Amicalien - Pour créer des liens et des amitiés

Présentement sur Amicalien
Les membres en ligne : 74
Les nouveaux membres : 13
Anniversaires aujourd'hui : 29


Le forum des familles Amicaliennes



  Famille : Révèlations poètiques.


Ce sujet fait partie de la famille Révèlations poètiques.. Cette famille est semi-privée. Vous pouvez lire le contenu de cette famille mais vous devez vous y inscrire pour échanger.



Auteur

Sujet : Les poèmes que j'aime...

doublesix
Modérateur
France

Date du message : décembre 21, 2011  03:41

Sardines à l'huile

(Sardines à l'huile fine sans têtes et sans arêtes)

Dans leur cercueil de fer-blanc
Plein d'huile au puant relent
marinent décapités
ces petits corps argentés
pareils aux guillotinés
là-bas au champ des navets !
Elles ont vu les mers, les
côtes grises de Thulé,
sous les brumes argentées
la Mer du Nord enchantée....
Maintenant dans le fer-blanc
et l'huile au puant relent
de toxiques restaurants
les servent à leurs clients !
Mais loin derrière la nue
leur pauvre âmette ingénue
dit sa muette chanson
au paradis-des-poissons,
une mer fraiche et lunaire
pâle comme un poitrinaire
la Mer de sérénité
aux longs reflets argentés
oû durant l'éternité
sans plus craindre jamais les
cormorans et les filets,
aprés leur mort nageront
tous les bons petits poissons ! .....

Sans voix, sans mains, sans genoux
sardines, priez pour nous !....

Auteur : Georges FOUREST

La Négresse blonde

-------------------------------------------------------------------------------------



Promenade de Picasso

Sur une assiette bien ronde en porcelaine réelle
une pomme pose
Face a face avec elle
un peintre de la réalité
essaie vainement de peindre
la pomme telle qu'elle est
mais
elle ne se laisse pas faire
la pomme
elle a son mot à dire
et plusieurs tours dans son sac
la pomme
et la voilà qui tourne
dans son assiette réelle
sournoisement sur elle-même
doucement sans bouger
et comme un duc de Guise qui se déguise en bec de gaz
parce qu'on veut malgré lui lui tirer le portrait
la pomme se déguise en beau fruit argenté
et c'est alors
que le peintre de la réalité
commence à réaliser
que toutes les apparences de la réalité sont contre lui
et
comme le malheureux indigent
comme le pauvre nécessiteux qui se trouve soudain à la merci de
n'importe quelle association bienfaisante et charitable et
redoutable de bienfaisance de charité de redoutabilité
le malheureux peintre de la réalité
se trouve alors être la triste proie
d'une innombrable foule d'associations d'idées
Et la pomme en tournant évoque le pommier
le Paradis terrestre et Eve et puis Adam
l'arrosoir l'espalier Parmentier l'escalier
le Canada les Hespérides la Normandie la Reinette et l'Api
le serpent du Jeu de Paume le serment du Jus de Pomme
et le péché originel
et les origines de l'art
et la Suisse de Guillaume Tell
et même Isaac Newton
plusieurs fois primé à l'Exposition de la Gravitation
Universelle
et le peintre étourdi perd de vue son modèle
et s'endort
C'est alors que Picasso
qui passait par là comme il passe partout
chaque jour comme chez lui
voit la pomme et l'assiette et le peintre endormi
Quelle idée de peindre une pomme
dit Picasso
et Picasso mange la pomme
et la pomme lui dit Merci
et Picasso casse l'assiette
et s'en va souriant
et le peintre arraché à ses songes
comme une dent
se retrouve tout seul devant sa toile inachevée
avec au beau milieu de sa vaisselle brisée
les terrifiants pépins de la réalité.

Auteur : J. PREVERT
Paroles

------------------------------------------------

Fin ... car j'ai faim.........66 (doublesix)



Summertime
Suisse
Messages : 4692

Date du message : novembre 14, 2008  07:06

Merci doublesix...j'ai dégusté en souriant les sardines
et la pomme. Permets-moi d'ajouter à ce menu
pour l'étoffer un peu, de la soupe avec le pape
et du vin sans origine, mais...
qu'importe le flacon pourvu que.....etc.

