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Epsilon 
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Date du message :
janvier 26, 2012 03:46
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Non ce n'est pas un titre de polar, mais une constante en poèsie, oui souvent, le plus souvent la grande poèsie, la plus belle pour moi est liée à la mort, à la fin de cette chair et de ses os que nous portons tous et toutes, bref de notre corps qui pense et qui vit.Si les poètes en parlent tant, c'est comme pour les romains qui avaient des squelettes présents à leurs repas et pendant leurs agapes ( du moins dans les films) pour leur rappeler leur fin ultime,et qu'il fallait profiter de la vie , oui si les poètes en parlent tant, c' est pour mieux glorifier, et sentir la grandeur de cette vie ,de l'amour , et du temps qui passe, donc ce post même s'il a un titre sinistre , c'est pour mieux vous manger mes enfants, mais on sait bien qu'a la fin du conte le grand-méchant loup régurgite, le petit chaperon rouge et la mère-grand , alors VIVEZ que diable!
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Je suis mort parce que je n’ai pas le désir, Je n’ai pas le désir parce que je crois posséder, Je crois posséder parce que je n’essaye pas de donner. Essayant de donner, on voit qu’on n’a rien, Voyant qu’on n’a rien, on essaye de se donner, Essayant de se donner, on voit qu’on n’est rien, Voyant qu’on est rien, on désire devenir, Désirant devenir, on vit.
RENE DAUMAL / Poème (1943
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Epsilon 
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Date du message :
janvier 2, 2012 13:18
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On peut mourir tout en restant vivant? Un très beau poème de Rodanski
HALLALI MYSTIQUE
En moi meurt le monde Lente retraite des flux de lumière Qui découvre les plaines nacrées de la nuit Quel lait scintille au sein d’une vierge Quelles roses frémissantes aux cieux de mon crépuscule Passez belles fleurs du soir Jardins périlleux pièges trop suaves pour le voyageur Au nom de mon Amour s’enfuiront les visions d’amour Au nom de mon angoisse faiblira la peur Rictus trop humain aux lèvres d’un fantôme Errant oublié dans nos prisons familières Musique verte des infernales alarmes Je chemine dans les mondes intermédiaires Mon désir parfois éclate en fanfare au cœur du mystère Pressée par une mortelle nécessité Mon âme se glace Ange du désespoir qui clame Et n’a pas de mots pour appeler le Verbe La conjuration où vibre l’univers Nom saint qui défit la parole Et l’homme abattu étreint la terre de ses douleurs Mon île dérivante où pleure un roi de Thulé Les colonnes du monde jamais ne se briseront Je suis hanté d’une nostalgie profonde Ô sœur du pays des mers Un regret très vieux baigne tes yeux Etrange éclat où se reconnaît ma souffrance : Mon aimant mon amie je dois encore partir Où es-tu ?
Stanislas Rodanski
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Epsilon 
Modérateur
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Date du message :
janvier 2, 2012 22:20
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La poèsie est le lieu ou le lien parlé du trouble et de l'insécurité permanente, tant mieux c'est ce qui fait d'ailleurs son intèrêt?
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Pouvoirs
je parle d'une ville, à présent, pour nous deux. Je parle ma présence parmi tes yeux de plaine.
Je parle d'une allée de trembles, au fond des mains.
J'oublie mes propres mots. J'éclipse ma mémoire. Une phrase est ton corps.
J'apprends à me nommer. J'apprends battre les ailes au fond de chaque nuit.
Je parle vivre ici, sans promesse de temps. DELCARTE Françoise
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-grimalkin- 
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Date du message :
janvier 3, 2012 04:12
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AMABEL
Devant son teint flétri Son esprit rouillé par l'habitude, Je me dis ;" Est-ce vraiment Mon Amabel?"
Je voyais sa robe Rose autrefois, maintenant passée ; Ce changement sonnait le glas D'Amabel
Son allure machinale Nétait plus celle de son printemps. Son rire jadis d'un mélodieux envol, Gâchait Amabelle
Je songeais : "Qui donc chante Ce que je chantais avant que mon ardeur s'apaise ? Croit-il que ces airs peuvent charmer Mon Amabel
Je sais malgré que l'amour meure Que son cours ne laisse entrevoir nul déclin Chacun trouve en son bourg ou son val Une Amabel
L'envie me prit de me cacher Sous les combles, pour pleurer Sur le temps ce cruel tyran D'Amabel
Me lamentant , dans un murmure, Qu'ait pu mourir un amour comme le nôtre : "Jamais plus je ne dirai de tendres choses A Amabel
Mais laissons-là son destin, Poussons derrière nous la porte, "Adieu jusqu'à l'heure du jugement, Ô Amabel
Thomas Hardy, Poèmes du Wessex traduction F.J.Temple Orphée, La Différence
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Epsilon 
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France 
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Date du message :
janvier 3, 2012 08:03
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Si j'étais cet oiseau...
