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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
février 8, 2012 11:48
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Certains disent que la poèsie se perd , qu'elle n'interesse plus personne, (on parle du plus grand nombre bien sûr) pour ma part ,je pense que c'est vrai mais d'autre part une contradiction ,floraison de sites sur le net avec des poèmes, alors qu'en penser? Le net n'est pas le reflet de la majorité,c'est sûr mais c'est sûrement par là que la poèsie reviendra ou peut être comme je le pense , elle sera lu, et sous forme de CD, comme elle l'est déjà, mais le grand retour en arrière sur la poèsie est il possible, il est tellement vaste et important qu'il est de plus en plus difficile? Quoiqu'il en soit , jetons, nous notre petite pierre à ce grand édifice qu'est la belle poèsie , en faisant connaître ceux qu'on aime!
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Sirmione
Il faisait un soleil du tonnerre _ et je pensais croiser Catulle avec des filles. Je n'ai trouvé personne, hors mon ombre courte dans les ruines.
Alors, je suis descendu contre le lac, pour y faire mon poème, et j'ai jeté dans l'eau des pierres qui ont fait des ronds. Mais je ne sais pas s'ils ont atteint, ces ronds, le pied de la montagne, en face.
Alleluia. Quand même.
DELLA FAILLE Pierre (1906-Belgique -1989-Sardaigne) J'ai écrit «mon» Robinson Crusoé à dix ans, refait Musset à seize, beaucoup de Victor Hugo un peu plus tard. J'ai fait des kilomètres d'alexandrins, mais je m'endormais en les relisant. Je n'ai gardé qu'une seule pièce de ce genre, La colline de l'absolu, publiée dans mon recueil Regarde l'eau noire, Éd. La cigale, Bruxelles, 1953. Cette voie m'eût ouvert une grande carrière, probablement les portes d'une académie. Heureusement, j'ai brûlé tout ça. Il faut autre chose pour créer une oeuvre. Par exemple, devenir un homme libre, oser exprimer ses fureurs.
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
janvier 17, 2012 11:43
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Éloge de la Poésie
" Ô vous qui m'écoutez, troupe noble et choisie, Ainsi qu'eux quelque jour vous vivrez d'ambrosie ; Mais Alcandre lui-même aurait beau l'espérer, S'il n'implorait mon art pour la lui préparer. Ce point tout seul devrait me donner gain de cause : Rendre un homme immortel sans doute est quelque chose ; Apellanire peut par ses savantes mains L'exposer pour un temps aux regards des humains Pour moi, je lui bâtis un temple en leur mémoire ; Mais un temple plus beau, sans marbre et sans ivoire, Que ceux où d'autres arts, avec tous leurs efforts, De l'Univers entier épuisent les trésors. Par le second discours on voit que la Peinture Se vante de tenir école d'imposture, Comme si de cet art les prestiges puissants Pouvaient seuls rappeler les morts et les absents ! Ce sont pour moi des jeux : on ne lit point Homère, Sans que tantôt Achille à l'âme si colère, Tantôt Agamemnon au front majestueux, Le bien-disant Ulysse, Ajax l'impétueux, Et maint autre héros offre aux yeux son image. Je les fais tous parler, c'est encor davantage. La Peinture après tout n'a droit que sur les corps ; Il n'appartient qu'à moi de montrer les ressorts Qui font mouvoir une âme, et la rendent visible ; Seule j'expose aux sens ce qui n'est pas sensible, Et, des mêmes couleurs qu'on peint la vérité, Je leur expose encor ce qui n'a point été. Si pour faire un portrait Apellanire excelle, On m'y trouve du moins aussi savante qu'elle ; Mais je fais plus encor, et j'enseigne aux amants A fléchir leurs amours en peignant leurs tourments. Les charmes qu'Hortésie épand sous ses ombrages Sont plus beaux dans mes vers qu'en ses propres ouvrages ; Elle embellit les fleurs de traits moins éclatants C'est chez moi qu'il faut voir les trésors du printemps. Enfin, j'imite tout par mon savoir suprême ; Je peins, quand il me plaît, la Peinture elle-même. Oui, beaux-arts, quand je veux, j'étale vos attraits : Pouvez-vous exprimer le moindre de mes traits ? Si donc j'ai mis les dieux au-dessus de l'envie, Si je donne aux mortels une seconde vie, Si maint oeuvre de moi, solide autant que beau, Peut tirer un héros de la nuit du tombeau, Si, mort en ses neveux, dans mes vers il respire, si je le rends présent bien mieux qu'Apellanire, Si de Palatiane, au prix de mes efforts, Les monuments ne sont ni durables, ni forts, Si souvent Hortésie est peinte en mes ouvrages, Et si je fais parler ses fleurs et ses ombrages, Juges, qu'attendez-vous ? et pourquoi consulter ? Quel art peut mieux que moi cet écrin mériter ? Ce n'est point sa valeur où j'ai voulu prétendre : Je n'ai considéré que le portrait d'Alcandre. On sait que les trésors me touchent rarement : Mes veilles n'ont pour but que l'honneur seulement ; Gardez ce diamant dont le prix est extrême ; Je serai riche assez pourvu qu'Alcandre m'aime.
