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Famille : Révèlations poètiques.
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Sujet : Les poèmes de notre page d'accueil
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Epsilon |
Date du message : février 13, 2010 01:20 |
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La chambre était haute et profonde l 'horloge respirait entre les chandeliers minuit par le miroir glissa comme une loutre et du jardin venus les génies de la brise réveillèrent dans la chaise la conscience du merisier rappelle-toi tu dansais pour moi dans l 'agrément du gazouillis des rondes une soeur à chaque main le cornemuseux historiait nos enfances tu marchais en sabots sur un ciel constellé de marguerites naines un chiffon de soie comme un fin nuage à ton cou quelquefois levant le bras tenant une rose de France altesse toute droite au milieu de tes demoiselles qui faisaient révérence tu souriais à un arbre choisi sur l' horizon souviens-toi quand la porte s' ouvrit au plus jour de mai une épée de lumière fendit ta robe ô splendide pudeur l' instant d' une statue poussée par le désir tu avanças légère sous les ombres losangées de la treille tu éclairas ton épaule au lilas blanc de la tonnelle et tu passas dans les méandres de mon sang tel un frisson reptile souviens-toi HENRI PICHETTE (La chambre) ***** Le lit des choses est grand ouvert. Je me suis endormi, pensant que c'était trop beau et que la terre s'échapperait. Je craignais tout des ventilations absurdes d'une nuit en colère. Les matins me fustigeaient. Je vivais crédulement. Sourcier infatigable, je cherchais l'Orifice originel, premier ouvrage par où passer la tête et crier au Soleil. J'ai trouvé! Je confectionne sur mesure une amoureuse. (En vérité, elle m'est venue d'une ville rêvée posée sur de grands boutons-d'or.) Les peupliers s'organisent. Les rossignols composent. Il me souvient que l'ivresse nous emporta dans un vivant exercice : le mariage. Elle était si naturelle sous sa robe. Je fus sensible aux courbes aux frémissements particuliers aux aspérités inattendues de sa chair, à la marée montante ou descendante des muscles, à la dentelle des phrases ajourées de soupirs, à ses lianes ses diadèmes ses chevelures ses crépuscules d'Eve naissante, à la sagesse et à la déchirure de ses bords. Elle me parla comme à un bouclier. J'avais autorité pour prendre sa défense. Pieds nus sur le fil blanc du rêve, nous courions après nos vêtements en allés. Jamais funambules ne furent si heureux de se rejoindre. Et je m'éveille, à l'unisson des terrasses où nos corps à bien menèrent leur cure. Désormais l'invention demeure. Ma femme sera mon paysage sensuel, le diorama de mon âme. Le monde s'est embelli. J'aspire littéralement l'avenir. La clarté du jour m'assiste. Je grimpe à l'échelle de corde de l'enthousiasme. O c'est plus que jamais l'heure des diamants érectiles ! Les alentours se métamorphosent. De coutume le coeur de la biche ne boule pas ainsi, l'eau a moins de charme, les oiseaux ne tombent pas si verticalement sur le ciel, l'air n'offre pas sa charpente avec autant de pompe ou de vigueur. Je vois enfin le plus beau frisson de l'arbre. Et le silence a trop vite plongé son glaive dans la pierre pour que je ne devine rien : Tu es là. HENRI PICHETTE.« Les Epiphanies » ****
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Epsilon |
Date du message : aout 5, 2008 01:08 |
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ELLE ETAIT VENUE Elle était venus sur les marches tièdes Et s'était assise. Sa tête gentille était inclinée Un peu de coté; Ses mains réunies étaient endormies Au creux de sa jupe; Et elle croisait ses jambes devant elle, Un des pieds menus pointant vers le ciel Il dut le frôler, ce pied, pour passer Et il dut la voir. Il vit son poignet qui donnait envie D'être à coté d'elle dans les farandoles Où l'on est tiré, où il faut qu'on tire Plus qu'on n'oserait… Et il vit la ligne de ses épaules Qui donnait envie de l'envelopper Dans un tendre châle Mais le désir lui vint de regarder sa bouche Et ce fut le départ de tout. Mais le besoin lui vint de rencontrer ses yeux Et ce fut la cause de tout. Charles Vildrac. "Livre d'amour" **** Vaine, vanité des vanités... Vaine. Toute chose sur terre est éphémère. Mille quatre cents vaisseaux Et douze mille juments Portent d'un temps à un autre Mon nom enluminé d'or... J'ai vécu comme nul poète n'a vécu, Sage et roi... J'ai vieilli, je suis las des honneurs. Rien ne me manque. Est-ce pourquoi Mon souci grandit Chaque fois que croît ma sagesse ? Et qu'est Jérusalem, qu'est le trône ? Rien ne demeure pareil. Et il est un temps pour naître. Un temps pour mourir. Un temps pour le silence. Un temps pour la parole. Un temps pour la guerre. Un temps pour la paix. Et un temps pour le temps. Rien ne demeure pareil. Tout fleuve sera bu par la mer, Et la mer n'est pas pleine. Rien ne demeure pareil. Tout vivant marche vers la mort, Et la mort n'est pas pleine. Seul restera mon nom enluminé d'or "Salomon était..." Que feront alors les morts de leurs noms ? Qui de l'or Ou du Chant des chants Et de l'Ecclésiaste Illuminera ma vaste obscurité ? Mahmoud Darwich, Murale, Actes sud, 2003.
