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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
février 28, 2009 06:11
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Merci Marie-Elisabeth,mais Hugo avait fait un peu la même chose avec LES DJINNS.
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Les Djinns
Murs, ville, Et port, Asile De mort, Mer grise Où brise La brise, Tout dort.
Dans la plaine Naît un bruit. C'est l'haleine De la nuit. Elle brame Comme une âme Qu'une flamme Toujours suit !
La voix plus haute Semble un grelot. D'un nain qui saute C'est le galop. Il fuit, s'élance, Puis en cadence Sur un pied danse Au bout d'un flot.
La rumeur approche. L'écho la redit. C'est comme la cloche D'un couvent maudit ; Comme un bruit de foule, Qui tonne et qui roule, Et tantôt s'écroule, Et tantôt grandit,
Dieu ! la voix sépulcrale Des Djinns !... Quel bruit ils font ! Fuyons sous la spirale De l'escalier profond. Déjà s'éteint ma lampe, Et l'ombre de la rampe, Qui le long du mur rampe, Monte jusqu'au plafond.
C'est l'essaim des Djinns qui passe, Et tourbillonne en sifflant ! Les ifs, que leur vol fracasse, Craquent comme un pin brûlant. Leur troupeau, lourd et rapide, Volant dans l'espace vide, Semble un nuage livide Qui porte un éclair au flanc.
Ils sont tout près ! - Tenons fermée Cette salle, où nous les narguons. Quel bruit dehors ! Hideuse armée De vampires et de dragons ! La poutre du toit descellée Ploie ainsi qu'une herbe mouillée, Et la vieille porte rouillée Tremble, à déraciner ses gonds !
Cris de l'enfer! voix qui hurle et qui pleure ! L'horrible essaim, poussé par l'aquilon, Sans doute, ô ciel ! s'abat sur ma demeure. Le mur fléchit sous le noir bataillon. La maison crie et chancelle penchée, Et l'on dirait que, du sol arrachée, Ainsi qu'il chasse une feuille séchée, Le vent la roule avec leur tourbillon !
Prophète ! si ta main me sauve De ces impurs démons des soirs, J'irai prosterner mon front chauve Devant tes sacrés encensoirs ! Fais que sur ces portes fidèles Meure leur souffle d'étincelles, Et qu'en vain l'ongle de leurs ailes Grince et crie à ces vitraux noirs !
Ils sont passés ! - Leur cohorte S'envole, et fuit, et leurs pieds Cessent de battre ma porte De leurs coups multipliés. L'air est plein d'un bruit de chaînes, Et dans les forêts prochaines Frissonnent tous les grands chênes, Sous leur vol de feu pliés !
De leurs ailes lointaines Le battement décroît, Si confus dans les plaines, Si faible, que l'on croit Ouïr la sauterelle Crier d'une voix grêle, Ou pétiller la grêle Sur le plomb d'un vieux toit.
D'étranges syllabes Nous viennent encor ; Ainsi, des arabes Quand sonne le cor, Un chant sur la grève Par instants s'élève, Et l'enfant qui rêve Fait des rêves d'or.
Les Djinns funèbres, Fils du trépas, Dans les ténèbres Pressent leurs pas ; Leur essaim gronde : Ainsi, profonde, Murmure une onde Qu'on ne voit pas.
Ce bruit vague Qui s'endort, C'est la vague Sur le bord ; C'est la plainte, Presque éteinte, D'une sainte Pour un mort.
On doute La nuit... J'écoute : - Tout fuit, Tout passe L'espace Efface Le bruit.
Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les orientales)
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
février 28, 2009 09:10
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En effet, dans un poème de Charles-François Panard, "Le flacon" j'avais essayé de reproduire ce même objet, j'ai échoué.. il n'aurait pas tenu sur son pied.. De même pour "Le verre" du même auteur.. il ne ressemblait ni à un ballon ni à une coupe, les lèvres sur la coupe n'auraient pu. tenir , ou bien la coupe aux lèvres n'aurait pu contenir..
