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 Catégorie : ../Artisanat
  Famille : Révèlations poètiques.
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Ce sujet fait partie de la famille Révèlations poètiques.. Cette famille est semi-privée. Vous pouvez lire le contenu de cette famille mais vous devez vous y inscrire pour échanger.



Auteur

Sujet : Jésus-christ et ses poètes

Epsilon
Admin famille
France

Date du message : juillet, 2008  14:46

Un sujet qui nous attendait bien sagement, oui à force de fréquenter les poètes, on pouvait
vraiment pas passer à côté de Jésus-Christ, entre ceux qui se sont convertis comme Claudel, ceux
ou celles qui ont donné leur vie à Jésus comme Marie-Noêl, ou bien ceux qui comme Germain
Nouveau par exemple après une vie de débauche, se sont refugiés dans le Christ,on trouvera des
auteurs auxquels on s'attendra peut être pas comme Blaise Cendrars!

*****

Journal


Christ
Voici plus d’un an que je n’ai plus pensé à Vous
Depuis que j’ai écrit mon avant-dernier poème Pâques
Ma vie a bien changé depuis
Mais je suis toujours le même
J’ai même voulu devenir peintre
Voici les tableaux que j’ai faits et qui ce soir pendent aux murs
Ils m’ouvrent d’étranges vues sur moi-même qui me font penser à Vous.


Christ
La vie
Voilà ce que j’ai fouillé


Mes peintures me font mal
Je suis trop passionné
Tout est orangé.


J’ai passé une triste journée à penser à mes amis
Et à lire le journal
Christ


Vie crucifiée dans le journal grand ouvert que je tiens les bras tendus
Envergures
Fusées
Ebullition
Cris.
On dirait un aéroplane qui tombe.
C’est moi.


Passion
Feu
Roman-feuilleton
Journal
On a beau ne pas vouloir de soi-même
Il faut parfois crier


Je suis l’autre
Trop sensible


Blaise CENDRARS, Du Monde entier (composé en août 1913)

****





Epsilon
Admin famille
France

Date du message : juillet, 2008  18:04

Jour de Dieu


Tu ne reviendras plus dans le chaud de l’étable
Tandis que tes deux mains saignent sur les rosiers

Tu vas et tu souris
Les pampas de tes yeux soulèvent des gazelles
Soudain les arbres font un doux cliquetis d’ailes
la cloche du souper berce le monastère

Je marche près de Toi
Ta croix est plus légère
Et nous nous arrêtons souvent sous les tonnelles

On parle à ceux qui boivent
La femme qui mendiait son fils était bien brave
Tu te souviens Seigneur
Celui qu’on a trouvé
Avec un gros bouquet de sang sur le côté

Tous les coeurs se dérident
Tu es loin
Et la croix a laissé un grand vide
Mais ta photographie est sur la cheminée.


René-Guy CADOU, La vie rêvée, 1943.








Epsilon
Admin famille
France

Date du message : juillet, 2008  01:36

Chez tous les grands poètes il y a du mystique quelque part , que ce soit une soif ou un besoin
religieux ou tout simplement un besoin de trouver un sens à l'homme dans ce grand tout qu'est la
vie humaine sur cette terre.Avec Max Elskamp, il y a une base religieuse plutôt chrétienne on
dirait?

****

Crucifixion


Et maintenant une heure sonne,
Est-ce pour tous, est-ce pour toi ?

Dans une ville que l’on voit
Dorée dans l’air comme une automne ;

Et maintenant une heure sonne
Sur des remparts dressés tout droits,

Et chauve un mont monte là-bas
En sable blanc dans des viornes.

Mais à présent venus des hommes
Et des femmes, et des soldats.

Des menuisiers avec du bois
Et des juges en robes jaunes,

Alors on a planté des croix,
Est-ce pour tous, est-ce pour toi ?

Et ciel soudain s’étant fait poix,
L’éclair luit et voici qu’il tonne.

Or six heures d’après-dîné
Et plein de mouches qui bourdonnent,

Expirant les crucifiés
Sur leur bois pieds et mains cloués,

Celui avec au flanc sa plaie,
Au front sa couronne d’épines,

Lève la tête et puis l’incline
Et dans un cri l’âme exhalée,

Meurt au monde tendant les bras.
Est-ce pour tous, est-ce pour toi ?


Max ELSKAMP, Les délectations moroses,
Van Oest, 1923.












*Ce message a été édité le Jul 23, 2008 2:52 AM par Epsilon*

-grimalkin-
France
Messages : 10360

Date du message : juillet, 2008  11:57

Durant une nuit obscure par Jean de la Croix : à mon avis, le plus beau poème d'amour
pour Jésus



Durant une nuit obscure,

Des feux d’un désir amoureux avivée,

Ô merveilleuse aventure !

Hors, je me suis esquivée ;

En ma maison la paix était arrivée.



Dans les ténèbres, et très sûre,

Déguisée, la secrète échelle bravée,

Ô merveilleuse aventure !

Dans les ténèbres et lovée ;

En ma maison la paix était arrivée.



Durant cette nuit heureuse,

Dans un tel secret que nul ne me voyait,

De toute chose oublieuse,

Un simple rai m’aiguillait ;

Sa lumière chaude en mon cœur chatoyait.



Et sa clarté me guidait

Plus sûre que celle d’une mi-journée,

À l’endroit où m’attendait

L’élu de ma destinée ;

En ce lieu caché, de tous abandonnée.



Ô nuit qui sus me guider !

Ô nuit, plus aimable qu’un jour au lever !

Ô nuit qui sus nous brider,

L’amant m’ayant pu trouver ;

Aimée en l’amour, l’aimé put m’enlever !



Entre mes seins tout fleuris

Lesquels pour lui seul en entier se gardaient,

Il s’endormit là, chéri ;

Mes caresses il validait

Et l’éventail des cèdres le déridait.



Quand l’air soufflait aux bretèches,

Dénouant ses cheveux j’écartais ses mèches ;

À la nuit, de ses mains fraîches,

Il m’ouvrait au cou la brèche,

Et mes sens tout épris n’étaient plus revêches.



Terrassée et subjuguée,

Le visage sur l’aimé je reposai,

Tout cessa, j’étais au gué ;

Nul souci je ne pesai,

Oublié, parmi les lis je me grisai.


************************************************************************************************

petite précision, tout est au féminin car c'est l'âme qui parle.

*Ce message a été édité le Jul 23, 2008 11:58 AM par -grimalkin-*

-grimalkin-
France
Messages : 10360

Date du message : juillet, 2008  12:11

Les élagueurs par Jean Grosjean


Les Élagueurs

Le soleil de septembre sur le talus comme un printemps dans le corridor. Les baies des
haies comme des cris de joie. Des restes de rosée dans l’ombre comme les pierreries
de l’arc-en-ciel. Puis le ciel se voile. Le sourire de Dieu se fige. Le Fils comprend le
sérieux du Père. Il entre en forêt comme un crépuscule par le chemin des élagueurs. On
devine à des froissements de feuilles que les anges viennent de se retirer. Il n’y a plus
que l’obscurité comme une absence de soi. Le Fils s’avance dans l’absence de soi.


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