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-grimalkin- 
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Date du message :
novembre 28, 2011 04:12
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je sors du 'temple Gallimard" autrement dit la fameuse librairie boulevard Raspail. Et là, après Epsilon, j'ai redécouvert Gherasim Luca avec son livre : Héros-Limite, suivi de "Le chant de la Carpe et de Paralipomènes. Aussi un autre livre dont je vous parlerai un autre jour. Dans la collection Poésie/Gallimard, bien sûr.
"La mort, la mort folle, la morphologie de la méta, de la métamort, de la métamorphose ou la vie, la vie vit, la vie-vice, la vivisection de la vie" étonne, étonne et et et est un nom, un nombre de chaises, un nombre de 16 aubes et jets, de 16 objets contre, contre la, contre la mort ou, pour mieux dire, pour la mort de la mort ou pour contre, contre, contrôlez-là, oui c'est mon avis, contre la, out contre la vie sept, c'est à, c'est à dire pour, pour une vie dans vidant, vidant, dans le vidant vide et vidé, la vie dans, dans, pour une vie dans la vie.
extrait de "Héros-Limite"
************************************************************************************************** extrait de "Le chant de la carpe
Allongée sur le vide bien à plat sur la mort idées tendue la mort étendue au-dessus de la tête la vie tenue de deux mains
Élever ensemble les idées sans atteindre la verticale et amener en même temps la vie devant le vide bien tendu Marquer un certain temps d'arrêt et ramener idées et mort à leur position de départ Ne pas détacher le vide du sol garder idées et mort tendues
************************************************************************************************* extrait de Paralipomènes
Dans une des régions les plus raffinées de l'esprit où je campais au pied de la lettre à une altitude de nul pied plane un petit nombre d'idées très particulières qu'il eût été dommage de ne pas saisir au vol de mes distractions
********************************************************************************************** ceci pour vous donner une idée générale de cette oeuvre, dont je vous donnerai une idée plus complète. *Ce message a été édité le Oct 14, 2008 12:14 PM par -grimalkin-*
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-grimalkin- 
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Date du message :
octobre 14, 2008 12:12
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par Epsilon :
La brûlante morsure des mots JEAN-JACQUES VITTONI.
Il faut parler de Ghérasim Luca dans le silence de l’écoute que nous avons de ses lectures publiques.Interventions maintenant sauvées sur des CD grâce à ses fidèles amis (Bernard Heidsieck, Julien Blaine, Arnaud Labelle-Rojoux…) ou sur les quelques vidéos heureusement enregistrées avant sa disparition, comme celle du récital donné dans le cadre des « Revues parlées », au Centre Beaubourg,ou ce « récital poétique télévisé » (FR3-Océanique), magnifique réalisation de Raoul Sangla, retransmis en 1988 aux alentours de 23 h 00, je crois, un 31 décembre, j’en suis sûr (quelle belle idée lamentable, quand on sait bien l’enthousiasme qui porte les spectateurs-auditeurs de la télévision vers la poésie et la littérature en général…). J’ajoute ici, tout de suite, pour information, que correspondance,documents et manuscrits sont conservés dans le Fonds Ghérasim Luca de la Bibliothèque Littéraire Jacques Doucet à Paris et que ses principaux livres sont disponibles aux éditions José Corti.L’écoute. Oui. Tous les poètes, même les excellents, ne sont pas bons, si j’ose dire, à entendre, à écouter et à voir lire. Ghérasim Luca était une fantastique exception. Né en Roumanie en 1913, résidant à Paris à compter de 1952, il publiait peu et ne paraissait que rarement en public. Mais chacune de ses apparitions devenait aussitôt une rencontre déterminante pour ceux qui étaient là. J’ai eu la chance d’y participer lors d’une soirée du Festival de Poésie de Cogolin en 1985. Cette chance s’est répétée deux autres fois, ailleurs.L’articulation orale, la prononciation lente, sérieuse, chirurgicale des mots révélaient chaque sous-entendu de l’énonciation, devenaient une démonstration en travaux pratiques du pouvoir primordial dela poésie et de sa charge de subversion.Il faut décrire le simple dispositif auquel il tenait : un étroit praticable, un haut micro sur pied. Devantce laboratoire précaire, la présence d’un homme âgé, pas très grand, droit, solide, robuste même, tellement vif et dont le regard bleu traversait l’auditoire. La posture, surtout, de ce corps lisant, cette attaque en biais du micro, la position un peu écartée des coudes, un relevé particulier des mains retenant le livre ouvert et cet angle au sol que formaient ses pieds, donnait à l’appareil Luca une extraordinaire stabilité,un ancrage sûr, un étonnant équilibre. Et la voix elle-même, bien sûr, cette voix inimitable, basse, un peu rauque, profonde, véritable moteur à projeter les effets de sens dans toutes les directions.
