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opaline 
France
Messages : 5523 
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Date du message :
décembre 20, 2011 11:27
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Bonjour et merci de m'accueillir dans votre famille..!
Les fleurs ....elles naissent dans un mystère Et jaillissent de la terre avec toutes les couleurs Elles apportent le bonheur leurs fleurs....!
Dans la rosée elles s'ouvrent Et le soir elles se couvrent Sans faire le moindre bruit Pour s'endormir la nuit
Elles cherchent la soleil Qui passe dans le ciel Elles se gorgent de chaleur et adorent la douceur...
Elles invitent les abeilles A boire dans leur stigmate Pour remplir des corbeilles De pollens dans leurs pattes Travaillant de longues heures Elles emportent en leurs mains Des grandes prairies de fleurs qui renaitront demain...
Les fleurs ont un langage Qui parle aux gens sages Pour leur dire en silence Tout l'amour que l'on pense Nobles fleurs d'élevages Qui font de longs voyages Petites fleurs des champs que ramassent les enfants
Elles viennent en visite Pour montrer qu'on exciste Elles consolent ceux qui pleurent Et fleurissent ceux qui meurent.....les fleurs...
( trouvé sur le net inconnu.) *Ce message a été édité le 27-Feb-2010 1:18 PM par opaline*
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
février 28, 2010 03:28
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Bon sujet de post, merci opaline )
Les colchiques
Le pré est vénéneux mais joli en automne Les vaches y paissant Lentement s'empoisonnent Le colchique couleur de cerne et de lilas Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-la Violatres comme leur cerne et comme cet automne Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne
Les enfants de l'école viennent avec fracas Vêtus de hoquetons et jouant de l'harmonica Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières Qui battent comme les fleurs battent au vent dément
Le gardien du troupeau chante tout doucement Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l'automne
Guillaume Apollinaire (Ce poème d'Apollinaire a déjà été édité, mais il est si beau ! )
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
février 28, 2010 03:45
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Bienvenue Opaline et merci pour ce joli bouquet de fleurs, Baudelaire ayant écrit les célèbres Fleurs du mal, publiées en 1857, il ne semble pas qu'il y ait un poème plus particulier sur les fleurs, lui qui était pourtant porté sur les sens, les fleurs ne semblent pas l'avoir inspiré? Dommage ,alors reportons nous sur Pierre Louys et son joli poème l'iris!
L'Iris
Je t'apporte un iris cueilli dans une eau sombre Pour toi, nymphe des bois, par moi, nymphe de l'eau, C'est l'iris des marais immobiles, roseau Rigide, où triste, oscille une fleur lourde d'ombre.
J'ai brisé, qui semblait un bleu regard de l'air, L'iris du silence et des fabuleux rivages; J'ai pris la tige verte entre mes doigts sauvages Et j'ai mordu la fleur comme une faible chair.
Les gestes et les fleurs, ô sereine ingénue, Parleront pour ma bouche impatiente et nue, Où brûlent mes désirs et l'espoir de tes mains:
Accueille ici mon âme étrangement fleurie Et montre à mes pieds par quels obscurs chemins Je mêlerai ta honte à ma vaste incurie.
Pierre Louýs
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
mars 1, 2010 04:21
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bernard hreglish à son tour parle de fleurs...d'une façon...personnelle....
TROIS FLEURS
Jamais ne fut gravé sur ta robe un visage Insolent, avec sa bouche de mépris au terme du siècle Lorsque perdue dans l'indicible et les morsures d'un serpent Le sable coule sur tes hanches, Sur tes chevilles d'enfant assiégées d'abeilles; Ton bonheur se cristallise lorsque range la vaisselle claire Une servante aux mains nouées par l'injustice.
Voici trois fleurs pour ton corsage et la forêt se déchire Si tu laves tes bras à l'eau d'une fontaine sombre De te savoir si belle et si violente, dévisageant Ces odieuses caricatures, oeuvres anciennes dont tu fus Le modèle et que nul n'ose détruire
Bernard Hreglich, "Autant dire jamais" chez Gallimard
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opaline 
France
Messages : 5523 
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Date du message :
mars 1, 2010 11:30
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Merci de participer.... de circonstance....!
Mignonne allons voir si la rose Qui ce matin avait éclose Sa robe de pourpre au soleil A point perdu sa vêprée Les plis de sa robe pourprée Et son teint au vôtre pareil
Là ! voyez comme en peu d'espace Mignonne elle a dessus la place Là bas! ses beautés laissé choir O ! vraiment marâtre nature Puisqu'une telle fleur ne dure Que du matin jusqu'au soir
Donc si vous me croyez mignonne Tandis que votre âme fleuronne En sa plus verte nouveauté Cueillez.....Cueillez votre jeunesse Comme a cette fleur la vieillesse Fera ternir votre beauté
Pierre de Ronsard.
Pierre de Ronsard.
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
mars 2, 2010 03:46
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COQUELICOTS EN JUILLET
Petits coquelicots, petites flammes d'enfer, Vous ne faites pas mal ?
