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Epsilon 
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France 
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Date du message :
janvier 8, 2009 02:08
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L’aventure marine
Sur la plage où naissent les mondes Et l’hirondelle au vol marin Il revenait chaque matin Les yeux brûlés de sciure blonde Son cœur épanoui dans ses mains Il parlait seul. Son beau visage Ruisselait d’algues. L’horizon Le roulait dans ses frondaisons D’étoiles et d’œillets sauvages Amour trop fort pour sa raison « Soleil, disait-il, que l’écume Soit mon abeille au pesant d’or Je prends la mer et je m’endors Dans la corbeille de ses plumes Loin des amis restés au port Ah que m’importent ces auberges Et leurs gouttières de sang noir Les rendez-vous du désespoir Dans les hôtels meublés des berges Où les filles font peine à voir J’ai préféré aux équipages Le blanc cheval de la marée Et les cadavres constellés Qui s’acheminent vers le large À tous ces sourires navrés La mort s’en va le long des routes Parfume l’herbe sur les champs Il fait meilleur dans le couchant Parmi les anges qui écoutent Les coraux se joindre en tremblant » Il disait encor maintes choses Où de grands cris d’oiseaux passaient Et des feux rouges s’allumaient Sur sa gorge comme les roses Dans les premiers matins de mai On vit s’ouvrir les portes claires Les sémaphores s’envoler Et des ruisseaux de lait couler Vers les étables de la terre D’où l’homme s’en était allé Ébloui par tant de lumière Il allait regardant parfois La fumée courte sur le toit L’épaule ronde des chaumières Sans regretter son autrefois Car il portait sur sa poitrine Les tatouages de son destin Qui disent « Soleil et bon grain » À tous les hommes qui devinent L’éternité dans l’air marin.
René-Guy CADOU.
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doublesix 
Modérateur
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Date du message :
janvier 8, 2009 02:36
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Poème ...
Il a conservé ton visage au fond de la forêt profonde
Sa bouche aux mots criblée de signes
sa parole sans fin exprimée dans ton sillage de mémoire
le désert splendide garde les stigmates des chameaux
* Le tourbillon du désert lèche le corridor des dunes de sable avec ses ailes de poussière qui dessinent les traces de ton trajet inconnu.
Joachim KABORE DRANO Silmandé ou la peau du vent Fédérop.
*Ce message a été édité le Jan 8, 2009 2:37 AM par doublesix*
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doublesix 
Modérateur
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Date du message :
janvier 10, 2009 00:23
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MON ETOILE POLAIRE
J'ai fait de Toi mon étoile polaire,jamais plus je ne perdrai mon chemin au cours du voyage de la vie,
Où se dirigent mes pas , Tu es là et Tu distribues tes bienfaits autour de moi. Toujours devant mes yeux je vois Ton visage.
Que je le perde de vue et je perds le sens. Et pour peu que mon coeur soit tenté de s'égarer, un seul regard de Toi le fait rougir de ce détour.
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SAGESSE
J'ai fait l'ascension jusqu'au sommet mais je n'ai pas trouvé d'abri dans les hauteurs blafardes et nues de la renommée.
Conduis moi mon Guide, avant que la lumière décline, dans la vallée de la quiétude où la moisson de le vie mûrit en sagesse dorée.
De l'aube au crépuscule Editions : Points. Rabindranath Tagore
Né en 1861 , mort en 1941 , Rabindranath Tagore est un écrivain indien qui publia tant de la prose que de la poésie; Le rayonnement universel de son oeuvre lui valut le prix Nobel de Littérature en 1913.
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 10, 2009 04:26
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Personnalité extrêmement riche que celle de Tagore, écrivain, poète, musicien (compositeur de chansons qui d'après certains critiques sont plus importantes que ses poèmes), peintre et illustrateur, son oeuvre est très foisonnante et mal connue en France, merci Doublesix de nous la rappeler !
**** L’Offrande lyrique Rabîndranâth Tagore, traduit par André Gide .1913.
Extraits.
Tes yeux m’interrogent, tristes, cherchant à pénétrer ma pensée; de même la lune voudrait connaître l’intérieur de l’océan. J’ai mis à nu devant toi ma vie tout entière, sans en rien omettre ou dissimuler. C’est pourquoi tu ne me connais pas. Si ma vie était une simple pierre colorée, je pourrais la briser en cent morceaux et t’en faire un collier que tu porterais autour du cou. Si elle était simple fleur, ronde, et petite, et parfumée, je pourrais l’arracher de sa tige et la mettre sur tes cheveux. Mais ce n’est qu’un coeur, bien-aimée. Où sont ses rives, où sont ses racines? Tu ignores les limites de ce royaume sur lequel tu règnes. Si ma vie n’était qu’un instant de plaisir, elle fleurirait en un tranquille sourire que tu pourrais déchiffrer en un moment. Si elle n’était que douleur, elle fondrait en larmes limpides, révélant silencieusement la profondeur de son secret. Ma vie n’est qu’amour, bien-aimée. Mon plaisir et ma peine sont sans fin, ma pauvreté et ma richesse éternelles. Mon coeur est près de toi comme ta vie même, mais jamais tu ne pourras le connaître tout entier.
