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-grimalkin- 
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Date du message :
novembre 13, 2011 03:02
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« Quand on a pas l’amour des siens, il ne faut pas compter sur l’amour des autres » dit Tchicaya , un poète congolais. J’ai extrait de l’article de Jacqueline Sorel : »Esquisse pour un portrait en de Tchicaya en 8 visions «, paru dans « Culture Sud » de décembre 2008, ce que je vais vous dire sur ce poète congolais que J.Sorel a bien connu.
« Il aimait les mots, les images :’ Il avait l’âme mûre- Quand quelqu’un lui cria « Sale tête de nègre » Depuis il lui reste l’acte suave de son rire… »(Feu de Brousse, 1957)
Né avec un pied bot, dont il souffrit moralement jusqu’à l’avoir fait opérer, il fut toute sa vie, un écorché vif . et aussi un contestataire du régime colonial.. Mort en 1988 à l’âge de 57 ans, il nous laisse une œuvre poétique, dramatique et romantique.
« Rugueuses, tumultueuses, autant de termes qui peuvent désigne les relations du poète avec son entourage »
Le 2 3 avril 1988, le journal Libération titrait : »La mort d’un Congaulois » C’est ainsi qu’il se définissait parfois. Il est mort brutalement, au cours d’une nuit d’amour…Belle fin pour un poète…
Mais assez parler : place à la poésie…
Les eaux croupies
On s’essuiera l’âme nous nous sècherons les pieds Tout sera verdoyant l’eau départagera le ciel et la terre nous aurons une maison aux lambris sans or aux lambris de silence ou tout simplement de limon en cas de pardon acquis Nous ferons fortune D’une main reçue en plein cœur puis il y aura du sucre dans nos yeux.
Je confirme je me quitte Venez à la fête n’ayez n’ayez tête d’agonie le pardon a sanctifié le sang il le liera à la bouche offerte
j’ai deux pieds de moins dans la danse je suis la porte que sept clés ouvrent sur un pays qui sera de cocagne qu’importe si pour l’heure mon parfum est celui des eaux croupies
Je conjugue le verbe être à l’intérieur d’un être qui vient polir un astre qu’un vent triste oxyda
Je dis prenez la hache par le manche je dis prenez le vent par la poupe il nous sera gagné un maillon dans une chaîne d’hommes qui se gagnent la haute mer Il y a Tiberiade dans chaque hance d’eau
Je dis prenez cette terre par la main afin que tarissent les eaux croupies et le maïs avec une barbe plus affolante que ce nid dans le coeur
TCHICAYA U TAM 'SI
*Ce message a été édité le Dec 4, 2008 4:17 AM par -grimalkin-*
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Epsilon 
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Date du message :
décembre 4, 2008 04:20
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Merci Grim, là tu t'attaques à un gros morceau de l'identité africaine, d'ailleurs j'avais fait un post sur lui dans En attendant, mais plus pour souligner l'importance de son théatre! --- www.congopage.com 1931 : naissance le 25 août à Mpili (Congo) de Gérald-Félix Tchicaya 1988 : Décès le 22 avril à Bazancourt, en Normandie (France)
Gérald-Félix TCHICAYA prend en 1957 le pseudonyme de U Tam'si (qui parle pour son pays), pseudonyme que prendra aussi Marcel Sony dit Sony Labou Tansi.
Né en 1931 sur la plaine côtière de Pointe-Noire au Congo, il quitte son pays dès l'âge de 15 ans pour la France où son père, Jean Félix Tchicaya, est député. Celui-ci prédestine son fils au métier de magistrat mais l'enfant rebelle quitte l'école avant son baccalauréat pour exercer plusieurs petits métiers et se livrer à l'écriture. À 24 ans, il publie son premier recueil "Le Mauvais sang" et est unanimement considéré comme le poète africain le plus doué de sa génération. Sa voix, qui pourtant refuse de s'associer aux chantres de la négritude, demeure la plus importante qui se soit révélée depuis celle d'Aimé Césaire. En 1960, au moment des indépendances africaines, il met sa plume au service de Patrice Lumumba, mais celui-ci est assassiné. Meurtri, il revient en France et s'occupe de l'éducation auprès de l'Unesco jusqu'en 1986, date à laquelle il prend une retraite anticipée pour se consacrer entièrement à l'écriture, jusqu'à sa mort en 1988.
