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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 12, 2012 10:49
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RAVAGES DÉLICATS
Le citadin est imbu de sa supériorité Et le paysan est persuadé de sa supériorité. Le bourreau est tout sacré de sa supériorité Et la victime est toute sainte de sa supériorité. Et l’individu vertueux se rengorge de sa supériorité. L’artiste est convaincu de sa supériorité Et le boutiquier se félicite de sa supériorité. L’ouvrier se barricade de supériorité, L’intellectuel s’électrise de supériorité …
Et tous, de cette façon Dans une fraternité surprenante Celle qu’on chercherait en vain A réaliser par des moyens pacifiques Pillent, pillent, dépècent, écorchent Et convoient à sa fin malheureuse Ce monde humain.
Et tous de cette façon Avec un ensemble touchant Rendent impossible Toujours plus divisé, plus morcelé, Inégalisé, et comme concassé Ce monde humain.
Un poète, toujours doublé d’un haïsseur Médisant de tous sauf de lui-même Ou de ce qu’il pense aimer N’est pas d’une essence plus pure Ni plus amène. Je ne sais s’il vaut mieux quand il déclare qu’il est Délibérément, décidément Et définitivement inhumain.
Car ce n’est là qu’une supériorité comme une autre Très loin de la véritable supériorité. Indicible mérite qui ne s’encense pas.
Adrian Miatlev (extrait de « Quand le dormeur s’éveille » -Éditions Rencontre-)
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-grimalkin- 
Admin famille
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Date du message :
décembre 31, 2011 01:55
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excellent ! hop ! en page d'accueil !
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 1, 2012 03:56
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En ce premier jour de l'an,pensons à tous ces régimes politiques insoutenables qui comme la Syrie actuellement , malheureusement compte tous les jours ses morts de plus en plus nombreux à cause d'un régime et d'un dictateur qui s'accrochent à un pouvoirconsidéré par eux comme de droit divin .
Ossip Mandelstam par ses poèmes à l'époque contre Staline qui lui valurent les camps et la mort.
Nous vivons sans sentir sous nos pieds de pays, Et l'on ne parle plus que dans un chuchotis, Si jamais l'on rencontre l'ombre d'un bavard On parle du Kremlin et du fier montagnard, Il a les doigts épais et gras comme des vers Et des mots d'un quintal précis: ce sont des fers! Quand sa moustache rit, on dirait des cafards, Ses grosses bottes sont pareilles à des phares. Les chefs grouillent autour de lui, la nuque frêle. Lui, parmi ces nabots, se joue de tant de zèle. L'un siffle, un autre miaule, un autre encore geint... Lui seul pointe l'index, lui seul tape du poing. Il forge des chaînes, décret après décret! Dans les yeux, dans le front, le ventre et le portrait.
De tout supplice sa lippe se régale. Le Géorgien a le torse martial.
...] Il a été con*****é au silence et à l'exil, persécuté, réduit à la misère, et finalement envoyé en déportation. C'est au cours de son transfert vers la Kolyma, dans le camp de transit de Vtoraïa Retchka, aux portes de Vladivistok, que son corps qui n'était plus ni entier ni sien tant il était exténué, a perdu "la douce joie de vivre et respirer" dont il ne lui restait plus que des miettes. Il avait 47 ans. Sa dépouille a été jetée dans une fosse commune."» (Sylvie Germain, dans Le monde sans vous.) Trouvé sur PARFUM DE LIVRES...PARFUM D'AILLEURS que je remercie.
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Enfin pour les poètes il y a toujoursune petite lueur d'espoir même s'il faut souffrir sinon à quoi servirait d'écrire de la poèsie?
Pour la gloire à venir, la gloire héréditaire, La haute lignée des humains, J'aurai perdu ma coupe à la table des pères, La gaieté, l'honneur, tout enfin ...
Le siècle, loup-cervier, bondit sur mes épaules ... Ô siècle, je ne suis point loup et je t'en prie, Comme on fourre un bonnet dans une manche molle, Mets-moi sous ta pelisse au chaud en Sibérie.
Cache à mes yeux la boue aux lâchetés cruelles, Ainsi que cette roue aux sanglants ossements, Pour que je voie, en leur splendeur originelle, Les chiens bleus consteller l'immense firmament.