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Epsilon |
Date du message : aout 6, 2008 01:41 |
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Tu me manques mais maintenant Pas plus que ceux que je ne connais pas Je les invente criblant de tes faces La terre qui fut riche en mondes Quand chaque roi guidait une île) A l’estime de ses biens (cendre d' Oiseaux, manganèse et salamandre) Et que des naufragés fédéraient les bords) Maintenant tu me manques mais Comme ceux que je ne connais pas Dont j’imagine avec ton visage l’impatience J’ai jeté tes dents aux rêveries Je t’ai traité par-dessus l’épaule (Il y a des vestales qui reconduisent au Pacifique Son eau fume C’est après le départ des fidèles L’océan bave comme un mongol aux oreillers du lit Charogne en boule et poils au caniveau de sel Un éléphant blasphème Poséidon) Tu ne me manques pas plus que ceux Que je ne connais pas maintenant Orphique tu l’es devenu J’ai jeté Ton absence démembrée en plusieurs vals Tu m’as changé en hôte Je sais Ou j’invente Michel Deguy **** extrait de Tombeau de du Bellay, 1973 QUI QUOI II y a longtemps que tu n'existes pas Visage quelquefois célèbre et suffisant Comment je t'aime Je ne sais Depuis longtemps Je t'aime avec indifférence Je t'aime à haine Par omission par murmure par lâcheté Avec obstination Contre toute vraisemblance __________Je t'aime en te perdant pour perdre Ce moi qui refuse d'être des nôtres entraîné De poupe (ce balcon chantourné sur le sel) Ex-qui de dos traîné entre deux eaux __________Maintenant quoi __________Bouche punie Bouche punie cœur arpentant l'orbite Une question à tout frayant en vain le tiers Michel Deguy
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Epsilon |
Date du message : aout 7, 2008 03:41 |
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CAGE D'OISEAU Je suis une cage d'oiseau Une cage d'os Avec un oiseau L'oiseau dans sa cage d'os C'est la mort qui fait son nid Lorsque rien n'arrive On entend froisser ses ailes Et quand on a ri beaucoup Si l'on cesse tout à coup On l'entend qui roucoule Au fond Comme un grelot C'est un oiseau tenu captif La mort dans ma cage d'os Voudrait-il pas s'envoler Est-ce vous qui le retiendrez Est-ce moi Qu'est-ce que c'est Il ne pourra s'en aller Qu'après avoir tout mangé Mon coeur La source du sang Avec la vie dedans Il aura mon âme au bec. Regards et jeux dans l'espace (1937) Hector de Saint-Denys Garneau [Poète québécois : 1912-1943] **** L'HOMME RAPAILLÉ (...) tu es mon amour ma clameur mon bramement tu es mon amour ma ceinture fléchée d'univers ma danse carrée des quatre coins d'horizon le rouet des échevaux de mon espoir tu es ma réconciliation batailleuse mon murmure de jours à mes cils d'abeille mon eau bleue de fenêtre dans les hauts vols de buildings mon amour de fontaines de haies de ronds-points de fleurs tu es ma chance ouverte et mon encerclement à cause de toi mon courage est un sapin toujours vert et j'ai du chiendent d'achigan plein l'âme tu es belle de tout l'avenir épargné d'une frêle beauté soleilleuse contre l'ombre ouvre-moi tes bras que j'entre au port et mon corps d'amoureux viendra rouler sur les talus du mont Royal orignal, quand tu brames orignal coule-moidans ta palinte osseuse fais-moi passer tout cabré tout empanaché dans ton appel et ta détermination (...) Gaston Miron
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Epsilon |
Date du message : aout 8, 2008 01:30 |
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Poème à mon père Mon père tu dors en lit de semences sur l’eau de tes yeux Les larmes, de ma mère descendent jusqu’à toi à travers le sol spongieux, aux bras des graminées – sur ton ventre poussent la campanule et l’oseille. On m’a écrit « il s’en est allé d’urémie au mois d’août, on lui avait amputé l’orteil il est mort dix jours après t’appelant tant qu’il a pu parler » Oh mon père ne sais-tu pas que ton front est la bouée de silence près de laquelle le fils prodigue qui est comme un voilier revient à l’heure où tes mains se joignent pour le dernier croisement des mains ? Tu t’en es allé avec ta misère et ton veston brun troué aux coudes. La lettre de ma mère est datée du 31 octobre