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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
octobre 29, 2011 05:23
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Ce sont deux poèmes que j'ai glanés.. sur un recueil.. je ne pense pas retrouver l'auteur ailleurs,( étant donné que je suis en contentieux avec Orange pour ma facture qui a doublé.., ceux-ci m'ayant abonné au minitel , avec comme réponse les achats en ligne génèrent une ouverture de compte au minitel..et comme je n'achetais qu'à la FNAC, je fais le "gros dos" et j'attends de voir.. mais de la matière.; je n'en ai plus..)
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
octobre 29, 2011 06:32
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au cours de mes promenades à la recherche de...peut-être rencontrerai-je un de ses livres. Bon courage avec Orange, Marie-Elisabeth....
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Summertime 
Suisse
Messages : 4692
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Date du message :
octobre 29, 2011 13:36
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CHANSON
Lorettte élue lilas en branches bras nus perdus pour un dimanche forêts fanées sur fond de baie orgues de nuées des trépassés.
Chère adorée cieux dédorés heures indues viendras-tu nue ta lèvre aimée désabusée pour incanter les nuits perdues.
Voici venir et reverdir le souvenir qui rassasie meurt le remords couchant s'endort portique d'or
ma poésie
Théophile Briant
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Summertime 
Suisse
Messages : 4692
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Date du message :
octobre 29, 2011 13:56
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A QUATRE MAINS
Ils avaient fait l'amour comme on fait la prière en gestes de suspens et en génuflexions comme descend la mer en vagues de remords en caresses plus chaudes et en baisers brûlants Ils avaient fait l'amour comme l'on se recueille le soir dans les chapelles où l'on veille les morts avec des précautions et des silences graves avec des yeux muets comme salutations Ils avaient fait l'amour comme on prend du courage en découvrant leurs corps trop grands pour leurs destins et en ouvrant leurs coeurs comme des cathédrales les orgues comme des brasiers les vitraux comme des soleils qui se propagent sur les dalles Ils avaient fait l'amour comme on fait la prière avec leurs quatre mains liées aux chapelets
avec larges leurs âmes des cloches dans leurs têtes et à tu et à tant d'une jeunesse en fête comme le sable et l'eau quand la marée descend comme on part en misère avec d'immenses peurs et de lents tremblements Ils avaient fait l'amour avec des mains d'enfants qui volent des fruits verts dans le fond des vergers et cherchent des péchés comme des sacrements Ils avaient fait l'amour comme on fait la lumière en trouvant son audace dans les éternités les corps et les coeurs comme une fontaine morte où l'on puise toujours de cette eau qu'on apporte à l'autel de l'amour et que l'on dit bénite Ils avaient fait l'amour comme on fait la prière des mains qui communient des phrases somptuaires et leurs corps peu à peu tout comme l'océan se firent fastueux comme le fond des rêves jusqu'au bout des grèves quand la marée descend.
André Guégan ("Poètes de Bretagne" anthologie Charles Le Quintrec))
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Summertime 
Suisse
Messages : 4692
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Date du message :
octobre 29, 2011 14:03
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Géométriquement tien
Ton corps est comme un vase clos J'y pressens parfois une jarre Comme engloutie au fond des eaux Et qui attend des nageurs rares Tes bijoux ton blé ton vouloir Le plan de tes folles prairies Mon squale qui viendra te voir Du fond de moi si tu l'en pries
Un herbe douce comme un lit Un lit de taffetas de carne Une source dans le midi Quand l'ombre glisse et me décharne Un sentiment de rémission Devant ta violette de Parme Me voilà soumis comme un pion Sur l'échiquier que ta main charme
Mon organe qui fait ta voix Mon pardessus sur ta bronchite Mon alphabet pour que tu croies Que je suis là quand je te quitte Ma symphonie dans ton jardin La mer dans ta rivière close L'aigre parfum de mon destin Sur le delta d'où fuit ta rose
L'odeur canaille de ta peau Tendue comme un arc vers sa cible Quand pointe de mes oripeaux Le point de mire inaccessible Du feu pour le bel incendie Que j'allumerai à ta forge Cette nuit puisque tu me dis Que ça te remonte à la gorge
Et moi qui ne suis pas régent De tes propriétés câlines J'irai comme l'apôtre Jean Dormir un peu sur ta poitrine J'y verrai des oiseaux de nuit Et leurs géométriques ailes Ne pourront dessiner l'ennui Dont se meurent les parallèles
Léo Ferré
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
octobre 30, 2011 04:11
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Summertime ! tu es notre apôtre de l'amour ! avec ces poèmes ! nous sommes convertis !
