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Summertime 
Suisse
Messages : 4692
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Date du message :
novembre 15, 2011 09:21
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FRAGMENTS SOULEVéS PAR LE VENT
Rappelez-vous : s'il peut être une foudre lente et tendre à en mourir, irradiant le corps, c'est cela dont mourir vous privera __________
Oui, oui, c'est cela, c'est cela criait-elle.
Et son visage semblait éclairé par quelque chose qui lui faisait face. ________
Le tronc ridé, taché qu'étouffe, à force, le lierre du Temps, si l'effleure une rose, reverdit. ________
En cette nuit, en cet instant de cette nuit, je crois que même si les dieux incendiaient le monde, il en resterait toujours une braise pour refleurir en rose dans l'inconnu.
Ce n'est pas moi qui l'ai pensé ni qui l'ai dit, mais cette nuit d'hiver, mais un instant, passé déjà, de cette nuit d'hiver. ______________
ECLATS D'AOÛT
À quel brasier échappés, ces frelons ?
Moi, quand mes pensées brûlent, je sais pourquoi. _________________
Orvet vif comme un filet d'eau, plus vite dérobé qu'oeillade
orvet des lèvres fraîches. _____________
Toutes ces bêtes ou esprits invisibles
parce qu'on se rapproche de l'obscur. _______________
Trop d'astres, cet été, Monsieur le Maître, trop d'amis atterrés, trop de rébus.
Je me sens devenir de plus en plus ignare avec le temps et finirai bientôt imbécile dans les ronciers.
Explique-toi enfin, Maître évasif !
Pour réponse, au bord du chemin :
séneçon, berce, chicorée.
Philippe JACCOTTET "Cahier de verdure - Après beaucoup d'années" (1990 NRF Poésie/Gallimard)
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
novembre 4, 2011 08:04
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merci Summer ! je connaissais le poète mais pas ces perles là !
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
novembre 6, 2011 09:34
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ce poème là est plus connu. ***** Fruits
Dans les chambres des vergers Ce sont des globes suspendus Que la course du temps colore Des lampes que le temps allume Et dont la lumière est parfum On respire sous chaque branche Le fouet odorant de la hâte Ce sont des perles parmi l’herbe De nacre à mesure plus rose Que les brumes sont moins lointaines Des pendeloques plus pesantes Que moins de linge elles ornent Comme ils dorment longtemps Sous les mille paupières vertes ! Et comme la chaleur Par la hâte avivée Leur fait le regard avide !
Philippe Jaccotet Extrait de "Oiseaux, fleurs et fruits",
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Verlaine 
France
Messages : 349 
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Date du message :
novembre 7, 2011 03:37
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Sublimes mots qui pansent les maux !
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
novembre 11, 2011 12:06
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La voix.
Qui chante là quand tout se tait? qui chante avec cette voix sourde et pure un si beau chant ? Serait-ce hors de la ville, à Robinson, dans un jardin couvert de neige ? Ou est-ce là tout près, quelqu'un qui ne se doutait pas qu'on l'écoutât ? Ne soyons pas impatients de le savoir puisque le jour n'est pas autrement précédé par l'invisible oiseau. Mais faisons seulement silence. Une voix monte, et comme un vent de mars aux bois vieillis porte leur force, elle nous vient sans larmes, souriant plutôt devant la mort. Qui chantait là quand notre lampe s'est éteinte ? Nul ne le sait. Mais seul peut entendre le coeur qui ne cherche la possession ni la victoire.
Philippe Jaccottet. "L'Ignorant" 1952-1956.
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
novembre 11, 2011 12:09
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Le secret.
Fragile est le trésor des oiseaux. Toutefois, puisse-t-il scintiller toujours dans la lumière !
Telle humide forêt peut-être en a la garde, il m'a semblé qu'un vent de mer nous y guidait, nous le voyions de dos devant nous comme une ombre... Cependant, même à qui chemine à mon côté, même à ce chant je ne dirai ce qu'on devine dans l'amoureuse nuit. Ne faut-il pas plutôt laisser monter aux murs le silencieux lierre de peur qu'un mot de trop ne sépare nos bouches et que le monde merveilleux ne tombe en ruine ?
Ce qui change même la mort en ligne blanche au petit jour, l'oiseau le dit à qui l'écoute.
Philippe Jaccottet.
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
novembre 11, 2011 12:22
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Sur les pas de la lune.
M'étant penché en cette nuit à la fenêtre, je vis que le monde était devenu léger et qu'il n'y avait plus d'obstacles. Tout ce qui nous retient dans le jour semblait plutôt devoir me porter maintenant d'une ouverture à l'autre à l'intérieur d'une demeure d'eau vers quelque chose de très faible et de très lumineux comme l'herbe : j'allais entrer dans l'herbe sans aucune peur, j'allais rendre grâce à la fraîcheur de la terre, sur les pas de la lune je dis oui et je m'en fus...
Philippe Jaccottet. "L'ignorant".
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