**** Epitaphe
Nous sommes cette union de sel d’eau de terre éclaboussant le soleil non plus autour des amers mais parce qu’il y a ce chant que perdirent tous les abîmes que réinvente une genèse rose des vents chairs et temps! Je prédis une babel en acier inoxydable ou de sang croisé mêlé à la lie de toute crue! Après l’homme rouge, après l’homme jaune, après l’homme noir, après l’homme blanc, il y a déjà l’homme de bronze le seul alliage au feu doux praticable déjà mais à gué.
Tchicaya U Tam’si
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-grimalkin- 
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Date du message :
décembre 4, 2008 12:09
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Lumières
Il y a ce que sont les plaies les lenteurs du sommeil sur les plages grèges naguère il y a ta main que le temps froisse
Nous sommes venus voir mourir un oiseau pillé par son chant trois couteaux à lames vives dans un rêve Le monde tombe
c’est à genoux qu’une à une se ramassent les notes du chant ta bouche triste les lape lors de la fête des corps
Que j’incendie d’un désir que je conspue
C’est demain tout à l’heure au bouche à bouche sans feu ainsi le pain ainsi l’eau suave et ces lumières qui ont saigné
les yeux ouverts les pieds gras la danse derrière le feu des nerfs L’orgueil des amers qui ont brisé L’étrave sur la mer qui s’en va
Tombe le monde la joie puis la mort L’âme est une pierre au pied du corps S’en aller des stigmates flamboyants Sur la bouche le monde tombe
Le soleil ou la première et toutes les plaies éjaculant des lumières froides ou blanches Ne plus frissonner. Plus le spasme La soif n’a plus le sang du calice
Quel sang aux dividendes sûrs quel cocagne au bout de cette langue au point de perdition le chemin sur la plaine construit un arbre
Jaspes ramures de dentelles l’arbre est une ville de plomb les rues sont liquides sont chaudes les têtes sont chaudes sont dociles
Le roi décapsule sa glotte ses mots sont des vomis sont acides les corps s’y dissolvent la nuit attire les lucioles
Pas plus de lumières que ça
Tchicaya
La veste d'intérieur chez Nubia
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Epsilon 
Modérateur
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Date du message :
décembre 4, 2008 12:16
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Langage fort,très cru et imagé,très beau lyrisme, qui ne laisse pas indifférent en effet,merci Grim,de tes efforts pour nous le faire connaître!
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-grimalkin- 
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Date du message :
décembre 5, 2008 04:53
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Le corps
Je grave des cils sur tes lèvres on les verra de loin scintillantes du bleu des vagues ainsi salées de lumière
l'inférieure surtout qui mouille quand le mot amour passe le zénith ou les canicules
mon baiser te refait l'oeil clair
Tu redeviens racine Ton corps te ressemble
Tchicaya
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-grimalkin- 
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Date du message :
décembre 5, 2008 11:38
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dialogues
1
D'où te vient ce sang ? Le soleil n'y est pour rien D'où te vient cette bouche ? Ne le demande pas à la terre
Ta tête n'est nullement ronde Certes sur les marches de abîmes les anémones faisaient fine bouche face aux planctons face au frai quand les tropiques dodelinaient l'oeil cancéreux, le nez lépereux... Et ce goût du formol ...? Certaines caresses m'ont désappris le rêve... La nuit me volait mes étoiles !
2
Le vent rééquilibre l'ouïe mais le vent ne solfiera plus il faut rêver d'une chair qui a consistance d'eau douce et voir les arbres pleurer la nuit car l'aube sera de sable et nous ne sommes qu'une troupe de mains solubles dans la lumière d'un été proscrit Quel corps n'a l'âme en berne ce soir où le vin a goût de calcaire et le pain cette dorure des stucs et la bouche sêche amadou que le vent enflamme de cris Le soleil étant trop dru ils ne seront cantilènes d'amour.
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-grimalkin- 
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Date du message :
décembre 6, 2008 04:11
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dialogues
III
Puis il y a eu un ruissellement d'yeux puis le coeur ouvert blessure salvante comme à ce flanc l'attouchement de la dague Le sang coulé à rendre hilare une soldatesque saoule déjà de tristesse Puis pleurer sur le mot-clé dont le sens m'échappe porte ouverte qui interdit de passer le seuil Il y avait un rideau pourpre et les yeux ont contredit sa voix
Puis reprendre les deux rides du front pour le fil de l'ourlet du voile de l'épousée qui livre la bouche à la flétrissure du serment.
IV
Le satin est peu seyant dans ce cercueil Lichens ou mousses feraient mieux Que les chairs de la nuque soient plus longues à dissoudre Il y a chance qu'à l'ultima réveil les orbites aient à offrir meilleure apparence de l'âme que j'avais à l'anti-monde quand mon souffle sur certains cratères aux cendres mortes redonnaient audace de laves vagissantes Naguère.
