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Famille : Révèlations poètiques.
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Auteur
Sujet : Cent mille milliards de poèmes
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Epsilon |
Date du message : aout, 2008 08:48 |
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Ce post privilègie avant tout les poèmes inclassables , curieux ou bien des poètes inconnus ou oubliés qu'on ne sait vraiment pas ou mettre dans notre Famille *** D'abord ce poème de Raymond Queneau ou j'avoue que je n'y comprends au premier abord que pouic, mais avec cette oeuvre ,il laisse plein de possibilités de vers au choix de chacun comme on peut le constater dans les deux poèmes suivants!Reste à savoir si l'on y prend de l'intèrêt ou pas selon je doute un peu? *** Cent mille milliards de poèmes Du jeune avantageux la nymphe était éprise d'aucuns par dessus tout prisent les escargots la critique lucide aperçoit ce qu'il vise il ne trouve aussi sec qu'un sac de vieux fayots Je me souviens encor de cette heure exeuquise d'où Galilée jadis jeta ses petits pots aller à la grande ville est bien une entreprise lorsque pour nous distraire y plantions nos tréteaux L'esprit souffle et resouffle au-dessus de la botte comme à Chandernagor le manant sent la crotte l'autocar écrabouille un peu d'esprit latin Barde que tu me plais toujours tu soliloques les Indes ont assez sans ça de pendeloques le mammifère est roi nous sommes son cousin Raymond Queneau **** Cent mille milliards de poèmes Quand l'un avecque l'autre aussitôt sympathise pour déplaire au profane aussi bien qu'aux idiots une toge il portait qui n'était pas de mise elle soufflait bien fort par dessus les côteaux Et pourtant c'était lui le frère de feintise qui se plaît à flouer de pauvres provinciaux le gourmet en salade avale sa cytise que les parents féconds offrent aux purs berceaux Le généalogiste observe leur bouillotte on sale le requin on fume à l'échalotte lorsqu'on revient au port en essuyant un grain Barde que tu me plais toujours tu soliloques frère je t'absoudrai si tu m'emberlucoques si l'Europe le veut l'Europe ou son destin Raymond Queneau *** Pour plus d'explications!Trouvé sur RFI! combinatoire : cent mille milliards de poèmes Le plus bel exemple de combinatoire est le livre de Raymond Queneau intitulé Cent mille milliards de poèmes, paru en 1960. Cet ouvrage, composé de 10 sonnets distincts, se présente sous la forme d'une structure combinatoire, autrement dit, sous la forme d'un puzzle. Tous les alexandrins de ces sonnets sont imprimés sur des bandelettes de papier indépendamment les uns des autres. Il est donc possible de produire, en combinant les bandelettes, autant de sonnets qu'il y a de bandelettes différentes pour chaque vers (soit 10 car il y a en tout 10 sonnets). D'autre part, il y a sur chaque page 14 vers indépendants (deux fois quatre alexandrins pour les quatrains et deux fois trois alexandrins pour les tercets). Il est donc effectivement possible de produire 10 à la puissance 14, soit 100 000 000 000 000 de poèmes d'où le titre non mensonger de ce poème : Cent mille milliards de poèmes ! Queneau entreprit cette tâche incroyable d'écrire 10 sonnets différents en se pliant à un certain nombre de contraintes extrêmement strictes afin de permettre la lecture des sonnets produits quelle que soit la combinaison choisie. Parmi ces contraintes, il souhaitait travailler avec des rimes qui ne soient ni trop courantes, ni trop rares, et sans utiliser les même mots. Ceci rendant la tâche de plus en plus difficile à accomplir au fil des sonnets. Cette œuvre fut saluée par les Oulipiens comme la « première œuvre de Littérature potentielle ». *** Raymond Queneau, dans sa préface intitulée Mode d’emploi : Ce petit ouvrage permet à tout un chacun de composer à volonté cent mille milliards de sonnets, tous réguliers, bien entendu. C’est somme toute une sorte de machine à fabriquer des poèmes, mais en nombre limité ; il est vrai que ce nombre, quoique limité, fournit de la lecture pour près de deux cents millions d’années (en lisant vingt-quatre heures sur vingt-quatre). Les choses étant ainsi données, chaque vers étant placé sur un volet, il est facile de voir que le lecteur peut composer 10 à la puissance 14 sonnets différents, soit cent mille milliards. (Pour être plus explicite pour les personnes