..................
*****V
Là où l’esprit est sans crainte et où la tête est haut portée, Là où la connaissance est libre, Là où le monde n’a pas été morcelé entre d’étroites parois mitoyennes, Là où les mots émanent des profondeurs de la sincérité, Là où l’effort infatigué tend les bras vers la perfection; Là où le clair courant de la raison ne s’est pas mortellement égaré dans l’aride et morne désert de la coutume, Là où l’esprit guidé par toi s’avance dans l’élargissement continu de la pensée et de l’action - Dans ce paradis de liberté, Mon père, permets que ma patrie s’éveille.
.......................
LXIX
Le même fleuve de vie Qui court à travers mes veines nuit et jour Court à travers le monde Et danse en pulsations rythmées. C’est cette même vie qui pousse à travers La poudre de la terre sa joie En innombrables brins d’herbe, Et éclate en fougueuses vagues de feuilles et de fleurs. C’est cette même vie que balancent flux et reflux Dans l’océan-berceau de la naissance et de la mort. Je sens mes membres glorifiés au toucher de cette vie universelle. Et je m’enorgueillis, Car le grand battement de la vie des âges C’est dans mon sang qu’il danse en ce moment.
..................... Non, il n’est pas en ton pouvoir de faire éclore le bouton Secoue-le, frappe-le : tu n’auras pas la puissance de l’ouvrir. Tes mains l’abîment ; tu en déchires les pétales et les jettes dans la poussière. Mais aucune couleur n’apparaît, et aucun parfum. Ah ! il ne t’appartient pas de la faire fleurir. Celui qui fait éclore la fleur travaille si simplement. Il y jette un regard, et la sève de vie coule dans ses veines. A son haleine, la fleur déploie ses ailes et se balance au gré du vent. Comme un désir du coeur, sa couleur éclate, et son parfum trahit un doux secret. Celui qui fait éclore la fleur travaille si simplement.
Rabindranath Tagore La corbeille de fruits
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doublesix 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 12, 2009 02:32
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LXI
Paix , mon coeur, que l'heure de la séparation soit douce ; Que ce ne soit pas une mort mais un accomplissement.
Vivons du souvenir de notre amour et que notre douleur se change en chanson.
Que l'envolement dans le ciel finisse par le repliement des ailes du nid.
Que la dernière étreinte de nos mains soit aussi douce que la fleur de la nuit.
Attarde-toi, belle fin de notre amour, et dis -nous dans le silence tes dernières paroles.
Je m'incline et j'élève ma lampe pour éclairer ta route .
*********** LXXIV Dans le palais du monde, un simple brin d'herbe se mèle aux rayons du soleil et aux étoiles de minuit sur le même tapis de verdure.
Ainsi, dans le coeur de l'univers, mes chants occupent la même place que la musique des nuages et des forêts. Mais toi, homme riche, ta richesse ne participe ni à la tranquille majesté du joyeux soleil d'or, ni à la douceur des rayons de la lune rêveuse. La bénédiction du ciel, qui embrasse toutes choses, ne s'étend pas sur toi. Et, quand la mort paraît, ta fortune se flétrit et tombe en poussière.
Rabindranath Tagore
La jardinier d'amour Poésie Gallimard *Ce message a été édité le Jan 12, 2009 2:56 AM par doublesix*
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 12, 2009 09:03
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Le haut du monde.
je sors, Il y a des milliers de pierre dans le ciel, J'entends De toute part le bruit de la nuit en crue. Est-il vrai, mes amis, Qu'aucune étoile ne bouge?
Est-il vrai Qu'aucune de ces barques pourtant chargées D'on dirait plus que la simple matière Et qui semblent tournées vers un même pôle ne frémisse soudain, ne se détache De la masse des autres laissée obscure?
Est-il vrai Qu'aucune de ces figures aux yeux clos Qui sourient à la proue du monde dans la joie Du corps qui vaque à rien que sa lumière ne s'éveille, n'écoute? N'entende au loin
Un cri qui soit d'amour, non de désir?
Yves Bonnefoy, "Ce qui fut sans lumière" Ed. Mercure de france, 1987.
