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Summertime 
Suisse
Messages : 4692
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Date du message :
novembre 21, 2011 13:18
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Le vieil homme et le chien (Conte des temps modernes)
Transparent au regard des passants trop pressés, Un vieil homme est assis, transi et affamé, Sous un porche à l’abri des frimas de janvier. Il implore un sourire, une pièce de monnaie.
Passe un chien dans la rue, un chien de pedigree, Une voiture suit, heurte le canidé. Aussitôt extirpés de leurs logis douillets Accourent de partout des bourgeois empressés.
« Ne le laissez pas là, amenez-le chez moi J’ai une couverture afin qu’il n’ait pas froid ! » Quelques instants après, l’animal est pansé, Dorloté, réchauffé, maintes fois caressé.
Au dehors dans la rue le silence est tombé Tout le monde est rentré, a fermé ses volets. Sous son porche à l’abri des frimas de janvier Le vieil homme soudain s’est mis à aboyer.
Daniel Boy "des Rimes et des rames" Editions de la Voûte
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
novembre 22, 2011 12:11
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Il m'arrive..
Il m'arrrive sans qu'on me voie de ramasser de l'aube éparpillée sur le pré tendre de converser gravement avec le verger dans la douceur du silence. Mais d'une rose qui se fane trop tôt j'ai l'appréhension du sort de cette terre un jour, Je cherche alors à bruire des mots pour l'arôme et la rumeur encore de la vie. Peut-être que les mots seraient vraiment le lieu où vivre le pays où l'on serait chez soi ? les mots qui viennent s'assembler pour s'écouter. Dans les fondrières occultes une pluie de vocables stagnera jusqu'aux funèbres défaites devant le vieux passeur insurgé attendant la traversée suprême.
Albert Fleury. "Encore un essaim d'instants".
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-grimalkin- 
Admin famille
France 
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Date du message :
novembre 23, 2011 03:59
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albert Fleury un poète naturiste attachant, mort à 36 ans, dont on peut lire l'histoire sur le site : Livreenblog. Merci Marie-Elisabeth de faire revivre ce poète peu connu
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Marie-elisabeth 
Modérateur
France 
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Date du message :
décembre 2, 2011 10:06
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J'ose t'invoquer, j'ose espérer, ô Poésie...
J'ose t'invoquer dans cette Europe aveugle éreintée par la chaleur et par la sécheresse rongées par les déluges et les éboulements, continent de cendre et de purins dont Rien et Hypermarchés sont les souverains inconstestés.
J'ose t'invoquer, j'ose espérer, ô Poésie.
Sans être ni David ni Salomon sans posséder ni Bethsabée ni la Sulamite et sans connaître le langage des éperviers ni celui des fourmis je t'invoque, reviens reviens comme un mai lumineux-sauvage et comme le premier rayon souffle blanchissant de l'aube.
Reviens, reviens. Reviens : forêts, âmes, cathédrales. Reviens : bleus jardins orientaux.
Reviens, reviens Vierge, Vénus, Afrique.
Tu ne seras plus la même tu migreras, tu changeras et nous, nous ne te verrons pas pas plus que Moïse n'a vu la Terre Promise.
Mais reviens, reviens, ô Poésie. J'ose t'invoquer, j'ose espérer. Assis sur la rive du torrent asséché j'attends Et parmi les ruines je chante encore.
Giuseppe Conte (Nice, octobre 2003)
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