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  Famille : Révèlations poètiques.


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Auteur

Sujet : Albert fleury; "le rêveur de jonquilles"

Marie-elisabeth
Modérateur
France

Date du message : décembre 17, 2011  09:48

   Autrefois...

Autrefois
les hommes en coutil
s'asseyaient au banc de paix
le dimanche
et bavardaient de la chose paysanne.
les tourterelles effleuraient le front des vignes
gagnaient la combe des feuillages
conteuse de caresses.
Le perron délaissé
inlassablement regardait
le noyer lisse et blanc adolescent
aux jeunes noix gonflées vert tendre.

Aujourd'hui
la buse tranquille sur le fil
à regret s'éloigne lourde.
L'arbre rêveur se secoue
la pierre surprise bouge d'effroi.
la crête noircit, l'ombre d'un feu de nuit
et d'un reste de trilles ramifiés de lueurs.
Tu ne peux te quitter
pour aller au-delà de toi
dans le chant de la terre
mais dans ce chant que tu entends
d'une foi pure et forte
tu es.

Albert Fleury.   "Encore un essaim d'instants"





Verlaine
France
Messages : 349

Date du message : décembre 19, 2011  09:03

Sublimes mots qui habillent cette poèsie Marie Elisabeth !

Marie-elisabeth
Modérateur
France

Date du message : décembre 21, 2011  13:17

Les porteurs de paroles.

Gravir jusqu'à la bergerie des sens
où la nuit s'empêtre de prés et d'étoiles
à l'écoute des portes sur l'obscur,
le chien t'accompagnait
l'abri cherchant pour toi sachant déjà
et toi tu attendais la visitation sur le seuil,
car c'est ici qu'ont passé les porteurs de paroles
ceux dont la lèvre élue avait l'arôme d'évidence
et vers le col ils s'en allaient
chargés des mots plus humains que les hommes
pour eux tout était signes et suscitait en eux,
sous leurs pas nulle angoisse
nul abîme
ils descendaient puis remontaient la pente
ils regardaient la terre
l'herbe la pierre l'eau
jamais le ciel
la marche métamorphosait ce qui naissait des pas
la marne opaque et lourde en toi
se faisait indicible pour eux.
Tu attends
ils s'étaient trouvés
et par-delà se reconnaissaient en avant
baignés saturés de visages
et rayonnants d'alpages dans leur verbe,
de glaise et de rosée ils pétrissaient les mots
l'orage dans leurs mains fondait l'amour la terre
et le creuset de chair incarnait l'apparence.

Albert Fleury.   "Le Rêveur de jonquilles"


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