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-grimalkin- 
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Date du message :
novembre 21, 2011 04:34
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Léon Paul fargue ainsi nommé, "Le piéton de Paris"
Fais-moi quitter mon corps visible. J'escaladerai les échelles Des épreuves et des blessures, Je traverserai les systèmes, Incube de tous les soleils, Goutte de feu, goutte de boue, Dans ma soif de te reconnaître. Sans toi, sans ta douceur sévère, Ma vie est le rêve d'un rêve Hanté de fantômes trop tendres. ...
***************** sur le site consacré à Léon Paul Fargues : sa biographie :
Léon-Paul Fargue est né le 4 mars 1876 à Paris. Il fait de bonnes études au collège Rollin, au lycée Janson-de-Sailly, puis brièvement au lycée Henri IV où il se lie avec Alfred Jarry.
Etudiant, il hésite entre la littérature, la musique et la peinture. Après quelques essais à Pont-Aven sur les traces de Gauguin, il choisit finalement d'écrire et publie en 1895 sa première œuvre : Tancrède. Il traîne dans la bohème de Montmartre sous l'ombre de Verlaine et du Cabaret du Chat Noir, puis il rencontre Mallarmé, Valéry, Gide ou Vuillard. Il participe à la création de revues : La Croisade, avec Francis Jourdain et Maurice Tourneur, L'Art Littéraire, avec Alfred Jarry. Le Mercure de France puis la Plume publient bientôt ses poèmes.
En 1900, après trois ans de service militaire dans l'Est, Fargue retrouve Paris et épisodiquement la fabrique de son père, verrier d'art et céramiste, dont il héritera
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-grimalkin- 
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Date du message :
novembre 18, 2011 04:00
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"Mon destin, c'est l'effort de chaque nuit vers moi-même, c'est le retour au cœur, à pas lents, le long des villes asservies à la bureaucratie du mystère. Que m'importe d'être né, d'être mort, d'avoir cent ans de cheveux, des dispositions pour la marine marchande, un mètre d'esprit de contradiction et des femmes fidèles dans les lits des autres ? Que m'importe d'avoir ma place retenue d'avance sur ce monde que je connais pour l'avoir fait ? Je suis de ceux qui sèment le destin, qui ont découvert le vestiaire avant de se risquer en pleine vie. Je suis arrivé tout nu, sans tatouages cosmiques. Le doux géant qui me tracasse quand je me sens encore désossé par le sommeil, c'est l'Univers que je me suis créé, qui me tient chaud en rêve. Et si je meurs demain, ce sera d'une attaque de désobéissance."
Léon Paul Fargue
extrait de "Horoscope ---Haute solitude
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-grimalkin- 
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Date du message :
novembre 18, 2011 04:05
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SPLEEN
Dans un vieux square où l'océan
Du mauvais temps met son séant
Sur un banc triste au yeux de pluie
C'est d'une blonde
Rosse et gironde
Que je m'ennuie
Dans ce cabaret du Néant
Qu'est notre vie
***
Depuis cent ans, je parcours les impasses, je cogne les portes, j'implore les lucarnes. Qu'il fait noir dans ce monde où l'on finit par se heurter à son propre corps. Que faire pour éviter ces hordes de soi-même, ces rues pleines de sosies qui longent les murs, silhouettes lancinantes, démarches tordues, figures échevelées qui sortent en coup de vent sous un coup de lumière moqueuse.
Léon Paul Fargue extrait de "Marcher"- Haute solitude
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-grimalkin- 
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Date du message :
novembre 18, 2011 04:07
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Nocturne 1919
Un long bras timbré d'or glisse du haut des arbres Et commence à descendre et tinte dans les branches. Les feuilles et les fleurs se pressent et s'entendent. J'ai vu l'orvet glisser dans la douceur du soir. Diane sur l'étang se penche et met son masque. Un soulier de satin court dans la clairière Comme un rappel de ciel qui rejoint l'horizon. Les barques de la nuit sont prêtes à partir.
