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  Famille : Révèlations poètiques.


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Auteur

Sujet : Paul malvaux

-grimalkin-
Admin famille
France

Date du message : novembre 25, 2011  04:16

Écoute la mer
Frémir son ventre immense
Aux alizés
Elle offre aux falaises blanches
L'interminable paresse
De ses baisers

Écoute la mer
Gémir son écume tendre
Sur les rochers
Elle achève à la marée montante
Les noces païennes
Des corps abandonnés

***
Caresse
De la brise
Sur ton corps
Étendu

La nonchalance du jour
Peut s'éteindre à l'horizon
L'océan s'enflammera de ton regard
Où je lis ce nom
Qui me fait tienne.

Accueillir
L'inattendu
De ta venue
Au point du jour
Comme un merle avant la pluie
Une bourrasque avant l'orage
Ouvrir le coeur à ton passage
En impromptu.

Ton corps se dessine
Dans le miroir entrouvert
De nos serments

Ton nom s'écrit
Dans les méandres courbés
De nos enlacements

Délicate et fragile
Tu as recouvert
La nuit de nos passions
D'un voile translucide
D'acquiescement.

Ample respiration du monde
La brume monte de la vallée
Lorsque seul, à la nuit tombée
Je veille.

Couché au flanc de la montagne
Je regarde s'agrandir
La houle grise et m'engloutir
L'ouate sourde du silence.

Maigre collier
De souvenirs
Au fil

Décomposé

Fragments épars
De fulgurances
Au gré de rêves
Délibérés

Vous peuplez
Mes somnolences
D'arabesques
Brisées.


Sentir
Le poids
De tes yeux
Sur mes épaules
Nues

Surprendre
L'émoi
D'un sourire
Par mégarde
Attendri

Cueillir
L'épuisement
Du jour
Dans la fraîcheur
De ta main
Sur ma hanche
Appuyée.

Communier
À la douceur
Du crépuscule
S'envahir
Des parfums
De chênes verts
Au soir tombant
Sur la colline

Jubiler
À l'intérieur
D'une infinie reconnaissance

Recevoir
En cette heure tardive
L'apaisement.


Mais tu n'auras jamais
Pèlerin de bohème
Que l'appétit des ogres
Pour te rassasier
La grimace d'un pantin
Pour te dérider
L'abîme de la langue
Pour te balbutier.

***
Vomissure, vomissure
Sentiment immense
Atrocité

Verbissure, verbissure
Angoisse intense
Aspérité

Gerbissure, gerbissure
Flasque arrogance
Exorbitée

O meurtrissure
Inguérissable
Humanité.


S'illumine
À nouveau
La ville
En milliers
De lucioles blanches
Où je devine
Les traits esquissés
De ton visage
Endormi.


Folle
Danse
Des esprits
Dans la pénombre
Tournoyante

Tombent
Les corps
Aux pieds
Des tambours
Échevelés

Coule
La sueur
Luisante
Sur les peaux
Anthracites

Sombrent
Les consciences
Obscures
Dans la nuit
Déchirée.

***
Long ruban gris
Jusqu'à l'horizon
La route s'étire
Incertaine
Entre les débris de lande
Et les forêts sans nom
À la poursuite obstinée
D'un autre bout de monde.
***

Élargir
Le temps
Dilater
L'horizon
Défier
Les présages
Durer
Au delà du présent
Désespérément


l'oiseleur

Du langage oublié
A capturé les mots magiques
Qui font danser les étoiles
Dans les yeux
Des enfants endormis.

Le brocanteur
Des mélodies perdues
A réveillé les notes enfouies
Qui font chanter les fontaines
Dans les songes
Des bambins étourdis

Enchanteurs de l'imaginaire
Vous avez passé au cou
De la princesse Laura
Un collier de paroles
Plus précieuses
Que les perles de l'innocence.

Paul Malvaux


-grimalkin-
Admin famille
France

Date du message : février 28, 2011  12:53

jésuite de 31 ans. Il étudie la théologie à l'Institut d'Étude Théologique de Bruxelles. Il
enseigne en même temps la philosophie à l'institut Hemes-Gramme, charmante école
supérieure d'ingénieur industriel, dont il est sorti diplômé (paraît-il) en 1991.