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
mars 2, 2009 06:23
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Le coquillage
Peut-être te suis-je inutile, Nuit; de l’abîme universel Je suis sur ta rive jeté Comme un coquillage sans perle
Ta vague indifférente bat, Et tu chantes, inconciliable; Mais tu aimeras, tu apprécieras Le mensonge de l’inutile coquillage.
Tu vas revêtir ta chasuble, T’étendre sur le sable auprès de lui, Y nouer avec des liens indissolubles La cloche énorme des roulis.
Et les parois du frêle coquillage, Tu vas les emplir d’un murmure d’écume, Comme la maison d’un coeur inhabité, Et de vent, et de pluie, et de brume.
Ossip Mandelstam, traduction François Kérel
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
mars 2, 2009 09:19
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Méditation grisâtre.
Sous le ciel pluvieux noyé de brumes sales, Devant l'Océan blême, assis sur un îlot, Seul, loin de tout, je songe au clapotis du flot, Dans le concert hurlant des mourantes rafales.
Crinière échevelée ainsi que des cavales, Les vagues, se tordant, arrivent au galop, Et croulent à mes pieds avec de longs sanglots Qu'emporte la tourmente aux haleines brutales.
Partout le grand ciel , le brouillard et la mer, Rien que l'affolement des vents balayant l'air. Plus d'heures, plus d'humains, et solitaire, morne,
Je reste là, perdu dans l'horizon lointain Et songe que l'espace est sans borne, sans borne, Et que le temps n'aura jamais.. jamais de fin.
Jules Laforgue (1860-1887) "Premiers poèmes".
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
mars 5, 2009 05:43
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A la mort et à la mer.
Silencieuse mort de qui je ne sais rien, Tant tu sembles lointaines et couverte de brumes, Et toi, mer en courroux, mugissante d'écumes, Qui tant de fois portas ma personne et mon bien,
Si j'invoque aujourd'hui votre double indulgence, Ce n'est pas que je craigne en mon coeur inégal Un destin que j'ignore et le terme fatal Qui du séjour d'enfer m'ouvrira l'apparence;
Mais je voudrais revoir, avant que d'y venir, Mes amis, ma maison et mon bleu Walespir, Et respirer encor la douceur des Albères!
Il est dur de mourir parmi les étrangers; Et qui ne braverait la mer et ses dangers Pour retourner dormir au tombeau de ses pères?
Pierre Camo "Le Livre des regrets" Souvent des liens mystèrieux et angoissants unissent le thème de la mer et de la mort Pierre Camo renouvelle dans ce poème la perspective, de ce lien, ,avec une sobre émotion.. Pour lui c'est comme le chant de l'éxilé, qui sent la mort proche et la terre lointaine.. Revoir une dernière fois.. ce poème me suggère une chanson de Claude Barzotti.. " Là où j'irai"
J'imagine un jardin au pied de la montagne Mon oncle et mes cousins s'enivrent de spumante Ils m'attendent en chantant, en frappant dans les mains Et Paolo content de me revoir enfin
J'imagine un secret donné comme un cadeau Un sourire échangé par-dessus le piano Et des générations de chanteurs de fortune Qui chantent à l'unisson pour un morceau de lune
Là où j'irai, à l'ombre des rochers du Monte Nerone Là où j'irai, sur la Terre où repose le père de mon père Là où j'irai, il y aura des olives et du vin d'Italie D'la musique et des filles, des yeux d'enfant qui brillent
Là où j'irai dormir je sais bien comment c'est Là où j'irai dormir, quand je m'endormirai, là où j'irai dormir
J'imagine une fête pleine de mandolines Qui jamais ne s'arrêtent où dansent mes cousines Mes amis, mes voisins reviendront de partout Comme si tous nos chemins nous ramenaient chez nous
Là où j'irai dormir, dorment déjà les miens Je veux y revenir comme un fils qui revient Je veux dormir chez moi fier comme un italien Dormir à CAI'SERRA, au pied de mon jardin
Là où j'irai, à l'ombre des rochers du Monte Nerone Là où j'irai, sur la Terre où repose le père de mon père Là où j'irai, il y aura des olives et du vin d'Italie D'la musique et des filles, des yeux d'enfant qui brillent
Là où j'irai dormir je sais bien comment c'est Là où j'irai dormir, quand je m'endormirai, là où j'irai dormir Je sais bien comment c'est Là où j'irai dormir, quand je m'endormirai, là où j'irai dormir
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
mars 5, 2009 06:40
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très beau poète, Marie-Elisabeth mélancolique, juste comme il faut...j'aime !