quarante et un « Nous l’avons enterré à Saint-Jean dans le terrain de nôtre petite Odile, aujourd’hui nous lui portons une croix neuve que nous avons fait faire pour lui. » Tu es étendu de ton long sous la terre de mon pays ; elle est lourde de tourterelles vers ton cou – les poches sont pleines de pépins Ta as les pieds nus comme les mendiants qui venaient chercher le pain que ma mère leur gardait au fond d’un vieux buffet luisant et qui psalmodiaient leur remerciement d’une voix douce et peureuse en se courbant. Mes frères parfois s’arrêtent, mes soeurs font couler de leurs cheveux du soleil à l’endroit de la terre où elles pensent qu’est ton visage terreux La route devant serpente avec sa plainte d’essieux L’église est proche, on entend grommeler le sacristain contre les pigeons qui fientent sur le parvis. Oh mon père, j’habite en contrée lointaine, je ne suis pas là lorsque fleurit l’aloès dont tu aimais les fleurs et qu’ils te portent pour ta fête. Nous allions dans les jardins, tu m’apprenais le secret des boutures et des greffes, et comment la rose naît, et comment le fruit mûr du manguier pèse de son parfum sur les branches de la Croix du Sud. Tu savais tout des plantes et des hommes. Ton paletot de toile se gonflait, aux souffles rudes qui jettent les foules aux barricades les soirs d’émeute – et les fouets où qu’ils claquaient laissaient sur tes épaules ce fin liseré rouge où j’ai appris la Liberté. Tu as coulé ta vie entre les humbles comme une rivière coule entre les roseaux humble toi-même mon père avec tes souliers qui faisaient eau, bafoué, bafoué et croyant à la justice sous ton chapeau moisi et tes pauvres chemises. – Tu es mort. Je me trompe quand je dis que tu dors : tu as les yeux grands ouverts Ma mère est une forme blanche qui va à tâtons sur la terre Vous vivez avec nous. La nuit ta tombe arbore une voile carrée, très pâle sous la lune du tropique, et roule entre les caveaux chaulés La grille grince comme une écluse, tu as des feux de position verts et bleus à tes doigts Jésus-Christ est ce phare tranquille sur les grands bois. Tu croises à fleur de racines partout où le traqué lutte et prie Tu dérades jusqu’à la maison à l’heure de la soupe et du pain gris qu’on partage avec toi en pleurant. Ta viens jusqu’à moi aux jours de grand vent, tu accroches une ancre aux maïs Ta main frôle ma main lorsque je touche l’écorce fraternelle d’un bouleau et je fais tressauter ta tête de lumière aux cahots des chars de liberté. Loys MASSON, Délivrez-nous du mal, Seuil. (Voir post nos plus beaux poèmes d'amour)
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Epsilon |
Date du message : aout 9, 2008 01:34 |
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JEUX MAIS MERVEILLES Persiennes vous êtes côtes De crucifié sur la mer. Fenêtres on compte les côtes Entre vos bras de terre ouverts. Zèbres du soleil et des vagues Zèbres bousculez au plafond Les revenants d'angles et d'algues En l'eau du plafond profond. Faux marbre fou d'ambre d'ombre Des vagues et du soleil Tatouant toute la chambre Ou débouche mon sommeil. Jean Cocteau. Recueil.Opéra ***** LES ALLIANCES Ce sont les anges qui préparent Les boules bleues de la lessive, Aussi les blanchisseuses lavent A genoux dans le lavoir. Puis tordent les ailes de linge Puis suspendent partout des anges. Comme l'ange et comme Jacob, Femmes et anges se battent, Se tirent les cheveux, les robes, A pleines mains, à quatre pattes. Le lavoir est un lieu cruel ; Parfois on se démet la hanche. Mais toujours reviennent les anges Apporter les boules de ciel. Batteuses d'anges, de tapis, Prenez garde à vos alliances ! Car les anges sans surveillance Sont pis encore que des pies. Jean COCTEAU, Opéra (1925-1927) ***** Notre entrelacs d'amour à des lettres ressemble, Sur un arbre se mélangeant ; Et, sur ce lit, nos corps s'entortillent ensemble, Comme à ton nom le nom de Jean. Croiriez-vous point, ô mer, reconnaître votre oeuvre, Et les monstres de vos haras, Si vous sentiez bouger cette amoureuse pieuvre Faite de jambes et de bras. Mais le noeud dénoué ne laisse que du vide ; Et tu prends le cheval aux crins, Le cheval du sommeil, qui, d'un sabot rapide, Te dépose aux bords que je crains. Jean COCTEAU, Plain-chant (1923) *****