Et le poème quoi !
C'est des mots sur la page
C'est des morts sous les pas
Des sons dans l'insondable !
Des sous pour les soudards
Du doux pour les oukases
Du destin, et du fou
Pour les soiffards de l'âme !
Et le pape à la poupe
Le sous-pape à la soupe
Le tout est dans l'étrave
Le triceps à la barre
Le vin de quelle cave
On embarque au départ !
Et pourquoi pleurnicher
Si vous ne savez où
Nicher vos pleurs, allez
Zou ! et n'en parlons pas
Si le coeur nous élance
On nous croit sur silence

Jean-Claude Valin, "Arrhes Poétiques, 1967)
....qui a dit :
"- Il était une fois...
- Pas plus ?"

doublesix
Modérateur
France

Date du message : novembre 14, 2008  11:43

Bonsoir Summertime,

Merci pour ton message

Tu sais ...je découvre ce site ....de façon candide.

J'aime tout simplement la poésie ...

O beau parcours de l'esprit enchanté (citation)

Voici le poème ( complet) de Catherine POZZI

O vous mes nuits, O noires attendues
O pays fier , O secrets obstinés
O longs regards , O foudroyantes nues
O vol permis outre les yeux fermés

O grands désir , O surprise épandue
O beau parcours de l'esprit enchanté
O pire mal, O grâce descendue
O porte ouverte oû nul n'avait passé

Je ne sais pas pourquoi je meurs et je me noie
Avant d'entrer à l'éternel séjour,
je ne sais pas de qui je suis la proie
Je ne sais de qui je suis l'amour.

      C. POZZI       Poémes

Bien cordialement      66





*Ce message a été édité le Nov 14, 2008 11:52 AM par doublesix*

Summertime
Suisse
Messages : 4692

Date du message : novembre 14, 2008  13:20

Magnifique Catherine Pozzi !

Ce que j'aime d'elle aussi....

Il ressemblait à l'absolu
      J'ai tiré dessus
Les plombs étaient en vérité
La poudre était en volupté
         Je l'ai raté.
________________

J'ai deux corps, CHAIR-ET-SANG et PLAISIR-ET-PEINE:
CHAIR-ET-SANG est un endormi, PLAISIR-ET-PEINE est
comme un cri: ils sont toujours inséparables.

CHAIR-ET-SANG est un carbure d'hydrogène à très
grosses molécules. PLAISIR-ET-PEINE est si ténu que
Lucrèce en fit un poème. Tout le monde parle à
CHAIR-ET-SANG, je ne parle qu'à PLAISIR-ET-PEINE.

CHAIR-ET-SANG paraît persister, mais suit la seconde
loi de thermodynamique et finit mal. PLAISIR-ET-PEINE
paraît s'anéantir à la vitesse du cadran à secondes,
et il a l'immortalité.

Je quitterai CHAIR-ET-SANG un jour, emmené par
PLAISIR-ET-PEINE. Mais vers où, Vierge souveraine ?

Mais que faire, pour me préserver des hasards de l'éternité ?

Catherine Pozzi
(Poèmes tirés du recueil "Très haut amour"

doublesix
Modérateur
France

Date du message : novembre 16, 2008  03:32


LES VIEUX AMIS

Les vieux amis sont des crocodiles qui traînent un peu partout dans la maison et qui de temps en temps vous mangent

un membre cru. Les jeudis 13 à marée haute ils se mettent sur le dos afin que l'on fasse luire comme un miroir leur ventre
vertueux.

Les vieux amis sont des maisons très hautes qui cachent une partie du ciel mais font très bien dans le paysage. Les soirs
d'automne leur éclairage embaume les alentours.

Les vieux amis sont des oranges blanches qu'on garde pour la soif et qui ont soif d'elles mêmes de sel.

Les vieux amis sont des princes que l'on sort à Pâques ou à la Trinité. Alors on les pique au vif pour qu'ils paient de mine et
enfantent des onomatopées.

Les vieux amis sont des boutiques pleines de monde.

Les vieux amis sont des topinambours.

Les vieux mais sont des rimes riches au bout de beaux alexandrins tant soit peu caramélisés.

Les vieux amis sont des toboggans.

Les vieux amis ont les yeux tour à tour lisses et pluvieux, ils jettent feux et flammes quand on leur dit simplement or donc.

Les vieux amis sont des hirondelles.

Les vieux amis sont des lacs.

Des lacs en Forêt-Noire entourés de silence , bourrés d'échos.

