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Epsilon 
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France 
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Date du message :
janvier 12, 2012 10:49
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Maurice Bourg, un poète presque oublié hélas!
Librement, dans l'épaisseur de la terre, l'extase de l'arbre, de l'oiseau, de la fleur. Le chant devient l'oiseau qu'il désire. La fleur, le soleil même qu'elle efface. Tout chant, toute fleur, à volonté changera d'oiseau, de soleil.
Que nul ne se fige sur le roc ! mais que la fleur se fasse chant, le soleil, oiseau.
Si oui, espère ! • Il faudra pourtant bien la partager cette tendresse propre aux feuilles naissantes. Ce baiser chlorophyllé. Ce grand spasme de feu et d'eau.
L'instant du bourgeon, du fruit. L'aube de l'arbre.
A lire comme une fête, à vivre sans comprendre. Tout le corps fait nuit pour mieux absorber la verte lumière. Seul, en cette branche extrême, et pourtant l'autre.
Maurice Bourg / Saisons qui portez tout Librairie Saint-Germain-des Prés, 1975
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 1, 2012 04:42
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Il n'y a qu'une Saison
Il n'y a qu'une Saison, dans la mer, celle-ci. La Saison de toutes les saisons. Les forêts sur les continents sont promesse, sillage de ce qui vient. Maintenant, je vois ! Les arbres en feu sont là. Les arbres qui marchent la nuit. Les arbres vaporeux, gris ou verts. Les arbres, panachés de ciel. Tous !
Le chemin est plus dégagé, plus clair.
En bas, en haut, c'est la terre, le sang. La fleur, ma fleur du poignet, elle chante avec. Immensité qui tourne, en rond.
Il n'y a qu'une fleur dans le monde. La fleur ! Le pistil ouvert, à tous, aux vents, à l'abeille qui féconde. Un soleil l'éclaire, de l'intérieur. Sur chacun de ses rayons, un mot, posé comme la flamme de rosée. Posé comme la promesse du fruit, du poème. Un oiseau, dans chaque goutte de sève, se lève, ailes battantes.
Je suis son vol, ses ailes, si grandes, si graves !
Il n'y a qu'une Forêt. Celle-ci qui présage l'ouverture quand se fera l'écoute, l'ultime. Ses feuilles nues, comme les pierres, le roc. Ses feuilles qui s'allument, s'éteignent. Au rythme des heures, des mois. Sans que jamais se brise cette alternance, ce clignotement.
Je suis cette lueur, saisie, entre jour et nuit.
Il n'y a qu'un arbre, un seul ! Sa tête tresse le ciel, ses racines assument la terre. Il n'est que flux et reflux de feuilles. Et cela, deux fois l'an. Tronc, branches que l'hiver laboure, en vue de futures feuillaisons. Ecume verte que l'été lance, reprend, abandonne par marées successives. C'est l'arbre qui se désigne, puis se dérobe. Puis, vient à moi, s'enracine, au plus profond.
Et je suis l'arbre par qui sera rendu le secret qui fait signe.
Et je suis l'arbre par qui sera pendu le secret de toutes saisons, de toute Parole !
Et je suis la clairière que je dis, par delà le dire, contre le dire.
Maurice Bourg / Saisons qui portez tout Librairie Saint-Germain-des-Prés
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 1, 2012 07:07
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Pierre Torreilles un autre grand poète dont on commence à prendre la mesure,pour lui aussi la nature n'est elle pas aussi tout simplement le reflet de notre propre existence de mortel?
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LA MORT OUVRE LE COEUR
La rose à l'ombre des cyprès danse.Inondée de ténèbres, elle,au langage détourné ne parvient plus à l'attention, dans la distance accroît le bruit du coeur désordonné.
Le soir descend dans chaque rose et l'eau s'éclaire dans leur mort. Dans les cyprès le coeur murmure.
Pierre Torreilles
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DANS LE JARDIN
Je te disais la résonnance pure du silence le lierre grave et misèricordieux le vacarme lointain du sang bouleversé et la conversation de branches accoudées, la résonnance aussi de la lumière sans mirage le printemps bref et monocorde après l'hiver.
Mais quelle singulière fièvre nous frappait? Et ce ressac aux éclairages équivoques était-ce aussi l'éternité de l'oeuvre surgissante? Ce lieu dans l'évidence à peine dépouillé,
Je te disais le bleu vermiculé de tous mes rêves, la tâche rouge dans mes yeux mon extrême éblouissement et ma faiblesse au pied de tout ce qui nous reste à dire. Je te disais combien la mort se familiarisait, semblables à ces inquiètes matinées de solitude.
