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-grimalkin- 
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Date du message :
février 16, 2012 11:08
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Philippe Jaccottet l'a défini : « Jean de Bosschère unit à l'exaltation de l'amoureux la précision scientifique d'un fils de botaniste. Aussi loin qu'il descendit jadis dans l'obscurité tourmentée de son âme, il a pénétré dans les mystérieux replis des parfums, des formes et des cris. » (on le trouve écrit soit oschère soit osschère)
Ceux que j'ai rencontrés ne m'ont peut-être pas vu !Jean de Boschère --------------
Les mains sur le dos à peine ivre mieux délivré que l'ivrogne véritable je ris ! Démoralisation sacrée, démoralisation, sens ici du mot aigu, point de mélodies déchues, vaines, démoralisation sacrée !
Ce n'est point avec des roses et une traîne de paon bleu ni avec du genièvre, des c o c ktails ni avec la cocaïne, une aile de papillon ni avec des mots en peuples de rythmes ni avec une épée ou un poignard que nous montons vers cette coupe étalée dans nos coeurs déserts, - je dis nous avec dans moi ce ganglion chronique d'illusion -, nous montons avec des haches et des barres de fer.
Plus de nouveaux quartiers nos dégoûts cessent de les donner aujourd'hui plus de pardons le vide bondit, la tempête crève devant l'inondation. Tout crève la cataracte balaie les forêts des mondes, pulvériser l'ordre, cet ordre-ci, renverser l'ordre des séries, des hiérarchies, plus de vifs amputés aux couteaux des morts plus de chants patriarcaux les pères poussés au bûcher leurs fils y versent les huiles. Les mains sur le dos à peine ivre je ris démoralisation sacrée. Point de bibles printanières de crimes mais chaque jour se révolte contre la prescription de la veille.
La poésie n'a pas de frondaisons dans les jours mortels le bras du verbe s'étend comme la béguine supplie à travers l'éternité, ni marbre ni diamant, poulpe ténébreux, à travers le cyclone des signes mouvants, matrices négatrices empoisonnées des lois, fleurs, parfums, oiseaux, poissons, hommes, coquilles crabe, anémone, étoile voyageant dans les formes.
Le son d'un mot n'est point sa chair. Le saltimbanque au balancier n'est pas poète, mais plus arbitraire que la division du cadran d'heures plus Sorbonne que le système décimal. Les jours où il n'y a pas à hurler il faut faire silence ou murmurer dans les anthologies ou croasser aux théâtres devant mille monstres bêtes.
Les mains sur le dos à peine ivre. Et dans le vide germent trois grains de cristal les colonnes montent dans le désert qui n'est pas l'ordre. Les poètes sont exterminés avec leur Champagne leurs ailes suaves que lèchent les femmes.
Sur les colonnes qui montent, la coupe vide, hissé là, océan sans écume sans limite un nouveau désert sur nos coeurs déserts. Nous attendons, nous, moi avec la hache et l'assomoir d'acier écrasons les uniformes des pères d'hier de demain plus de chefs noirs, blancs, jaunes, rouges démoralisation sacrée.
Jean de Boschère
http://armanny.blogg.org *Ce message a été édité le 21-Jan-2012 4:36 AM par -grimalkin-*
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-grimalkin- 
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Date du message :
janvier 21, 2012 04:35
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QUAND LE MATIN
Quand le matin que tu voles sur ta peine la dalmatique de l'aurore triomphant de l'aurore que le soleil attache ses gants rouges sur les faces de pierre les coffres des années encore fermés, on est encore dans l'albumine du matin , avant l'horreur que tu consens à perdre l'heure sous la nuit, moule pur , pas une tache intégrité, mais le péché d'une cigarette pour que saille la pureté étalée encore sous la fumée comme l'aventure d'amour pour eux Dieu et pour moi, et pour nous
Viens te surprendre entre les deux routes celle qui va aux prés de fleurs et sources celle qui demande au jeûne des voluptés les spasmes de l'esprit d'amour péché véniel, cette cigarette, d'être distrait de la lumière comme un prêtre buvant le vin sacré goûterait le goût du vin de la treille
J'écoute la ville courant dans la mort un instant j'écoute ce qui est quand même en Dieu comme une fibule à la ceinture d'un ange.