Et les torrents bavards n'en savent rien; Ch......

Oh ! La-laa !

Les vieux amis frisent la dolescence et se portent comme des charmes jusqu'à ce que le compte y est.


Les vieux amis sont coîncidents, concomittants, collatéraux, Kirghises et polyglottes. Ils vont et viennent, et dans ce monde
changeant il ya ce monde qui ne change pas.

Les vieux amis sont des trapèzes volants qu'on attrape n'importe quand et qui n'importe quand vous emmêlent dans un ciel
plein de bulles et de flons.


Les vieux amis sentent le bon terroir,
le terreau, la terre fraîchement remuée, la fosse.

Ils phosp*****nt.

On les appelle à tort vieilles branches . ce ne sont pas des vieilles branches mais des rameaux verts, aussi verts que la neige.

Les vieux amis sont des caravansérails sans fin qui se souviennent de caravansérails sans fin.

les vieux amis sont des sommets et les sommets sont des témoins oculaires, pour cela inestimables, pour cela surfaits, pour
cela faciles à croquer, pour cela fleurs, pour cela frustres, pour cela faisandés, pour cela friandises, pour cela ficelles, pour
cela ficelés.

Salut vieux amis de la bonne année, de la bonne souche, de la bonne cave, du bon vieux temps, de l'image d'Epinal,
du poivre de Cayenne, de la potence !

Sont de pléistocènes, sont de l'avant-garde, sont patibulaires. Nous dépendons de trois empans de ces pendus et la moitié
de l'oeil.

Qu'on les transpande   avec des chants ! qu'on les guirlande ! qu'on les enhymme jusqu'aux Himalayas !

Auteur : Michel SEUPHOR

La vocation des mots
Editions Rougerie

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
( NDR : note du rédacteur.....pour ceux qui aiment le jazz)


COLEMAN HAWKINS

Soudain
Les yeux clos
Le voici qui dérape au guidon de son saxophone
Il brûle
Du mal des Ardents
Et du parfum des corolles de chair
Il poursuit l'ombre de son ténor
A coups d'uppercuts caressants
Shadow-boxing de la nuit
Ses doigts express effeuillent les marguerites
du métal
Encore
Encore un
Encore un chorus, Coleman hawkins
Il reprend en soufflant plus fort
Renoncules tendres de ces paupiéres
Encore un refrain juteux
Swing it, Coleman
et il balance de possession
Revenu des grands fonds de Body and Soul
Il se balade très haut
Avec les angles invisibles de la frénésie
L'air manque
Danse de Saint-Guy du black bottom
Vite un casque pneumatique
Au loin
La terre est minuscule
Encore un octave plus haut
Donnez-moi le bémol de cette teinte orange
Au glissando des cuisses bronzées
contre-ut gratte-ciel
et tout à coup du fond des siècles
Ton saxophone est vide dans tes mains
Maintenant l'aurore peut se lever sur Manhattan
Coleman Hawkins a ouvert les yeux
Et il regarde comme les anges musiciens de Saint-Bavon.

Auteur Robert GOFFIN
Voleur de feu
Editions Universitaires

Nota : mon speudo a été choisi pour rendre hommage aux Doublesix
qui m'ont fait découvrir le jazz lors d'un concert
Définition (extrait) :    groupe vocal français (réputation mondiale ! ) fondé en 1959.
Mimi Perrin entreprend de restituer vocalement les versions instrumentales de thémes de jazz, solos compris , en reprenant
toutes les voix d'une orchestration de big band.
Ils ont travaillé sur les répertoires de Count Basie , Gerry Mulligan, Quincy jones .....Dizzy Gillespie...

Dictionnaire du jazz
Editions: Robert Laffont...




*Ce message a été édité le Nov 16, 2008 3:36 AM par doublesix*

Epsilon
Modérateur
France

Date du message : novembre 16, 2008  03:40

Merci pour ces deux belles découvertes Doublesix!

Summertime
Suisse
Messages : 4692

Date du message : novembre 16, 2008  04:29

Jubilatoires tes deux textes poétiques doublesix....et
j'aurais du deviner la connotation jazzistique de ton pseudo,
depuis mes 20 ans je suis une inconditionnelle du jazz
et du blues...