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doublesix 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 13, 2009 03:30
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Les yeux fertiles
On ne peut me connaître Mieux que tu me connais
Tes yeux dans lesquels nous dormons Tous les deux Ont fait à mes lumières d'homme Un sort meilleur qu'aux nuits du monde
Tes yeux dans lesquels je voyage Ont donné aux gestes des routes Un sens détaché de la terre
Dans tes yeux ceux qui nous révèlent Notre solitude infinie Ne sont plus ce qu'ils croyaient être
On ne peut te connaître Mieux que je te connais.
Paul Eluard Les yeux fertiles Gallimard
*Ce message a été édité le Jan 13, 2009 3:31 AM par doublesix*
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 13, 2009 04:44
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Que de beaux poèmes, vraiment merci à tous!
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Ô LAC DE LUMIÈRE
Émergeant de la prairie laiteuse Je vis celle que j'aime avec une fleur Et sur sa poitrine une lune imminente Ô merveille de lune ! Ô lac de lumière ! L'herbe si verte devient blanche Ô lune, Ô merveilleux lac de lumière !
Le monde ancien rapetissé Prend maintenant sa juste dimension Celle que j'aime enceinte d'une fleur Tourne dans le cycle lunaire
Des oiseaux de jade dans le feu lacté Apaisent le désir du cœur
Alors coule, rivière coule, comme le fluide soleil Car nul ne naquit sinon celle qui repose Défaite sur sa poitrine
La lune future est fraîche comme la nuit Le cœur est un lac de lumière Fleur, lune, lait de feu Tous ensemble conspirent
Envolez-vous, bizarres oiseaux, envolez-vous !
Henry Miller.Traduit par Frédéric-Jacques Temple.
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Mouetterieuse2 
France
Messages : 961
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Date du message :
janvier 15, 2009 11:58
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PSAUME 101
Je veux chanter l'amour et la justice,
je te célébrerai par la musique,
ô Eternel.
Je suivrai le chemin des gens intègres.
Quand viendras-tu vers moi?
Je veux marcher avec un coeur intègre dans ma maison,
je ne mettrai rien de mauvais devant mes yeux.
Je haïrai les oeuvres des infidèles;
elles n'auront sur moi aucune prise.
Le coeur faux restera bien loin de moi,
je ne veux rien savoir des malfaisants.
Celui qui calomnie son compagnon, médisant en secret,
je le fais taire.
Je ne supporte pas les yeux hautains ni le coeur arrogant. ---------------------------------------------------------------------------------------
Psaume 101/6
Mes yeux se porteront sur les fidèles du pays,
je les ferai siéger auprès de moi.
Et ceux qui sont intègres m'assisteront. --------------------------------------------------------------------------------------
Psaumes 101/7-8
Il n'y a de place dans ma maison pour qui se sert de fraude,
et le menteur ne subsistera pas en ma présence.
Tous les matins je fermerai la bouche aux méchants du pays,
pour retrancher de la cité de l'Eternel,
tous ceux qui font le mal.
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 15, 2009 16:28
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Complainte de Vincent à Paul Eluard
À Arles où roule le Rhône Dans l'atroce lumière de midi Un homme de phosp***** et de sang Pousse une obsédante plainte Comme une femme qui fait son enfant Et le linge devient rouge Et l'homme s'enfuit en hurlant
Pourchassé par le soleil Un soleil d'un jaune strident Au bordel tout près du Rhône L'homme arrive comme un roi mage Avec son absurde présent Il a le regard bleu et doux Le vrai regard lucide et fou De ceux qui donnent tout à la vie De ceux qui ne sont pas jaloux Et montre à la pauvre enfant Son oreille couchée dans le linge Et elle pleure sans rien comprendre Songeant à de tristes présages L'affreux et tendre coquillage Où les plaintes de l'amour mort Et les voix inhumaines de l'art Se mêlent aux murmures de la mer Et vont mourir sur le carrelage Dans la chambre où l'édredon rouge D'un rouge soudain éclatant Mélange ce rouge si rouge Au sang bien plus rouge encore De Vincent à demi mort Et sage comme l'image même De la misère et de l'amour L'enfant nue toute seule sans âge Regarde le pauvre Vincent Foudroyé par son propre orage Qui s'écroule sur le carreau Couché dans son plus beau tableau Et l'orage s'en va calmé indifférent En roulant devant lui ses grands tonneaux de sang L'éblouissant orage du génie de Vincent Et Vincent reste là dormant rêvant râlant Et le soleil au-dessus du bordel Comme une orange folle dans un désert sans nom Le soleil sur Arles En hurlant tourne en rond Jacques Prévert
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Summertime 
Suisse
Messages : 4692
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Date du message :
janvier 15, 2009 20:24
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Merci Epsi, cette complainte est si belle...