Emporte-moi là-bas où coule l'Iénisséi, Où vers l'étoile d'or un haut sapin s'allonge, Car je n'ai pas la peau d'un loup et je ne sais Sans déformer ma bouche énoncer des mensonges.
Ossip Mandelstam (Dernier poème rapporté en Europe occidentale par une amie)
Anthologie de la poésie russe, traduction Katia Granoff
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
janvier 1, 2012 11:58
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Royaltie
Eloigne-toi du derrick Les troupes d'élite Montent la garde Les satellites t'observent
Pasteur du puit de bois Ne succombe pas A la nostalgie Des richesses trop ;faciles
Qualificatifs tyranniques Eblouissent-ils ? Interroge l'iunachevé
Pierre sédiment Marchent en cavalcade Brisent l'échine des puits
Le tumulte mécanique DFpoute de sa tiédeur Lève les bras au ciel
Tout feu tout flamme Donneur d'ordres Gouverneur de banque Accrédite A 15h15 Temps universerl !
Chekib Abdessalam, Bleuir les doigts du monde pétrole puis soudain le désert chez L'Harmattan
J'ai reçu hier ce livre en cadeau. ...un homme extraordinaire...j'en reparlerai
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 3, 2012 08:11
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Petit poème des poissons de la mer
Je me suis penché sur la mer Pour communiquer mon message Aux poissons: «Voilà ce que je cherche et que je veux savoir.» Les petits poissons argentés Du fond des mers sont remontés Répondre à ce que je voulais.
La réponse des petits poissons était: «Nous ne pouvons pas vous le dire Monsieur PARCE QUE» Là la mer les a arrêtés.
Alors j'ai écarté la mer Pour les mieux fixer au visage Et leur ai redit mon message: «Vaut-il mieux être que d'obéir?»
Je le leur redis une fois, je leur dis une seconde Mais j'eus beau crier à la ronde Ils n'ont pas voulu entendre raison!
Je pris une bouilloire neuve Excellente pour cette épreuve Où la mer allait obéir.
Mon coeur fit hamp, mon coeur fit hump Pendant que j'actionnais la pompe À eau douce, pour les punir.
Un, qui mit la tête dehors Me dit: «Les petits poissons sont tous morts.»
«C'est pour voir si tu les réveilles, Lui criai-je en plein dans l'oreille, Va rejoindre le fond de la mer.»
Dodu Mafflu haussa la voix jusqu'à hurler en déclamant ces trois derniers vers, et Alice pensa avec un frisson: «Pour rien au monde je n'aurai voulu être ce messager!»
Celui qui n'est pas ne sait pas L'obéissant ne souffre pas.
C'est à celui qui est à savoir Pourquoi l'obéissance entière Est ce qui n'a jamais souffert
Lorsque l'être est ce qui s'effrite Comme la masse de la mer.
Jamais plus tu ne seras quitte, Ils vont au but et tu t'agites. Ton destin est le plus amer.
Les poissons de la mer sont morts Parce qu'ils ont préféré à être D'aller au but sans rien connaître De ce que tu appelles obéir.
Dieu seul est ce qui n'obéit pas, Tous les autres êtres ne sont pas Encore, et ils souffrent.
Ils souffrent ni vivants ni morts. Pourquoi?
Mais enfin les obéissants vivent, On ne peut pas dire qu'ils ne sont pas.
Ils vivent et n'existent pas. Pourquoi?
Pourquoi? Il faut faire tomber la porte Qui sépare l'Être d'obéir!
L'Être est celui qui s'imagine être Être assez pour se dispenser D'apprendre ce que veut la mer...
Mais tout petit poisson le sait! Il y eut une longue pause. «Est-ce là tout? demanda Alice timidement.»
Antonin Artaud
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 3, 2012 14:38
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Je parle droit..
Je parle droit, je parle net, je suis un homme, Je soupèse l'oiseau, le sein, le mot qui bouge, Je fais ce que je peux de mon corps qui s'étonne, Je fais ce que je veux du monde que j'épouse.
J'ouvre l'oeil : un chemin jaillit de ma paupière, Fait le tour de la foule, et l'engrange en mon coeur ; J'ouvre l'oreille : un flot me jette au bout des mers Avec ma femme et mon bonheur
Et si je tends la main, dans l'aube soupçonneuse, Vers celui que je fus, qui mourait chaque soir, C'est celui que je suis qui me parle d'espoir Et ferme à mon côté la blessure d'enfance.