Jean de Boschère, Dressé, actif, j'attends Orphée, La Différence
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-grimalkin- 
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Date du message :
janvier 21, 2012 11:09
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CELLE QUI
je ne chanterai pas Amaryllis et les Amadriades, toutes celles qui rient mollement dans les lis. Les fleurs de miel pour elles et tous les dieux , armées invisibles, sont leurs chevaliers féaux, c'est la vérité antique, ni tempête ni bise, certainement la joie à deux pas
Mais avec des flammes de coeur je chanterai celle qui, mâchant du sable autour des esquifs du bassin, sous le ciel périlleux de Paris, repousse des deux épaules l'angoisse et jure qu'elle n'est point là... La fanfare des rires d'exténués elle n'entend pas, elle croit comme Sainte Thérèse d'ardeur comme Saint jean candide, mais elle ne rit pas dans les lis la voici, la voici levée dans les flammes dans l'amour ici
Jean de Boschère, Dressé, actif, j'attends Orphée, La Différence
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Epsilon 
Modérateur
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Date du message :
janvier 22, 2012 02:59
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Très beau,il mériterait vraiment d'être bien plus connu, merci Grimalkin! Je crois qu'on a réédité ses oeuvres complètes récemment à LA Différence.
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-grimalkin- 
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Date du message :
janvier 23, 2012 03:36
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IL Y A...C'EST
En nous tous homme tous, je dis hommes, non pas pions ni marchands aviateurs ou trafiquants, il y a un couteau poème, pas des vers de tambours fifres, il n'y a qu'un poème Il y a c'est un poing de meurtre un flambeau qui tue c'est le coup de massue sur la porte fermée le crachat bien au centre du but la colère volcanique dans les liens le délire dans l'entrave innommable le bond hors du chaos dans le vide éternel sans voix c'est ou c'est le coup de poing qui passe la limite s'enfonce dans l'éternité aveugle muette qui ne répond aucun son l'épouvantable ouragan de rien devant la soif maudite vertige noir de la chute éternelle flambeau enfin qui incinère le coeur et la main c'est il y a c'est le poing de la flamme qui ne brûle pas en vain
Jean de Boschère, "Dressé, actif, j'attends" Orphée, La Différence
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-grimalkin- 
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Date du message :
janvier 24, 2012 11:03
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TENTATION
O ! mon adoration protège-moi du péché de la parole et de Te nommer quand seul l'acte fait en moi que Tu es.
Je ne veux pas dire ou peindre mon amour, mais Si tu fais qu'ils Te rencontrent O ! Adoration ! ou qu'une fois ils soient inclus dans Tes regards de là-bas, faisceau suave de dards ineffables qui de Toi traversent mon coeur, qu'ils acceptent de tes mains d'aurore la pêche des ivresses de la foi.
Mais je ne supplie pas si c'est un blasphème O ! Adoration ! si mon voeu d'enfant est encore tellement jeune, tellement trop tôt formé, et encore enchassé dans la glaise antique.
Jean de Boschère, "Dressé, actif, j'attends" Orphée, "La Différence"
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-grimalkin- 
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Date du message :
janvier 28, 2012 04:15
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SUSPENDUE AU VOL DU GOELAND
Suspendue au vol du goéland fou qui la neige en fruits de nuages divise de ses glaives pennés, et de l’éclatant cri du quadrige à chaque impérial virage perdu au zénith de l’obélisque du ciel
Suspendue avec ses provisions de chimères et d’aigles furieux d’amour qui se déchirent.