Si j'étais cet oiseau aux longs cils transparents qui respire à l'écart, qui vient nicher dans l'impossible et s'ébaucher à peine dans la réalité,
je saurais vos regards achopper dans les squares et sur les trottoirs, vos mains nourries de foudre, vos splendides départs,
vos retours aux mains vides et tellement de vos regards flétris au vent et qui se sont brisés.
En mon aube dernière, que me seraient vos mots ? Sauraient-ils me sourire comme je vous souris ?
Paul Cosquer
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Epsilon 
Modérateur
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Date du message :
janvier 3, 2012 08:08
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Dans le temps dans la nuit Je te parlerai Dans le temps dans la nuit je pourrai répondre à voix basse Le seul moment que la vie m'a volé Dans le temps dans la nuit je retrouverai ton visage Et la forme de mon visage Je te parlerai dans le temps je te parlerai dans la nuit J'écarterai enfin l'affreuse douleur de mon silence J'écarterai enfin les jours mortels Je te parlerai hors du temps je te parlerai dans la nuit J'effacerai les traces amères de l'attente J'effacerai le traces amères de l'oubli Dans mes deux mains ouvertes je prendrai ton visage Ton seul visage d'un seul instant mortel Je te parlerai hors du temps j'écarterai la nuit Je reprendrai les mots absolus Pour te les dire enfin avec ma voix pareille A la lumière
Jacques Prével
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Epsilon 
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Date du message :
janvier 3, 2012 10:11
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La fin du monde pour 2012 pourquoi pas, qui sait?, Du Bartas, (1544-1590) en plus d'être un grand poète n'hésitait pas déjà à la décrire à sa façon,avec le fils de Dieu magnanime descendant sur terre sur un char pour grâcier ou détruire les uns ou les autres selon leurs mérites , on est loin dans cette apocalypse des quatrains mystèrieux d'un autre poète Nostradamus, ou Michel de Nostre-Dame et ses Centuries qui restent elles difficilement déchiffrables?
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Fin du monde
Un jour de comble en fond les rochers crouleront, Les monts plus sourcilleux de peur se dissoudront, Le ciel se crèvera, les plus basses campagnes Boursouflées croîtront en superbes montagnes, Les fleuves tariront, et si dans quelque étang Reste encore quelque flot, ce ne sera que sang, La mer deviendra flamme…, En son midi plus clair le jour s’épaissira, Le ciel d’un fer rouillé sa face voilera, Les étoiles cherront ; le désordre, la nuit, La frayeur, le trépas, la tempête, le bruit Entreront en quartier, et l’ire vengeresse Du juge criminel qui jà déjà nous presse Ne fera de ce tout qu’un bûcher flamboyant, Comme il n’en fit jadis qu’un marais ondoyant. …C’est alors, c’est alors, ô Dieu, que ton fils cher, Qui semble être affublé d’une fragile chair, Descendra glorieux des voûtes étoilées. À ses flancs voleront mille bandes ailées, Et son char triomphal, d’éclairs environné, Par Amour et Justice en bas sera traîné. Ceux qu’un marbre orgueilleux presse dessous sa lame, Ceux que l’onde engloutit, ceux que la rouge flamme Éparpille par l’air, ceux qui n’ont pour tombeaux Que les ventres gloutons des loups et des corbeaux, Éveillés, reprendront, comme par inventaire, Et leurs chairs et leurs os : orront devant la chaire Du Dieu qui, souverain, juge en dernier ressort L’arrêt définitif de salut, ou de mort. L’un t’éprouvera doux, l’autre armé de justice ; L’un vivra bienheureux, l’autre en cruel supplice… .
Guillaume de Salluste DU BARTAS
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Epsilon 
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France 
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Date du message :
janvier 4, 2012 23:07
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Tard dans la vie
Je suis dur Je suis tendre Et j'ai perdu mon temps A rêver sans dormir A dormir en marchant Partout où j'ai passé J'ai trouvé mon absence Je ne suis nulle part Excepté le néant Mais je porte caché au plus haut des entrailles A la place ou la foudre a frappé trop souvent Un coeur ou chaque mot a laissé son entaille Et d'où ma vie s'égoutte au moindre mouvement
Pierre Reverdy
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Epsilon 
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France 
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Date du message :
janvier 5, 2012 14:54
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L'ombre soeur
Entre à la nuit sans rivages Si tu n'es toi qu'en passant L'oubli d'où rien n'est absent
Ton silence né d'une ombre Qui l'accroît de tout le ciel Eclôt l'amour où tu sombres Aux bras d'un double éternel
Et t'annulant sous ses voiles Pris à la nuit d'une fleur Donne des yeux à l'étoile Dont ton fantôme est le coeur.