II. Avouer à Ghérasim Luca que, chez lui, c’est cette exactitude posturale, cette perfection physique qui,instantanément, frappait, le remplissait d’une joie silencieuse. Oui, quelle étrange impression que celle qui se répandait au cours d’un récital de ce maître de voix. La chaîne infinie des associations phonétiques et sémantiques des poèmes qui construisaient ses programmes plaçait l’auditeur-spectateur dans une très singulière situation de disponibilité et d’ouverture. Au-delà du jeu des mots qui produitla matière compacte de son travail d’écrivain, c’est plus encore à un exercice de jeu d’amorce de sens,de phrasé gigogne, de progression exploratoire dans la langue que l’on participait, car cette dynamique s’exposait là d’une manière si puissante, tellement mobilisatrice, que l’on n’échappait pas à l’imitation et que, d’une certaine manière, le niveau d’attention de notre écoute se changeait en une création d’écoute. Je le répète, peu de poètes peuvent proposer un tel cadeau au public.Avec lui, nous traversions une série d’opérations physiques sur le langage, une transgression du mot par le mot et du réel par le possible, à l’intérieur d’une « morphologie de la métamorphose » : « La mort, la mort folle, la morphologie de la méta, de la métamort, de la métamorphose ou de la vie, la vie vit, la vie-vice, la vivisec- tion de la vie… » Ce bref exemple de « théâtralité du texte », encore saisi par et dans le souvenir, l’image du poète lisant ou disant derrière son livre ouvert, montre bien, à travers ce « bégaiement » de la lecture, la liaison physique avec le livre à partir duquel jaillit la mélodie insistante.Quelque temps avant sa disparition, nous avions, avec Liliane Giraudon, au lendemain d’un récital,tenté de rassembler avec Ghérasim Luca quelques points sur lesquels nous étions la veille en accord :le souffle, le corps, l’éphémère. Dans cet exercice audacieux, les mots, qui nous avaient servis pour sim-plement nous comprendre, ne fonctionnaient plus de la même manière. Il était très délicat en effet devouloir renouer, tant ce poète est un écrivain qui se méfiait de tout ce qui pouvait avoir l’apparence durepris, du continué-entre-temps, qui se tenait à l’écart de ce qui pouvait ressembler à une approche théo-rique de l’écriture et de la manière qu’il avait de prononcer la sienne. Il se méfiait des enregistrements,des traces forcément différentes qu’il laissait et voulait qu’on lui confie la bande sonore de manière àl’ausculter seul chez lui pour y traquer l’altération… Il se protégeait du photographique, il refusait d’être filmé au cours d’un récital.L’enthousiasme du public était indescriptible. A la fin d’une « lecture de poésie », il est bien rare de voir se lever toutes les personnes présentes, sans exception, pour applaudir debout le poète… Ghérasim Luca se contentait de sourire, comme un peu éberlué par ce qu’il venait de déclencher
III.
Ghérasim Luca s’est suicidé le 9 février 1994, harassé et dégoûté par « ce monde où les poètes n’ont plus deplace », hanté par la montée de la violence et de la xénophobie. Ce qui a lieu à travers le monde entier aujourd’hui nous fait bien comprendre cette révulsion.
1 Figure incontournable de la poésie française contemporaine, Liliane Giraudon est notamment l’auteur de La Fiancée de Makhno (P.O.L.,2004) et Les talibans n’aiment pas la fiction (Inventaire/Invention, 2005). (NDLR.)