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Epsilon |
Date du message : aout 10, 2008 01:54 |
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Et moi qui m'étais cru poète, je ne savais pas trouver les mots pour appeler le soleil. Je lui disais : Soleil ! sors de ton trou, casse le couvercle, frappe les brouillards, mange la nuit, dissous le noir, montre-toi, montre-nous le monde, montre-nous au monde, parle, Soleil, sors de ton trou, parle, montre que tu es, montre qui tu es ! C'était trop maladroit. Je jetais du bois au feu et j'essayais un autre ton. Sors donc de là, si tu peux ! Montre-toi, si tu l'oses ! Mais tu as bien trop peur de l'ombre, tu crèves de peur dans ton trou, petit trou toi-même, petite absence ronde! Je n'avais pas plus de succès. Après avoir donné au feu quelques planches d'une vieille armoire, je reprenais: Viens, Soleil, la table est servie pour toi. Tous les arbres, toutes les herbes, toudes les bêtes et tous les hommes, toutes les mers et tous les fleuves attendent que tu viennes les saisir de tes bras brûlants, les élever jusqu'à ta gueule, dévorante bouche du ciel ; viens boire et manger, la table est servie de l'Est à l'Ouest. C'était aussi peu efficace. Bientôt, il n'y eut plus rien à brûler dans la salle. J'allai chercher la literie qui était dans la soupente et la donnai peu à peu aux flammes. Soleil, toi le plus vieux, toi le plus jeune, toi le plus sage et le plus fou, toi qui n'es jamais diminué, jamais partagé, toujours seul, et pourtant contenu tout entier dans chaque oeil vivant, toi le plus grand qui peux emplir l'espace, toi le plus petit, qui passes par le trou d'une aiguille, toi le plus libre, que rien n'atteint, mais aussi le plus enchaîné à la loi, toi qui ne peux pas ne pas te lever tout à l'heure René Daumal
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Epsilon |
Date du message : aout 11, 2008 01:42 |
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SEINS Seins riches seins printaniers Rudes seins de femme Portemanteaux à deux têtes Qui allez toujours tout seuls devant Les hommes ont eu la première idée du droit en vous regardant Mais depuis longtemps les hommes d'Europe ont peur de vous O seins Précurseurs Droituriers Nous vous rendons la liberté Nous les hommes d'aujourd'hui O seins pleins d'honnêteté Sains Seins O coussins O mes saints Pierre Albert-Birot (1879 - 1967) Peintre, sculpteur, imprimeur, romancier, dramaturge, poète. **** COUCHER AVEC ELLE Coucher avec elle Pour le sommeil côte à côte Pour les rêves parallèles Pour la double respiration Coucher avec elle Pour l'ombre unique et surprenante Pour la même chaleur Pour la même solitude Coucher avec elle Pour l'aurore partagée Pour le minuit identique Pour les mêmes fantômes Coucher avec elle Pour l'amour absolu Pour le vice pour le vice Pour les baisers de toute espèces Coucher avec elle Pour un naufrage ineffable Pour se prostituer l'un à l'autre Pour se confondre Coucher avec elle Pour se prouver et prouver vraiment Que jamais n'a pesé sur l'âme et le corps des amants Le mensonge d'une tache originelle. 1942 ROBERT DESNOS (Voir post cent mille milliards de poèmes)
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Epsilon |
Date du message : aout 12, 2008 01:21 |
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DÉPOSE ICI ET MAINTENANT Dépose ici et maintenant la tombe que tu portes et donne à ta vie une autre chance de restaurer le récit. Toutes les amours ne sont pas trépas, ni la terre, migration chronique. Une occasion pourrait se présenter, tu oublieras la brûlure du miel ancien. Tu pourrais, sans le savoir, être amoureux d’une jeune fille qui t’aime ou ne t’aime pas, sans savoir pourquoi elle t’aime ou ne t’aime pas. Adossé à un escalier, tu pourrais te sentir un autre dans les dualités. Sors donc de ton moi vers un autre toi, de tes visions vers tes pas, et élève ton pont car le non-lieu est le piège et les moustiques sur la haie irritent ton dos, qui pourraient te rappeler la vie ! Vis, que la vie t’entraîne à la vie, pense un peu moins aux femmes et dépose ici et maintenant la