|
Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
|
Date du message :
décembre 11, 2011 11:57
|
Prière.
Ah donne-nous des crânes de braises Des crânes brûlés aux foudres du ciel Des crânes lucides, des crânes réels Et traversés de ta présence
Fais-nous naître aux cieux du dedans Criblés de gouffres en averses Et qu'un vertige nous traverse Avec un ongle incandescent
Rassasie-nous nous avons faim De commotions inter-sidérales Ah verse-nous des laves astrales A la place de notre sang
Détache-nous, divise-nous Avec tes mains de braises coupantes Ouvre-nous ces voûtes brûlantes Où l'on meurt plus loin que la mort
Fais vaciller notre cerveau Au sein de sa propre science Et ravis-nous l'intelligence Aux griffes d'un typhon nouveau.
Antonin Artaud. "Anthologie poèmes à dire" Gallimard.
|
|
-grimalkin- 
Admin famille
France 
|
Date du message :
décembre 12, 2011 03:21
|
ce poète là ! c'est un remue-méninges ! J'aime ! je vais essayer de trouver un ouvrage plus complet que celui en ma possession.
|
|
-grimalkin- 
Admin famille
France 
|
Date du message :
décembre 15, 2011 04:43
|
La rue
La rue sexuelle s’anime le long de faces mal venues, les cafés pepiant de crimes deracinent les avenues.
Des mains de sexe brûlent les poches et les ventres bouent par-dessous; toutes les pensees s’entrechoquent, et les tetes moins que les trous.
***
Je ne crois plus aux mots des poèmes, car ils ne soulèvent rien et ne font rien.
Autrefois il y avait des poèmes qui envoyaient un guerrier se faire trouer la gueule, mais la gueule trouée le guerrier était mort, et que lui restait-il de sa gloire à lui ? Je veux dire de son transport ? Rien.
Il était mort, cela servait à éduquer dans les classes les cons et les fils de cons qui viendraient après lui et sont allés à de nouvelles guerres atomiquement réglementées,
je crois qu’il y a un état où le guerrier la gueule trouée et mort, reste là il continue à se battre et à avancer, il n’est pas mort, il avance pour l’éternité.
Mais qui en voudrait sauf moi ?
Et moi, qu’il vienne celui qui me trouera la gueule je l’attends.
Antonin Artaud (1896-1948)
|
|
Page 1 | 2
|