Le Nerf de Bœuf est à l’origine des informations qui ont récemment circulé quant aux sondages effectués par le Cerveau auprès de certains nerfs du tronc sur ce qui seraientleurs réactions devant l’éventualité d’une attaque préméditée contre le Squelette charpente osseuse du corpsde l’homme et de l’animal la mort est souvent figurée sous l’aspect d’un squelette Le Plexus Sacré réseau de filets nerveux entrelacés et enchevêtrés précise que c’est le Nerf de Bœuf lui-même ligament cervical postérieur du bœuf et du chevaldesséché et arrondi par l’industrie qui a donné confidentiellement ces informations à quelques réseaux de filets au cours d’une soirée fluide Le Plexus Sacré n’ayant pas été invité ne s’est pas considéré tenu au secret D’après le même Plexus le Nerf-Férure atteinte qu’un cheval a reçue sur le tendon de la partie postérieure d’une jambe de devant serait très irrité de cette initiative et s’emploierait à en atténuer les répercussions sur les Appareils s'Il estimerait qu’une telle affaire risque de compromettre sa position de stricte neutralité dans le conflit cerveau-squelette Cela dit il semble bien que du côté osseux on dispose d’éléments d’information *****ogues Pour le momentla majorité des Systèmes hésitent encore à croire à la possibilité d’une guerre entre la substance molle et grasse renfermée dans l’intérieur des os et la masse de matière nerveuse qui occupe le crâne des vertébrés
GHÉRASIM LUCA, « Le Nerf de Bœuf », dans La Proie s’Ombre (José Cortie Editeur, 1991).A lire :Aux éditions José Corti : Héros-Limite (1985), Le Chant de la Carpe (1986), Paralipomènes (1986), Théâtre de bouche (1987), La Proie s’ombre (1991), L’Inventeur de l’amour suivi de La Mort morte (1994), Un Loup à travers une Loupe (1998) et Le Vampire passif (2001).A lire aussi : une excellente étude de Pierre Dhainaut dans la revue Sud n° 63 (1986) et l’essai de Dominque Carlat, Ghérasim Luca l’intempestif (José Corti, 1998).
Merci à Jean-Jacques Vittoni pour la reproduction de cet article!
Epsilon France Messages : 12000
Date du message : juin 26, 2008 19:12
Prendre corps
Je te narine je te chevelure je te hanche tu me hantes je te poitrine je buste ta poitrine puis te visage je te corsage tu m'odeur tu me vertige tu glisses je te cuisse je te caresse je te frissonne tu m'enjambes tu m'insuportable je t'amazone je te gorge je te ventre je te jupe je te jarretelle je te bas je te Bach oui je te Bach pour clavecin sein et flûte
je te tremblante tu me séduis tu m'absorbes je te disp u t e je te risque je te grimpe tu me frôles je te nage mais toi tu me tourbillonnes tu m'effleures tu me cernes tu me chair cuir peau et morsure tu me slip noir tu me ballerines rouges et quand tu ne haut-talon pas mes sens tu les crocodiles tu les phoques tu les fascines tu me couvres je te découvre je t'invente parfois tu te livres
tu me lèvres humides je te délivre je te délire tu me délires et passionnes je t'épaule je te vertèbre je te cheville je te cils et pupilles et si je n'omoplate pas avant mes poumons même à distance tu m'aisselles je te respire jour et nuit je te respire je te bouche je te palais je te dents je te griffe je te vulve je te paupières je te haleine je t'aine je te sang je te cou je te mollets je te certitude je te joues et te veines
je te mains je te sueur je te langue je te nuque je te navigue je t'ombre je te corps et te fantôme je te rétine dans mon souffle tu t'iris
je t'écris tu me penses
Ghérasim Luca, « Paralipomènes » (La Fin du Monde)
......