tombe que tu portes ! - - - - - - POUR NOTRE PATRIE Pour notre patrie, proche de la parole divine, un toit de nuages. Pour notre patrie, distante des attributs du nom, une carte de l’absence. Pour notre patrie, petite comme un grain de sésame, un horizon céleste … et un abîme caché. Pour notre patrie, pauvre comme les ailes de la grouse, des Livres saints … et une blessure à l’identité. Pour notre patrie, aux collines assiégées déchiquetées, les embuscades du passé nouveau. Pour notre patrie, butin de guerre, le droit de mourir consumée d’amour. Pierre précieuse dans sa nuit sanglante, notre patrie resplendit au loin, au loin, elle illumine alentour … mais nous, en elle, nous étouffons chaque jour davantage ! - - - - - - À JÉRUSALEM À Jérusalem, je veux dire à l’intérieur des vieux remparts, je marche d’un temps vers un autre sans un souvenir qui m’oriente. Les prophètes là-bas se partagent l’histoire du sacré … Ils montent aux cieux et reviennent moins abattus et moins tristes, car l’amour et la paix sont saints et ils viendront à la ville. Je descends une pente, marmonnant : Comment les conteurs en s’accordent-ils pas sur les paroles de la lumière dans une pierre ? Les guerres partent-elles d’une pierre enfouie ? Je marche dans mon sommeil. Yeux grands ouverts dans mon songe, je ne vois personne derrière moi. Personne devant. Toute cette lumière m’appartient. Je marche. Je m’allège, vole et me transfigure. Les mots poussent comme l’herbe dans la bouche prophétique d’Isaïe : "Croyez pour être sauvés." Je marche comme si j’étais un autre que moi. Ma plaie est une rose blanche, évangélique. Mes mains sont pareilles à deux colombes sur la croix qui tournoient dans le ciel et portent la terre. Je ne marche pas. Je vole et me transfigure. Pas de lieu, pas de temps. Qui suis-je donc ? Je ne suis pas moi en ce lieu de l’Ascension. Mais je me dis : Seul le prophète Muhammad parlait l’arabe littéraire. "Et après ?" Après ? Une soldate me crie soudain : Encore toi ? Ne t’ai-je pas tué ? Je dis : Tu m’as tué … mais, comme toi, j'ai oublié de mourir. MAHMOUD DARWICH.(Petit hommage au grand poète disparu, voir post plus bas)
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Epsilon |
Date du message : aout 13, 2008 00:52 |
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Apothéose Ô rêve éblouissant (où ma mort se pressent!) J'ai vu la chapelle, Toute d'ivoire et d'or, douloureuse d'essor, Gigantesque et frêle! Aux délicats festons brodant les clochetons, Aux roses fleuries, Aux arcades à jour, partout, brûlaient d'amour Mille pierreries! Et partout aux vitraux ruisselants, des joyaux : Ors, saphirs, topazes, Émeraudes, rubis, palpitaient éblouis D'uniques extases ! Et parmi tous ces feux, jaunes, verts, rouges, bleus, - Morne apothéose, - J'ai reconnu, pareil à l'ostensoir vermeil Que le prêtre impose, Mon Cœur énorme et lourd qui ruisselait d'amour Au fond d'une châsse, Mon Cœur gonflé, sanglant, noir, meurtri, pantelant, Mais toujours vivace! Autour de ce Trésor, tout flambait en essor! Et les mille ogives Voulaient jaillir plus haut, vers mon cœur chaste et chaud, Boire aux sources vives ! Et l'or, les feux, l'encens, les cierges pâlissant, Les Cloches en fête, L'orgue éperdu tremblant ses appels, ou roulant Comme une tempête, Tout délirait en chœur, vers mon si morne cœur, Mon Cœur égoïste : Alléluia! Noël ! - et c'était éternel!, Solennel et triste! Jules LAFORGUE *** Liberté Prenez du soleil Dans le creux des mains, Un peu de soleil Et partez au loin! Partez dans le vent, Suivez votre rêve; Partez à l'instant, la jeunesse est brève ! Il est des chemins Inconnus des hommes, Il est des chemins Si aériens ! Ne regrettez pas Ce que vous quittez. Regardez, là-bas, L'horizon briller. Loin, toujours plus loin, Partez en chantant ! Le monde appartient A ceux qui n'ont rien. MAURICE CARÊME
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-grimalkin- |
Date du message : aout 13, 2008 04:50 |
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tu nous facilites la tâche, Epsilon...Plus besoin de chercher... chers lecteurs,faites comme moi un dossier. Et vous aurez à portée de lecture, vos poèmes favoris.