Tchicaya
Ne croyez pas avoir une réelle idée de la poésie de Tchikaya , en nous lisant. Il faut avoir le livre en mains. Comme Dadelsen, il s'est livré à une grande variété de graphismes dans ses poèmes. Changeant les caractères, intercalant des vers à droite, ailleurs,rendant parfois la lecture moins limpide. Mais comme Dadelsen, très difficile à éditer exactement ici.
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
décembre 6, 2008 04:25
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C'est vrai Grim, mais ce sont les mots qui comptent avant tout, après on peut toujours aller plus loin avec lui?
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-grimalkin- 
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Date du message :
décembre 6, 2008 11:21
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quand je ne peux pas respecter la forme voulue par le poète, cela me gène. Mais il y en a de simples sans acrobaties verbales. C'est ceux-là que j'éditerai
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-grimalkin- 
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Date du message :
décembre 7, 2008 04:13
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Dialogues (suite)
V
Il faut que je réécrive ma mémoire
Je chantais à l'oiseau l'audace de ma chair Mais un soleil que j'avais dénigré par vengeance tut ses rayons Je m'agenouillais implorant pardon La mer à fond d'abysses est reposante qu'on me donne à coucher une eau aigue-marine ou sous l'étrave d'un galion brûlé par le feu des épices que l'on prit aux Indes occidentales Quand les caciques palabraient quand ne pouvant m'épouiller tout à fait je sabordai le coeur je fus la seule épave que la mer rendit
La mer à fond d'abysses est reposante Or j'allais en pélerinage vers ces abysses Or la mer controversée les algues enlisantes les dédales de la loi le règne animal plus répréhensible que jamais les amers s'ajoutant aux interdits je refais ce geste de cacique Ma bouche est noire d'un tohu-bohu sanglant
La veste d'intérieur par TCHICAYA U TAM'SI
chez Nubia
Il y a encore un poème , suite et fin de ces dialogues...Mais je m'arrêterai là...à vous de découvrir si ces quelques poèmes vous en ont donné l'envie...
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
décembre 8, 2008 00:13
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Dialogues
1 D'où te vient ce sang ? Le soleil n'y est pour rien D'où te vient cette bouche ? Ne le demande pas à la terre
Ta tête n'est nullement ronde Certes sur les marches des abîmes les anémones faisaient fine bouche face aux planctons face au frai quand les tropiques dodelinaient l'oeil cancéreux, le nez lépereux... Et ce goût du formol ...? Certaines caresses m'ont désappris le rêve... La nuit me volait mes étoiles !
2 Le vent rééquilibre l'ouïe mais le vent ne solfiera plus il faut rêver d'une chair qui a consistance d'eau douce et voir les arbres pleurer la nuit car l'aube sera de sable et nous ne sommes qu'une troupe de mains solubles dans la lumière d'un été proscrit Quel corps n'a l'âme en berne ce soir où le vin a goût de calcaire et le pain cette dorure des stucs et la bouche sêche amadou que le vent enflamme de cris Le soleil étant trop dru ils ne seront cantilènes d'amour.
3 Puis il y a eu un ruissellement d'yeux puis le coeur ouvert blessure salvante comme à ce flanc l'attouchement de la dague Le sang coulé à rendre hilare une soldatesque saoule déjà de tristesse Puis pleurer sur le mot-clé dont le sens m'échappe porte ouverte qui interdit de passer le seuil Il y avait un rideau pourpre et les yeux ont contredit sa voix
Puis reprendre les deux rides du front pour le fil de l'ourlet du voile de l'épousée qui livre la bouche à la flétrissure du serment.
4 Le satin est peu seyant dans ce cercueil Lichens ou mousses feraient mieux Que les chairs de la nuque soient plus longues à dissoudre Il y a chance qu'à l'ultime réveil les orbites aient à offrir meilleure apparence de l'âme que j'avais à l'anti-monde quand mon souffle sur certains cratères aux cendres mortes redonnaient audace de laves vagissantes Naguère.