Jean de LA FONTAINE
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 17, 2012 12:52
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Poète,
Il faut garder les chants d'amour au fond des gorges, ne pas laisser les mains écrire leurs caresses et les yeux refléter les splendeurs visitées. Le plaisir doit dormir dans les chambres secrètes et les amants se tairent.
Il faut clamer les chants de peur sur les sommets, les thrèmes de pitié tout au long des chemins, les cris de liberté aux échos des forêts, les dures vérités à la face des mers et toujours avoir faim
Ton coeur et tes amours n'intéressent personne. Les fleurs et les oiseaux sont morts sous ton stylet. Ecoute, écoute les balbutiements des hommes, et que ta chair et que ton sang se fassent verbe pour habiter en tous
Jean Dauby. "extrait de "I...comme inquiétude"
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Verlaine 
France
Messages : 349 
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Date du message :
janvier 19, 2012 09:29
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la poèsie habille ces mots Pour panser ces maux Comme un baume si réconfortant Que le coeur s'illumine un instant !
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 20, 2012 09:01
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Les vitres éteintes.
Quand le gel attise les étoiles, Si légères dans la nuit d'hiver, Volettent les cendres des poètes.
Ils furent des morts discrets : Un paquet-poste pour cercueil, Une lettre pour épitaphe.
Maintenant ils ont fait leur nid, Cherchez-les dans la devinette, Chasseurs dans l'arbre blottis.
Ne riez pas, perdez-vous dans les branches, C'est ainsi que Pétrarque rejoignait Celle par qui le laurier le ceignit.
Ne riez pas, les chasseurs sans fusil, Tête en bas, nous écoutent et déboulent Comme des lièvres d'entre les mots.
Ils sont l'oubli, le vent, S'il pleut ils sont la pluie Qui ne supplie personne.
Rose de neige, vigne effeuillée, Nul ne vient sangloter Sur les vitres éteintes.
J'écris vos noms, amis, soyez heureux, Tout est sans nom, tout est poussière Dans l'invisible où rien ne meurt.
Gaston Puel. "L'Âme errante et ses attaches"
(A Robert Sabatier, et à la mémoire de Robert Rovini, Serge Micheneau, Henri Dufor et quelques autres que l'oubli a recouverts.)
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 21, 2012 01:41
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Pacte
Là-bas sur les remparts ruisselle la foudre Ici autour de nos vivres l’âme suffoque Partir ? Ici aussi la mâture chancelle
Mon pacte est un roncier Je suis balafre (le vent la ravive ou l’apaise)
Ainsi j’ai signé La donation est ouverte :
Le sang des mûres aux oiseaux Le mien à l’oubli.
Gaston Puel « Terre-plein ». Thierry Bouchard éd
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 31, 2012 12:03
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Ode au livre.
Livre, quand je te ferme. j’ouvre la vie. J’entends des cris entrecoupés dans les ports. Les lingots de cuivre traversent les plages, descendent à Tacopilla. Il fait nuit. Entre les îles, notre Océan palpite avec ses poissons. il touche les pieds, les cuisses, les flancs calcaires de ma patrie. Toute la nuit, il fouette ses rivages, et à la lumière du jour il se met à chanter comme une guitare qui s’éveille. Moi m’appelle le bruit de l’Océan. Moi, m’appelle le vent, et Rodriguez m’appelle, et José Antonio, j’ai reçu un télégramme du syndicat “la mine” et elle, celle que j’aime, (je ne vous dirai pas son nom) m’attend à Bacalemu. Livre tu n’as pas pu m’envelopper de papier, tu ne m’as pas couvert de typographie, d’impressions célestes, tu n’as pas pu enfermer mes yeux dans une reliure : je te quitte pour aller peupler les forêts avec la famille rauque de mon chant, pour aller travailler des métaux ardents, ou pour aller manger de la viande grillée, prés du feu dans les montagnes. J’aime les livres explorateurs, des livres avec forêts ou neige, abîme ou ciel, mais je hais le livre araignée dans lequel la pensée a disposé petit à petit le fil de fer envenimé afin que vienne s’y prendre la mouche jeune et impétueuse. Livre, laisse moi la liberté. Je ne veux pas être travesti en volume, je ne sors pas d’un tome, mes poèmes n’ont pas mangé d’autres poèmes, ils dévorent des événements passionnés, ils se nourrissent des intempéries, ils extraient leurs aliments de la terre des hommes. Livre, laisse moi marcher sur les chemins avec de la poussière sur mes souliers et sans mythologie : retourne à ta bibliothèque ; moi, je m’en vais par les rues. J’ai appris la vie de la vie même ; l’amour, je l’ai appris d’un seul baiser et je n’ai pu enseigner aux autres que ce que j’ai vécu, ce que j’ai eu en commun avec d’autres hommes, les efforts de la lutte partagée avec eux : tout ce que j’ai exprimé de tous dans mon chant.