Je dis : "un arbre" et l'arbre monte dans la vie, Tout frémissant de certitude Avec sa cargaison d'étoiles et de nids,
Je dis "Courage" et l'homme enjambe sa statue,
Je dis "Amour" et les fleurs poussent dans la rue, Je dis "Malheur" et tous se sentent responsables "Liberté, ce ruisseau fait craquer son corsage Et met du rouge aux joues des prairies affamées.
Je parle droit, je fais flamber les huches sombres Où le pain moisit sous les hardes.
Je parle net, je met en pièces les grabats. Le bordereau plié dans le tiroir des maîtres, Les écluses du coeur que manoeuvre la Banque Je broie la dragée haute et les bonnes raisons, Celles qui jamais ne nous manquent.
Je suis un homme et j'ai souffert De la nuit, du hasard et de la solitude ; Je suis un homme et j'ai vécu D'avoir aimé le jour, l'ordre , la multitude.
Je suis un homme et j'ai rêvé De moissons de cristal, de cloches sous la mer, De vaisseaux enfouis dans la houille du coeur, De repos parfumés sur les grèves du ciel;
Je suis un homme et j'ai choisi De moissonner l'aurore et ses bleuets lucides Sur les carreaux souillés des maisons endormies Et ses coquelicots qui sont des cris d'usine, Et de marcher sans trève à l'amble de mon sang..
Je parle droit, je parle net, je suis un homme, Les mains actives, l'oeil peuplé Et j'appartiens à tous les hommes Pour avoir su leur ressembler.
Jean Rousselot "Les moyens d'existence".
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Lyllye 
Canada
Messages : 101 
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Date du message :
janvier 3, 2012 21:18
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Les échos du passé...
Tout au long de notre vie, depuis notre tendre enfance notre existence se construit sur une parentèle débordante de dissemblances. Élevés dans la richesse ou la pauvreté, comblés d'amour ou abâtardis par la violence Nos prédispositions génétiques en sont censurées Faisant de nous des êtres gorgés d'ambivalence Capable du meilleur comme du pire.
Finirons-nous un jour par nous connaître véritablement? Où détournerons-nous toujours vers les autres nos propres dénigrements? Au risque de ne jamais connaître qui nous sommes incontestablement.
Nous nous sommes forgé une personnalité, l'avons peaufinée au gré des vicissitudes de la vie, immergés malgré nous dans une existence prédestinée. C'est souvent à contre-courant que nous puisons nos acquis, prenant des chemins tortueux où nous nous vautrons dans l’indifférence qui devient l’essence même de notre mal-être.
Serons-nous toujours prisonniers de nous même, perpétuant les douleurs affligées de génération en génération? Où bien finirons-nous par pardonner et nous pardonner? À partir de là, seulement, nos enfants pourront être des enfants, allégeant leurs frêles épaules du fardeau de nos obsessions?
Faire taire les échos de nos propres souffrances pour écouter nos adolescents. Briser cet isolement dans lequel ils dissimulent leurs peurs et leurs désarrois. Apaiser leurs colères, faire taire nos propres souffrances pour écouter nos adolescents. Briser cet isolement dans lequel ils dissimulent leurs peurs et leurs désarrois. Apaiser leurs colères, se remémorer cette période de transition de l'enfant à l'adulte.
Cet entre-deux si difficile à vivre. Que se transforment en force, nos expériences d’antan, pour devenir source de confiance, et d'amour, pour ces futurs adultes que l'on a mis au monde. Ainsi, à leur tour, ils briseront cette chaîne d'indifférence, et d'incompréhension. Faisant fuir les échos du passé, pour que les mots espoir et tolérance prennent enfin leur sens.
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 4, 2012 23:14
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Merci Marie-Elisabeth et Lylly pour vos belles offrandes poètiques, mais s'il y en a un poète qui était pas content du tout et y avait de quoi , aller se battre en Algérie, c'était Boris Vian,oui lui il y allait pas par 4 chemins!