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 16, 2009 11:17
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Les vieilles de notre pays
Les vieilles de notre pays Ne sont pas de vieilles moroses Elles portent des bonnets roses Des fichus couleur de maïs Les vieilles de notre pays Elles s'en vont tout doucement Les jours où le soleil fait fête En remuant un peu la tête S'arrêtant à chaque moment Elles s'en vont tout doucement En riant derrière la main Elles redisent à l'oreille Et rien qu'elles ont dit la veille Et rediront le lendemain En riant derrière la main Elles médisent bien un peu Mais si peu que c'est ne rien dire
Puis il faut bien parler et rire Les soirs d'hiver au coin du feu Elle médisent bien un peu Qu'elles iront en paradis Car elles ne manquent pas messe Et sont fidèles à confesse Depuis les galants de jadis Elle iront en paradis La Bonne Vierge et le Bon Dieu Qu'elles ont tant prié sur terre Leur feront la mort bien légère Et bien court le dernier adieu La Bonne Vierge et le Bon Dieu
Les vieilles de notre pays Ne sont pas de vieilles moroses Elles portent des bonnets roses Des fichus couleur de maïs Les vieilles de notre pays Les vieilles de notre pays
Jules Laforgue
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 22, 2009 12:14
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Quelqu'un
De l'autre côté du miroir Quelqu'un nous épie Quelqu'un compte nos fils d'argent un à un. Quelqu'un regarde se serrer l'épervier des rides Quelqu'un nous garde Quelqu'un nous emporte Quelqu'un ouvre et ferme des portes à l'envers. Quelqu'un nous oublie Quelqu'un vend de l'espoir Quelqu'un au visage vert ou gris de l'autre côté du miroir sur le tain de la nuit. Quelqu'un quelqu'un quelqu'un mais qui ?
Armand Lanoux .La Tulipe orageuse, 1959
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Summertime 
Suisse
Messages : 4692
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Date du message :
janvier 22, 2009 13:26
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Epsi....Ce "quelqu'un " est très attachant ainsi poétisé par Armand Lanoux et "La Tulipe orageuse" me donne lenvie d'en savoir un peu plus sur elle et son tempérament de feu.... ____________________________
DESIRER
II. Il neige. Tes yeux courent sur le ciel, Des bouquets d'oiseaux plein les mains Tu t'envoles. Le paysage effeuille ta robe Et ton corps glisse. On sait que l'amour est venu par là.
Il fait un temps à coucher dehors, Eteins les étoiles que je te regarde pâlir. Je lance mes bras et tu me rapportes tes lèvres, Coulent, coulent les bons jours. Les maisons des gens s'allument pour préparer la nuit. Pâles, pâles mes mains qui t'écrivent Plus vite les mots, plus vite que les trains.
III. Danse donc, Fais tourner les feuilles Les fleurs et tes bras. Le soleil claque dans ses mains La terre se réchauffe Danse, danse, Tu m'emmènes vers toi. Violons, rires, morceaux de bonheur A la volée ! L'avenir rebondit sur le ciel J'ai mal aux émotions Danse, danse Nos yeux jaillissent Baigne-toi dans moi, je te lave Et les notes de musique comme des gouttes de pluie. Baptême devant la vie ! Et blanches les lèvres et bleus nos corps Danse, danse, danse, Il fait bon. Et si je te disais ce soir que tu es belle Les nuages n'en tomberaient pas. Les saisons s'enfonceraient toujours dans la vie, Comme un couteau ___________
RENAÎTRE
Les arbres sont venus ce matin faire une forêt à Blanche-Neige. Tes paupières étaient des papillons de nuit qui tournaient Autour de mes yeux. Bientôt tu te réveilleras Quand tu auras fini d'escalader ton rêve. Je ne sais jamais où tu vas Ainsi, allongée entre deux jours. Je suis parfois jaloux de cette femme en noir Qui nous sépare. Mais les vagues sont nombreuses sur la mer Autant que les hommes qui roulent sur la vie Et butent contre toi. Ton sourire s'échappera de notre tendresse Parce que la mer s'en va aussi par derrière l'Ile. Ce pays fabuleux qui crie: "Emmène-moi au bout du monde" De l'autre côté de l'enfance. Et moi qui avait besoin de Blanche-Neige pour m'endormir Je resterai assis sur la jetée Et mes larmes rempliront la mer jusqu'au raz de marée Qui m'amènera au bout de la vie.
YVON LE MEN "Le Pays derrière le Chagrin" (Gallimard 1979) *Ce message a été édité le Jan 22, 2009 1:28 PM par Summertime*
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
janvier 22, 2009 14:31
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Il y a beaucoup de tendresse et d'amour pour les gens dans la poèsie d'Yvon le Men, merci Summer!
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