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-grimalkin- 
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Date du message :
décembre 22, 2011 04:13
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dans l'anthologie personnelle de Venus Khoury-Ghata, dédiée à Alain Bosquet, on peut lire sur la première page :
"Une étoile c'est l'invention d'une flamme La lubie d'une étincelle l'opinion d'une lampe en mal d'éternité une manoeuvre clandestine de Dieu révélée par les dictionnaires
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Nos cris disait-elle rayaient les vitres de la lune et éraflaient les angles des tombes qui tirent leur lait de la lune
Ma mère nous opposait la pente longue de son dos pour interroger l'humidité des murs déchiffrer l'alphabet émietté du salpêtre traduire les signes inscrits sur l'envers de la ville qu'elle connaissait de profil ne s'y risquant jamais plus loin que son cabas franchissant rarement le périmètre indécis de sa lampe Ville qui nous envoyait le rebut de ses pluies et parfois une neige poussive qui accrochait ses flocons aux oreilles du grenadier
Il faut nettoyer la planète nettoyer Dieu criait ma mère en nouant son tablier
V.Khoury-Ghata, Anthologie personnelle chez Actes Sud
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-grimalkin- 
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Date du message :
avril 16, 2011 06:34
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Donne-moi une étoile pour allumer ma lampe du sel pour conserver les larmes des volets de l'huile pour adoucir les plaies des portes deux bras pour enterrer le pain transi ta voix mère s'adressant à Dieu par la lucarne faisait mordre le sol au grenadier
ma mère s'aventurait si loin dans ses rêves que nous retrouvions vide son lit même des draps qu'elle emportait dans ces lieux foulés de ses pieds endormis où elle perdait ses bracelets et son âme retrouvés sous so n oreiller avec l'itinéraire invisible de son sommeil
Ma mère qui se perdait avec le feu cédait la maison à l'affliction de l'hiver et à l'ombre du réverbère qui jouait au sextant
Nous devions la chercher dans la terre où elle se terrait crier son nom dans les pierres effrayer nos voix et l'écho qui avait vu ma mère et le feu...passer.
Venus Khouri-Ghata, anthologie personnelle Actes Sud
(quel beau chant d'amour et de regrets ! heureuse mère ! heureuse fille !)
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-grimalkin- 
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Date du message :
avril 16, 2011 11:29
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A may Ménassa
On nous apprit à nous méfier des voix qui perçaient la neige à date fixe pour nous parler de gauche à droite comme si nous venions du côté sombre de la terre de l'envers de l'alphabet
comme si nos murs devaient abriter le dehors défendre les intérêts du froid protéger l'espace nu de celui vêtu de salpêtre.
Méconnaissables étaient les visages des saisons qui se pressaient sur nos vitres Elles se disaient captives de nos miroirs spectatrices de notre théatre muet.
Nous leur lancions nos vieux vêtements nous leur cédions les restes de nos repas évaporés.
Tout n'était que panache et faux-semblant la maison était en trompe l'oeil ses poutres reflets des réverbères et le marronnier rabâchait le même texte face au vent ce souffleur. Impression de déchéance qui seyait au linge blême de notre mère au discours exalté du père qui dialoguait avec Dieu par la lucarne.
Théatre de leurre et d'engouement feint seule était vrai la douleur du Crucifié qui descendait du mur à heures fixes laissant sur le plâtre la marque indélébile de ses bras écartelés
V.Khoury-Ghata., Anthologie personnelle Actes Sud
(méfions-nous des douleurs inutiles...)
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-grimalkin- 
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Date du message :
avril 17, 2011 11:35
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Nous volions des baisers aux images saintes des étreintes hâtives au cerisier des crinières au brouillard assis sur notre seuil
Nous étions détrousseurs en saison sèche chapardeurs par temps de pluie et de fleuves qui grimpaient dans nos chambres nous avons commis maints larcins avec la complicité des anges volé des bâtons d'encens au cyprès La craie à l'aube les larmes aux murs du cimetière
Nous étions fabulateurs grandiloquents nous arrachions des minutes à l'horloge et récitions notre âge à l'envers.
V. Khoury-Ghata, Anthologie personnelle Actes Sud
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-grimalkin- 
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Date du message :
avril 18, 2011 05:22
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à jean Rousselot
Tu appelles midi les soleils inertes minuit les soleils prohibés et eclipses les lunes qui se repaissent de ta peur
Il t'arrive de ramer dans ton sommeil ignorant que les terres que tu poursuis viendront d'elles-mêmes à ta rencontre
Tu te trompes continuellement de rêve et de continent confondant tes arbres dans les deux sens
La forêt a déménagé sous ton toit depuis qu'un merle moqueur a humilié tes ancêtres raillant ce peuple aux maisons nues aux serpents vêtus de houpelandes qui nomme le soleil la tête entre les jambes humant jusqu'à l'ivresse sa toison nattée
V.Khoury-Ghata fables pour un peuple d'argile, Anthologie Personnelle Actes Sud
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-grimalkin- 
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Date du message :
avril 21, 2011 04:13
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Il était prévu de tout temps que nous hériterions du lopin d'azur qui surplombait nos maisons nous avions planifié le ramassage des pluies la répartition de la lumière et le transfert de la lune en un lieu plus exposé
Nous apprîmes à épeler le nom de Dieu dans les ténèbres à le malaxer avec le sel des lèvres à le faire fondre en prières comestibles en chants en fumées ignorant qu'il suffit de souffler sa lampe pour accéder à son arpent d'éther et d'éternité.
V.Khoury-Ghata, Anthologie personnelle Chez Actes Sud
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-grimalkin- 
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Date du message :
décembre 20, 2011 12:49
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Demain l'hiver disait ma mère ses mains happaient les enfants et les feuilles mortes posées sur le seuil pour les abriter entre les fruites et la lampe Le temps s'était renversé comme un sablier Nous connaissions le poids exact des nuages sur nos paupières la teneur de l'air en cris et en larmes la minute d'affolement de la lumière
personne n'était dupe des manoeuvres de la saison nous guettions les migrateurs les incitions à piétiner le ciel qui n'avait pas tenu ses promesses à signer leurs méfaits d'une aile rageuse en bas de l'horizon
V houry-Ghata, Anthologie personnelle Actes Sud
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