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
mars 17, 2009 13:06
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oh! combien de marins, combien de capitaines Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines Dans ce morne horizon se sont évanouis!... Victor hugo. La fin.
Eh bien, tous ces marins, matelots, capitaines, Dans leur grand Océan à jamais engloutis... Partis insoucieux pour leurs courses lointaines Sont morts, absolument comme ils étaient partis.
Allons! c'est leur métier; ils sont morts dans leur bottes, Leur boujaron au coeur, tout vifs dans leurs capotes.. Morts.. Merci: La Camarde a pas le pied marin; Qu'elle couche avec vous : c'est votre bonne- femme.. Eux, allons donc : Entiers ! enlevés par la lame.. Ou perdus dans un grain !
Un grain.. est-ce la mort, ça? La basse voilure Battant à travers l'eau, ça se dit, encombrer.. Un coup de mer plombé, puis la haute mâture Fouettant les îlots ras, et ça se dit, sombrer.
Sombrer ! Sondez ce mot. Votre mort est bien pâle Et pas grand-chose à bord, sous la lourde rafale... Pas grand chose devant le grand sourire amer Du matelot qui lutte. Allons donc, de la place ! Vieux fantôme éventé, la Mort change de face :
Noyés? et allons donc! Les noyés sont d'eau douce. Coulés, corps et biens! et, jusqu'au petit mousse, Le défi dans les yeux, dans les dents le juron! A l'écume crachant une chique râlée, Buvant sans haut-le-coeur la grande tasse salée.. Comme ils ont bu leur boujaron.
Pas de fond de six pieds, ni rats de cimetierre: Eux, ils vont aux requins. L'âme d'un matelot, Au lieu de suinter dans vos pommes de terre, Respire à chaque flot.
Voyez à l'horizon se soulever la houle, On dirait le ventre amoureux D'une fille de joie en rut, à moitié soûle.... Ils sont là. La houle a du creux.
Ecoutez, écoutez la tourmente qui beugle.. C'est leur anniversaire. Il revient bien souvent Ô poète, gardez pour vous vos chants d'aveugle, Eux: le De Profundis que leur corne le vent.
..Qu'ils roulent infinis dans les espaces vierges!... Qu'ils roulent verts et nus, Sans clous et sans sapin, sans couvercle, sans cierges. Laissez-les donc rouler, terriens parvenus!
Tristan Corbière "Les Amours jaunes" (1845-1875) *Ce message a été édité le 17-Mar-2009 1:07 PM par Marie-elisabeth*
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
mars 17, 2009 13:09
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Le Mousse.
Mousse : il est donc marin, ton père ?... Pêcheur. Perdu depuis longtemps. En découchant d'avec ma mère, Il a couché dans les brisants..
Maman lui garde au cimetiere Une tombe, et rien dedans. C'est moi son mari sur la terre, Pour gagner du pain aux enfants.
Deux petits. Alors, sur la plage, Rien n'est revenu du naufrage ?.. Son garde-pipe et son sabot..
La mère pleure, le dimanche, Pour repos.. Moi: j'ai ma revanche Quand je serai grand, matelot !
Tristan Corbière "les Amours jaunes"
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
mars 17, 2009 13:23
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Beaucoup de poèmes sur la mer chez Jean Moréas, il était pas d'origine grecque pour rien?
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Ô mer immense ...
Ô mer immense, mer aux rumeurs monotones, Tu berças doucement mes rêves printaniers ; Ô mer immense, mer perfide aux mariniers, Sois clémente aux douleurs sages de mes automnes.
Vague qui viens avec des murmures câlins Te coucher sur la dune où pousse l'herbe amère, Berce, berce mon coeur comme un enfant sa mère, Fais-le repu d'azur et d'effluves salins.