5 Il faut que je réécrive ma mémoire
Je chantais à l'oiseau l'audace de ma chair Mais un soleil que j'avais dénigré par vengeance tut ses rayons Je m'agenouillais implorant pardon La mer à fond d'abysses est reposante qu'on me donne à coucher une eau aigue-marine ou sous l'étrave d'un galion brûlé par le feu des épices que l'on prit aux Indes occidentales Quand les caciques palabraient quand ne pouvant m'épouiller tout à fait je sabordai le coeur je fus la seule épave que la mer rendit
La mer à fond d'abysses est reposante Or j'allais en pélerinage vers ces abysses Or la mer controversée les algues enlisantes les dédales de la loi le règne animal plus répréhensible que jamais les amers s'ajoutant aux interdits je refais ce geste de cacique Ma bouche est noire d'un tohu-bohu sanglant
La veste d'intérieur par TCHICAYA U TAM'SI
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-grimalkin- 
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France 
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Date du message :
aout 23, 2009 06:21
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"Certes le ventre demeure chaste sous un trésor d’os blancs puis ouvert au chant d’un combattant perdu corps et biens dans les flammes de sa passion Comme à Mont Ségur Comme ailleurs où un festin de corps en friche invente des tortures.
A l’affiche du spectacle qu’on en donne on entend des sonnailles qui ferraillent d’un chant à l’autre sous un ciel à soi quand on ne sait plus dans quelle nuit furent perdus les corps et les biens d’une couronne tout dans le dos et sur l’échiné.
Certes, il reste le ventre. Est-ce plus souillé que chaste ? A cause de certains bris de cœur ? L’amour pour l’amour est aussi désolant que le reste."
Tchicaya U Tam'si, Le Ventre, le pain ou la cendre, Présence Africaine
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
février 13, 2011 10:23
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Chacun meurt seul comme il peut...
Chacun meurt seul comme il peut, moi je me loverai dans le cratère d'un volcan en pâmoison sinon je me diluerai dans les refrains du chemin Et si jusqu'au bout du chemin le coeur pouvait me rester je ne vois pas pourquoi mon sang ne serait pas du flot sous cette arche arrachant au déluge de mon passé humain, au visage que m'a donné chaque agonie, le signe de croix ou le port d'où nous partîmes à la recherche d'un ventre commun nous préservant de la fosse commune !
Faites que le sang m'inonde mieux que les feux de brousse !
Partout fusent les biches qui ont déjà les feux dans l'oeil ; Elles ont la mort lascive, les biches. Appuyer sur l'i du cri ou du crime jusqu'à l'ivresse et des clairons vous réveillent et vous conduisent seul dans l'arène.
Kitona ou Kamina Congolais ! Le sang le sang le sang roule avec des tambours funèbres La lune déploie le linceul ; le muezzin ne peut plus rien conjurer encore moins sa mort accomplie avec l'application de l'écolier qui écrit l'o de l'oméga ou de l'étonnement, les yeux écartelés !
Son dernier trébuchement est un pas de twist et quand il tombe sans fracas c'est à cause de sa mort lascive
Chacun meurt seul comme il peut...
Tchicaya U Tam'si. "Le Ventre"
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
février 13, 2011 10:44
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Chanson II
Ce visage a les fleurs d'un automne flamboyant A dieu plaise que ma joie lui donne des fruits mûrs ou l'enchaîne à d'autres climats de nébuleuses promises au coeur
Je donne mes mains à ce visage qui est l'aube afin qu'il ait les feux qu'auront les fleurs après l'hiver exsangue
Je donne mon seuil à son pas qui vient avec le repos le repos gagné sur la mer la mer qui me lava la mer qui me sala l'âme au point qu'elle est debout dessus les feux de ses doigts hostie de chair et de pollen
Je donne une coupe de sang à ses lèvres que jalouse le corail
Pour ce visage mon chant a le rythme d'une résurrection d'arbres tous arbres à pain parmi la vanille et le thym jusqu'à cette mer sans abysses secrètes pour moi et qui pour ce visage construit un palais de nacre
Femme femme Tu n'as pas ce visage Je me lave le coeur à à ce visage.
Tchicaya U Tam'si. "Arc musical" 1970.
Ce poème n'a pas l'âpreté des poèmes dejà posés, il est coloré comme je suppose le Congo.. Mais c'est vrai que les biches ont la mort lascive.... quelle image !!
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
février 13, 2011 12:09
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émouvant ce poète
"Traçant un portrait de lui dans un numéro de Notre Librairie consacré à la littérature congolaise, son compatriote et néanmoins écrivain Sony Labou Tansi découvrait "l'homme symbole qui, en 1960, met ses immenses pattes sur les deux rives, le seul intellectuel d'envergure à comprendre le nationalisme féroce d'un Patrice Lumumba, donc à sortir du complexe de malédiction du Nègre, Nègre dansant, Nègre bondissant, Nègre maudit des dieux, Nègre pas du tout pensant, à qui il fut interdit de créer suivant les lois immuables de la beauté, et qui ne méritait pas les Indépendances que la générosité de la "civilisation" lui a jeté à la figure."
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