sceptiques : à chaque premier vers [au nombre de dix] on peut faire correspondre dix seconds vers différents ; il y a donc cent combinaisons différentes des deux premiers vers ; en y joignant le troisième il y en aura mille et, pour les dix sonnets, complets, de quatorze vers, on a donc bien le résultat énoncé plus haut). En comptant 45 secondes pour lire un sonnet et 15 secondes pour changer les volets à 8 heures par jour, 200 jours par an, on a pour plus d’un million de siècles de lecture, et en lisant toute la journée 365 jours par an, pour 190 258 751 années plus quelques plombes et broquilles (sans tenir compte des années bissextiles et autres détails). Raymond Queneau. ******* Très curieux aussi le poème suivant rien que par son titre déjà,une ode à la déception en somme , à déguster lentement après une bonne déception sentmentale! *** Étienne Durand (1586-1618) Stances à l'Inconstance Esprit des beaux esprits, vagabonde inconstance, Qu'Éole, roi des vents, avec l'onde conçut, Pour être de ce monde une seconde essence, Reçois ces vers sacrés à ta seule puissance, Aussi bien que mon âme autrefois te reçut. Déesse qui partout et nulle part demeures, Qui présides à nos jours et nous portes au tombeau, Qui fais que le désir d'un instant naisse et meure, Et qui fais que les cieux se tournent à toute heure Encore qu'il ne soit rien ni si grand ni si beau. Si la terre pesante en sa base est contrainte, C'est par le mouvement des atomes divers, Sur le dos de Neptune ta puissance est dépeinte, Et les saisons font voir que ta majesté sainte Est l'âme qui soutient le corps de l'univers. Notre esprit n'est que vent, et, comme un vent volage, Ce qu'il nomme constance est un branle rétif : Ce qu'il pense aujourd'hui demain n'est qu'un ombrage, le passé n'est plus rien, le futur un nuage, Et ce qu'il tient présent il le sent fugitif. Je peindrais volontiers mes légères pensées, Mais déjà, le pensant, mon penser s'est changé, Ce que je tiens m'échappe, et les choses passées, Toujours par le présent se tiennent effacées, Tant à ce changement mon esprit est rangé. Aussi depuis qu'à moi ta grandeur est unie Des plus cruels dédains j'ai su me garantir ; J'ai gaussé les esprits dont la folle manie Esclave leur repos sous une tyrannie, Et meurent à leur bien pour vivre au repentir. Entre mille glaçons je sais peindre une flamme, Entre mille plaisirs je fais le soucieux ; J'en porte une à la bouche, une autre dedans l'âme, Et tiendrais à péché, si la plus belle dame Me retenait le coeur plus longtemps que les yeux. Doncques, fille de l'air, de cent plumes couverte, Qui, de serf que j'étais, m'a mis en liberté, Je te fais un présent des restes de ma perte, De mon amour changé, de sa flamme déserte, Et du folâtre objet qui m'avait arrêté. Je te fais un présent d'un tableau fantastique, Où l'amour et le jeu par la main se tiendront L'oubliance, l'espoir, le désir frénétique, Les serments parjurés, l'ardeur mélancolique, Les femmes et les vents ensemble s'y verront. Les sables de la mer, les orages, les nues, Les feux qui font en l'air les tonnantes chaleurs, Les flammes des éclairs plus tôt mortes que vues, les peintures du ciel à nos yeux inconnues, A ce divin tableau serviront de couleurs. Pour un temple sacré je te donne ma belle, Je te donne son coeur pour en faire un autel. Pour faire ton séjour tu prendras sa cervelle, Et moi, je te serai comme un prêtre fidèle Qui passera ses jours en un change immortel. **** Deux sonnets sur la mort, pas réjouissants mais la mort fait partie de la vie aussi , non? *** Deux sonnets de Jean-Baptiste Chassignet (1570-1635 env.) Le Mépris de la vie et consolation contre la mort Sçais tu ce que c'est de vivre ? autant comme passer Un chemin tortueus; ore le pié te casse, Le genou s'afoiblist, le mouvement se lasse Et la soif vient le teint de ta levre effacer ; Tantost il t'y convient un tien ami laisser, Tantost enterrer l'autre, ore il faut que tu passes Un torrent de douleur, et franchisses l'audace D'un rocher de souspirs, fascheus à traverser. Parmy tant de destours il faut prendre carriere Jusqu'au Fort de la mort, et fuyant en arriere Nous ne fuyons pourtant le trespas qui nous suit ; Allons y à regret , L'Éternel nous y traine. Allons y de bon c'ur, son vouloir nous y meine. Plutost qu'estre trainé mieus vaut estre conduit. *** Mortel pense quel est dessous la couverture D'un charnier mortuaire un cors mangé de vers, Descharné, desnervé, où les os descouvers, Depoulpez, desnouez, delaissent leur jointure : Icy l'une des mains tombe de pourriture, Les yeux d'autre costé destournez à l'envers Se distillent en glaire, et les muscles divers Servent aux vers goulus d'ordinaire pasture : Le ventre deschiré cornant de puanteur Infecte l'air voisin de mauvaise senteur, Et le né my-rongé difforme le visage ; Puis connoissant l'estat de ta fragilité, Fonde en Dieu seulement, estimant vanité Tout ce qui ne te rend plus sçavant et plus sage. *** *Ce message a été édité le Jul 15, 2008 4:26 PM par Epsilon*
