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Epsilon 
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Date du message :
novembre 28, 2011 04:12
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La brûlante morsure des motsJEAN-JACQUES VITTONI.
Il faut parler de Ghérasim Luca dans le silence de l’écoute que nous avons de ses lectures publiques.Interventions maintenant sauvées sur des CD grâce à ses fidèles amis (Bernard Heidsieck, Julien Blaine, Arnaud Labelle-Rojoux…) ou sur les quelques vidéos heureusement enregistrées avant sa disparition, comme celle du récital donné dans le cadre des « Revues parlées », au Centre Beaubourg,ou ce « récital poétique télévisé » (FR3-Océanique), magnifique réalisation de Raoul Sangla, retransmis en 1988 aux alentours de 23 h 00, je crois, un 31 décembre, j’en suis sûr (quelle belle idée lamentable, quand on sait bien l’enthousiasme qui porte les spectateurs-auditeurs de la télévision vers la poésie et la littérature en général…). J’ajoute ici, tout de suite, pour information, que correspondance,documents et manuscrits sont conservés dans le Fonds Ghérasim Luca de la Bibliothèque Littéraire Jacques Doucet à Paris et que ses principaux livres sont disponibles aux éditions José Corti.L’écoute. Oui. Tous les poètes, même les excellents, ne sont pas bons, si j’ose dire, à entendre, à écouter et à voir lire. Ghérasim Luca était une fantastique exception. Né en Roumanie en 1913, résidant à Paris à compter de 1952, il publiait peu et ne paraissait que rarement en public. Mais chacune de ses apparitions devenait aussitôt une rencontre déterminante pour ceux qui étaient là. J’ai eu la chance d’y participer lors d’une soirée du Festival de Poésie de Cogolin en 1985. Cette chance s’est répétée deux autres fois, ailleurs.L’articulation orale, la prononciation lente, sérieuse, chirurgicale des mots révélaient chaque sous-entendu de l’énonciation, devenaient une démonstration en travaux pratiques du pouvoir primordial dela poésie et de sa charge de subversion.Il faut décrire le simple dispositif auquel il tenait : un étroit praticable, un haut micro sur pied. Devantce laboratoire précaire, la présence d’un homme âgé, pas très grand, droit, solide, robuste même, tellement vif et dont le regard bleu traversait l’auditoire. La posture, surtout, de ce corps lisant, cette attaque en biais du micro, la position un peu écartée des coudes, un relevé particulier des mains retenant le livre ouvert et cet angle au sol que formaient ses pieds, donnait à l’appareil Luca une extraordinaire stabilité,un ancrage sûr, un étonnant équilibre. Et la voix elle-même, bien sûr, cette voix inimitable, basse, un peu rauque, profonde, véritable moteur à projeter les effets de sens dans toutes les directions. II. Avouer à Ghérasim Luca que, chez lui, c’est cette exactitude posturale, cette perfection physique qui,instantanément, frappait, le remplissait d’une joie silencieuse. Oui, quelle étrange impression que celle qui se répandait au cours d’un récital de ce maître de voix. La chaîne infinie des associations phonétiques et sémantiques des poèmes qui construisaient ses programmes plaçait l’auditeur-spectateur dans une très singulière situation de disponibilité et d’ouverture. Au-delà du jeu des mots qui produitla matière compacte de son travail d’écrivain, c’est plus encore à un exercice de jeu d’amorce de sens,de phrasé gigogne, de progression exploratoire dans la langue que l’on participait, car cette dynamique s’exposait là d’une manière si puissante, tellement mobilisatrice, que l’on n’échappait pas à l’imitation et que, d’une certaine manière, le niveau d’attention de notre écoute se changeait en une création d’écoute. Je le répète, peu de poètes peuvent proposer un tel cadeau au public.Avec lui, nous traversions une série d’opérations physiques sur le langage, une transgression du mot par le mot et du réel par le possible, à l’intérieur d’une « morphologie de la métamorphose » : « La mort, la mort folle, la morphologie de la méta, de la métamort, de la métamorphose ou de la vie, la vie vit, la vie-vice, la vivisec- tion de la vie… » Ce bref exemple de « théâtralité du texte », encore saisi par et dans le souvenir, l’image du poète lisant ou disant derrière son livre ouvert, montre bien, à travers ce « bégaiement » de la lecture, la liaison physique avec le livre à partir duquel jaillit la mélodie insistante.Quelque temps avant sa disparition, nous avions, avec Liliane Giraudon, au lendemain d’un récital,tenté de rassembler avec Ghérasim Luca quelques points sur lesquels nous étions la veille en accord :le souffle, le corps, l’éphémère. Dans cet exercice audacieux, les mots, qui nous avaient servis pour sim-plement nous comprendre, ne fonctionnaient plus de la même manière. Il était très délicat en effet devouloir renouer, tant ce poète est un écrivain qui se méfiait de tout ce qui pouvait avoir l’apparence durepris, du continué-entre-temps, qui se tenait à l’écart de ce qui pouvait ressembler à une approche théo-rique de l’écriture et de la manière qu’il avait de prononcer la sienne. Il se méfiait des enregistrements,des traces forcément différentes qu’il laissait et voulait qu’on lui confie la bande sonore de manière àl’ausculter seul chez lui pour y traquer l’altération… Il se protégeait du photographique, il refusait d’être filmé au cours d’un récital.L’enthousiasme du public était indescriptible. A la fin d’une « lecture de poésie », il est bien rare de voir se lever toutes les personnes présentes, sans exception, pour applaudir debout le poète… Ghérasim Luca se contentait de sourire, comme un peu éberlué par ce qu’il venait de déclencher
III.