Je te disais -combien suis-je étonné de ne jamais m'entendre- cet incessant chuintement jusqu'à l'extrême ciselure du silence et l'odeur des lambris dans la demeure de mes âges.
Je te disais aussi la blessure du jour et le combat dans l'aveuglante servitude. L'ombre reste pour moi le refuge inouï de la parole qui s'avère. Mais aujourd'hui je suis dans la distance qui meurtrit et dans les mots qui ne sont pas de mon langage. Je bruis de toute part de ce qui ne s'accorde pas au geste nu et conciliateur.... Quel équipage ainsi se mesure à la mort? Quelle gloire parfois semblable à ces soirées ouvertes longuement sur de si lourds nuages? La paix est d'ombre aussi et de langage satisfait.
PIERRE TORREILLES
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-grimalkin- 
Admin famille
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Date du message :
janvier 1, 2012 11:48
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Pierre Torreilles est une pointure...Google ne tarit pas d'éloges (mérités...)
"Après des études de lettres et de théologie, Pierre Torreilles participe, durant la Seconde Guerre mondiale, à la Résistance dans les maquis du Vercors et de la Haute-Loire. À la Libération il habite à Montpellier où il fonde la librairie Sauramps, en tant que gendre de Henri Sauramps. Il publie de nombreux ouvrages, souvent des livres d'artistes avec ses amis peintres, Yves Picquet ou Jacques Clauzel.
Pierre Torreilles, internationalement connu pour son amour et sa défense du livre, a de toujours doublé sa vie publique d’une recherche poétique passionnée et exigeante.
*** DEUIL DES ABEILLES
« Essaim porteur de deuil ! Dans l’incessant bourdonnement des étincelles de ce lierre s’entrouvre la mémoire déshéritée des dieux qui nous ont précédés. Nous voici désormais égaux en altitude.
L’abrupte liberté qui nous réconcilie ne connaît pas le choix mais la lucidité de la mort reconnue.
Et nous te saluons, mélisse nourricière, ombre odoriférante, ombre absente, soirée.
Une enfance rieuse a surpris la clef d’orage de ces voûtes. (Extrait de Les dieux rompus, in Anthologie de la poésie française du XXe siècle, tome 2, Poésie/gallimard n° 345,
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Marie-elisabeth 
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Date du message :
mars 20, 2012 08:00
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c'est le printemps, soyons léger avec Jean-Pierre Voidies ou Philéas Lebesgue
L’arbre qui chante.
Ecoute, écoute : un arbre chante Car un nid s’est caché dedans
Qui trouvera, qui trouvera Dans tout ce vert de sophora
Dans cette boule caressante Le bateau chaud que la tourmente Jamais, jamais ne brisera ?
Qui trouvera, qui trouvera ?
Mais laisse donc, enfant, tais-toi
Pour une fois qu’un arbre chante…!
Jean-Pierre VOIDIÈS.
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
mars 20, 2012 08:02
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Petit village
Petit village au bord des bois Petit village au bord des plaines, Parmi les pommiers, non loin des grands chênes, Lorsque j’aperçois Le coq et la croix De ton clocher d’ardoises grises, De ton clocher fin, A travers ormes et sapins, D’étranges musiques me grisent ; Je vois des yeux dans le ciel étoilé : Là je suis né !...
Petit village au bord des champs, Petit village entre les haies, Tour à tour paré de fleurs et de baies, Lorsque les doux chants De ton frais printemps, Quand l’odeur de tes violettes, De tes blancs muguets Pénètre mon coeur inquiet J’oublie et tumulte et tempêtes ; J’entends des voix dans le soir parfumé : Là j’ai aimé.
Petit village de hasard Petit village aux toits de tuiles, Où rit le mystère aux rêves tranquilles, Lorsqu’à mon regard L’horizon picard Fait ondoyer ses nobles lignes Ou que la forêt Qui moutonne aux coteaux de Bray, De ses bras tendus me fait signe, Je goûte en paix l’amour et la beauté : Là j’ai chanté...
Philéas LEBESGUE
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Marie-elisabeth 
Modérateur
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Date du message :
mars 20, 2012 10:00
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L'amitié.
