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Epsilon 
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Date du message :
février 8, 2012 11:48
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Sans être croyant, on ne peut rester insensible à la beauté de certaines poèsies religieuses, mais toute poèsie intérieure n'est elle pas religieuse si elle nous touche quelquepart même sans croire à un Dieu quelconque ?
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Hymne à la Vierge
Ô clef du ciel rosace immarcescible Ô clef du ciel Très haute mer hymen de l’invisible Très haute mer
Porte de Dieu voile du tabernacle Porte de Dieu Eden muré seul parfait habitacle Eden muré
Ventre ostensoir de l’aube primevère Ventre ostensoir À ton travers tu conçus la lumière À ton travers
Ève en miroir ô féminine essence Ève en miroir Dieu te prévit dès que l’autre eut naissance Dieu te prévit
Il te forma de sa part ignorée Il se forma Forme d’amour en ton sein figurée Forme d’amour
Ô charité de toi Dieu voulut naître Ô charité Il te connaît afin de se connaître Il te connaît
Tu es le seuil que la Déité passe Tu es le seuil L’oeil où Dieu voit le contempler sa Face L’oeil où Dieu voit
Sur nous petits ô vitrail de tendresse Sur nous petits Filtre les feux du soleil de sagesse Filtre les feux
En notre nuit fleuris ô diadème En notre nuit Un Paradis tout irisé de gemmes Un Paradis
Pierre EMMANUEL.Extrait de Visage nuage, Seuil.
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Epsilon 
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Date du message :
décembre 28, 2008 02:07
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Repose
Repose ô Dieu mon front sur le bord de la mer Que ma sauvage idée sache attendre à ton coeur L’heure où ne seront plus ces lents objets amers, Sous la foudre tombés, sous la gloire, les pleurs !
Dans tout l’apocalypse l’habitant doit être Léger, et vers le vide bleu sans froid ni feu À quoi il faut venir explosion de fête Mourir ! en quoi l’esprit converge vers le lieu.
Avenir de cristal : sein de la liberté Je reverrai ta pointe amie des balles sombres Cellule du soupir et massives armées Nuits semblables et nudité, baisers sans nombre.
« On doit se reposer en celui, sur celui Vers qui s’en vont l’intention avec l’amour, Plutôt qu’en tous ses dons Qui sont les cavaliers de ses nouvelles ;
« De même en Dieu doit se reposer telle L’âme se préférant à ces cadeaux brillants Qu’elle pourrait offrir en son propre beau jour Par ses cavaliers propres parvenus à lui. »
Pierre Jean JOUVE.Paru dans Les Cahiers du Rhône, avril 1942.
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Epsilon 
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Date du message :
décembre 28, 2008 02:27
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Un jour du monde
Un jour du monde, La terre reçut un des plus grands anges Sur un courant très caché de son sang, Mais réservé dès le commencement Pour cet échange De l’amour de Dieu et du monde.
L’annonciateur, Ayant salué la dilection de Dieu, La préférée de la beauté suprême, La fiancée de l’Amour tel qu’il aime, Reçut l’aveu De la mise au jour du Seigneur.
Ô fête, fête ! Que nulle oreille alentour n’entendit, Que nul écho d’abord ne put reprendre, Ce trouble de la terre à son point le plus tendre, Il s’étendit Pour que notre joie fût complète.
Pour que sur terre, Il se propage une race d’amour Depuis la Vierge et son consentement, Et qui s’engendre à l’infini des temps Jusqu’à ce jour Où nous ferons corps à la lumière !
Patrice de LA TOUR DU PIN, Une somme de poésie,Paris, Gallimard, 1946.
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doublesix 
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Date du message :
décembre 28, 2008 03:31
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DERNIERE ENTREVUE
Attends, nous allons dire adieu : Ce mot seul désarmera Dieu.
Les voilà les feuilles brûlantes Qu'échangèrent nos mains tremblantes,
Où l'amour répandit ses flots Ses cris, ses larmes et ses sanglots.
Délivrons nos âmes confuses, Rendons l'air aux pauvres recluses.
Attends, nous allons dire adieu Ce mot seul désarmera Dieu.
Voici celle qui m'a perdue.. Là ! Quand je serai rendue,
De tant de mal, de tant de bien, Il ne me restera plus rien.
Brûlons ces tristes fleurs d'orage Moi, par effroi, toi, par courage.