Joè Bousquet
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 7, 2012 23:27
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Avec la poèsie on trouve toujours un sens insoupçonné alors pourquoi ne pas mettre ici ce poème, l'arret du coeur peut nous être fatal non? Péguy quand on l'aime c'est pour toujours, c'est un poète accompagnateur , il est vivifiant et tonique, tout est joie chez lui même le malheur parfois, bref ce qui ne nous détruit pas nous rend plus fort !
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Cœur (Extraits)
Cœur qui a tant saigné d'amour, de haine Oh cœur mal résigné de tant de peine
Cœur tant de fois flétri au dur labeur Cœur tant de fois flétri au mois de mai
Cœur qui a fait le brave assez longtemps Vieux seigneur, vieux burgrave, cœur de vingt ans
Cœur inaccoutumé, toujours déçu Oh cœur inanimé, toujours naissant
Cœur tant de fois failli, cœur frauduleux Cœur tant de fois jailli, cœur scrupuleux
Oh cœur sept fois perdu, cœur gracieux Oh cœur sept fois sauvé, oh cœur ingrat
Cœur tant de fois mené, tambour battant Oh cœur une fois né, cœur inconstant
Cœur qui a tant rêvé, oh cœur charnel Oh cœur inachevé, cœur éternel
Cœur qui a tant battu, d'amour, d'espoir Oh cœur trouveras-tu la paix du soir.
Charles Péguy
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Marie-elisabeth 
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France 
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Date du message :
janvier 8, 2012 05:56
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Renoncement.
À force de vieillir, on retombe en enfance, Si ce n’est aujourd’hui ce sera pour demain… Ce soir je m’abstiendrai de vous serrer la main À vous pour qui mes vœux sont une lourde offense.
Je vivrai dans l’oubli, dans l’ombre et le silence Ne voulant plus noircir papier ni parchemin, Dussé-je être abattu par le malheur humain Qui m’a brisé le cœur d’un coup de fer de lance…
Abandonnant mon rêve et m’éloignant des sots, Je relirai Voltaire et Montaigne et Rousseau Tant que mes yeux lassés me permettront de lire…
Après, la nuit viendra sur l’homme et son destin… Le nom des êtres chers vibrera sur ma lyre, Et ce sera l’adieu de mon dernier matin.
Eugène Bizeau.
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 8, 2012 06:35
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Soliloque du quatrième âge.
Je perds en vieillissant la joie et l'euphorie, Mais n'ouvre pas mon coeur au pessimisme amer.. Et ne veux pas verser des larmes attendries Sur le départ cruel de mes bonheurs d'hier.
Sans oublier jamais les peines mal guéries Et les gémissements de l'âme et de la chair, Je veux rester debout sous l'orage en furie Qui jettera sur nous sa foudre et ses éclairs...
Je veux rester debout jusqu'à la fin du livre, Du livre où sont comptés les jours que je dois vivre Avant d'être en un lieu d'où nul ne peut sortir...
Et, le moment venu, ma volonté dernière Est de partir sans bruit, sans plainte et sans prière, Et de ne déranger personne pour mourir.
Eugène Bizeau. "Les grapillons d'arrière-saison" 1982
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-grimalkin- 
Admin famille
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Date du message :
janvier 8, 2012 11:31
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Verlaine aussi...
Mort ! Les Armes ont tu leurs ordres en attendant De vibrer à nouveau dans des mains admirables Ou scélérates, et, tristes, le bras pendant, Nous allons, mal rêveurs, dans le vague des Fables.
Les Armes ont tu leurs ordres qu'on attendait Même chez les rêveurs mensongers que nous sommes, Honteux de notre bras qui pendait et tardait, Et nous allons, désappointés, parmi les hommes.
Armes, vibrez ! mains admirables, prenez-les, Mains scélérates à défaut des admirables ! Prenez-les donc et faites signe aux En-allés Dans les fables plus incertaines que les sables.
Tirez du rêve notre exode, voulez-vous ? Nous mourons d'être ainsi languides, presque infâmes ! Armes, parlez ! Vos ordres vont être pour nous La vie enfin fleurie au bout, s'il faut, des lames.