La paupière philosophale Bien au-delà du peu la peau et l’épée lapent l’eau ailée du petit pire Toupie d’une peur idéale épi à pas de pou appât ou pâle pet de pétale La vie dupe la fille du vite Tapis doux où les fées filent les feux muets d’un rien de doute L’effet est fête faute hâte écho et cause Muer le vil métal en pot-au-feu d’or mental étale un métapeu de métatout : oeufs de tatou… mythes dormants… haute île en air… Mi-métamoi mi-métamoi le métanous nous étoile Le mot « pied » ose le mot « pierre » s’use tout colle Tout est foutu touffu fétu faux défi défaut fou Peau fine paupière finale foetale fatale philosophale
Le Chant de la carpe, Héros-Limite, Gallimard
TOUT DOIT ÊTRE RÉINVENTÉ
Si en exécutant cet acte simple : humer la chevelure de l’aimée on ne risque pas sa vie on n’engage pas son destin du dernier atome de son sang et de l’astre le plus lointain
si dans ce fragment de seconde où l’on exécute n’importe quoi sur le corps de l’aimée ne se résolvent pas dans leur totalité nos interrogations, nos inquiétudes et nos aspirations les plus contradictoires
alors l’amour est en effet ainsi que le disent les porcs une opération digestive de propagation de l’espèce
Pour moi les yeux de l’aimée sont tout aussi graves et voilés que n’importe quel astre et c’est en des années-lumière qu’on devrait mesurer les radiations de son regard
On dirait que la relation de causalité entre les marées et les phases de la lune est moins étrange que cet échange de regards (d’éclairs) où se donnent rendez-vous comme dans un bain cosmique mon destin et celui de l’univers tout entier
Si j’avance ma main vers le sein de l’aimée je ne suis pas étonné de le voir soudain couvert de fleurs
ou que tout à coup il fasse nuit et qu’on m’apporte une lettre cachetée sous mille enveloppes
Dans ces régions inexplorées que nous offrent continuellement l’aimée
l’aimée, le miroir, le rideau la chaise
j’efface avec volupté l’œil qui a déjà vu les lèvres qui ont déjà embrassé et le cerveau qui a déjà pensé telles des allumettes qui ne servent qu’une seule fois
Tout doit être réinventé
Ghérasim Luca, L’Inventeur de l’amour, José Corti, 1994,
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-grimalkin- 
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Date du message :
octobre 15, 2008 04:46
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SOUPIR-A-TRAPPES
la main invisible repose sur un lion invisible le lion flotte dans une chambre invisible parfaitement subitement invisible l’air de cette chambre est un couteau invisible insensiblement respiré par le lion essentiellement invisible pour le couteau invisible la main n’est qu’un face-à-main à peine visible mais c’est lui le couteau qui est naïvement doucement invisible car le face-à-main n’est que la surface de la main la surface miroitante et sensible de l’eau d’un lac de l’au-delà d’un lac somnolent et absent et facile et passivement invisible passivement invisible la main invisible prend le couteau passivement substanciel et l’enfonce l’enfonce l’enfonce profondément dans l’eau follement invisible particulièrement invisible de ta peau simultanément nuage nuage sable visible méconnaissable indivisible invisible sable nuage sable sable méconnaissable
Gherasim Luca (Principe d'incertitude)
Heros-Limite, Poésie /Gallimard
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-grimalkin- 
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Date du message :
octobre 15, 2008 12:16
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Ruiner les ruines m’offrait le seul moyen de parcourir invulnérable les ruines et seul le dynamitage perpétuel de l’édifice en plein effondrement pouvait m’arracher aux dents féroces de la négation non pas comme un estropié heureux d’avoir sauvé sa vie mais comme une conclusion infiniment causale par laquelle se confirment à nouveau la justesse d’une théorie et la nature concrète de la révolution
En rejetant toute solution de compromis liée à l’économie de l’effort et à l’unilatéral instinct de conservation en poussant jusqu’aux frontières noires de la mort ma répulsion pour la dualité douleur-plaisir d’où l’homme choisit avec une traditionnelle candeur son stupide : que c’est agréable son immonde : c’est bon, oh que c’est bon je me laisse dévorer par la douleur avec la même ferveur qui me dirige vers le plaisir inconnaissable
En accord avec mes précipités théoriques cette chute apparente dans la douleur soutient mon attraction constante vers la réalité objective du plaisir dont la seule preuve reste la surprise objective qu’elle promet les plaisirs courants, accessibles alternant avec le déplaisir et doublés du revers de la médaille n’étant pour moi que l’expression directe du malheur, du dimanche, de la récréation du mariage et de tout ce qui fait que la joie et la tristesse de ce monde sont un unique fardeau.