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
novembre 10, 2011 08:44
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Ballade de Florentin Prunier. (demain pour le 11 novembre)
Il a résisté pendant vingt longs jours Et sa mère était à côté de lui
Il a résisté, Florentin Prunier Car sa mère ne veut pas qu’il meure
Dès qu’elle a connu qu’il était blessé Elle est venue, du fond de la vieille province
Elle a traversé la pays tonnant Où l’immense armée grouille dans la boue
Son visage est dur, sous la coiffe raide Elle n’a peur de rien ni de personne
Elle emporte un panier, avec douze pommes Et du beurre frais dans un petit pot
Toute la journée elle reste assise Près de la couchette où meurt Florentin
Elle arrive à l’heure où l’on fait du feu Et reste jusqu’à l’heure où Florentin délire
Elle sort un peu quand on dit : « Sortez » Et qu’on va panser la pauvre poitrine
Elle resterait s’il fallait rester Elle est femme à voir la plaie de son fils
Ne lui faut-il pas entendre les cris Pendant qu’elle attend, les souliers dans l’eau ?
Elle est près du lit comme un chien de garde On ne la voit ni manger ni boire
Florentin non plus ne sait plus manger Le beurre a jauni dans son petit pot.
°.
Ses mains tourmentées comme des racines Etreignent la main maigre de son fils
Elle contemple avec obstination Le visage blanc où la sueur ruisselle
Elle voit le cou, tout tendu de cordes Où l’air, en passant, fait un bruit mouillé
Elle voit tout ça de son œil ardent Sec et dur, comme la cassure d’un silex
Elle regarde et ne se plaint jamais : C’est sa façon, comme ça, d’être mère
Il dit : « Voilà la toux qui prend mes forces » Elle répond : « Tu sais, je suis là ».
Il dit : « J’ai idée que je vas passer » Mais elle : « Non ! je ne veux pas, mon gars »
. °
Il a résisté pendant vingt longs jours Et sa mère était à côté de lui
Comme un vieux nageur qui va dans la mer En soutenant sur l’eau son faible enfant
Or un matin, comme elle était bien lasse De ses vingt nuits passées on ne sait où
Elle a laissé aller un peu sa tête Elle a dormi un tout petit moment
Eh bien Florentin Prunier est mort bien vite Et sans bruit, pour ne pas la réveiller
Georges Duhamel. " Elégies" 1920.
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
novembre 19, 2011 10:59
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-Donne moi tes yeux
Donne-moi tes yeux Pour les enfouir dans mon visage vieillissant Pour me voir resplendissant.
Donne-moi tes yeux, Ta vue bleue qui toujours édifie, Compatit, embellit.
Donne-moi tes yeux Qui tuent, brulent, désirent, Qui beau me voient.
Donne-moi tes yeux, Je m’aime moi-même si je t’aime Et jaloux suis-je de tes yeux.
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novembre 2007
- Ta chaleur
Pourquoi veulent portrait, sculpture, De mon âme te voler ? Vivants ou froids : Qui peut encore me donner Ton unique chaleur ?
Dans chaque baiser je meurs Et sur tes lèvres ressuscite, Femme-sirocco par centaine peut venir : Leur dévoreuse, douce chaleur, Sur moi vainement souffle.
Mortes et vivantes Vainement veulent te glacer, Il n’est chaleur que la tienne. Qui peut me donner Ton unique chaleur ?
Ady Endre
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