Le déserteur
Monsieur le président Je vous fais une lettre Que vous lirez peut-être Si vous avez le temps. Je viens de recevoir Mes papiers militaires Pour partir à la guerre Avant mercredi soir. Monsieur le président Je ne veux pas la faire Je ne suis pas sur terre Pour tuer des pauvres gens. C'est pas pour vous fâcher, Il faut que je vous dise, Ma décision est prise, Je m'en vais déserter.
Depuis que je suis né, J'ai vu mourir mon père, J'ai vu partir mes frères Et pleurer mes enfants. Ma mère a tant souffert Qu'elle est dedans sa tombe Et se moque des bombes Et se moque des vers. Quand j'étais prisonnier, On m'a volé ma femme, On m'a volé mon âme, Et tout mon cher passé. Demain de bon matin Je fermerai ma porte Au nez des années mortes, J'irai sur les chemins.
Je mendierai ma vie Sur les routes de France, De Bretagne en Provence Et je crierai aux gens: «Refusez d'obéir, Refusez de la faire, N'allez pas à la guerre, Refusez de partir.» S'il faut donner son sang, Allez donner le vôtre, Vous êtes bon apôtre Monsieur le président. Si vous me poursuivez, Prevenez vos gendarmes Que je n'aurai pas d'armes Et qu'ils pourront tirer.
Boris Vian
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 4, 2012 23:26
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Si comme moi, le fameux poème Liberté,d'Eluard j'écris ton nom ,beaucoup trop long vous a toujours barbé,moi je préfèreet de loin celui-là de Boris Vian et qui mâche pas ses mots, c'est ça que j'aime dans la poèsie pas vous ?
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Liberté
Sur le seuil de ta demeure Sur le plancher reluisant Sur le boîtier du piano J'écris ton nom
Sur la première des marches Sur la seconde et les autres Sur la porte de chez toi J'écris ton nom
Sur les murs de notre chambre Sur le papier vipérin Sur la cheminée de cendre J'écris ton nom
Sur l'oreiller sur les draps Sur le matelas de laine Sur le traversin jauni J'écris ton nom
Sur ton visage tendu Sur tes narines ouvertes Sur chacun des seins aigus J'écris ton nom
Sur ton ventre bouclier Sur tes cuisses écartées Sur ton mystère à coulisse J'écris ton nom
Je suis venu dans la nuit Pour barbouiller tout cela Je suis venu pour ton nom Pour l'écrire Avec du sperme
Boris Vian
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 7, 2012 23:45
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Liberté, liberté, c'est pas toujours évident pour les autres non plus , faut voir plus loin que le bout de son nez poètique?
Je suis dans la clarté qui s'avance Mes mains sont toutes pleines de désir Le monde est beau Mes yeux ne se lassent pas de regarder les arbres Les arbres si verts, les arbres si pleins d'espoir Un sentier s'en va à travers les mûriers Je suis à la fenêtre de l'infirmerie Je ne sens pas l'odeur des médicaments Les oeillets ont dû s'ouvrir quelque part Être captif, là n'est pas la question Il s'agit de ne pas se rendre Voilà.
Nazïm Hikmet (poème écrit en prison)
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 14, 2012 12:43
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MERE DES CARAIBES
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à jean brierre, poète haïtien
à présent je sais que je suis ici depuis longtemps je sais que le sang nègre semé en corail dans la mer des caraïbes en gouttelettes de larmes n'est pas un sang perdu il féconde le pollen des fleurs aux couleurs éclatées exaltant les parfums étalés de la crête des mornes à la racine des vagues l'afrique meurtrie vous perçoit avec fierté comme un sourire à sa misère le temps a effacé la colère et la paix habite les charmilles le souvenir tapi au fond des coeurs comme le matin à l'orée du réveil calme dans la couleur du soir je peins de mots d'amour les douleurs d'autrefois le sang séché des pleurs que picorent les vautours aux creux des sentiers de feu atteste que la lumière des siècles durant confisquée la raison égarée l'homme bêtifié l'or déifié en une éclipse avilie l'humaine civilisation des races fraternelles dans la tempête chaude des mers inconnues sur l'aile de la tourmente ma main comme une étoile angoissée dépose dans ce continent blessé de mes ancêtres des nuits blanches des plantations une pensée fidèle pieusement meurtrie
Charles CARRÈRE ..
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 20, 2012 09:21
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Devant les champs et les prairies...