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Epsilon |
Date du message : aout 14, 2008 07:20 |
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Le Galet tatoué Ta présence Eut anéanti le poème? Le monde a-t-il tellement besoin de poèmes? N'a-t-il pas besoin d'hommes heureux D'un bonheur silencieux furibond sans axe? De tes lèvres à mes lèvres Le poème ne serait qu'un paraphe Sans postérité sur l'espace fantastique Le temps émerveillé La mort vaincue Toi et moi devenus vie Serions création continue Nul besoin de trace. Corpoème, qu'en ferions-nous? JEAN SENAC. Athènes et Jérusalem Conjuguées (Conjurées) ...... Et maintenant nous chanterons l’amour Car il n’y a pas de Révolution sans Amour, Il n’y a pas de matin sans sourire. La beauté sur nos lèvres est un fruit continu. Elle a ce goût précis des oursins que l’on cueille à l’aube Et qu’on déguste alors que l’Oursin d’Or s’arrache aux brumes et sur les vagues module son chant. Car tout est chant- hormis la mort ! Je t’aime ! Il faut chanter, Révolution, le corps sans fin renouvelé de la Femme, La main de l’Ami, Le galbe comme une écriture sur l’espace De toutes ces passantes et de tous ces passants Qui donnent à notre marche sa vraie lumière, A notre cœur son élan. Ô vous tous qui constituez la beauté sereine ou violente, Corps purs dans l’alchimie inlassable de la Révolution, Regards incorruptibles, baisers, désirs dans les tâtonnements de notre lutte, Points d’appui, points réels pour ponctuer notre espérance, Ô vous, frères, citoyens de beauté, entrez dans le Poème Jean SENAC .Citoyens de beauté ....; Né le 29 novembre 1926 à Beni Saf (Oranie) dans une famille ouvrière d'origine espagnole. Dès sa quinzième année, il publie des poèmes dans Oran-Républicain. II découvre les oeuvres de Camus, Eluard, Char, qui le marqueront. Après 1954, il rejoint le F.L.N. Rupture publique avec Camus en 1956. A Alger, en 1962. En 1963, secrétaire de l'Union des écrivains algériens. Jean Sénac fait énormément pour aider les jeunes poètes à faire entendre leur voix: émissions poétiques, récitals, anthologie. Assassiné chez lui à la fin du mois d'août 1973, il est enterré près d'Alger à Aïn Benian. Jamel-Eddine Bencheikh dira de lui qu'il était « l'homme-poète », non pas « maître à penser » mais « maître à aimer " .