La mort que nous aimons, que nous eûmes toujours Pour but de ce chemin où prospèrent la ronce Et l'ortie, ô la mort sans plus ces émois lourds, Délicieuse et dont la victoire est l'annonce !
Paul Verlaine (Décembre 1895)
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 8, 2012 11:47
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Con dam né par une grave maladie, Hréglich tentera plusieurs fois de se suicider, mais son oeuvre poètique rès belle, reste en permanence un dialogue ininterrompu avec la mort. Sûrement l'un des plus grands poètes de ces dernières années dont on a sans doute pas encore perçu la véritable importance primordiale à mon avis .
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ISOLÉ DANS L’INNOVATION
Je sais que tu vas mourir entre l’aube et la rivière Dans un bleu confidentiel, sans abandonner ton masque, Sans écouter les abstractions venues noyer la métapho re Par un simple sacrifice entre deux passions extrêmes. Rien de bien considérable, une épave que l’on coule Laissant dans l’indécision, l’étonnement et le malaise Ceux qui ont tourné le dos aux prodiges de la nuit Et n’articulent ton nom qu’avec infiniment de peine. Il me reviendra de croire À ces phrases bienfaisantes qui éloignent les sarcasmes, La multitude des sens, des non-sens, des symboles en apostille Et ce charroi d’épisodes exprimant les tumeurs verbales Lorsque brillent et s’illuminent dans l’ombre des abbatiales Les autels électroniques, les tambours contemporains. Je serai peut-être seul, peut-être cerné d’aubépines Et de ces rubans fertiles, noués afin de contraindre la vie À fournir un récital qui ne soit pas de fortune, De perversions des échanges sous un ciel de cristaux liquides. Tel est mon rôle d’en prendre note et de vouer aux gémonies La rigueur d’un réveil hostile dans la cruauté des os.
Bernard Hreglich, Un ciel élémentaire, Gallimard, 1994
*Ce message a été édité le 8-Jan-2012 11:51 AM par Epsilon*
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-grimalkin- 
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Date du message :
janvier 10, 2012 04:00
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. – Dame Lazare (Lady Lazarus, 1962)
Et j’ai recommencé Tous les dix ans J’y reviens –
Un miracle vivant, ma peau Luisante comme un abat-jour nazi; Mon pied droit, c’est
Un presse-papier, Mon visage, une fine Toile juive,
Arrache ce linge O mon ennemi. Suis-je bien terrifiante? –
Le nez, les orbites, la denture parfaite? L’haleine en un jour Perdra toute son aigreur.
Bientôt, bientôt la chair Sera Chez elle chez moi
En moi, jeune femme souriante. Je n’ai que trente ans Et comme les chats, j’ai neuf fois pour mourir.
C’est la troisième fois. Quelle dérision Que de vouloir abolir chaque décade.
Ces millions de filaments! La foule croquant des noisettes Se bouscule pour les voir
Me déballer pieds et poings – C’est le grand strip-tease. Messieurs, mesdames
Voilà mes mains Mes genoux. Je n’ai que la peau sur les os
Et pourtant, je suis la même femme identique à moi-même. La première fois, j’avais dix ans. C’était un accident.
La seconde fois, je voulais vraiment en finir Ne plus jamais en revenir. Je me suis refermée
Comme un coquillage. On a dû appeler, appeler Et m’arracher les vers comme des perles gluantes.
Mourir Est un art, comme tout le reste. Je le fais exceptionnellement bien.
Je le fais et c’est l’enfer. Je le fais et c’est la vérité. C’est le retour
Le retour théâtral en plein jour Au même endroit, au même visage, au même cri Amusé et brutal :
« Un miracle! » Qui me terrasse. Il faut payer
Pour scruter mes cicatrices, payer Pour entendre mon cœur – Il bat vraiment bien.
Il faut payer et payer gros Pour un mot, un contact Ou un peu de sang
Une mèche de cheveux, un bout de ma robe. Tiens tiens Herr Doktor Ah tiens, Herr ennemi.
Je suis votre grand’œuvre, Je suis votre trésor, Le beau bébé d’or pur
Qui fond en un seul cri. Je roule et je brûle. Mais bien sûr que j’y crois à votre grand tourment.
Cendres, cendres – Vous fouillez et vous remuez. De la chair, de l’os, rien de rien –
Si! Un morceau de savon, Une alliance, Une dent en or.
Herr Dieu, Herr Lucifer Prenez garde. Oui, prenez garde.
Je sors de mes cendres Avec mes cheveux rouges Et je dévore les hommes comme l’air.
23-29 Octobre 1962
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Sylvia Plath (1932-1963) –
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