Ici, le colloque est sécurité bleu et l’ours n’est plus que paternel de fable Les pieds aux diamants du silex, où chaque étoile a son grain confidentiel, la circonlocution a perdu son grain confidentiel, et ne subsiste qu’en légendaire image.
De perle en perle elle passe dans la révision des nuages, cirrus glissant sur les îles et les baleines du couchant.
Paix suave abolissant l’extase de l’oiseau des tempêtes
Puis, papier d’étain biscuit de cinq heures, car elle s’élance en fuite bond hors de ma momie plus femme dynastique et poète du désir clos
Elle s’ouvre, fusée de l’ombelle ample dilatation du cœur omniprésence sous les nuages et sur la côte il n’y a rien que cette génération de poésie jaillie du cœur armé de départs
Les poings fermés pour mieux refuser les jours d’airain elle aspire, révoltée, la leçon des cargaisons charriées dans les nuages Elle ignore l’acacia d’épines au front triomphant où chante l’insoumission crucifiant les douleurs
Jean de Boschère, Dressé, actif, j'attends Orphée, La Différence
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-grimalkin- 
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Date du message :
janvier 30, 2012 04:28
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les amis de Jean de boschère :
"En 1909, quand paraît La Sculpture anversoise aux XVe et XVIe siècles, Bosschère l'envoie à Max Elskamp, poète qui occupe une position singulière puisqu'il n'a rien publié depuis onze ans et que son silence passe pour définitif. Elskamp, en effet, a rassemblé en 1898 sous le titre La Louange de la vie les quatre recueils parus à Bruxelles de 1892 à 1895. La même année, il a encore publié à Bruxelles Enluminures, puis il a cessé d'écrire. Bosschère a trente et un ans, Elskamp quarante-sept. Tout en confortant son admiration, le cadet va prendre en affection l'aîné, qui le lui rendra bien. Par l'échange de leurs impressions spirituelles, les deux hommes se lient profondément l'un à l'autre. Si les lettres de Bosschère à Elskamp ont été égarées, à quelques exceptions près, nous possédons celles d'Elskamp qui en dorment un témoignage subtil. Magnifique hommage rendu au poète et à l'ami, l'essai Max Elskamp de Jean de Boschère, publié en 1914, demeure irremplaçable pour la connaissance du poète." (wikipédia)
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-grimalkin- 
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Date du message :
janvier 30, 2012 04:50
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Un grand cri
Ah ! ce n’est pas la dernière fois que le cœur affolé, tout en flammes devant le monde d’or et de piment, je chanterai en cercles palmés cet âcre amour où son haleine croisait dans l’air âpre celle du froid encens qui vogue saintement.
Sur mon cœur le souvenir forge la joie ô joie solennelle au-delà de l’homme d’être saoûlé par l’opaque illusion celle qui se moque en fusée sur tous les doutes prend à la gorge comme l’unique, un Dieu enfin Dieu apparaissant avec force et je ris comme un idiot d’avoir ignoré que l’immense ineffable était à ma main celle qui ne connaissait ni l’océan, ni Paris et me baise étonnée, avec vérité doucement parce que cela ne sera pas avec la mort terminé.
Aussi hardie me quitte la suave vierge et mes frissons comme les siens ont meurtri nos chairs aux aigles du jubé la volupté nous a labourés comme un poing une marée de miel et de verveines et puis cela décline, se retire en s’évanouissant nous laisse dans la caresse des épines et des roses un globe de feu dans le front un grand cri.
Par l’encens qui darde sa robe grise elle ne connait pas demain elle s’éloigne et sous le porche devant l’herbe des tombes les bras levés tel un Christ elle crie un grand cri elle gémit longuement comme elle chante devant tout ce qu’elle voit enfin la grande petite ville la corbeille d’amour et de douleur elle titube dans le parfum de l’herbe crépusculaire elle est vierge encore avec l’amour dans la gorge qui chante comme un ivrogne. Jean de Boschère, Dressé, actif, j'attends Orphée , La Différence
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