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Epsilon 
Admin famille
France 
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Date du message :
septembre, 2008 04:31
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Poète, chansonnier, chanteur, peintre, artiste complet en somme, Claude Gauthier est très mal connu en France, pourtant avant Félix Leclerc, il a enregistré des chansons poètiques et romantiques ,merci à Tinourson de nous l'avoir présenté dans nos plus beaux poèmes d'amour.
Claude Gauthier Geneviève Paroles et Musique: Claude Gauthier 1967
Si la ville que je veux belle comme une femme, Si la ville a tes cheveux, tes yeux, tes lèvres, Alors je l'habiterai toujours comme je t'aime Oh ! Geneviève Oh ! Geneviève
Si la ville a quatre murs comme ceux de ta chambre, Si la ville a tes soleils, tes fleurs, tes grèves, Alors nous hivernerons quatre mille ans ensemble Oh ! Geneviève Oh ! Geneviève Si...
Hier je courais le lièvre Sur une île de genièvre De gigues et de patois Puis j'ai remonté le fleuve En dessinant des trottoirs D'asphalte et d'amours neuves J'ai remonté jusqu'à toi
Si la ville que je veux belle comme une femme Si la ville a tes cheveux, tes yeux, tes lèvres, Alors je l'habiterai toujours comme je t'aime Oh ! Geneviève Oh ! Geneviève Toi.
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Epsilon 
Admin famille
France 
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Date du message :
juin, 2008 12:43
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Au hasard de belles découvertes poètiques québecoises sur le net, je les découvre moi aussi mais ça donne envie d'en savoir plus sur leurs auteurs à la lecture de ces beaux textes?
24 Mars 90
j'irai voir aux confins des collines dans l'ocre du printemps pareil aux rouillures de l'automne ce qu'il y a de vrai sur les chemins boueux lavés par les eaux de l'hiver en péril de neige et sans regarder passer les outardes aux blanches mains de la terre disparues à travers les grises branches des érables dégorgeant comme rivières je donnerai des glands, des samares des cônes en dégel de mars des bourgeons arc-en-ciel masqués par le défilement broussailleux de mes arbres encore morts la vie est-elle dans ce désordre des odeurs dans cet envol effrayé de la gélinotte ?
Henry Varennes .Les intimités parallèles Éditions Marchands de feuilles, 2005.
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*La Quête tes ongles fouillent la terre ancestrale tombeau névrotique
Tombeau de Saint-Julien (www.can.fr)
tu cherches des os noirs ceux de ton père ceux de ta mère tu veux les broyer pulvériser ta mémoire
un cri éclate dans la cage de tes dents blasphèmes sur ta langue tu craches les graviers de ta colère Futilité inanité Puisque les minutes de ton présent d’une seconde à l’autre tomberont encore et encore dans le passé.
Lisette Giroux
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Amen
L’angoisse est une femme qui hurle sans voix dans un cauchemar. (Anaïs Nin)je suis épuisée, la route fut cahoteuse et mes jambes ploient sous le poids de ma vie trop lourde à porter. Tombée dans un gouffre, dans une fosse de cimetière. Enterrée vivante. Je ne crie pas. Personne pour m’entendre. La lune guette mes gestes. Mais je ne bouge pas. Un loup rôde. Ses yeux de feu me dardent comme une abeille. C’est la confusion dans mon cerveau. Tout bondit. Les pensées se font folles. Plus de rythme, que celui d’un insecte pris au piège. L’araignée a tissé sa prison. Prisonnière d’elle-même,elle se débat dans ses fils de soie. Elle mourra d’épuisement. Je guette l’oiseau rapace qui survole mon espace. Il attend ma chair. Il fait noir. Le silence enveloppe comme un manteau le cimetière. Les morts au chaud dorment en toute quiétude, les os au sec.J’attends un signe, une échelle de Jacob pour remonter. Le poids des années me faitcourber l’échine. Je tente de ramasser les perles éparses au fond du gouffre, mais des scorpions guettent mes doigts et menacent ma main. Je ne sais plus où aller. J’ai perdu le nord. Des racines autour de moi. Terre grise senteur mortuaire. Je m’enterre vivante.Peut-être est-ce mieux ainsi. Je n’ai jamais décroché d’étoiles. La lune m’a toujourstourné le dos. D’ici je ne verrai plus le soleil. J’attends. Je n’attends rien. Je suis seule entre les morts. Morte-vivante. Je respire l’éternité qui tarde à m’ensevelir.
Lisette Giroux
*Ce message a été édité le Jun 11, 2008 12:46 PM par Epsilon*
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Epsilon 
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France 
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Date du message :
juin, 2008 13:08
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Femme endiablée
Sous la lune au cou cassé elle rauque et chante paroles de femmes.
