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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 1, 2012 03:44
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Chez Jaime Gil de Biedma (1929-1990) poète espagnol important, le temps devient une souffrance ou une réflexion ou parfois tout s'arrête, l'accepter pour créer l'oeuvre.
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JE NE RECOMMENCERAI PAS À ÊTRE JEUNE
Que la vie était sérieuse, on commence à le comprendre plus tard -comme tous les jeunes hommes, je suis venu à me porter la vie par-devant.
On voulait laisser une trace et aller entre des applaudissements -vieillir, mourir, c'était seulement les dimensions du théâtre.
Mais le temps est passé et la vérité désagréable apparaît : vieillir, mourir, c'est l'argument unique de l'oeuvre.
Jaime Gil de Biedma (1929-1990) / Des "Poèmes posthumes" 1968 Traduction T&M Merci au site BIPOLARISATION pour cette traduction
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Matin d'hier, d'aujourd'hui
C’est la pluie sur la mer. Devant la fenêtre ouverte Tu la regardes, la tempe Contre la vitre.
Image de quelques secondes, Immobile à contre-jour, Ton corps différent dans sa nudité Encore nocturne.
Tu te tournes de mon côté, Et tu souris. Je pense A tout ce temps qui a passé Et mon souvenir se fige.
Jaime Gil de Biedma
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
décembre 27, 2011 17:24
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En 1959 Jaime Gil de Biedma écrivait dans la préface de Las personas del verbo : « […] un livre de poèmes n’est rien d’autre que l’histoire de l’homme qui est son auteur, mais élevée à un niveau de signification où cette vie est devenue celle de tous les hommes ou, à tout le moins, – eu égard aux inévitables limitations objectives de chaque expérience individuelle – d’un certain nombre d’entre eux. »
Sans doute son homosexualité a t'elle beaucoup contribué à cette sensibilité exarcerbée lui qui est né au sein d'une famille de la haute bourgeoisie castillane
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Les revenants
C'était ce matin, en pleine rue.
J'attendais avec les autres, devant le passage clouté, et soudain j'ai senti comme un léger frôlement, presque une supplique sur la manche. Puis, comme je traversais précipitamment, la vision d'une paire d'yeux terribles, exhalés de je ne sais quelle néant de douleur. Le fait est que cela arrive trop souvent. Et cependant, chez certains d'entre nous du moins, il subsiste une trace de malaise furtif, un léger sentiment de culpabilité.
Je me souviens aussi, par un bel après-midi comme je retournais chez moi ... une femme s'affaissa à mes côtés en se repliant sur elle-même, en silence et avec une incroyable lenteur - je la maintins par les aisselles un moment, son visage fané presque collé au mien. Puis, sans comprendre, elle rouvrit les yeux où on ne lisait rien, si ce n'est la simple privation qui me remerciait. Je me retournai avec tristesse et la regardai descendre la rue.
Je ne sais comment dire, c'est comme si tout, comme si le monde autour de moi s'était immobilisé mais continuait de s'agiter avec cynisme, comme si de rien n'était, comme si rien n'était vrai. Une apparition qui passe, un corps en peine ne sont pas l'annonce de la mort, ils disent que la mort était parmi nous, incognito.
Ils viennent de là-bas, de l'autre côté du gouffre sulfureux, des sourdes mines de la faim et de la foule. Ils ne savent même pas qui ils sont : des déterrés vivants.
Jaime Gil de Biedma
(Companeros de viage)
Toile "Foule", d'Olivier Suire Verley
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
décembre 28, 2011 01:24
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La vie trépidante de Gil de Biedma à l'écran par Sergio Ríos Pérez
23/03/2009 - Le tournage d'El cónsul de Sodoma, troisième long métrage de fiction du réalisateur originaire de Valence Sigfrid Monleón, est à mi-parcours. Il a commencé le 9 février et s'effectue dans les villes de Madrid, Barcelone, Valence et Manila.
Le film retrace toute la vie du poète Jaime Gil de Biedma sur la base de la biographie écrite par Miguel Dalmau, qui n'a pas échappé à des polémiques venant de la famille et des proches de l'homme de lettres. La vie de Gil de Biedma tourne autour de trois pôles principaux : poésie, politique et érotisme. Le poète, mort du sida en 1990, a vécu une existence pleine de contradictions, entre sa bonne extraction sociale et son style de vie rebelle et autodestructeur.
Le héros est incarné par le Catalan Jordi Mollà, qui donne la réplique à Alex Brendemühl, Josep Linuesa, Vicky Peña et la débutante Bimba Bosé, petite fille de Lucia Bosé.
El cónsul de Sodoma est produit par Andrés Vicente Gómez pour Trivisión et Infoco. Il sortira dans les salles au mois de novembre. .(Merci à CINEUROPA pour cet article informatif)
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
décembre 28, 2011 03:40
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et merci à toi, Epsilon ! pour cette déniche inattendue... et inconnue de moi...
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