Elles survivraient trop d'un jour Au naufrage d'un tel amour.
Par pitié, sois-nous inflexible ! Pour ce sacrifice impossible,
Il fallait le recours des cieux, Et les regarder dans les yeux !
Contre toi le sort n'a pas d'armes ; Oh ! ne pleure pas ... bois mes larmes !
Lève au ciel ton front abattu ; Je t'aime à jamais : le sais tu ?
Mais te voilà prés de la porte.... La terre s'en va .. je suis morte ! ...
Hélas! je n'ai pas dit adieu ... Toi seul est sauvé devant Dieu !
Marceline Desbordes -Valmore. Poésies ( aprés la perte d'un enfant)
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-grimalkin- 
Admin famille
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Date du message :
décembre 28, 2008 05:05
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Quelle épée me partage l’âme, m’ouvre au milieu du cœur ce gouffre d’être séparé de toi et que tu meures de deuil et que je meure ?
Les roses ont la chair qui se décompose et l’eau pourrit dans les mares mais je crois que je connais la haine.
Les uhlans, les famines et les trépas foulent ce chemin où tu pleuras doucement notre jour dont déjà penchait la tête sur les collines à sépulcres.
N’étais-tu pas ma longue lumière d’été au soir de qui, accablé par l’amour, je sombrais dans un rêve obsédé d’astres ?
Quand le frémissement de ton approche me réveillait avant le chant du coq, n’aurai-je donc descellé mes paupières que pour me rendormir sur ma naissance ?
La destruction nous profane et son prince nous marche sur les yeux mais c’est en vain que ses démons me raclent la mémoire sous le crâne où ton nom ne cesse guère.
De quel puits sont sortis sur le monde tant de dieux souterrains avec leur face de houille et leurs tenailles sans empêcher tes os phosp*****scents de traverser ma nuit ?
Certes je me tais mais les phrases en débris murmurent encore à la cime des trembles ton âme qu’elles cachaient.
Jean Grosjean, Élégies [1967], XXVII, in La Gloire, Gallimard, Collection Poésie, 1969, pp. 165-166. Préface de Pierre Oster.
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-grimalkin- 
Admin famille
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Date du message :
décembre 28, 2008 05:20
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vantardise d'un marin breton ivre
C’est moi, c’est moi qui suis Moïse Venez à la Terre promise Rien à payer pour le passage, venez car c’est votre avantage Tous les tunnels de la mer Rouge Je les percerai de ma gouge.
C’est moi, c’est moi qui suis Samson. Je suis le patron des coiffeurs. J’aurais bien dû rester garçon ma femme a causé mon malheur.
Comme elle faisait la besogne qu’avais-je à faire que l’ivrogne ? C’est moi le grand roi Salomon Pour ma guerre avec Alexandre j’ai fourni plus de cent millions. Quand ce Grec a voulu descendre dans la cave où est mon pognon l’or s’est trouvé changé en cendres.
Attendez !... Dieu, c’est Jésus-Christ C’est moi !... c’est moi !... je vous le dis. Mon sourire est doux comme un ange avec le vôtre je l’échange Je suis Dieu ! écoutez mon cri : Je vous invite au Paradis.
Max Jacob
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Pema69 
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Messages : 469 
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Date du message :
décembre 28, 2008 17:20
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Seigneur, apprivoise-moi, veux-tu ?
Tu sais bien que les hommes ont besoin d'amis. Ils ne peuvent pas vivre seuls. Alors, Seigneur, veux-tu être mon ami ? Pour cela, chaque jour, je viendrai m'asseoir près de toi. Je te regarderai, tu me regarderas. Il y a tant de choses dans un simple regard ! Tu sais bien que moi, je ne sais pas parler, pas même à toi.
C'est tellement embrouillé et compliqué ce qu'il y a dans mon coeur . Apprends-moi seulement à t'écouter dans le silence de mon coeur. Apprends-moi aussi que pour toi, je suis unique au monde.
Tu sais bien Seigneur que j'ai besoin de toi pour vivre. Mon coeur a tellement besoin d'amour, alors accroche-le bien fort au tien parce que toi aussi, tu veux avoir besoin de moi.
Et puis, Seigneur, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Je serai pour-toi unique au monde, tu seras pour moi unique au monde. Partout où j'irai je te trouverai, ce sera merveilleux.
