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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
octobre 3, 2009 06:14
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LIEDER DU VENT A DECORNER LES BOEUFS
Le vent court à brise abattue
il court il court à perdre haleine
Pauvre vent perdu et jamais au but
où cours-tu si vite à travers la plaine
Où je cours si vite où je cours si vite
Le vent en bégaye d'émotion et d'indignation
Se donner tant de mal et de gymnastique
et qu'on vous pose après de pareilles questions
A quoi, bon souffler si fort et si bête
et puis s'en aller sans rien emporter
Quelle vie de chien qui toujours halète
qui tire sa langue de chien fatigué
Jusqu'au bout du monde il faut que tu ailles
poussant ton charroi de vent qui rabâche
Vente vent têtu de sac et de paille
Claude Roy
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
juillet 1, 2010 05:59
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Le Printemps
Après tout ce blanc vient le vert, Le printemps vient après l’hiver. Après le grand froid le soleil,
Après la neige vient le nid , Après le noir vient le réveil, L’ histoire n’est jamais finie.
Après tout ce blanc vient le vert, Le printemps vient après l’hiver, Et après la pluie le beau temps.
Claude Roy
Farandoles et fariboles
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
mars 30, 2011 04:08
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POUR L.
Une pensée sans mot pensée sur la pointe des pieds entre sourire d'amitié caresse inachevée silence heureux A peine l'éclair vif d'une truite au torrent La trace s'effaçant d'une étoile filante ou l'esquisse du chant d'un oiseau très petit
Une pensée de toi m'a effleuré en chuchotant Je ne fais que passer
C'était ta voix ta voix de vent léger sur les dunes de pin la mer qui souffle bas sous une lune pâle voix de pieds nus de feu de bois de citronnelle de la mousse d'écume aux crêtes de la vague
ta voix traverse-temps qui tisse mon espace
Claude Roy (Le Haut-Bout, vendredi 1er janvier 1993 Herbes au vent, Poèmes à pas de loup, chez Gallimard
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
avril 1, 2011 13:20
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SOLEIL
Le soleil m'aimait Il t'aimait et j'aimais le soleil de nous aimer en lui Ô silence épousé ô présence éprouvée J'aime le lent silence de la mer et de toi
Voici l'automne,aux pluies chantantes leur long silence chuchottant Voici les lampes de l'automne les promises du crépuscule
Donnez-moi (je parle à ,personne) donnez-moi le soleil sans jour le silence au lent cours des rues Donnez-moi la plus calme absence
Donnez-moi la plus pure perte l'Absence d'être et la merci
le Haut-Bout, septembre 1993 Claude Roy, Poèmes à pas de loup, chez Gallimard *Ce message a été édité le 1-Apr-2011 1:20 PM par -grimalkin-*
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
avril 9, 2011 09:14
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Lieder de la mer qui s'ennuie.
Dès qu'il fait noir la mer s'ennuie secoue son sac d'herbes séchées remue son eau toute la nuit Elle a beau faire et chuchoter le soleil restera couché Ce poème étant métap h o r e je m'y compare à l'océan Mon soleil mon chaud mon aurore c'est la douce que j'aime tant et la nuit qui m'ennuie si fort c'est son absence et mon tourment ma vacance et ma marée basse mon calme plat et mon temps mort ma grise mine et guerre lasse triste comme au milieu du port le mazout d'un bateau qui a franchi la passe
Ce poème étant métap h o r e je m'y compare à l'océan Mais il ne veut rien entendre et refuse (hautain) toute comparaison Il est beau il est sel il est vent il est bleu il est immense et fou il est avide de tout
Moi je suis Claude Roy simplement Claude Roy.
Claude Roy ."Poésies"
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
avril 10, 2011 14:32
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A peine.
A peine si le vent retrousse un peu la mer fait mousser sur son bleu un coin de jupon blanc à peine si le sang à ton front quand tu dors compte tout doucement l'aller retour du temps
A peine si les cris des enfants sur la plage se mélangent au flot qui chuchote ses plis à peine si le blanc d'un tout petit nuage éclabousse le bleu du ciel ourlé de gris
A peine si j'écris à peine si tu dors à peine s'il fait chaud à peine si je vis et je ferme les yeux croyant laisser dehors tout ce qui n'est pas toi mon amour endormi.
Claude Roy. "Poésies".
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
avril 10, 2011 14:47
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Tant.
Tant je l'ai regardée caressée merveillée et tant j'ai dit son nom à voix haute et silence le chuchotant au vent le confiant au sommeil tant ma pensée sur elle s'est posée reposée mouette sur la voile au grand large de mer que même si la route où nous marchons l'amble ne fut et ne sera qu'un battement de cils du temps qui oubliera bientôt qu'il nous a vus ensemble je lui dis chaque jour merci d'être là
et même séparés son ombre sur un mur s'étonne de sentir mon ombre qui l'effleure.
Claude Roy . " A la lisière du temps".
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
avril 11, 2011 04:04
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LA SURPRISE
Il faudrait ne pas le quitter des yeux et se lever avant le jour déjà dans la clarté encore pâle le frais humide du matin Chaque année je me laisse prendre et je reste avec mon regret comme autrefois dans l'enfantine enfance quand on se promet de ne pas dormir pour être là quand les cadeaux arriveront (qui sait comment?) au creux des souliers dans la cheminée ou bien u n après-midi le printemps déjà là on entend au loin chanter le coucou en se demandant Est-ce la première fois cette année ? (et il aurait déjà chanté sans qu'on y prenne garde ?)
Si on était patient et les yeux bien ouverts peut-être verrait-on se déplier les pétales mauve-rose et les fleurs du prunus s'écrier une par une Mais c'est chaque année la même surprise On s'était retourné Soudain l'arbre est en fleur avec cet air de dire dans le soleil d'avril <Je voulais seulement vous faire la surprise>
Claude Roy, Poèmes à pas de loup, chez Gallimard
(ouvrons bien les yeux....soyons surpris....)
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
décembre 17, 2011 10:01
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Old Age.
Il est vieux si vieux qu'il n'a plus d'âge Les doigts du temps distrait traversent son feuillage
Suis-je un vieil homme ? suis-je un vieil orme ? Il voudrait bien savoir mais il est temps qu'il dorme
En lui des pensées passent qui tremblent doucement comme la nuit les branches qui bruissent dans le vent
Il essaie de se souvenir du temps où on a tout son temps du temps où on est sûr que le temps nous attend
Mais c'est trop fatigant A la fin il s'endort Il oubliera son rêve en rêvant qu'il est mort.
Claude Roy. "Les pas du silence"1993
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
décembre 17, 2011 11:55
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APPROCHEZ VOS MAINS DE LA FLAMME
Approchez vos mains de la flamme
jusqu y à voir le feu au travers
avec ses courants et ses lames
et ses sirènes aux yeux verts
jusqu'à voir les grands fonds du feu
avec leurs poissons de sommeil
et les longs navires sans yeux
leurs équipages de soleil
et leur forêt d'algues de paille
qui flambe et brille au fond du feu
prisonniers des mains et des mailles
au tremblant filet de vos yeux
Claude Roy
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