-grimalkin-
Admin famille
France

Date du message : novembre 16, 2008  06:07

doublesix, devant ce concert de louanges...que dire de plus...Merci

doublesix
Modérateur
France

Date du message : novembre 16, 2008  07:22

Bonjour Grim,

Merci pour ton message..mais

lorsque je me suis présenté

TU    m'as accueiili avec gentillesse

TU m'as fait confaince..

un concerto à quatre mains !!!

TU m'as aidé à respecter la procédure

Aussi permets-moi de t'adresser   un gros bisou et

mes trés respectueuses salutations.

doublesix




*Ce message a été édité le Nov 16, 2008 7:22 AM par doublesix*

doublesix
Modérateur
France

Date du message : novembre 20, 2008  04:02



Il pleut

IL pleut -- c'est merveilleux . Je t'aime.
Nous resterons à la maison :
Rien ne nous plaît plus que nous-mêmes
Par ce temps d'arrière-saison.

Il pleut. Les taxis vont et viennent
On voit rouler les autobus
Et les remorqueurs sur la Seine
Font un bruit.. qu'on ne s'entend plus !

C'est merveilleux : il pleut. J'écoute
La pluie dont le crépitement
Heurte la vitre goutte à goutte....
Et tu me souris tendrement.

Je t'aime. Oh ! ce bruit d'eau qui pleure,
Qui sanglote comme un adieu.
Tu vas me manquer tout à l'heure
On dirait qu'il pleut dans tes yeux.

Auteur : Francis CARCO

------------------------------------------------------------------



VA OU


(extrait)

Je pense aux personnes merveilleuses de ma vie je pense à vous mes amis mes inconnus innombrables
je pense a Robert Desnos dont les yeux étaient des perles je pense à Rimbaud le jeune homme vert qui rougissait jusqu'au
oreilles je pense à d'Aubigné couché avec ses pistolets


Je pense aux personnes à merveille dans ma vie mes frères loin mes potes en allés mes jamais rencontrés
je pense au coeur de ma mère solitaire je pense sur la tête de mon père je pense à mes aïeux en rangs d'oignons dessous la
terre je pense à ma grand-mère sempiternelle qui avait le blues toujours dans sa vieille blouse

Je pense aux personnes de merveilleuses à vie je pense à leurs coups de mains je pense à leurs coups de pieds au soleil
cou coupé et à baise m'encore je pense à leurs coups de reins à leurs coups de dés

Je pense aux personnes qui me merveillent la vie d'hier à aujourd'hui et jusqu'au lendemain la merveille de leurs voix de leurs
rires et chagrins je pense à eux longtemps je pense à eux très vite je pense à elles aussi je pense partout à lui

Je pense aux personnes dans ma vie merveilleusement   je pense merveilleusement aux personnes de ma vie car je n'oublie
personne personne et pas même moi je pense à tout le monde et m'y trouve comprise je pense a moi qui pense à vous et à
merveille.

Auteur : Valérie ROUZEAU


--------------------------------------------------------------------------------------------


SOLDE

                               pour Aimé CESAIRE



J'ai l'impression d'être ridicule
dans leurs souliers
dans leurs smoking
dans leur plastron
dans leur faux-col
dans leur monocle
dans leur melon


J'ai l'impression d'être ridicule
avec mes orteils qui ne sont pas faits
pour transpirer du matin jusqu'au soir qui déshabille
avec l'emmaillotage qui affaiblit mes membres
et enlève à mon corps sa beauté de cache-sexe

J'ai l'impression d'être ridicule
avec mon cou en cheminée d'usine
avec ces maux de tête qui cessent
chaque fois que je salue quelqu'un

j'ai l'impression d'être ridicule
dans leurs salons
dans leurs manières
dans leurs courbettes
dans leurs multiples singeries


J'ai l'impression d'être ridicule
avec tout ce qu'ils racontent
jusqu'à ce qu'ils vous servent l'aprés-midi
un peu d'eau chaude
et des gateaux enrhumés

J'ai l'impression d'être ridicule
avec les théories qu'ils assaisonnent
au goûts de leurs besoins
de leurs passions
de leurs instincts iuverts à la nuit
en forme de paillasson

J'ai l'impression d'être ridicule parmi eux complice
parmi eux souteneur
parmi eux égorgeur
les maisn affroyablement rouges
du sang de leur ci-vi-li-sa-tion.