Gherasim Luca, L’Inventeur de l’amour
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-grimalkin- 
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Date du message :
octobre 16, 2008 05:15
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quart d'heure
de culture métaphysique
Angoisses écartées la vie au dessus de la tête
Fléchir le vide en avant en faisant une torsion à gauche pour amener les frissons vers la mort Revenir à la position de départ Conserver les angoisses tendues et rapprocher le plus possible la vie de la mort.
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idées écartées frissons légèrement en dehors la vie derrière les idées
Elever les angoisses tendues au dessus de la tête Marquer un certain temps d'arrêt et ramener la vie à son point de départ Ne pas baisser les frissons et conserver le vide très en arrière.
Gherasim Luca, Le chant de la Carpe (Poésie/Gallimard)
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-grimalkin- 
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Date du message :
octobre 21, 2008 12:37
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le texte qui suit c'est aussi du Gherasim Luca...
émerger aimer je je j’aime émer émerger é é pas passi passi éééé ém éme émersion passion passionné é je je t’ai-je t’aime passe passio ô passio pssio ô ma gr ma gr acra crachez sur les rations ma grande ma gra ma té ma té ma gra ma grande ma té ma terrible passion passionnée
Gherasim Luca
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Epsilon 
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Date du message :
octobre 22, 2008 00:16
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PASSIONNEMENT (extrait : la fin du poème)
je t'ai je t'aime je je je jet je t'ai jetez je t'aime passionném t'aime je t'aime je je jeu passion j'aime passionné é é ém émer émerger aimer je je j'aime émer émerger é é pas passi passi é é é é é ém éme émersion passion passionné é je je t'ai je t'aime je t'aime passe passio ô passio passio ô ma gr ma gra cra crachez sur les rations ma grande ma gra ma té ma té ma gra ma grande ma té ma terrible passion passionnée je t'ai je terri terrible passio je je je t'aime je t'aime je t'ai je t'aime aime aime je t'aime passionné é aime je t'aime passionném je t'aime passionnément aimante je t'aime je t'aime passionnément je t'ai je t'aime passionné né je t'aime passionné je t'aime passionnément je t'aime je t'aime passio passionnément.
Ghérasim Luca Le Chant de la Carpe, Ed. Le Soleil Noir 1973.
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-grimalkin- 
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Date du message :
octobre 22, 2008 12:12
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extrait nde "Un loup à travers une loupe" (éditions Corti)
Mortuaire dans mon souple manteau couvert de peignes d'où l'on n'a pas encore retiré les cheveux de la femme que je cherche et qui pourtant m'accompagne le long des rues où il ne manque que les gens et les portes, l'air je l'aspire dans de grands verres en métal dont les parois résonnent selon une partition en parchemin brûlé où la joue d'une fillette du neuvième siècle se posa par un après-midi trop chaud. Somnambule, les paumes ouvertes, je pousse l'obscurité, ma seule lanterne_ : cette femme à moitié léopard, bel arbre. De l'un et de l'autre côté de la route, gisent des cadavres de chiens dévorés par des cadavres de chats dans lesquels grouillent comme dans une bouche ouverte une foule de cadavres de papillons. Un seul abricotier dans la ville : moi ! Mégalomane comme toute main à l'intérieur du gant, le poumon, par bravade, je le porte sur la poitrine.
Gherasim Luca
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
juillet 3, 2009 01:03
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S'il reste peu de choses des deux Familles que j'ai créé, au moins j'aurai apporté ici sur Amicalien Ghérasim Luca et Paul Celan et j'en suis pas peu fier ,le reste je m'en fous lol!
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-grimalkin- 
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France 
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Date du message :
juillet 3, 2009 03:59
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et Jean-Paul de Dadelsen, ? et bien d'autres que tu nous fais redécouvrir chaque jour. Et encore bien des découvertes nous attendent...La poésie en ce moment sur le net, ça foisonne. Encore faut-il faire le bon choix...