Devant les champs et les prairies, Devant le ciel, comme la mer, Je regarde, le coeur amer, Les tours de la Maladrerie. Elles surplombent l'horizon De forêts, de pluie et de brume Et, dans l'ennui qui s'accoutume, Mornes, enferment la prison. Ah ! vieilles tours, que votre empire Est donc odieux à celui Qui, du matin jaune à la nuit, Obéit, travaille et soupire ! Vous l'accablez à tout instant. Il vous voit. Il souffre en silence. Mais l'espoir dit à la violence : Ne te soulève pas. Attends ! Il attend. Il sait que, derrière Les murs, l'horizon s'ouvre et luit Et que le grand chemin conduit Qui veut durant la vie entière. Il attend. Le ciel, qu'il peut voir Par la lucarne, l'illumine Et, malgré qu'il pleuve ou bruine, Prend sur lui d'étranges pouvoirs. Il attend. Oh ! l'aube trop grise ! Oh ! le soir trop lent ! Oh ! parfois L'Amour, l'Espérance, la Foi Dont son âme forte se grise ! Oh ! mais un rayon de soleil Suffit, l'heure qui vient et passe N'aura jamais plus, quoi qu'on fasse, À l'horloge un timbre pareil ! Ni ce cri, cette note aiguë. Ni cette aile, qui bat dehors Les pierres, ce soudain essor Dont elle repart dans la nue ! Tout le presse. Tout lui promet La liberté, cette merveille ! Qui sourit, la rose à l'oreille Mais qui chante, les poings fermés. Francis Carco. "Cellule 214" "La Bohème et mon coeur"
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 20, 2012 09:52
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Nul n'est prophète en son pays.. mais là..on ne peut que douter de ce proverbe français..
La voix des humiliés est faible, dit-on...
« La voix des humiliés est faible, dit on, Et sourdes les oreilles des tyrans de ce monde.
Non la clameur du peuple est l’ouragan Qui courbe le plus puissant des trônes et le fracasse. La voix tonnante de la justice lui fait écho Le grondement des guerres dévastatrices a des bouches béantes Lorsqu’un peuple enfin, s’unit, pour la justice Il s’affermit maître de son destin
Malheur, malheur à vous, piliers d’iniquité Du jour où l’opprimé se met debout et avance Il brisera d’un coup ses chaînes millénaires, Laissera éclater pleinement sa fureur ! Auriez vous l’illusion au spectacle d’un peuple Touché à l’œil, le fermant ? Ou bien du vaste espace sommeillant, assombri ? Aujourd’hui enfouis, les élans impétueux du pays Bouillonnent en profondeur, menaçants. Viendra l’heure, si proche, de leur éclatement, Le peuple vibrera du plus beau de ses chants. Ainsi ; la justice pendant longtemps assoupie, Elle se réveille en fureur Défait d’un seul coup ce qu’ont tissé les ténèbres. Quand, dans sa misère, le faible se relève, disparaît toute crainte Vous saurez, ô tyrans, qui de nous les flots emporteront
Pour récolter ce qu’hier sa propre main a semé Qui sème la douleur récolte l’amertume. L’arbre de la vie se verra arrosé ; pousseront ses racines. Et vous, tyrans, vous l’entendrez forte la voix de la justice Lorsque le destin, de son amer calice, vous aura abreuvés. Le jour où le tyran s’effondre sous ses chaînes Alors il entend la douleur de ce monde…... et comprend. .
Abou Al Kacem Chabbi. extrait de "Au tyran" in Diwan 1929 poète tunisien. traduit par Ahmed Ben Othman.
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 24, 2012 11:05
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Les dents serrées.
Je hais. Ne me demandez pas ce que je hais il y a des mondes de mutisme entre les hommes et le ciel veule sur l'abîme, et le mépris des morts. Il y a des mots entrechoqués, des lèvres sans visage, se parjurant dans les ténèbres il y a l'air prostitué au mensonge, et la Voix souillant jusqu'au secret de l'âme
mais il y a le feu sanglant, la soif rageuse d'être libre il y a des millions de sourds aux dents serrées il y a le sang qui commence à peine à couler il y la haine et c'est assez pour espérer.
Pierre Emmanuel. " Les dents serrées" paru dans "L'honneur des poètes" sous le pseudonyme de Jean Amyot.
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