Vous tremblez. Je ne sais pas vous toucher. Je mets les mains dans les flammes. Rien ne brûle.
Et cela m'épuise de vous regarder Trembler commeça, rouge vif et froissés comme une bouche.
Une bouche que l'on vient d'ensanglanter. Oh petites jupes sanglantes !
Il y a des vapeurs que je ne peux toucher. Où est votre opium, où sont vos capsules écoeurantes ?
Si je pouvais saigner, ou dormir ! - Si ma bouche pouvait épouser une blessure pareille !
Ou vos sucs distiller pour moi,dans cette capsule de verre, Une stupeur, un apaisement?
Mais pas de couleur. Pas de couleur.
Sylvia Plath, "ARIEL" chez Gallimard
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
mars 3, 2010 05:01
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LEDA DANS LE JARDIN
Dans un âpre jardin je te vois : rouge, l'escarpolette d'un hamac Se balance pour te bercer. Avec leurs larmoyants calices de languissantes fleurs Font les pleureuses sur nos baisers.
Songeur, je te regarde : rouge, un couple de nuages Par le ciel s'en va vogueur. Ils échangent en se balançant des baisers faiblissants Puis dans un feu de désirs se meurent.
Rouge couple de nuage, nous flottons. Notre embrasement En flambée affamée flamboie. Et voici qu'en bas, dans le jardin, même le coquelicot, Rougeoiement rassasié, sur nous s'apitoie.
Armand Robin
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
mars 3, 2010 09:57
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Le camélia.
Chaque fleurs dit un mot du livre de la nature: La rose est l'amour et fête la beauté. La violette exhalte une âme aimante et pure, Et le lys resplendit de sa simplicité.
Mais le camélia, monstre de la culture, Rose sans ambroisie et lis sans majesté, Semble s'épanouir, aux saisons de froidure, Pour les ennuis coquets de la virginité.
Cependant, au rebord des loges de théâtre, J'aime à voir, évasant leurs pétales d'albâtre, Couronne de pudeur, de blancs camélias
Parmi les cheveux noirs des belles jeunes femmes Qui savent inspirer un amour pur aux âmes Comme les marbres grecs du sculpteur Phidias.
Charles Lassailly (1806-1843)
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
mars 3, 2010 10:04
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D'un bouquet d'oeillets gris et rouges.
Ces six oeillets mêlés en cette guise Vous sont par moi ce matin envoyés, Pour vous montrer, par ceux de couleur grise, Que j'ai du mal plus que vous n'en croyez ; Vous suppliant que vous y pourvoyiez, Les rouges sont plainte en l'autre moitié, Non point de vous, mais du Dieu sans pitié Qui de mon sang prend vie et nourriture ; Et tous ensemble, ayant de leur nature Brève saison, vous portent ce message Que la beauté est un bien qui peu dure, Et que qui l'a la doit mettre en usage.
Mellin de Saint Gelais.
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
mars 3, 2010 10:20
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Roses et muguets.
Dans le vallon qu'arrose L'eau courante, j'allais Un jour cueillir la rose, La rose et les muguets.
Mon amoureux qui n'ose Rien me dire, y passait ; Moi je cueillais la rose, La rose et le muguet.
« Oh vilain ! oh morose ! » Au nez je lui riais, Tout en cueillant la rose, La rose et les muguets.
Sur l'herbe je me pose En jetant mon bouquet, Mon beau bouquet de rose, De rose et de muguet.
« Dis-moi donc quelque chose ! Les oiseaux sont plus gais Gazouillant à la rose, Becquetant les muguets.
N'aye pas peur qu'on glose. Le lézard fait le guet Couché sur une rose, Caché dans le muguet. »
Mais sur ma bouche close Son baiser me narguait. « Tes lèvres sont de rose Et tes dents de muguet. »
Le méchant ! Il est cause (Moi qui tant me moquais !) Que dans l'eau court ma rose, Ma rose et mes muguets.
Charles Cros.
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
mars 3, 2010 10:39
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Egalité.
Dans un grand jardin en cinq actes, Conforme aux préceptes du goût, Où les branches étaient exactes, Où les fleurs se tenaient debout,
Quelques clématites sauvages Poussaient, pauvres bourgeons pensifs, Parmi les nobles esclavages Des buis, des myrtes et des ifs.
Tout près, croissait, sur la terrasse Pleine de dieux bien copiés, Un rosier de si grande race Qu'il avait du marbre à ses pieds.
La rose sur les clématites Fixait ce regard un peu sec Que Rachel jette à ces petites Qui font le choeur du drame grec.
Ces fleurs, tremblantes et pendantes, Dont Zéphyre tenait le fil, Avaient des airs de confidentes Autour de la reine d'avril.
La haie, où s'ouvraient leurs calices Et d'où sortaient ces humbles fleurs, Écoutait du bord des coulisses Le rire des bouvreuils siffleurs.