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Epsilon |
Date du message : aout 16, 2008 00:32 |
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Deux très beaux poèmes de Jean Lahor (1840-1909)qui donnent vraiment envie de le découvrir ce poète? Vie divine Aime, ainsi que la mer, la mer dressant ses vagues Comme des seins tendus aux baisers du soleil, Et de ses cris d’amour, de ses longs soupirs vagues, Gémissante, emplissant tout l’espace vermeil ; Comme ces larges nuits qui cachent sous leurs voiles La palpitation d’un coeur illimité, Aime, et fais de ton coeur un grand ciel plein d’étoiles. D’où s’épanchent la paix sereine et la clarté ! Désire, aime sans fin, souffre, brûle, aime encore. De rêves sans limite enivre-toi toujours ; Avant le soir funèbre, abreuve-toi d’aurore, Ouvre toute ton âme à d’immenses amours. Alors verse tes chants aux sombres multitudes, À tous ceux qu’ont rendus stériles les douleurs, Comme ces vents qui font germer les solitudes Et, tièdes et féconds, trembler l’âme des fleurs. Aime et vis, comme un Dieu sur terre voudrait vivre, Penche-toi vers tous ceux que tu verras souffrir, Et de lumière et d’art, de rêves toujours ivre, Incendié d’amour, ne crains plus de mourir ! Jean LAHOR, L'Illusion. **** Le poème Le soleil est ma chair, le soleil est mon coeur, Le coeur du ciel, mon coeur saignant qui vous fait vivre, Le soleil, vase d'or, où fume la liqueur De mon sang, est la coupe où la terre s'enivre. Les astres sont mes yeux, mes yeux toujours ouverts, Toujours dardant sur vous leurs brûlantes prunelles, Et mes grands yeux aimants versent sur l'univers, Sur vos amours sans fin, leurs clartés éternelles. Les vents sont mes soupirs, les vents sont mes baisers, Je suis le souffle, l'air, et vous êtes la flamme, Et vous êtes pareils aux charbons embrasés, Quand, l'été, mes soupirs ont passé sur votre âme. Les fleurs sont mes désirs, les fleurs de toutes parts Tendent vers vous leurs longs regards pleins de délices, Les fleurs sont mes désirs, les fleurs sont mes regards, Et vous buvez mon rêve au fond de leurs calices. Je suis l'amour, l'amour, qui soulève les flots, Et trouble et fait vibrer les océans immenses, Et la chaleur, par qui les germes sont éclos, Et le printemps, qui fait fécondes les semences. Je suis dans tout, je suis la fraîcheur de la nuit, Et je suis dans l'éther la lune qui vous aime, Et l'ouragan aussi, l'éclair brûlant qui luit, Car la création entière est mon poème, Est un poème étrange où se mêlent des pleurs, Et dont vous, ô mortels, vous êtes les pensées, Ô vous qui partagez ma joie et mes douleurs, Et l'ennui des éternités déjà passées. JEAN LAHOR
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Epsilon |
Date du message : aout 17, 2008 02:33 |
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TOUT DOIT ÊTRE RÉINVENTÉ Si en exécutant cet acte simple : humer la chevelure de l’aimée on ne risque pas sa vie on n’engage pas son destin du dernier atome de son sang et de l’astre le plus lointain si dans ce fragment de seconde où l’on exécute n’importe quoi sur le corps de l’aimée ne se résolvent pas dans leur totalité nos interrogations, nos inquiétudes et nos aspirations les plus contradictoires alors l’amour est en effet ainsi que le disent les porcs une opération digestive de propagation de l’espèce Pour moi les yeux de l’aimée sont tout aussi graves et voilés que n’importe quel astre et c’est en des années-lumière qu’on devrait mesurer les radiations de son regard On dirait que la relation de causalité entre les marées et les phases de la lune est moins étrange que cet échange de regards (d’éclairs) où se donnent rendez-vous comme dans un bain cosmique mon destin et celui de l’univers tout entier Si j’avance ma main vers le sein de l’aimée je ne suis pas étonné de le voir soudain couvert de fleurs ou que tout à coup il fasse nuit et qu’on m’apporte une lettre cachetée sous mille enveloppes Dans ces régions inexplorées que nous offrent continuellement l’aimée l’aimée, le miroir, le rideau la chaise j’efface avec volupté l’œil qui a déjà vu les lèvres qui ont déjà embrassé et le cerveau qui a déjà pensé telles des allumettes qui ne servent qu’une seule fois Tout doit être réinventé Ghérasim Luca, L’Inventeur de l’amour, José Corti, 1994, ***** Toujours pas de post sur l'immense poète qu'était Saint-John Perse, peut être que je ne me sens pas de taille à l'affronter ce bonhomme? Saint-John Perse « Mes dents sont pures sous ta langue. Tu pèses sur mon cœur et gouverne mes membres. Maître du lit, ô mon amour, comme le Maître du Navire. Douce la barre à la pression du Maître, douce la vague en sa puissance. Et c’est une autre, en moi, qui geint