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
juillet 3, 2009 04:47
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Fixation
Fixation de l’homme aux cultes Occultation de l’homme occulte
Axiome : l’homme Thème : l’homme axiomatique Thèse : l’extase vexée Axe d’ascète fixe : X X : rixe à exiger et à exercer Sexe à explorer à l’excès Ile exilée Dans exister Le sexe l’exhale L’exsude, l’extirpe L’expulse
Le sexe l’exalte L’excuse l’explose L’explose le relaxe L’homme crée : à exécrer A exaspérer à exécuter Axe de l’homme : le fantôme La femme et l’homme : l’assomment La flamme et l’ombre : l’appât et l’assaut L’assaut la somme La partie sombre d’une lame (d’eau ou de couteau) il perd son ombre père excité expert du pire existe puis expire perplexité.
Gherasim Luca
La polygraphe,
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
juillet 4, 2009 04:01
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Mais
tel un son
qui sous l'eau nage
sans repère
les autres personnages font choeur
contre leur étreinte
qui est oui et non pas contre
qui est un pacte d'un oui avec oui
vacuité
ouité ouitante
ouifiante ouirritante et ouificatrice
et d'un rire âcre
qui traduit chez eux
la quiétude d'une chaise en acte
Ghérasim Luca Héros-limite Poésie/Gallumard
(voilà un court poème qui va loin...)
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Celyes 
France
Messages : 549
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Date du message :
juillet 5, 2009 04:19
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Auteur intéressant
merci Grimaldin 
LES CRIS VAINS
Personne à qui pouvoir dire que nous n'avons rien à dire et que le rien que nous nous disons continuellement nous nous le disons comme si nous ne nous disions rien comme si personne ne nous disait même pas nous que nous n'avons rien à dire personne à qui pouvoir le dire même pas à nous
Personne à qui pouvoir dire que nous n'avons rien à faire et que nous ne faisons rien à d'autre continuellement ce qui est une façon de dire que nous ne faisons rien une façon de ne rien faire et de dire ce que nous faisons
Personne à qui pouvoir dire que nous ne faisons rien que nous ne faisons que ce que nous disons c'est-à-dire rien Gherasim luca
*Ce message a été édité le 5-Jul-2009 4:44 AM par Celyes*
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
juillet 5, 2009 04:28
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Question imbécile que le bègue pose au sourd qui la pose comme la clef d'un aveu sur les lèvres aveugles d'un vieux muet ivre et vide qui coasse à quoi ? à quoi ? et qui ne fait que la coasser la caqueter la courcailler et la coqueriquer à perdre haleine -et la forme-- à l'énorme oreille du vacarme Question imbécile à quoi ? à quoi ? à sa bague De quelle rage faute ou terreur faut-il interroger l'imbécile ?
Gherasim Luca La question (extrait) Héros-Limite Poésie/Gallimard
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
juillet 6, 2009 07:22
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La poèsie de Luca, en plus de jouer souvent sur les mots et les sons a un bond fond de sentences et de maximes à l'ancienne qui relient ce poète à toute une poèsie quiu n'appartient qu'à lui? Un admirateur de Luca dans ce vers tiré de Ghérasim luca par Zéano Bianu!
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La vie de ton visage (sur un vers de Ghérasim Luca)
la vie de ton visage c'est la vie sans fin la vie vive la vie vif-argent la vigie qui joue la vie de tous les âges c'est la vie si vivante la vie de ton visage si vigilante la vie qui virevolte vivace de ton visage sans âge ni visa vivement la vie et ses vivats vivement l'absolu vivable oui vivement le vivifiant vivement la vanille de tes veines loin de tout ce qui vivote de tout ce qui vitrifie vivement la vivance de tous les grands viviers oui vivement cette vie sans vitrines cette vie sans visière cette vie sans venin ni verdict cette vie sans verrous que je vois sur ton visage cette vie qui dévoile ma vraie croix oui vivement la vie verticale avec ses mille volutes la vie veloutée au verso du vent sans vatican ni va-t-en guerre la vie en vortex la vie en varappe sans vaccins ni vautours la vie en volubilis la vie voluptuaire la vraie la véridique vie de ton visage le verbe de ton visage qui rend la vie vivable son infinie variation que je vénère vivant
Zéno BIANU
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