Parmi les brises murmurantes Elle n'osait lever le front ; Cette mère de figurantes Était un peu honteuse au fond.
Et je m'écriai : Fleurs éparses Près de la rose en ce beau lieu, Non, vous n'êtes pas les comparses Du grand théâtre du bon Dieu.
Tout est de Dieu l'oeuvre visible. La rose, en ce drame fécond, Dit le premier vers, c'est possible, Mais le bleuet dit le second. ...
Victor Hugo, "Les Chansons des rues et des bois"
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
mars 3, 2010 10:47
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Vous dont je ne sais pas le nom..
Vous dont je ne sais pas le nom ô ma voisine Mince comme une abeille ô fée apparaissant Parfois à la fenêtre et quelquefois glissant Serpentine onduleuse à d a m n e r ô voisine Et pourtant soeur des fleurs ô grappe de glycine
En robe verte vous rappelez Mélusine Et vous marchez à Petits Pas comme dansant Et quand vous êtes en robe bleu-pâlissant Vous semblez Notre-Dame des fleurs ô voisine Madone dont la bouche est une capucine
Sinueuse comme une chaîne de monts bleus Et lointains délicate et longue comme un ange Fille d'enchantements mirage fabuleux Une fée autrefois s'appelait Mélusine Ô songe de mensonge avril miraculeux
Tremblante et sautillante ô vous l'oiselle étrange Vos cheveux feuilles mortes après la vendange Madone d'automne et des printemps fabuleux Une fée autrefois s'appelait Mélusine Êtes-vous Mélusine ô fée ô ma voisine
Guillaume Apollinaire "Poème à Yvonne." *Ce message a été édité le 3-Mar-2010 11:01 AM par Marie-elisabeth*
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
mars 3, 2010 10:58
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La fleur qui fait le printemps.
Les marronniers de la terrasse Vont bientôt fleurir, à Saint-Jean, La villa d'où la vue embrasse Tant de monts bleus coiffés d'argent.
La feuille, hier encor pliée Dans son étroit corset d'hiver, Met sur la branche déliée Les premières touches de vert.
Mais en vain le soleil excite La sève des rameaux trop lents; La fleur retardataire hésite A faire voir ses thyrses blancs.
Pourtant le pêcher est tout rose, Comme un désir de la pudeur, Et le pommier, que l'aube arrose, S'épanouit dans sa candeur.
La véronique s'aventure Près des boutons d'or dans les prés, Les caresses de la nature Hâtent les germes rassurés.
Il me faut retourner encor Au cercle d'enfer où je vis; Marronniers, pressez-vous d'éclore Et d'éblouir mes yeux ravis. ..
Théophile Gautier.
ces vers comme ils sont charmants. "La véronique s'aventure Près des boutons d'or dans les prés.."
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
mars 3, 2010 11:20
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Caligula - Ier chant. (Mais le printemps a l'amour et les roses..)
L'hiver s'enfuit ; le printemps embaumé Revient suivi des Amours et de Flore ; Aime demain qui n'a jamais aimé, Qui fut amant, demain le soit encore !
Hiver était le seul maître des temps, Lorsque Vénus sortit du sein de l'onde ; Son premier souffle enfanta le printemps, Et le printemps fit éclore le monde.
L'été brûlant a ses grasses moissons, Le riche automne a ses treilles encloses, L'hiver frileux son manteau de glaçons, Mais le printemps a l'amour et les roses.
L'hiver s'enfuit, le printemps embaumé Revient suivi des Amours et de Flore ; Aime demain qui n'a jamais aimé, Qui fut amant, demain le soit encore !
Gérard de nerval "Odelettes"
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
mars 7, 2010 23:31
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Jardinier poète très précieux que Stéphane Mallarmé, son jardin dégage d'autres effluves plus rares et d'autres senteurs moins habituelles comme ses vers?
LES FLEURS
Des avalanches d'or du vieil azur, au jour Premier et de la neige éternelle des astres Jadis tu détachas les grands calices pour La terre jeune encore et vierge de désastres,
Le glaïeul fauve, avec les cygnes au col fin, Et ce divin laurier des âmes exilées Vermeil comme le pur orteil du séraphin Que rougit la pudeur des aurores foulées,
L'hyacinthe, le myrte à l'adorable éclair Et, pareille à la chair de la femme, la rose Cruelle, Hérodiade en fleur du jardin clair, Celle qu'un sang farouche et radieux arrose !
Et tu fis la blancheur sanglotante des lys Qui roulant sur des mers de soupirs qu'elle effleure A travers l'encens bleu des horizons pâlis Monte rêveusement vers la lune qui pleure !
Hosannah sur le cistre et dans les encensoirs, Notre Dame, hosannah du jardin de nos limbes ! Et finisse l'écho par les célestes soirs, Extase des regards, scintillement des nimbes !
Ô Mère qui créas en ton sein juste et fort, Calices balançant la future fiole, De grandes fleurs avec la balsamique Mort Pour le poète las que la vie étiole.
Stéphane Mallarmé
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