Ce qui est beau , c est un visage Ce qui est beau , c est l amitié Une robe qui s en va un peu plus loin et volage Laisse autour d elle les oiseaux gazouiller
Ce qui est beau , c est le passage De la brume à l' aurore et du cep au raisin. Ce qui est beau , c est le ramage Car tout se qui vit sur la terre est du bien .
Ce qui est beau, c est tout le monde Ce qui est beau , c est le filet Du pêcheur qui s en va près des rives profondes Cueillir la sardine et le nacre des fées
Ce qui est beau , c est comme une onde La marche en avant de l homme l 'été Qui rêve tous les jours car toujours il triomphe Ce qui est beau, c est l'amitié C' est l' amitié
Jean-Pierre Voidies.
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-grimalkin- 
Admin famille
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Date du message :
mars 20, 2012 11:53
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poèmes légers comme les premiers bourgeons du printemps
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Marie-elisabeth 
Modérateur
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Date du message :
mars 27, 2012 09:32
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Lumière.
Je regarde, et j'emplis mes yeux de ta lumière, Beau ciel où pas un seul nuage n'apparaît, Et j'éprouve un plaisir indicible et secret À sentir converger l'azur sous ma paupière !
Le bleu me glisse au coeur, frais comme une rivière Qui, sans me déborder, toujours s'élargirait, Et l'immense infini que rien ne contiendrait, Vague à vague, s'étale en mon âme humble et fière !
Tout l'espace est en moi, qui vibre clairement ; Je l'ai bu du regard de moment en moment, Et pourtant je ne suis qu'un atome en l'espace...
Le ciel bleu descendu dans mon infimité Roule comme un profond torrent d'éternité, Dans lequel, ébloui, je me mire et je passe !
Albert Lozeau, " Le Miroir des Jours "
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
mars 31, 2012 08:21
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D'infinis paysages.
Nous avons beau nous éloigner le paysage ne nous quitte pas
Qu’il s’ouvre comme un livre d’heures à chaque levée matinale des arbres sur les talus nous le savons en nous lové si intérieur qu’il instille sa sève goutte à goutte dans notre sang jusqu’à se ramifier
Et si marcher n’était qu’aller à sa rencontre pour mieux s’empayser des autres ?
Et si écrire ou lire n’était que traverser sa vie comme on traverse un paysage,
laisser à la neige des pages le soin de consteller le silence des marges,
à ces mots simples le pouvoir de ralentir le cœur, le pouls de la pensée ?
Désir D’accorder nos regards - seule harmonie qui nous requiert – à cette extase des lointains
Là-bas tremble l’indécision tonale des lisières ou l’horizon se perd de vue pour être tout entier respiration des brumes
Il n’y aurait que les étoiles à rêver tout haut en plein jour, et nous, veilleurs,
debout entre l’âme et le monde, par quelle familière étrangeté nous n’aurions qu’à tendre la main pour accueillir l’instant du rossignol et qu’à nous élever jusqu’à hauteur d’enfance
délestés de nous-mêmes en pauvres hères dans la clarté nue de nos prières Gilles Baudry.
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
avril 2, 2012 10:56
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À Aurore
La nature est tout ce qu’on voit, Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime. Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit, Tout ce que l’on sent en soi-même.
Elle est belle pour qui la voit, Elle est bonne à celui qui l’aime, Elle est juste quand on y croit Et qu’on la respecte en soi-même.
Regarde le ciel, il te voit, Embrasse la terre, elle t’aime. La vérité c’est ce qu’on croit En la nature c’est toi-même.
George Sand
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
avril 17, 2012 09:31
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Je voudrais être fleur.