Pablo Neruda . "Odes élémentaires"
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Guillaumet 
France
Messages : 249 
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Date du message :
février 10, 2012 13:40
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Tu as raison de la poésie avant toute chose"« Hier est passé, n’y pensons plus Demain n’est pas là, n’y pensons plus Pensons aux doux moments de la vie Ce qui n’est plus, n’y pensons plus » « Ce vase était le pauvre amant d’une bien-aimée Il fut piégé par les cheveux d’une bien-aimée L’anse que tu vois, au cou de ce vase Fut le bras autour du cou d’une bien-aimée! » « Elle passe bien vite cette caravane de notre vie Ne perds rien des doux moments de notre vie Ne pense pas au lendemain de cette nuit Prends du vin, il faut saisir les doux moments de notre vie » — Dictionnaire des poètes renommés persans
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
mars 9, 2012 10:26
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L'Oiseau
Il déploie les grandes ailes de la Béatitude. Espace est son parcours. A la fois Mercure, Sîmorg, oiseau ka. Navette entre les couches d'une stratosphère nommée Conscience.
Allégorie de plumes. Ebouriffement. Point géométrique des grands circuits de l'air. Des voies maritimes de l'air.
Perché sur l'arbre des morts, il contemple : témoin et distance. S'il s'envole c'est pour rejoindre un jour le soleil. Satellite.
Parcourt d'infinies distances dont le centre est immobilité. Sait utiliser les vents. A la nage sur les courants. Sait mesurer l'infime et la brindille.
Ne connaît ni le froid ni la faim. Circule, invisible, au milieu des conversations oiseuses et des grandes marées qui font l'amour à la lune.
Il a le col vert - ou bleu - l'irisation de ce qui mute, de ce qui mue, de ce qui se meut. Il est Mouvement, cadran solaire d'un autre espace, d'un autre temps.
Il est le jumeau des vents antagonistes qui parcourent la terre : redoutable est son bec.
Se mire dans l'eau des Signes, toujours. Augure est son vol. Pour qui sait pré-voir. Densité. Légèreté.
Une seule plume sur la balance de Maât a inversé tous les destins. Justice et tragédie. Subtil gardien du seuil.
Il clame à tous vents la Victoire de la Mère, arborant la Roue, l'éternel va-et-vient de ce qui revient puis repart et puis revient. Oiseau d'Héra.
Et Coq, parfois, donnant l'alerte et sauvant la Ville.
Ce qui n'est pas palpable : ce duvet du peu qui s'incarne. Du Rien. Du tout.
Je t'ai entendu le soir, sur les terrasses blanches, quand la mer renvoie tous ses Magnificats Je t'ai reconnu au bas des vignes et sur ma fenêtre, dans le minuit de l'autrefois, quand l'être en allé revient pour dire tout son amour
Qu'il était troublant ton Chant !
Seul ici, sel de la terre, métaphore de l'enfance. D'une Conscience autre .
Visités de ta Grâce : les enfants, les poètes et les fous. Ceux qui lâchent prise et s'en vont glanant les mots vivants du génial Dramaturge.
Harmonisation des chants. Suggestions d'ailes. Effleurant à peine. Si fortes cependant !
Tu nettoies les déserts, tu es ce chant du vent dans les branches, ce peu qui murmure autour des volières du Coeur . Rouge bigarré pour y faire croire.
Tu es Souffle, grandes ailes du Chéroubim veillant sur les Hespérides : épée tournoyante. Qui fait siffler les vents. Transformant en feu la subtilité de l'air qui t'anime, résorbant toute apparence des contraires.
Et quand tu descends, quand tu meurs - O douleur - dans l'agonie mélancolique de l'*****ogie, c'est pour mieux renaître : sublime cendre centre du Feu et de l'Air,
Ether !
Impensable Ether - oiseau - parmi tous les phoenix du renaître, avant l'ultime de la Vraie Vie.
Sylvaine Arabo
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
avril 21, 2012 08:42
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histoire de faire renaître ce post.. et puis c'est Robert Sabatier..qui le remonte..avec ce poème..
Rose rose.
La rose morte avait pris pour mission De refleurir. L'ai-je trempée dans l'encre Ou dans le sang ? La voici rose rouge Comme ce point posé sur l'avenir Et qui regarde un serpent sans alcool. Mon territoire est semé de ces roses. Chaque moment vécu, dans cent mille autres Veut refleurir. Qu'importe ! Étant nuage, Je veux pleuvoir. Étant aigle, je monte. Étant serpent, je rampe. Étant poisson, Je nage au fond, tout au fond de moi-même Et je regarde un peu de moi couler. Encre est mon sang si j'écris cent fois rose. En respirant mon poème futur, Je suis grisé. Espace, emporte-moi Car je ne suis qu'un vieil horticulteur. Et je murmure en parcourant ma vie Et mes jardins le nom d'une autre rose Que je tairai, car ma fleur est discrète Et je ne suis qu'un troisième pétale. Rober SABATIER
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