"Ingénieur, philosophe (et apprenti théologien) une combinaison détonante qui, au
regard des spécialistes, pourrait bien indiquer que je ne suis ni l'un ni l'autre" dit-il. Puis,
il poursuit: "l'avenir dira sans doute ce qu'il en est réellement."

j'ai déjà mis un de ses poèmes dans "poètes d'aujourd'hui, mais je crois qu'il mérite un
post pour lui tout seul et en bonne place

-grimalkin-
Admin famille
France

Date du message : mars 1, 2011  03:18



Quand la peur
Et la nuit
S'étreignent

Renaissent
Les cauchemars
Nacrés
Cendres froides
De nos sourires
Figés. Arbres morts
À l'écart de la route des hommes
Silhouettes tordues
D'anges déchus
Enchaînés à la terre
Et maudissant le ciel
Vos os blanchis
Aux gifles
De la bruine
Se dressent
Sur la Fagne
Assoupie
En gardien douloureux
De toute solitude.


Je voudrais suspendre les mots
Au fil mouvant de l'invisible
Au fil ténu de l'indicible
Et dans l'instant saisir parfois
L'éternité rejointe en moi

Je voudrais surprendre les mots
Murmurer l'étrange histoire
Du monde en leur miroir
Et dans l'éclair
Chanter sans voix
Leur mystère rejoint en moi

Je voudrais rendre à ces mots
Leur poids perdu de sensation
La joie de nous redire le nom
De celui qu'ils portent caché
Dans leur écrin d'ambiguïté.
   
   
Audace peureuse
       Tendre
       Fauve
       Éprise
Leurs lèvres ne se touchent
Leurs doigts ne se frôlent
Leurs corps ne se joignent
Qu'imperceptibles
Au poignard des autres
Croissant de lune
Ombre chinoise
Cambrures de femme
Amour gibbeuse.


Étoile filante
À mon horizon
Confidente d'un soir
Je resterai
Dans l'ombre de ta destinée
Le mendiant
De ton regard.


Les nuages
De septembre
Au sommet
Des collines
Grises
Abandonnées
À la garde
Des anciens
Tour à tour
Bergers
Sentinelles
Fossoyeurs
Des tombes
De pierre
Et de soleil.


L'argile
De ta candeur
Esseulée
Embaume
A l'ombre
Des feuillages

Et l'onde fraîche
Qui coule
S'enroule
Déboule
De vasque
En vasque
Revêt
Ta nudité
D'un corsage
De transparence
Fluide

Et la rivière
De mon désir
Sourd
Aussi claire
Obscure
Qu'un cristal
D'albâtre. Pleurer
Des larmes de sang
Sur ton sexe endormi
Après la douceur de la pluie
La marée, l'océan
Et la plainte aussi.

Glisser l'une en l'autre
Et puis
T'ouvrir un univers béant
Fondre entre tes bras transis
C'est bon d'être en tes mains le fruit
C'est bon d'être ton corps aussi.

S'aimer encore,
Sans bruits, sans cris,
Enlaçant nos nuits d'azur
Abandonnant nos murs
Que j'aime le bruit du vent
Et le goût de ta peau
Et le poids de ton dos,
Et l'étreinte
Et tes mots aussi.



Paul Malvaux

(je ne sais pas pour vous....mais pour moi ce sont des mots qui vont loin, très loin, au
tréfond de nous.)

-grimalkin-
Admin famille
France

Date du message : mars 2, 2011  11:34

.

Il y a des souvenirs
Qui se rappellent à nos espoirs
Des montagnes, des forêts
Des îles.
Et puis,
Une blouse entrebâillée,
La pression de ton bras
À ma taille,
Ta voix.

Il y a des passages et des mourir,
Des aller, des revenir
Des lâcher, des retenir
Il y a toi,
Et l'oubli lent à venir.

Épuisé de moi
Lassé d'effroi
Je t'ai offert
L'image d'un miroir
Brisé
Sarcophage
Abandonné
Aux bras tordus
D'un fleuve géant
Jusqu'aux portes
De la mer.   


Rideau tiré
De grand matin
Sur un ciel clair.

Parfum saisi
Au détour d'une haie
D'aubépine.

Jubilation
Passagère
D'un instant
À mots couverts.

Chemin de sous-bois
Écrasé de chaleur
Et de silence.

Tapis de jonquilles
En pelouse
En myriade.

C'est le vol d'une mésange

Messagère
D'un printemps
À corps ouverts.


Paul Malvaux

-grimalkin-
Admin famille
France

Date du message : mars 3, 2011  12:49



L'inaccessible est sens.

Indicible désir
Qui t'entrelace
Plus affolant
Qu'un corps de femme.

Inaudible soupir
Qui te bouleverse
Plus émouvant
Qu'un cri de femme.

Invisible regard
Qui te transperce
Plus séduisant
Qu'un sein de femme.

Insensible espoir
Qui te traverse
Plus caressant
Qu'une ombre en flamme.



Plus rêveuse que ton regard,
Plus ronde que ta poitrine,
Plus torride que ton Hoggar
L'inachevé de nos corps en sourdine.