Ghérasim Luca s’est suicidé le 9 février 1994, harassé et dégoûté par « ce monde où les poètes n’ont plus deplace », hanté par la montée de la violence et de la xénophobie. Ce qui a lieu à travers le monde entier aujourd’hui nous fait bien comprendre cette révulsion.
1 Figure incontournable de la poésie française contemporaine, Liliane Giraudon est notamment l’auteur de La Fiancée de Makhno (P.O.L.,2004) et Les talibans n’aiment pas la fiction (Inventaire/Invention, 2005). (NDLR.)
Le Nerf de Bœuf est à l’origine des informations qui ont récemment circulé quant aux sondages effectués par le Cerveau auprès de certains nerfs du tronc sur ce qui seraientleurs réactions devant l’éventualité d’une attaque préméditée contre le Squelette charpente osseuse du corpsde l’homme et de l’animal la mort est souvent figurée sous l’aspect d’un squelette Le Plexus Sacré réseau de filets nerveux entrelacés et enchevêtrés précise que c’est le Nerf de Bœuf lui-même ligament cervical postérieur du bœuf et du chevaldesséché et arrondi par l’industrie qui a donné confidentiellement ces informations à quelques réseaux de filets au cours d’une soirée fluide Le Plexus Sacré n’ayant pas été invité ne s’est pas considéré tenu au secret D’après le même Plexus le Nerf-Férure atteinte qu’un cheval a reçue sur le tendon de la partie postérieure d’une jambe de devant serait très irrité de cette initiative et s’emploierait à en atténuer les répercussions sur les Appareils s'Il estimerait qu’une telle affaire risque de compromettre sa position de stricte neutralité dans le conflit cerveau-squelette Cela dit il semble bien que du côté osseux on dispose d’éléments d’information *****ogues Pour le momentla majorité des Systèmes hésitent encore à croire à la possibilité d’une guerre entre la substance molle et grasse renfermée dans l’intérieur des os et la masse de matière nerveuse qui occupe le crâne des vertébrés
GHÉRASIM LUCA, « Le Nerf de Bœuf », dans La Proie s’Ombre (José Cortie Editeur, 1991).A lire :Aux éditions José Corti : Héros-Limite (1985), Le Chant de la Carpe (1986), Paralipomènes (1986), Théâtre de bouche (1987), La Proie s’ombre (1991), L’Inventeur de l’amour suivi de La Mort morte (1994), Un Loup à travers une Loupe (1998) et Le Vampire passif (2001).A lire aussi : une excellente étude de Pierre Dhainaut dans la revue Sud n° 63 (1986) et l’essai de Dominque Carlat, Ghérasim Luca l’intempestif (José Corti, 1998).
Merci à Jean-Jacques Vittoni pour la reproduction de cet article!
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-grimalkin- 
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Date du message :
juin 26, 2008 05:13
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qu'on m'explique ce que c'est que "La brûlante morsure des mots"...