Auteur : LEON-GONTRAN DAMAS

Pigments Névralgies

Présence africaine





-grimalkin-
Admin famille
France

Date du message : novembre 20, 2008  04:07

très beau choix ! merci doublesix. Epsilon ayant des ennuis d'ordinateur, tu ne pourras
pas lire son commentaire...




Marie-elisabeth
Modérateur
France

Date du message : novembre 20, 2008  09:12

bonjour ami, Doublesix..
je suis surprise par ton post, "Les poèmes que j'aime", aurais-tu par hasard, poser des
poèmes moins apprécies par ton esprit et ton coeur?
il y a quelque temps, j'ai voulu" suiter ", notre Administrateur, en poésie, autant dire
jouer un remake du "Lièvre et de la tortue", effet désastreux, cela ne collait pas avec ma
personnalité, et me donnait un fort sentiment d'échec.. En conclusion ,suivre, ce que
son coeur aime et apprécie..la poésie ne doit être que du bonheur..
Pour cette raison, je pose un poème que j'aime beaucoup, mais il y en a tant d'autres..
comment faire un choix?
L'aube ensevelie.

Plus bas encore mon amour taisons-nous
Ce fruit ouvert dans le soleil
Tes yeux comme l'haleine de l'aurore
Comme le sel des buissons révélateurs

Taisons-nous taisons-nous il y a quelque part
Un coeur qui pleure sur un coeur
Pour la dernière aventure
pour le déchirement total

Taisons-nous rien ne peut recommencer
Il faut oublier les lampes les heures sacrées
Il faut oublier les faux feux du jour
Notre délice nous foudroie

Plus bas encore mon amour
Ah! plus bas mon cher amour
Ces choses doivent être murmurées
Comme entre les deux mourants

Bientôt nous ne voudrons plus distinguer
La frange des rides sur nos fronts
Ah! regardons bondir les étoiles
Aux justes secrets de nos doigts

Regardons ce que refuse
L'or détruit du souvenir
La belle chambre insolite
Et ses bras d'éclairs sourds

Taisons-nous oublions tout
Noyons les mots magiques
Préparons nos tendres cendres
Pour le grand silence inexorable.

Alain Granbois (1900-1975).

-grimalkin-
Admin famille
France

Date du message : novembre 20, 2008  11:03

Mais tu as raison, Marie-elisabeth, toi aussi tu as droit à tes poèmes préférés...C'est moi
qui ait suggéré à doublesix le titre de ce post..Si tu as envie de te créer un post bien à toi,
je suis tout à fait d'accord...De même Summertime a des tas de choses à dire en
poésie. Tassin aussi a son post poétique .Je n'y vois pour moi que des avantages , à
condition que nous restions dans le domaine de la poésie.

Summertime
Suisse
Messages : 4692

Date du message : novembre 20, 2008  11:57

Double-six...un réel plaisir de découvrir tes attirances poétiques...

Tinourson-
Canada
Messages : 1121

Date du message : novembre 21, 2008  07:15

Au Bout de Mon Âge

Aragon chanté par Ferrat

Au bout de mon âge
Qu'aurais-je trouvé
Vivre est un village
Où j'ai mal rêvé

Je me sens pareil
Au premier lourdeau
Qu'encore émerveille
Le chant des oiseaux
Les gens de ma sorte
Il en est beaucoup
Savent-ils qu'ils portent
Une pierre au cou

Au bout de mon âge
Qu'aurais-je trouvé
Vivre est un village
Où j'ai mal rêvé

Pour eux les miroirs
C'est le plus souvent
Sans même s'y voir
Qu'ils passent devant
Ils n'ont pas le sens
De ce qu'est leur vie
C'est une innocence
Que je leur envie

Au bout de mon âge
Qu'aurais-je trouvé
Vivre est un village
Où j'ai mal rêvé

Tant pour le plaisir
Que la poésie
Je croyais choisir
Et j'étais choisi
Je me croyais libre
Sur un fil d'acier
Quand tout équilibre
Vient du balancier

Au bout de mon âge
Qu'aurais-je trouvé
Vivre est un village
Où j'ai mal rêvé

Il m'a fallu naître
Et mourir s'en suit
J'étais fait pour n'être
Que ce que je suis
Une saison d'homme
Entre deux marées
Quelque chose comme
Un chant égaré

Au bout de mon âge
Qu'aurais-je trouvé
Vivre est un village
Où j'ai mal rêvé

Page 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9

Messages suivants >  Dernier message