Loin des villes, je veux sur les falaises mornes Secouer la torpeur de mes obsessions, - Et mes pensers, pareils aux calmes alcyons, Monteront à travers l'immensité sans bornes. Jean MORÉAS (1856-1910) (Recueil : Les Syrtes)
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
mars 18, 2009 03:22
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Bruit de la mer
Si tu trouves sur la plage
Un très joli coquillage
Compose le numéro
Océan zéro, zéro,
Et l'oreille à l'appareil
La mer te racontera
Dans sa langue des merveilles
Que Papa te traduira.
Claude Roy
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
avril 3, 2009 11:18
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Le port de Palerme.
Je regardais souvent, de ma chambre si chaude, Le vieux port goudronné de Palerme, le bruit Que faisaient les marchands, divisés par la fraude, Autour des sacs de grains, de farine et de fruits, Sous un beau ciel, teinté de splendeur et d'ennui...
J'aimais la rade noire et sa pauvre marine, Les vaisseaux délabrés d'où j'entendais jaillir Cet éternel souhait du coeur humain: Partir! Les vapeurs, les sifflets faisaient un bruit d'usine Dans ces cieux où le soir est si lent à venir..
C'était l'heure où le vent, en hésitant, se lève Sur la ville et le port que son aile assainit. Mon coeur fondait d'amour, comme un nuage crève. J'avais soif d'un breuvage ineffable et béni, Et je sentais s'ouvrir, en cercles infinis, Dans le désert d'azur les citernes du rêve.
Anna de Noailles "Les Vivants et les Morts".
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
mai 17, 2009 08:58
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Sur une plage.
Les méduses en cristal bleu, Que laissent les vagues errantes, Sont des personnes transparentes. Mais leur coeur ne fait pas d'aveu.
Un peu mortes, un peu vivantes, Sont -elles de glace ou de feu, Les méduses en cristal bleu Que laissent les vagues errantes?
Quand les varechs nous les présentent, Miroirs bombés et que l'on peut Voir encore respirer un peu, Pourquoi sont-elles si tremblantes, Les méduses en cristal bleu?
Rosemonde Gérard "L'Arc en ciel"
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
mai 18, 2009 04:35
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CHANSON DE LA MARINE ANCIENNE
En courant au clair de lune,
Sur la dune de Port-Blanc,
- J'entends le vent dans la hune,
La fille du roi Morguen
Perdit son anneau d'argent.
- J'entends le vent dans les haubans.
Premier de nous qui le trouve
Fut changé en cormoran.
- J'entends le vent dans la hune,
Fut changé en cormoran.
- J'entends le vent dans les haubans.
Le second, c'était le mousse,
En est mort subitement
A l'âge de quatorze ans.
- J'entends le vent dans la hune,
A l'âge de quatorze ans.
J'entends le vent dans les haubans.
« Où vas-tu, beau capitaine,
Sur ton brigantin d'argent? »
- J'entends le vent dans la hune,
Sur ton brigantin d'argent.
- J'entends le vent dans les haubans.
Mes hommes, mes pauvres hommes,
C'était un vaisseau fantôme
Qui nageait depuis cent ans.,
- J'entends le vent dans la hune,
Qui nageait depuis cent ans.
- J'entends le vent dans les haubans.
S'est effacé dans la lune
De la quille au gréement
- J'entends le vent dans la hune,
De la quille au gréement.
- J'entends le vent dans les haubans.
Compagnons de la marine,
Qu'on a du désagrément.
- J'entends le vent dans la hune,
Qu'on a du désagrément.
- J'entends le vent dans les haubans.
Maurice FOMBEURE
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Dauphin42 
France
Messages : 523 
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Date du message :
mai 18, 2009 04:43
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Merci pour ta participation à mon poste. Ils sont magnifiques tous ces poèmes et renforce toute notre sensibilité aux choses de la mer. Jean Pierre
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
mai 18, 2009 04:50
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vivant au bord de la mer, je suis particulièrement sensible à tout ce qui la fait chanter
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