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
juin 26, 2008 13:12
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Prendre corps
Je te narine je te chevelure je te hanche tu me hantes je te poitrine je buste ta poitrine puis te visage je te corsage tu m'odeur tu me vertige tu glisses je te cuisse je te caresse je te frissonne tu m'enjambes tu m'insuportable je t'amazone je te gorge je te ventre je te jupe je te jarretelle je te bas je te Bach oui je te Bach pour clavecin sein et flûte
je te tremblante tu me séduis tu m'absorbes je te disp u t e je te risque je te grimpe tu me frôles je te nage mais toi tu me tourbillonnes tu m'effleures tu me cernes tu me chair cuir peau et morsure tu me slip noir tu me ballerines rouges et quand tu ne haut-talon pas mes sens tu les crocodiles tu les phoques tu les fascines tu me couvres je te découvre je t'invente parfois tu te livres
tu me lèvres humides je te délivre je te délire tu me délires et passionnes je t'épaule je te vertèbre je te cheville je te cils et pupilles et si je n'omoplate pas avant mes poumons même à distance tu m'aisselles je te respire jour et nuit je te respire je te bouche je te palais je te dents je te griffe je te vulve je te paupières je te haleine je t'aine je te sang je te cou je te mollets je te certitude je te joues et te veines
je te mains je te sueur je te langue je te nuque je te navigue je t'ombre je te corps et te fantôme je te rétine dans mon souffle tu t'iris
je t'écris tu me penses
Ghérasim Luca, « Paralipomènes » (La Fin du Monde)
......
La paupière philosophale Bien au-delà du peu la peau et l’épée lapent l’eau ailée du petit pire Toupie d’une peur idéale épi à pas de pou appât ou pâle pet de pétale La vie dupe la fille du vite Tapis doux où les fées filent les feux muets d’un rien de doute L’effet est fête faute hâte écho et cause Muer le vil métal en pot-au-feu d’or mental étale un métapeu de métatout : oeufs de tatou… mythes dormants… haute île en air… Mi-métamoi mi-métamoi le métanous nous étoile Le mot « pied » ose le mot « pierre » s’use tout colle Tout est foutu touffu fétu faux défi défaut fou Peau fine paupière finale foetale fatale philosophale
Le Chant de la carpe, Héros-Limite, Gallimard
*Ce message a été édité le Jun 26, 2008 2:10 PM par Epsilon*
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Epsilon 
Modérateur
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Date du message :
juin 26, 2008 14:55
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TOUT DOIT ÊTRE RÉINVENTÉ
Si en exécutant cet acte simple : humer la chevelure de l’aimée on ne risque pas sa vie on n’engage pas son destin du dernier atome de son sang et de l’astre le plus lointain
si dans ce fragment de seconde où l’on exécute n’importe quoi sur le corps de l’aimée ne se résolvent pas dans leur totalité nos interrogations, nos inquiétudes et nos aspirations les plus contradictoires
alors l’amour est en effet ainsi que le disent les porcs une opération digestive de propagation de l’espèce
Pour moi les yeux de l’aimée sont tout aussi graves et voilés que n’importe quel astre et c’est en des années-lumière qu’on devrait mesurer les radiations de son regard
On dirait que la relation de causalité entre les marées et les phases de la lune est moins étrange que cet échange de regards (d’éclairs) où se donnent rendez-vous comme dans un bain cosmique mon destin et celui de l’univers tout entier
Si j’avance ma main vers le sein de l’aimée je ne suis pas étonné de le voir soudain couvert de fleurs
ou que tout à coup il fasse nuit et qu’on m’apporte une lettre cachetée sous mille enveloppes
Dans ces régions inexplorées que nous offrent continuellement l’aimée
l’aimée, le miroir, le rideau la chaise
j’efface avec volupté l’œil qui a déjà vu les lèvres qui ont déjà embrassé et le cerveau qui a déjà pensé telles des allumettes qui ne servent qu’une seule fois
Tout doit être réinventé
Ghérasim Luca, L’Inventeur de l’amour, José Corti, 1994,
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-grimalkin- 
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Date du message :
juin 27, 2008 04:29
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à force de vouloir tout réinventer, on défonce des portes ouvertes. Cette poésie est assez révulsive pour moi...Mais je suis en train de m'habituer...
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
juin 27, 2008 05:27
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Un grand poète est celui n'a pas de limite, Grim, souvent les petits poètes sont enfermés dans des cadres , ça veut pas dire non plus qu'ils ne sont pas interessants non plus et que ceux qui dépassent toutes les limites sont des génies,, petite réflexion personnelle pour s'y retrouver soi-même!
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
novembre 21, 2008 13:02
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J'avoue avoir eu du mal à m'y faire. Mais depuis , j'ai acheté "Héro-Limite" et peu à peu je suis entrée dans cette poésie, pas facile...pas facile du tout.