Plus moite que ta sueur,
Plus douce que tes baisers,
Plus pesante que ta lourdeur,
L'interrompu de nos corps encerclés.

Plus ouverte que ton ventre,
Plus tendre que ta peau,
Plus radiante que ton antre,
L'inconsolé de nos corps en lambeaux.



Forêt de lianes
Tendre montagne
Verte prairie
Douce pâture
Porte de vie
Mon aventure !

Terre profonde
Vallée féconde
Chaude moiteur
Secret labour
Porte du cœur
Mon amour !

Draperies roses
Paupières mi-closes
Coulée de miel
Volcan de chairs
Porte du ciel
Mon envers !
   Traces


Paul Malvaux

-grimalkin-
Admin famille
France

Date du message : mars 12, 2011  03:56


En silence

Ondoyantes et fugaces
Les braises du soir
Quand la brume tombe
Les chants se taisent
Le jour pèse
Les regards au loin
Vers l'hôte indécis s'étoilent
Autre souffle
Autre flamme
Que la nuit désormais
Enveloppe
Et le monde
Devenu silence.

**
Miroir suspendu
A la clarté du soir
Pas un souffle ne ride
Ton écrin de silence
Et le calme descendu
Des montagnes
Perle ta transparence
D'obscurités.

Transition immobile
Où s'embrassent encore
La chaleur du jour
Le frisson déjà
La nuit

Instants précieux
Qui dentellent
Du ciel à la terre
La secrète offrande
De l'univers.

**

Ample respiration du monde
La brume monte de la vallée
Lorsque seul, à la nuit tombée
Je veille.

Couché au flanc de la montagne
Je regarde s'agrandir
La houle grise et m'engloutir
L'ouate sourde du silence.

**

Rideau tiré
De grand matin
Sur un ciel clair.

Parfum saisi
Au détour d'une haie
D'aubépine.

Jubilation

Passagère
D'un instant
A mots couverts.

Chemin de sous-bois
Ecrasé de chaleur
Et de silence.

Tapis de jonquilles
En pelouse
En myriade.

C'est le vol d'une mésange

Messagère
D'un printemps
A corps ouverts

**
Ruissellement
D'un marbre
En fleur
Qui s'épanche
Jusqu'à donner
Au regard
Du soleil
Un éclat
D'outre-porte
Ouverte
Au chant
De l'absence
Et de l'effroi.

Dépouillement
D'un arbre
En pleurs
Qui se penche
Jusqu'à frôler
Le miroir
Du ciel
Où se noie
La feuille morte
Offerte
Au temps
Du silence
Et du froid.

*
S'envahir
De silence
Des trop-pleins
D'existence
S'accueillir

Ne plus dire
Renoncer
Laisser fuir
Reposer

Fragile
Dans les ombres
Clartés
Des déserts
Intérieurs.

**
Taire
En soi
Les remous
Du silence
Attentive
A l'éveil
Profondeurs
Lentes

Tendre
La voix
A l'égale
Emergence
Timide
Partage
En douceur
En violence.

**
Larme immobile
Au bord
De tes paupières
Closes
Hésitation discrète
Vulnérable
Aube d'un aveu
Qui ne coûte
Que le prix
De ton silence
**
La sylve échancrée
Silhouette encore
Un croissant de ciel clair
Il prend son temps le jour
Dépose là ses armes
Pousse un dernier respir
D'oiseau endormi
Laisse enfin s'agrandir
A mes oreilles écarquillées
Le tout premier silence
Du crépuscule.

**
Le soir est tombé
La nuit a posé
Son ruban de perles
Par-dessus le chaume
Et les toits embaumés

Rien n’a percé
La surface des jours
A mes yeux d’étranger
Mais ce rien se raconte
Et prolonge l’ivresse
Apaisée du silence

Infinie la rumeur
Des conversations humaines.


Paul Malvaux

-grimalkin-
Admin famille
France

Date du message : novembre 24, 2011  11:53

Parcelles d' épousailles

Une route
Soudain
Etincelle
Dans l'éclaircie
De ton visage

Trouée
Où vacille
Inespérée
Notre rencontre

Sillage
Où se promet
Comme une aurore
Notre féconde encordée.
   



Perle
Entourée
De silence
En notre intimité
Le creux d'une souffrance
Ne jamais te rejoindre
Qu'en deçà de ce qui lie
Blessure inavouée
Entre nous soit dite.




Ce fut
Je ne sais quoi
Une pression du bras
Un geste de la main
Une flexion de voix
Un regard anodin
Et puis tout bascula
Survint

Ce fut
Je m'en souviens
Un éclat de ton sourire
Un pas de notre danse
Une hésitation à dire
Mon vertige et ta béance
Et puis le cœur céda
Sans fin.


Paul Malvaux