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Epsilon |
Date du message : juillet, 2008 16:09 |
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J'ai été de suite frappé par le ton des poèmes de Claude Hopil (1585-1640) tellement frappé par ses vers que je l'ai pris pour un poète mystique contemporain, une sorte de Jean Grosjean , qu'il me pardonne de la-haut, oui c'est beau ce qu'il a écrit et ça mérite surtout de ne pas tomber dans l'oubli! *** Mon âme que veux-tu ? je te vois bien contente, N’attends-tu point ici quelque don du Très-haut ? Le content ne veut rien, je suis indifférente, Je ne sais que je veux. Dieu sait ce qu’il me faut. Je n’aime pas la terre, et le Ciel même et l’Ange Me sont indifférents en tout temps et tout lieu, Je ne veux rien du tout, sans Dieu tout m’est étrange, Et ne veux désirer Dieu même que pour Dieu. Qui désire il n’a pas, pourquoi faut-il encore Souhaiter ce qu’on tient (au moins déjà par foi) ? Je renonce à moi-même, et celui que j’adore Je ne désire pas, car il est tout à moi. Je désire la grâce en qui l’âme ravie Demeure indifférente en son éternel sort : Je ne veux, s’il ne veut, ni la mort ni la vie Et je veux, comme il veut, ou la vie ou la mort. Plus grand ni plus petit, je ne voudrais pas être, Plus sage, plus savant, avoir un autre esprit, Je voudrais être saint mais non pas le paraître, N’étant rien en moi-même et tout en Jésus-Christ. Je ne voudrais changer l’être de ma nature, Par sa grâce en son temps mon Dieu la changera, En moi je ne suis rien que vent et pourriture, En mon Dieu je serai tout ce qu’il me fera. Demandant, que veux-tu de ce monde muable ? Rien du tout, pour mon âme il n’a point de beauté, Je veux Dieu simplement. Voici chose admirable : Car je veux seulement de Dieu la volonté. Je me perds en parlant de cette indifférence. Je ne sais que je veux, que je pense et je dis, Je ne veux seulement du Paradis l’essence Ou ne veux le vouloir qu’au Dieu du Paradis. Si son amour régnait dans la chartre infernale Comme elle règne au Ciel (beau séjour des bénis) L’enfer et Paradis me serait chose égale ; La Volonté divine est mon vrai Paradis. Je ne sais que je veux, que j’attends et j’espère, Je ne veux rien du tout, j’attends, j’espère tout, Et si je n’attends rien ; l’état plus salutaire Est d’être mort au monde, et n’avoir aucun goût. Je n’aime plus les Cieux, les Astres, les Archanges, Les hommes ni les Saints qu’au principe parfait : Tous objets (hormis Dieu) sont à mon âme étranges, Je suis entre les mains de celui qui m’a fait. Je n’aime plus mon Dieu ; n’est-ce point un blasphème ? Non, je ne l’aime plus ainsi que je l’aimais De cet amour sensible, où me cherchant moi-même En feignant de l’aimer, m’aimant je le fuyais. Je ne veux le servir pour crainte des supplices, Je ne veux le chérir pour gagner Paradis, L’aimer d’un pur amour sont toutes mes délices. Je me plais d’en parler, je ne sais que je dis ! Je le veux donc aimer pour sa bonté suprême, Pour ce qu’il est mon Dieu, pour ce qu’il m’aime tant Ou je le veux aimer puisqu’il veut que je l’aime, Mourant en cet état, que je serais content ! Vivre sur le Thabor, mourir sur le Calvaire, Avoir douleur ou joie en cet instable lieu, Qu’importe tout cela ? Le seul point salutaire Est d’être indifférent et laisser faire Dieu. CLAUDE HOPIL
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Epsilon |
Date du message : juillet, 2008 01:27 |