Mais
tel un son
qui sous l'eau nage
sans repère
les aures personnages font choeur
contre leur étreinte
qui est oui et non pas contre
qui est pacte d'un oui avec oui
vacuité
ouité ouitante
ouifiante ouirittante et ouificatrice
et d'un rire âcre
qui traduit chez eux
la quiétude d'une chaise en acte
ils la dépouillent
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
novembre 23, 2008 12:08
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PARALIPOMENES
Poésie élémentaire
l'eau qui a l'air d'allumer le feu sur la terre l'air d'allumer l'air sur le feu l'air d'allumersur l'eau ce qui a l'air de s'éteindre sur terre l'air d'allumer et d'étreindre l'eau et le feu en l'air :
le cancer tu questionne la santé bavarde depuis quand sers-tu dans la maison de sourds ? de puits en puits de vérité :
O vide en exil A mer suave
I mage E toile renversée
U topique
(Héros-Limite) Gherasim Luca
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-grimalkin- 
Admin famille
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Date du message :
juillet 23, 2009 04:37
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Ghérasim Luca – Hermétiquement ouverte (1953)
l’amour le torrent le vide la chaise la chaise vide la chaise torrentielle et vide suspendue dans le métavide la métachaise est suspendue à la corde torrentielle du métavide la métacorde serre et absorbe le métacou torrentiel de celui qui est suspendu par la corde au cou de la femme au cou flou et flottant de sa métafemme vide torrentielle et assise la métafemme torrentielle est assise sur la chaise assise sur le vide de sa chaise elle métaflotte perpétuellement dans le métavide absolu de mes désirs absolument torrentiels absolument météorique et substantielle la métatête de la métafemme substantielle et météorique surgit comme une flèche entre la métacuisse de mes rêves et la métadent de mes désirs flèche mordante et rapide qui s’appuie légèrement penchée au dossier de la métachaise de mes rêves et désirs toujours assise toujours imprévisible et absolument fulgurante la métafemme flotte et métaflotte toujours dans le vide sa petite métaflamme visible par transparence brûlant à l’intérieur torrentiel de sa tête tandis que tout près de l’incandescence de sa tête un peu au-dessus de sa grande chevelure météorique passe comme un nuage nuage provenu de l’évaporation instantanée de ses vastes torrents mentaux la grande tortue métaphysique la fameuse tortue de la métatorture éternelle menaçant de sa lourdeur grise tortionnaire et métamétaphysique le beau physique charnel de la métafemme concrètement assise sur sa métachaise volante volante flottante et assise à son tour sur la chaise voluptueusement soutenue par les pieds de mes sens par mes cinq sens par les mille griffes et par les mille pattes de la métasensualité passionnée tumultueusement surgie dans la métasueur dans la métasubstance infinie de mes sens absolument substantiels les beaux yeux les beaux seins les belles fesses métaphysiques de la métafemme absolument substantielle substantielle torrentielle et météorique transgressent l’au-delà tortionnaire de la métaphysique sans physique transgressent et annulent le grand rien métaphysique car toujours assise sur la métachaise météorique de mes désirs météoriques infinis et torrentiels la métafemme ouvre la femme elle ouvre et découvre sa chair translucide ses entrailles transcendantes sa chevelure transmissible éruptive dévorante et dormante son coeur transpercé par les balles transparentes de mes caresses en transe sa douce métavulve sa noire métabouche la transplantation innocente de la fleur de sa bouche dans les terres aériennes de mes cuisses la transmigration de la bouche de son âme vers les cuisses de mon haleine les transferts insolites les transfusions insondables la transmutation gigantesque de tous les métamétaux amoureux météoriques torrentiels métamétéoriques et substantiels la transmutation gigantesque perpétuelle et triomphante du lait maternel en lave météorique en métavide substantiel en sperme en sperme et en métasperme universel en sperme du diamant en sperme de ton cceur en sperme noir de la métaluxure absolue absolument luxuriante et absolument absolue
***
Ghérasim Luca (1913-1994) – Héros-Limite (1953)
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Yaelle- 
France
Messages : 322 
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Date du message :
septembre 25, 2009 11:17
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Parce que j’ai osé briser ces limites oppressantes qui s’opposent à la libération intégrale de l’homme au moment où mes semblables apparents s’entre-suicident lamentablement pour des idées abstraites comme le beau, la justice et l’honneur je me réveille seul seul au milieu d’un vaste cimetière sans savoir si à toucher ces cadavres frais ma main leur apporte une solution miraculeuse ou si elle ne fait qu’imiter le tremblement lascif du nécrophile mais avec l’espoir avec la certitude irrationnelle que mon apparition au monde contient dans ses multiples déterminantes dont les plus favorables sont d’origine astrale la dissolution de ce monde et que ce voyageur solitaire qui promène une mélancolie profanatrice et furieuse dans les allées paisibles du cimetière n’est qu’un amoureux.