Étendue dans un champ de blé elle scrute les rides du ciel polychrome sur sa rétine solaire scintille ton nom ne l’as-tu jamais vu danser sur un brin d’herbe.
La nuit elle se glisse par la fenêtre de tes rêves sur ta peau son haleine alizéenne vagues chaudes pose un baiser saveur d’alise sur tes lèvres scellées.
Elle erre dans la lande broussailleuse de ton pubis allongée sur l’autel blanc de ton ventre réveille le nombril de ta mémoire alvéole rouge de tes colères.
Les noirs serpents de ses cheveux Sifflent au milieu de ta respiration elle est sorcière femme endiablée.
Lisette Giroux
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Epsilon 
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France 
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Date du message :
juin, 2008 17:07
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femme récif falaise forillon
tu surgis des engloutissements dans cette mythologique guerre des escarpements et de la mer femme des tourbières finnoises je remonte des engloutissements je déterre devant toi mes héritages nordiques nous sommes érigées géantes statures relevées au-dessus des eaux jambes rivées aux océans pour réclamer l’une et l’autre pareillement le combat d’Athéna et de Perséphone mes glaives fendent ton golfe stream mes bourrasques frappent tes escarpements mes fous de Bassan cherchent les failles de tes fjords mes poulamons s’entêtent à frayer et dans mon acharnement à vaincre la victoire que je veux est celle de Déméter
femme récif falaise forillon je réclame un littoral des carex et une tourbière une camargue et un delta je réclame des vignes sur cette terre aride de Caïn j’espère le sirocco caressant l’affaissement des falaises
car femme récif falaise forillon nous irons dormir au dos des dunes madeleines nous baigner dans les bassins de La Manic rencontrer avec Perséphone les mystères amérindiens pareils à ceux d’Éleusis
car femme récif falaise forillon je célèbre la décrue prochaine entre nos colossales présences je célèbre les jadis mères/filles englouties
Henrye Varennes, Les intimités parallèles, « Les Éditions Marchand de Feuilles », 2005
C'est bien un E à la fin d'Henrye, pour ceux que ce poète intèressent, voir son site très bien fait et très interessant pour découvrir son oeuvre sur le net en tapant son nom!
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Epsilon 
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France 
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Date du message :
juin, 2008 18:53
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Qui parle mieux des femmes et de leurs silences que les femmes elles-mêmes?
laissez-la se replier dans ses silences
laissez-la se replier dans ses silences jusqu'aux confins de ses mondes sauvages aussi déchirée qu'une naissance elle se taire dans une impasse à griffer ses plaies et elle crie mais laissez-la museler ses cris La Farouche
ses sauvageries l’encerclent elles s'élèvent et voilent la danse à son corps pour que mieux s'implosent ses désirs rythmes inédits bouleversements paraplégiques mouvement muet de vous aimer indocile leurs chorégraphies l'entraînent au noyau de sa terre elle y glisse jusqu'à fondre en lave et sa lave se soulève vers vous miroir méconnu maladroit qui l'image
vos regards lacustres la chercheront vos étrangetés exigeront les siennes vous franchirez l'horizon de vos terres ancestrales j'entends déjà vos hurlements démuselés mais aujourd'hui qu'elle est cette impasse et ce voile elle se taire à griffer ses plaies et c'est seule qu'elle crie en Artémis laissez-la museler ces cris
Henrye Varennes, Les intimités parallèles, « Les Éditions Marchand de Feuilles », 2005
......
Quelques muffins et des tisanes
I
quelques muffins et des tisanes un corps assis flou dans l’embrasure d'une porte les coudes appuyés sur les jambes un regard qui délire dans un espace émotif emprisonné le gel des joues des lèvres et des cils l'imaginaire compulsif de l'enfance et du travail arasant raconté tel un esclavage seul au-dedans seul au dehors la pipe au bec l'espoir appelé par Greensleaves
II
plus tôt un chemin glacé une camionnette les fushias les pourpres les ultramarines d'un couchant sur le riverview road casiopée tantôt des ponts jetés sur le désir des mains douces tantôt du pain des fleurs du fromage et du pâté le téléphone
III
et maintenant ce corps assis flou dans l’embrasure de cette porte les silences du sentiment montent dans cet autre corps lourd et triste assis sur cette chaise à l'écoute des détresses au dedans des détresses au dehors des refus des fuites des attentes des amarres milles paradoxes par seconde dans ce non-amour un 14 février
Henrye Varennes, Les intimités parallèles, « Les Éditions Marchand de Feuilles », 2005
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