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Ce post étant destiné principalement aux curieux, mais il ne faut pas que j'oublie aussi tous les frustrés, et il y en a sur Amicalien, croyez-moi, suivez mon regard! *** SEINS Seins riches seins printaniers Rudes seins de femme Portemanteaux à deux têtes Qui allez toujours tout seuls devant Les hommes ont eu la première idée du droit en vous regardant Mais depuis longtemps les hommes d'Europe ont peur de vous O seins Précurseurs Droituriers Nous vous rendons la liberté Nous les hommes d'aujourd'hui O seins pleins d'honnêteté Sains Seins O coussins O mes saints *** Pierre Albert-Birot (1879 - 1967) Peintre, sculpteur, imprimeur, romancier, dramaturge, poète. **** COUCHER AVEC ELLE Coucher avec elle Pour le sommeil côte à côte Pour les rêves parallèles Pour la double respiration Coucher avec elle Pour l'ombre unique et surprenante Pour la même chaleur Pour la même solitude Coucher avec elle Pour l'aurore partagée Pour le minuit identique Pour les mêmes fantômes Coucher avec elle Pour l'amour absolu Pour le vice pour le vice Pour les baisers de toute espèces Coucher avec elle Pour un naufrage ineffable Pour se prostituer l'un à l'autre Pour se confondre Coucher avec elle Pour se prouver et prouver vraiment Que jamais n'a pesé sur l'âme et le corps des amants Le mensonge d'une tache originelle. 1942 ROBERT DESNOS *Ce message a été édité le Jul 16, 2008 1:34 AM par Epsilon*
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Epsilon |
Date du message : juillet, 2008 02:28 |
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Avez-vous pensé à préparer votre épitaphe? Tout comme Mathurin Règnier l'avait fait en son temps non sans un certain sens de l'humour d'ailleurs ! Epitaphe J'ai vécu sans nul pensement, me laissant aller doucement A la bonne loi naturelle, Et si m'étonne fort pourquoi La mort daigna songer à moi, Qui n'ai daigné penser à elle. Mathurin Régnier
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Epsilon |
Date du message : juillet, 2008 02:55 |
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Un très beau texte de Jacques Audiberti sur sa découverte de la grande ville qu'est Paris et en plus une bonne occasion de se souvenir de ce grand écrivain ! *** Paris fut Paris, les tours, la tour Eiffel, la tour St-Jacques, les huîtres à Noêl et les fraises pour Pâques, je t'aime. Mais dit-on elle ou dit-on il, dès lors qu'on parle de Paris? Distinguo subtil! Paris, moi, je lui dis tu. Ça suffit pour être compris. C'est toi les Invalides. C'est toi le Panthéon. Toi Victor Hugo. Toi Napoléon. Toi l'Arc de Triomphe et le chou des halles. Montmartre. Mont- rouge. Louvre. Châtelet. Mon pavé. Mon palais. Je rêve. Je vais. Je m'emballe. D'autres mieux que moi t'on chanté. Qu'importe! Comme je peux, je dis que je t'aime, Paris. Mais ma joie est morte. Les autos sont trop. De toutes parts, je reçois leurs coups de cornes, leurs longues trompes. De la Chapelle à l'octroi d'Arcueil, entre Auteuil et Vincennes, par la place Balard, je cherche. Je cherche, je cherche, je cherche Paris. Paris pour moi comme autrefois. Paris pour l'esprit, pour les pieds, pour l'oeil. Mais les autos courent sur moi. Je cueille entre les roues des morceaux de pavé. Je prends des rendez-vous furtifs avec les marbres de St-Sulpice, pauvre noix! Je me glisse de flanc. Je saute d'arbre en arbre. Les autos, vaches, vaches noires, courent sur moi. Que fais-tu, que fais-tu, mon amour? Elles sont six cents de plus chaque jour, je tremble. Je me cache derrière St-Eustache... Dit-on elle ou dit-on il? Ça m'est égal! Pas le moment. Cadillac à bâbord! quatre chevaux, Lincoln, C.D., moteurs, klaxons, le coeur... Il ne me reste plus qu'à tirer les rideaux, me mettre la ceinture, fréquenter les talus des gares de ceinture, le ca nal de Pantin, Clignancourt, le matin quand les puces ne marchent pas. Mais les quais, les quais de la Seine, pourquoi pas? Non! Elles y sont les vaches noires... Partout Renault. Partout Salmson. Fin de l'amour. Traqué, je cours. Jardin des Plantes. Le cabanon du sanglier. Je force le trou. Je m'affale. Il me dit:« Frère, qu'avez-vous?» - Les autos, les autos partout. Là-dessus, freins, avertisseurs. Il se trouvait que l'ambulance venait prendre le sanglier qu'attendait le vétérinaire. Désormais, c'est moi qui suis là. Je suis un homme, certes, mais celui qui ne supporte pas le bruit d'un million d'autos qui rentrent sous les portes, qui font la mer et la montagne sur les tympans et sur les bras des anciens hommes. Les enfants m'apportent des pommes. Dit-on il ou dit-on elle quand on parle de Paris. Paris fut. Jacques Audiberti. ***
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