Lorsque le beau printemps se revêt de verdure, Que l'eau coule en chantant près des frêles roseaux, Que le ciel est d'azur, que les petits oiseaux, De leurs tendres chansons, célèbrent la nature, Fleurs, vous apparaissez et parfumez le coeur !... Oh ! tout le monde, alors, vous aime et vous admire !... Je suis jaloux de vous... Pour que l'on me désire !... Je voudrais être fleur, je voudrais être fleur !... C'est toi petite fleur, que, de sa tendre lyre, Un doux rêveur, célèbre en vers harmonieux. Le poète te chante en la langue des dieux, Car ton suprême éclat le captive et l'inspire... Ton parfum enivrant sait ranimer son coeur, Ta beauté sait chasser les pleurs de sa chambrette Pour être célébrée ainsi par le poète, Je voudrais être fleur, je voudrais être fleur !... Au temple du Seigneur, c'est devant vous qu'on prie, Qu'on implore à genoux une place au grand ciel. Devant vous, car c'est vous qui décorez l'autel De notre mère à tous, de la Vierge Marie. Lorsque je vous là, je sens battre mon coeur Et je dis malgré moi, en un profond mystère : "Pour avoir une place aussi près de ma Mère, Je voudrais être fleur, je voudrais être fleur !..." O fleurs, c'est encor vous que, sur les mausolées, En souvenir des morts, on étale en tapis... Et quand vous n'êtes pas sur les tertres bénis, Ces tombes sont alors tristes et désolées. Oh !... de ces pauvres morts, pour réchauffer le coeur, Amoindrir les regrets, leur tenir compagnie, Pour donner aux tombeaux un petit peu de vie, Je voudrais être fleur, je voudrais être fleur !... Gustave MONTSEC.
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
avril 19, 2012 08:44
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Mon père a relevé la maison des ancêtres. Blanche, à travers les pins, par-dessus les lauriers, Elle regarde, au loin, de toutes ses fenêtres, Se lever le soleil sur les champs d'oliviers. Deux ceps noueux font à la porte une couronne, Et beaux comme des dieux, deux antiques mûriers Dressent devant le seuil leur rugueuse colonne. Je m'accoude souvent au marbre usé du puits Et j'entends se répondre, atour de moi, les bruits De la ferme et des champs qui varient avec l'heure, Et le rouge coteau, tout parfumé de thym, Comme une ruche en fleurs contemple la demeure. Ayant rempli ma loi, s'il faut qu'un jour je meure, O maison, j'ai bâti dans tes murs mon destin. Quand ta porte au soleil s'ouvre chaque matin, Je sens mon coeur aussi qui s'ouvre à la lumière Et nous faisons au ciel une même prière ; "O Provence, à travers les changeantes saison, Dans le flot incessant des choses et des êtres, Quand nos fils bâtiront de nouvelles maisons, Qu'ils ne quittent jamais le pays des ancêtres.
Joachim Gasquet.
Ces vers ont beau avoir été écrits et même imprimés à Aix-en-Provence, loin de nos milieux poétiques parisiens, ce sont de très beaux vers, plein d'art et pleins d'émotion, et tels que maint poète parisien devrait les envier . Conçus sous la double inspiration de Virgile et de la Provence, ils expriment harmonieusement le doux rêve d'un jeune coeur qui communie avec la nature, et s'efforce de mêler tout son être à la vie simple et forte de son sol natal. (Paru dans le journal Illustration du 4 août 1900).
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
avril 21, 2012 05:49
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Les genêts
Vous en souvenez-vous, genêts de mon pays, Des petits écoliers, aux cheveux en broussailles, Qui s'enfonçaient sous vos rameaux comme des cailles, Troublant dans leur sommeil les lapins ébahis ? Comme l'herbe était fraîche, à l'abri de vos tiges ! Comme on s'y trouvait bien, sur le dos allongé, Dans le thym qui faisait, aux sauges mélangé Un parfum enivrant à donner des vertiges ! Et quelle émotion lorsqu'un léger frou-frou Annonçait la fauvette apportant la pâture, Et qu'en bien l'épiant on trouvait d'aventure Son nid plein d'oiseaux nus et qui tendaient le cou ! Quel bonheur, quand le givre avait garni de perles Vos fins rameaux émus qui sifflaient dans le vent, - Précoces braconniers - de revenir souvent Tendre en vos corridors des lacets pour les merles ! Mais il fallut quitter les genêts et les monts, S'en aller au collège étudier les livres, Et sentir, loin de l'air natal qui vous rend ivres, S'engourdir ses jarrets et siffler ses poumons ; Passer de longs hivers, dans des salles bien closes, A regarder la neige à travers les carreaux, Eternuant dans des auteurs petis et gros Et soupirant après les oiseaux et les roses, Et l'été, se haussant sur son banc d'écolier, Comme un forçat qui, tout en ramant, tend sa chaîne, Pour sentir si le vent de la lande prochaine Ne vous apporte pas le parfum familier... Enfin, la grille s'ouvre ! On retourne au village ; Ainsi que les genêts, notre âme est tout en fleurs, Et dans les houx, remplis de vieux merles siffleurs, On sent un air plus pur qui vous souffle au visage. François FABIE
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