J'irai vers les hommes avec toi, ils seront tous mes amis, tu m'apprendras à les aimer comme toi tu les aimes et j'aurai besoin d'eux parce que toi, tu veux avoir besoin de moi et comment pourrai-je t'aimer si ce n'est à travers eux !
Je serai pour toi unique au monde et tu seras pour moi, unique au monde Si tu m'apprivoises, chaque homme deviendra pour moi unique au monde parce qu'il est pour toi unique au monde.
Son étoile, ce sera pour moi une de tes étoiles. J'aimerai les regarder le soir et si je sais bien regarder, avec mon coeur, je verrai qu'aucune ne se ressemble parce que chacune a sa place dans ton ciel et elles seront toutes mes amies.
Seigneur, pour que chaque homme devienne pour moi unique au monde, tu m'as donné ton grand secret. Le voici : ''On ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible pour les yeux.''
Seigneur, apprivoise-moi, veux-tu ? _____________________
Soeur Emmanuelle 
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-grimalkin- 
Admin famille
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Date du message :
décembre 29, 2008 03:13
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prière aussi peut être poésie...Merci Pema
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
décembre 29, 2008 04:10
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Cantique pour Siméon
Seigneur, les jacinthes fleurissent dans les coupes Et le soleil d’hiver chemine par les monts de neige ; La saison têtue se confirme. Ma vie attend, légère, le vent de mort Comme un duvet sur le dos de la main. La poussière au soleil, la mémoire aux recoins Attendent le vent glacé qui balaiera la terre morte.
Accorde-nous Ta paix. Voici bien des années que je marche dans cette ville, Respectant ma foi et la Loi et pourvoyant à l’indigent, Donnant et recevant honneur et bien-être. Nul ne s’en est allé repoussé de mon seuil. Qui gardera mémoire de ma maison, où vivront les fils de mes fils Quand le temps d’affliction sera venu ? Ils prendront le sentier des chèvres, se terreront au gîte des renards, Fuyant les faces étrangères comme les glaives étrangers.
Avant le temps Des liens et des fouets et des lamentations, Accorde-nous Ta paix. Avant les stations sur la montagne de désolation, Avant l’heure assignée au chagrin maternel, En ce temps que voici de naissance et de mort, Que le petit Enfant, Le verbe qui ne parle encore et n’est parlé Accorde la consolation d’Israël À un homme de quatre-vingts ans et qui n’a pas de lendemain.
Selon Ta parole Ils Te loueront et souffriront dans chaque génération Avec gloire et dérision, Lumière sur lumière, gravissant l’escalier des saints. Le martyre n’est pas pour moi, ni la pensée et la prière dans l’extase, La vision suprême n’est pas pour moi. Accorde-moi Ta paix. (Un glaive, à Toi aussi, te percera le cœur.) Je suis las de la vie et de la vie de ceux qui viendront après moi, Je me meurs de ma mort et de la mort de ceux qui viendront après moi. Laisse partir Ton serviteur, Car mes yeux ont vu Ton salut.
Thomas Stearn ELIOT, 1928.
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
décembre 30, 2008 02:55
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Le disciple
Être ton garçon à la tête blonde, Oh ! à travers tous les siècles ! Cheminer derrière ta pourpre poussiéreuse, Vêtu de mon austère cape de disciple.
Surprendre à travers l’épaisseur de la foule humaine Ton soupir vivifiant, Avec une âme qui ne vit que par ta respiration Comme la cape ne vit que par le souffle du vent.
Plus victorieux que le roi David, Avec mon épaule écarter la populace Et, contre tout terrestre outrage, Te servir de cape.
Être au centre des disciples endormis Celui qui même dans le sommeil ne dort point. À la première pierre braquée par la populace, Ne plus être manteau, mais bouclier...
(Oh ! ce n’est pas volontairement que j’interromps ici mon vers, Mais la lame est trop affilée.) Et, avec un sourire inspiré, le premier Monter sur ton bûcher. Marina TSVETAEVA, Métier.Traduit par Emmanuel Rais et J. Robert.
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-grimalkin- 
Admin famille
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Date du message :
décembre 30, 2008 04:32
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on ne peut parler de la poésie de la foi sans citer Saint Jean de la Croix
La flamme
La flamme par amour vive Qui blesses de ta tendresse Mon âme dans son centre le plus profond! Puisque tu n'es plus rétive, Achève si tu acquiesces; Avec douceur romps la toile qui nous fond.
