser à Vous.
Christ La vie Voilà ce que j’ai fouillé
Mes peintures me font mal Je suis trop passionné Tout est orangé.
J’ai passé une triste journée à penser à mes amis Et à lire le journal Christ
Vie crucifiée dans le journal grand ouvert que je tiens les bras tendus Envergures Fusées Ebullition Cris. On dirait un aéroplane qui tombe. C’est moi.
Passion Feu Roman-feuilleton Journal On a beau ne pas vouloir de soi-même Il faut parfois crier
Je suis l’autre Trop sensible
Blaise CENDRARS, Du Monde entier (composé en août 1913)
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Epsilon 
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France 
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Date du message :
juillet, 2008 18:04
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Jour de Dieu
Tu ne reviendras plus dans le chaud de l’étable Tandis que tes deux mains saignent sur les rosiers
Tu vas et tu souris Les pampas de tes yeux soulèvent des gazelles Soudain les arbres font un doux cliquetis d’ailes la cloche du souper berce le monastère
Je marche près de Toi Ta croix est plus légère Et nous nous arrêtons souvent sous les tonnelles
On parle à ceux qui boivent La femme qui mendiait son fils était bien brave Tu te souviens Seigneur Celui qu’on a trouvé Avec un gros bouquet de sang sur le côté
Tous les coeurs se dérident Tu es loin Et la croix a laissé un grand vide Mais ta photographie est sur la cheminée.
René-Guy CADOU, La vie rêvée, 1943.
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Epsilon 
Admin famille
France 
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Date du message :
juillet, 2008 01:36
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Chez tous les grands poètes il y a du mystique quelque part , que ce soit une soif ou un besoin religieux ou tout simplement un besoin de trouver un sens à l'homme dans ce grand tout qu'est la vie humaine sur cette terre.Avec Max Elskamp, il y a une base religieuse plutôt chrétienne on dirait?
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Crucifixion
Et maintenant une heure sonne, Est-ce pour tous, est-ce pour toi ?
Dans une ville que l’on voit Dorée dans l’air comme une automne ;
Et maintenant une heure sonne Sur des remparts dressés tout droits,
Et chauve un mont monte là-bas En sable blanc dans des viornes.
Mais à présent venus des hommes Et des femmes, et des soldats.
Des menuisiers avec du bois Et des juges en robes jaunes,
Alors on a planté des croix, Est-ce pour tous, est-ce pour toi ?
Et ciel soudain s’étant fait poix, L’éclair luit et voici qu’il tonne.
Or six heures d’après-dîné Et plein de mouches qui bourdonnent,
Expirant les crucifiés Sur leur bois pieds et mains cloués,
Celui avec au flanc sa plaie, Au front sa couronne d’épines,
Lève la tête et puis l’incline Et dans un cri l’âme exhalée,
Meurt au monde tendant les bras. Est-ce pour tous, est-ce pour toi ?
Max ELSKAMP, Les délectations moroses, Van Oest, 1923.
*Ce message a été édité le Jul 23, 2008 2:52 AM par Epsilon*
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-grimalkin- 
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Date du message :
juillet, 2008 11:57
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Durant une nuit obscure par Jean de la Croix : à mon avis, le plus beau poème d'amour pour Jésus
Durant une nuit obscure,
Des feux d’un désir amoureux avivée,
Ô merveilleuse aventure !
Hors, je me suis esquivée ;
En ma maison la paix était arrivée.
Dans les ténèbres, et très sûre,
Déguisée, la secrète échelle bravée,
Ô merveilleuse aventure !
Dans les ténèbres et lovée ;
En ma maison la paix était arrivée.
Durant cette nuit heureuse,
Dans un tel secret que nul ne me voyait,
De toute chose oublieuse,
Un simple rai m’aiguillait ;
Sa lumière chaude en mon cœur chatoyait.
Et sa clarté me guidait
Plus sûre que celle d’une mi-journée,
À l’endroit où m’attendait
L’élu de ma destinée ;
En ce lieu caché, de tous abandonnée.
Ô nuit qui sus me guider !
Ô nuit, plus aimable qu’un jour au lever !
Ô nuit qui sus nous brider,
L’amant m’ayant pu trouver ;
Aimée en l’amour, l’aimé put m’enlever !
Entre mes seins tout fleuris
Lesquels pour lui seul en entier se gardaient,
Il s’endormit là, chéri ;
Mes caresses il validait
Et l’éventail des cèdres le déridait.
Quand l’air soufflait aux bretèches,
Dénouant ses cheveux j’écartais ses mèches ;
À la nuit, de ses mains fraîches,
Il m’ouvrait au cou la brèche,
Et mes sens tout épris n’étaient plus revêches.
Terrassée et subjuguée,
Le visage sur l’aimé je reposai,
Tout cessa, j’étais au gué ;
Nul souci je ne pesai,
Oublié, parmi les lis je me grisai.
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petite précision, tout est au féminin car c'est l'âme qui parle. *Ce message a été édité le Jul 23, 2008 11:58 AM par -grimalkin-*
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-grimalkin- 
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Date du message :
juillet, 2008 12:11
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Les élagueurs par Jean Grosjean
Les Élagueurs
Le soleil de septembre sur le talus comme un printemps dans le corridor. Les baies des haies comme des cris de joie. Des restes de rosée dans l’ombre comme les pierreries de l’arc-en-ciel. Puis le ciel se voile. Le sourire de Dieu se fige. Le Fils comprend le sérieux du Père. Il entre en forêt comme un crépuscule par le chemin des élagueurs. On devine à des froissements de feuilles que les anges viennent de se retirer. Il n’y a plus que l’obscurité comme une absence de soi. Le Fils s’avance dans l’absence de soi.
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