D'autres viendront s'asseoir sur la chaise de fer. D'autres verront cela quand je ne serai plus. La lumière oubliera ceux qui l'ont tant aimée. Nul appel ne viendra rallumer nos visages. Nul sanglot ne fera retentir notre amour. Nos fenêtres seront éteintes. Un couple d'étrangers longera la rue grise. Les voix, D'autres voix chanteront, d'autres yeux pleureront Dans une maison neuve. Tout sera consommé, tout sera pardonné, La peine sera fraîche et la forêt nouvelle, Et peut-être qu'un jour, pour de nouveaux amis, Dieu tiendra ce bonheur qu'il nous avait promis.
Léon-Paul Fargue
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-grimalkin- 
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Date du message :
novembre 19, 2011 03:30
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L'INTRUS
...Elle dort. Elle s'est repliée avec soin. Elle subit l'empire de ses formes rondes et place ses bras sous sa nuque comme pour soutenir son fragile et précieux sommeil. La bouche est légèrement ouverte, la paupière frémit sous des atomes de fard qui la chatouillent encore. Pareil au courant électrique, le rêve, parfois, traverse ce chef-d'œuvre courbe dont la seule vue me comble et me déchire. J'ai dû bouger, enfreindre une loi, car le visage s'émeut et glisse, sans s'animer pourtant, sans reprendre contact avec le réel. Le sommeil, simplement, a manifesté quelque contrariété devant l'audace pesante de l'intrus. J'admire le soin avec lequel ce repos a été dessiné, inscrit sur le drap fin, combien la pose est réussie, tentante, en dépit de la sécurité qui a présidé au ravissant évanouissement. Une femme qui dort est un tableau. Rien n'a été fait à la légère, et même ce livre, qui a été posé à terre au dernier moment, attire le regard comme un objet précieux, fier de sa place. Cette fleur qui se penche hors de son vase impose à sa tige une rondeur polie, distinguée. La boite à cigarette, le flacon, le bâton de rouge, le mouchoir mince et vaporeux, tous les objets épars sur la table de chevet sont pour moi les accessoires d'un ballet interrompu, que la Belle au Bois Dormant prolonge dans un rêve, et que je quitte à pas de loup pour ne pas le déchirer...
extrait de "Silhouettes" Depuis cent ans, je parcours les impasses, je cogne les portes, j'implore les lucarnes. Qu'il fait noir dans ce monde où l'on finit par se heurter à son propre corps. Que faire pour éviter ces hordes de soi-même, ces rues pleines de sosies qui longent les murs, silhouettes lancinantes, démarches tordues, figures échevelées qui sortent en coup de vent sous un coup de lumière moqueuse.
extrait de "Marcher"- Haute solitude LES QUAIS
... Chef-d'œuvre poétique de Paris, les quais ont enchanté la plupart des poètes, touristes, photographes et flâneurs du monde. C'est un pays unique, tout en longueur, sorte de ruban courbe, de presqu'île imaginaire qui semble être sortie de l'imagination d'un être ravissant. Je connais tellement, pour l'avoir faite cent fois, la promenade qui berce le marcheur du quai du Point-du-Jour au quai des Carrières à Charenton, ou celle qui, tout jeune, me poussait du quai d'Ivry au quai d'Issy-les-Moulineaux, que j'ai l'impression d'avoir un sérieux tour du monde sous mes talons. Ces seuls noms : Orsay, Mégisserie, Voltaire, Malaquais, Gesvres, aux Fleurs, Conti, Grands-Augustins, Horloge, Orfèvres, Béthune et place Mazas me suffisent comme Histoire et Géographie. Avez-vous remarqué que l'on ne connaît pas mieux "ses" quais que ses sous-préfectures ? J'attends toujours un vrai Parisien sur ce point : où finit le quai Malaquais, où commence le quai de Conti? Où se trouve le quai de Gesvres ? ...
extrait de Le piéton de Paris J'écris pour mettre de l'ordre dans ma sensibilité
Clichage instantané des érections du subconcient La poésie est cette vie de secours où l'on apprend à s'évader des conditions du réel, pour y revenir en force et le faire prisonnier.
extrait de "Suite familière"- Sous la lampe Le travail est une chose élevée, digne, excellente et morale, mais assez fastidieuse à la longue.
La détente, c'est-à-dire la contemplation, je veux y voir notre état naturel.
extrait de Lanterne magique La moindre destinée est couverte d'étoiles et de torrentsPoète né, Faiseur de vie, associé et collaborateur de la création...
Leon-Paul Fargue
(site Leon Paul Fargue)
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