Ô cautère agréable, Ô délicieuse blessure, Ô main légère, ô touche délicate Qui rend l'éternel viable Et tout dû des dettes assure! Mettant à mort, contre vie vous la troquâtes.
Ô lucernaires de feu, Au reflet de vos splendeurs Les profondes cavernes du sens de l'âme Qui était sombre et vitreux, Avec d'étranges ardeurs Leur aimé de chaleur et lumière enflamme! Combien doux, et amoureux Tu te réveilles en mon sein, Où secrètement esseulé tu demeures; Dans ton souffle savoureux, De bien, et de gloire plein, Que délicatement tu te fais charmeur!
Jean de la Croix
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Epsilon 
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France 
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Date du message :
janvier 1, 2009 00:52
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Le Septième Ange
Voilà comment en nous se peut rompre une artère, Voilà comment en nous un cycle s’interrompt, La trompette a sonné, l’ange n’a qu’à se taire. Ce que l’ange a défait d’autres le referont.
Ce n’est pas grave. Une minute ! Une minute Désagréable, mais c’était du beau travail. Or, l’ange le regarde avec ses yeux de brute Avec ses yeux de folle, avec ses yeux d’émail.
Et s’en va. Qu’on s’y fasse. Où va-t-il ? Je l’ignore Il l’ignore lui-même. Il est seul. Il est nu. Il est immense. Il est une espèce d’aurore. Boréale. Il s’en va comme il était venu.
Ce n’est pas drôle. Rien n’est drôle. C’est son rôle De ne pas être drôle et d’être le zéro Qui souffle dans du cuivre et désaxe les pôles, Avec l’indifférence exquise d’un bourreau.
Il s’exécute avec l’exquise indifférence D’un bourreau payé cher et qui n’est pas méchant. Avec l’indifférence exquise de l’enfance Qui torture une sauterelle dans un champ.
Le champ, pour ce supplice, ouvre ses ondes blondes. L’ange musicien, sans être plus ému, (Blonde est sa grâce aussi) s’éloigne entre les mondes Jamais on ne saura quelle force le mût.
Quelle force le mût, qui lui donna cet ordre De cueillir notre monde et de mordre dedans. De choisir une vieille orange pour y mordre Et pour laisser dedans la marque de ses dents.
C’est une curieuse histoire que la Bible Raconte. Savez-vous ce qui vous pend au nez ? Savez-vous, sentez-vous, qu’il n’est pas impossible De revivre ce jour dont vous vous étonnez.
Et que cet ange cueille encore notre orange Et la morde et sonnant de sa trompette d’or, Reprenne sa musique et ce beau travail d’ange, Sa fanfare de mise à mort.
Jean COCTEAU.Extrait de « Le chiffre sept », Poèmes 1916-1955.
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 1, 2009 02:18
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Muhammad par Mahmoud Darwich
Oiseau terrorisé par l'enfer tombant du ciel, Muhammad se niche dans l'étreinte de son père : Protège-moi De l'envol, père, mon aile est encore Petite pour le vent . . . et la lumière est noire
Muhammad Voudrait rentrer à la maison, Sans vélo . . . ou chemise neuve. Il voudrait retrouver le banc de l'école. . . Le cahier de grammaire et des conjugaisons : Porte-moi Chez nous, père, que je fasse mes devoirs Et accomplisse ma vie, petit à petit. . . Au bord de la mer, sous les palmiers, Rien de plus, rien.
Muhammad Fait face à une armée, sans pierre ou éclats Des planètes et il n'a pas remarqué le mur pour y écrire : « Ma liberté ne mourra pas ». Il n'a pas encore de liberté Pour la défendre, pas d'horizon pour la colombe De Picasso et il n'a pas fini De naître dans un nom qui lui fait porter la malédiction du nom . . . Combien Encore, naîtra-t-il de lui-même, enfant Amputé d'un pays... d'un rendez-vous avec l'enfance ? Où rêvera-t-il, si le rêve le visitait. . . Et la terre est une plaie . . . et un temple ?