Ghérasim Luca " L’Inventeur de l’amour"
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Yaelle- 
France
Messages : 322 
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Date du message :
septembre 25, 2009 11:22
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On ne peut rester insensible....on passe par des émotions contradictoires sans cesse....on ne sait jamais où il nous emmène... C'est pour ces chemins de traverse que j'aime le lire...
Vers la pure nullité
L’ouité oui-t-elle le non ? Oui-t-elle le non-oui ? le non-non ? Le non-non s’oui—t-il ? Non-t-il le non-oui ? Non-t-il la non-ouité du non ? La nonité de la non-ouité du oui ? La nonité s’oui-t-elle ? se non-t-elle ? Oui ou non ? Oui-ou-non-t-elle le oui-ou-non ? N’oui-ou-non-t-elle que le oui-ou-non ? Et le non-oui qui oui-t-il ? Qui non-t-il ? Qui l’ouité non-t-elle ? le non ? Le oui ? le oui-ou-non ? L’ouité s’oui-t-elle ? S’ oui-ou-non-t-elle ? Et si elle s’oui et s’oui-ou-non N’oui-ou-non-t-elle que le oui-ou-no ? Ou tente-t-elle d’ouifier oui oui et oui Les oui qu’elle non et les oui qu’elle oui ? Et si le non se non Qui non-t-il sinon le non qui s’oui ? Non-t-il le non ou oui-t-il le oui ? Le non qui s’oui se non s’oui Et tente d’ouifier l’ouité-ouitante Qui hante le non-oui le non et le non Les non qu’il oui et les non qu’il non La nonité qui non non et non Nonité et ouité ouitifiantes des non Sinon nonnifiantes et ouitificatrices des oui qui non Et des oui qui oui Et c’est ainsi qu’on non et non Oui oui non oui oui Oui oui oui oui Pan-oui Epanoui en oui
Ghérasim Luca
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
septembre 25, 2009 12:27
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oui, Yaelle on ne sait jamais où il va nous mener ce diable d'homme mais ses chemins sont malaisés et éclairés par "le soleil noir de la mélancolie"
Allongée sur le vide Bien à plat sur la mort idées tendues la mort étendue au-dessus de la tête la vie tenue de deux mains
Elever ensemble les idées sans atteindre la verticale et amener en même temps la vie devant le vide bien tendu Marquer un certain temps d'arrêt et ramener idées et mort à leur position de départ Ne pas détacher le vide du sol garder idées et mort tendues
quart d'heure de culture métaphysique
Gherasim Luca, Heros-Limite Poésie/Gallimard
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Epsilon 
Modérateur
France 
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Date du message :
septembre 25, 2009 15:27
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A gorge dénouée
Accouplé à la peur comme Dieu à l’odieux
le cou engendre le couteau
et le Coupeur de têtes suspendu entre la tête et le corps
comme le crime entre le cri et la rime
Accouplé à la peur comme le cri au crime
le cou engendre le couteau
et le Coupeur de têtes suspendu entre ma tête et son corps
comme l’égorgeur à la gorge
Accouplé à la peur comme la boue à la bouche
le cou engendre le couteau
et le Coupeur de têtes
suspendu entre sa tête et mon corps
comme la terreur à l’erreur
Accouplé à la peur comme le sacré au massacre le cou engendre le couteau
et le Coupeur de têtes suspendu entre sa tête et son corps
comme le corbeau entre le cor et le beau
Accouplé à la peur comme les larmes entre mon initiale et ses armes
le cou engendre le couteau et le Coupeur de têtes suspendu entre ma tête et mon corps
comme la vie dans le vide
accouplé à la peur entre la vie et le vide
le cou engendre le couteau
et le Coupeur de têtes suspendu entre la tête et le corps
éclate de mou rire
Ghérasim Luca (1913–1994)
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
juin 17, 2010 04:47
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Zeno Bianu / suite pour Gherasim Luca
C’est bien peu deux rives disais-tu comme si tu n’avais cessé de chercher la troisième rive où la langue dévoile sa transe interne son sanglot de rire son phrasé originel toujours du côté de la voix vivante toujours du côté de la vie naissante obsessionnellement comme il se doit entre le ressort vivant de la voix et le ressort voyant de la vie très exactement soucieux à chaque instant de repassionner le monde loin du non-traversé
laisse les pitres enterrer les pitres aurais-tu pu dire du côté des poèmes de faim selon Artaud sans fléchir en tablant sans relâche sur ce qui vibre d’indicible en toi le toit de l’enfer en regardant les fleurs comme il se doit convoquant comme personne le tremblé du souffle
arpentant
Zeno Bianu
(un bel hommage ?)
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