avec le gréement…Une même vague par le monde, une même vague jusqu’à nous, au très lointain du monde et de son âge…Et tant de houle, et de partout qui monte et fraye jusqu’à nous… [...] « Tu es là, mon amour et je n’ai lieu qu’en toi. J’élèverai vers toi la source de mon être, et j’ouvrirai ma nuit de femme, plus claire que ta nuit d’homme ; et la grandeur de moi t’enseignera peut-être la grâce d’être aimé. Licence alors aux jeux du corps ! offrande, offrande, et faveur d’être ! la nuit t’ouvre une femme : son corps, ses havres, son rivage ; et sa nuit antérieure où gît toute mémoire. L’amour en fasse son repaire ! « … Etroite ma tête entre tes mains, étroit mon front cerclé de fer. Et mon visage à consommer comme fruit d’outre-mer : la mangue ovale et jaune, rose feu, que les coureurs d’Asie sur les dalles d’empire déposent un soir, avant minuit, au pied du Trône taciturne… Ta langue est dans ma bouche comme sauvagerie de mer, le goût de cuivre est dans ma bouche. Et notre nourriture dans la nuit n’est point nourriture de ténèbres, ni notre breuvage, dans la nuit, n’est boisson de citerne. « Tu resserreras l’étreinte de tes mains à mes poignets d’amante, et mes poignets seront, entre tes mains, comme poignets d’athlète sous leur bande de cuir. Tu porteras mes bras noués au-delà de mon front ; et nous joindrons aussi nos fronts, comme pour l’accomplissement ensemble de grandes choses sur l’arène, de grandes choses en vue de mer, et je serai moi même ta foule sur l’arène…. [...] « Le faucon du désir tire sur ses liens de cuir. L’amour aux sourcils joints se courbe sur sa proie. « Submersion ! Soumission ! Que le plaisir sacré t’inonde, sa demeure ! Et la jubilation très forte est dans la chair et de la chair dans l’âme est l’aiguillon. "Amers" (Voir post "Nos plus beaux poèmes d'amour")
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Epsilon |
Date du message : aout 18, 2008 10:47 |
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RAINETTE DU NOIR Le soir descend, ne tends pas les bras. N'ouvre pas les mains si l'ombre qui sort des pierres remonte jusqu'à ta gorge. Laisse cette peur te gagner : elle est venue de trop loin pour prendre ta place. Ton coeur né avant toi, tu as grandi sans lui et il continue à t'attendre sur le seuil. Tu auras fait le tour de la maison sans qu'il te voit. Sa peine épouse la nuit et se mire dans les jours, frappe les murs avec sa fleur close, écoutée de la nuit qui ouvre et ferme le ciel au fond de tes yeux. Marche dans le vent étiré d'oliviers. La terre n'entend que des pas, le cour n'entend que la terre, il a grandi sans marcher, il a vieilli sans te trouver, chacune de tes larmes aura coulé pour le voir. C'est un peu de ton espoir, ce que les années en ont perdu. On dirait ton ombre et qu'elle cherche à se mettre debout. N'appelle personne. Ton coeur ce n'est pas toi, c'est un enfant qui se tourmente avec la crainte de tomber. Quand le jour t'aura chassé de tes yeux. ****** L'OISEAU SANS AILES La lumière se réfléchit dans ses yeux, mais il n'est pas encore jour. Tu t'es levé trop tôt ; et te voilà. Ta rue, le matin, ta maison et toi ; mais ce n'était pas ton regard si cette ville qu'il a tirée du brouillard ne t'a pas recouvert. Douze cloches d'argent ont sonné sur les eaux pour le cheval de feuilles et l'oiseau prie-misère et l'aiguille de nier, douze cloches de fer sonneront aux écluses pour faire place au jour plein de feuilles cueillies, sonnent pour défleurir sa pâleur de gisant aux paupières scellées .Les convois aux péniches de jour, ont dormi sous la neige. Il ne passerait que des heures, avec leurs boutons d'or, leurs épines de mai et Rose-au-loin, la fille rose qui t'effaçait pour t'apparaître. Cueille la fleur qu'on ne voit pas, la plus fidèle qu'une étoile. Emporte-la sans être vu. L'oiseau-cerise est de retour, cheval volant, souliers de terre. ***** CLAIRIÈRE Il bouge un miroir où s'ouvre des paupières c'est l'absence sur l'eau de ton visage la ballade de ton sourire où l'aube t'envoie née du tremblement d'une étoile qui mourut de revoir le jour Ton corps se voit dans le noir moins d'ombre est dans la nuit que dans mes yeux où tu te lèves toi de mon nom où tu te caches toi de ta voix tout ce qu'on a su de ton coeur et plus vivante pour le soleil que pour les jours Eclair ou se poursuit la route du matin c'est l'hirondelle, elle est blanche Noir passant qu'en sais-tu Si son ombre l'attache à la rose des neiges Où jamais l'amour ne se pose depuis qu'il a vu naître et en mourir l'amour Joë BOUSQUET La connaissance du soir, Poésie/Gallimard (146), 1945 ( Voir post Jöe Bousquet ou traduit du silence)
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