Muhammad Voit venir sa mort, inexorable. Mais à se souvient soudain D'une panthère qu'il a vue à la télé, Une panthère puissante qui tenait un faon à sa merci Mais qui, une fois près de lui, sentit l'odeur de lait Et ne le dévora pas. Comme si le lait apprivoisait les bêtes sauvages. Moi aussi, j'en réchapperais, se dit l'enfant Et il pleure : Ma vie, là-bas, est une cachette Au fond de l'armoire de ma mère. J'en réchapperai . . . et je témoignerai.
Muhammad, Un ange pauvre, à bout portant Du fusil de son chasseur de sang-froid. Une heure déjà Que la caméra capte chacun des mouvements du garçon Qui s'assemble dans son ombre. Son visage, telle l'aube, est net. Son cœur, telle une pomme, est net. Ses dix doigts, telles des bougies, sont nets Et la rosée, sur son pantalon, est nette. . . Son chasseur aurait pu s'accorder un instant de réflexion, Se dire : je l'épargnerai en attendant qu'il apprenne A épeler correctement sa Palestine. . . Je l'épargnerai maintenant, en gage de ma conscience, Et l'abattrai, plus tard, lorsqu'il se révoltera
Muhammad, Petit Jésus endormi et rêvant à l'intérieur D'une icône Faite de cuivre, D'un rameau de l'olivier Et de l'âme d'un peuple renaissant Muhammad, Sang superflu pour la quête des prophètes, Monte donc au Jujubier céleste* Ô Muhammad MAHMOUD DARWICH
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
septembre 30, 2009 06:00
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LÉGENDE Va dire à ma chère Ile, là-bas, tout là-bas, Près de cet obscur marais de Foulc, dans la lande, Que je viendrai vers elle ce soir, qu'elle attende, Qu'au lever de la lune elle entendra mon pas.
Tu la trouveras baignant ses pieds sous les rouches, Les cheveux dénoués, les yeux clos à demi, Et naïve, tenant une main sur la bouche, Pour ne pas réveiller les oiseaux endormis.
Car les marais sont tout embués de légende, Comme le ciel que l'on découvre dans ses yeux, Quand ils boivent la bonne lune sur la lande Ou les vents tristes qui dévalent des Hauts-Lieux.
Dis-lui que j'ai passé des aubes merveilleuses A guetter les oiseaux qui revenaient du nord, Si près d'elle, étendue à mes pieds et frileuse Comme une petite sauvagine qui dort.
Dis-lui que nous voici vers la fin de septembre, Que les hivers sont durs dans ces pays perdus, Que devant la croisée ouverte de ma chambre, De grands fouillis de fleurs sont toujours répandus.
Annonce-moi comme un prophète, comme un prince, Comme le fils d'un roi d'au-delà de la mer; Dis-lui que les parfums inondent mes provinces Et que les Hauts-Pays ne souffrent pas l'hiver.
Dis-lui que les balcons ici seront fleuris, Qu'elle se baignera dans les étangs sans fièvre, Mais que je voudrais voir dans ses yeux assombris Le sauvage secret qui se meurt sur ses lèvres,
L'énigme d'un regard de pure transparence Et qui brille parfois du fascinant éclair Des grands initiés aux jeux de connaissance Et des couleurs du large, sous les cieux déserts...
Patrice de La Tour du Pin
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
juin 27, 2010 05:30
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LITANIES DES ANGES
Anges musiciens, de l'aube revêtus Anges désincarnés, puissances et vertus,
Angelots qui lovés aux courbes de vos ailes Veillez les Innocents et priez sur leurs stèles,
Anges dont le sourire a vu sacrer les rois, Guetteurs que les cités veulent sur les beffrois,
Justiciers qui menacez d'un même glaive Le vol d'Héliodore et l'imprudence d'Eve,
Messagers désignés pour dissiper la nuit, Pour avertir Jacob ou combattre avec lui,
Anges pleureurs qui de la voûte cathédrale Brûlez vos yeux pour nous au feu de l'eau lustrale,
Conducteurs de Gaspard, Balthazard, Melchior, Comme eux, conduisez-nous à l'heure de la mort !
Anges consolateurs qui muez en reliques Les instruments du mal, transmettez nos suppliques !
Et même toi, Rebelle et pardonné demain , En qui se reconnait tout le contraste humain,
Garde-nous, s'il se peut, des abîmes funèbres, O porteur de lumière, ô prince des ténèbres.
Marthe-Claire Fleury
Justiciers qui menacez d'un même g
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